1a-la divine tragédie (histoire Québec)

Publi le jeudi 6 septembre 2007

marcopolo : La Divine Tragédie

 

La Comédie Humaine
la Comédie Humaine inspirée de la divine comédie de Dante

Inspirée de la Divine Comédie de Dante


Voici la Comédie Humaine, une chronique qui décrit le voyage imaginaire d'un amoureux du début du troisième millénaire, parti à la quête de son Graal.
Cette Comédie Humaine débute le premier jour du mois de Janvier et se poursuit tout au long de l'an de grâce 2000.
J'invite donc le lecteur à revivre avec ce voyageur, le périple en Enfer, au Purgatoire et au Paradis, de ses aventures et de ses tragédies amoureuses.
Ce voyageur qui porte le surnom du célèbre vénicien Marco Polo, effectue le même trajet littéraire que Dante Alighieri, voyage qu'il effectua durant l'an de grâce 1300.
Le texte est largement inspiré des traductions du texte original de la Divine Comédie et il en dévie pour s'adapter aux préoccupations actuelles et au style de l'auteur. La critique sociale qui sous-tend le texte de Dante est le prétexte que l'auteur moderne utilise pour faire une virulente critique sociale de son époque et du lieu où il habite.
Le texte contient des propos à caractère érotique et est illustré de photos, d'images synthétiques et de reproductions empruntées aux archives du Web.
Il est dont conseillé aux mineurs de s'abstenir ou de lire et regarder sous la surveillance d'un ange-gardien qui aura laissé au vestiaire sa virginité politique.
Ce texte fait l'objet d'un dépot légal de sorte qu'il est interdit de le reproduire sans la permission de l'auteur.

Chronique licensieuse à lire sous ls surveillance de ton ange-gardien.


La Comédie Humaine et l'Enfer

La chronique de ce parcours infernal comporte XXXIV chants et te conduit à l'Achéron, aux Limbes et aux Enfers. Dans la Divine Comédie, Dante situait ce lieu au centre de la terre, des cercles infernaux où il imaginait voir souffrir ceux qu'il aurait voulu envoyer en Enfer. Dans la Comédie Humaine, je te laisse chercher quelque part sur cette terre ce lieu béni que tu foules sans doute de tes pieds, où l'on se prend pour le nombril du monde. Dans ce voyage infernal, Marco est accompagné de Baudelaire, son fidèle gourou.

La Comédie Humaine et le Purgatoire

Le récit de la Comédie Humaine au Purgatoire comporte XXXIII chants dont les XIV premiers chants se déroulent dans l'Antipurgatoire. Le Purgatoire se trouve sur terre quelque part sous le Paradis terrestre, et en cherchant bien, tu pourras encore le trouver à condition bien sur de savoir où se trouve le Paradis terrestre et de laisser au vestiaire, tes prétentions à convertir le monde à ta foi. Baudelaire est ici toujours, le guide de Marco pour ce périple.

La Comédie Humaine et le Paradis

Nous sommes enfin au Paradis et je ne te dirai pas, cher lecteur, où se trouve ce lieu décrit dans la Divine Comédie et dont cette longue Comédie Humaine ne m'a laissé aucune souvenance traduisible en des termes de mortel. Le récit comporte XXXIII chants en une procession mystique pleine d'évocations charnelles. Ici, c'est Jeanne la Pucelle qui accompagne les pas de Marco dans un chant d'amour qui se veut éternel.

La Comédie Humaine et la Terre

Mal-heureux voyageurs qui croyez revenir sur Terre comme si la terre n'était pas autre chose que l'Enfer, le Purgatoire ou le Paradis, car vous habitez ces lieux qu'au choix que vous en faites et non celui que vous imposent vos maîtres, vos maîtresses, vos mères, vos ministères, vos magistères. Il n'y a ici aucun Chant sinon les Cent chants déjà visités de l'Enfer, du Purgatoire et du Paradis.


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le 2007-09-06 11:02:13 | Permalien | Ajouter un commentaire | la Divine Tragédie



marcopolo : Le Paradis

 

La Comédie Humaine
image Bowser

Le Paradis


Chronique licensieuse à lire sous ls surveillance de ton ange-gardien.


Chant I
Chant II
Chant III
Chant IV
Chant V
Chant VI
Chant VII
Chant VIII
Chant IX
Chant X
Chant XI
Chant XII
Chant XIIII
Chant XIV
Chant XV
Chant XVI
Chant XVII
Chant XVIII
Chant XIX
Chant XX
Chant XXI
Chant XXII
Chant XXIII
Chant XXIV
Chant XXV
Chant XXVI
Chant XXVII
Chant XXVIII
Chant XXIX
Chant XXX
Chant XXXI
Chant XXXII
Chant XXXIII

Prologue du Paradis. (L'amour c'est donner et non recevoir.)
Là où la raison n'a plus d'emprise. (Vois comment l'amour peut être subjectif.)
Ave Maria Gratia Plena. (Le couvent des soeurs de la Charité.)
Esprits qui ont manqué à leurs voeux. (Ô amante de l'Amant Céleste!)
Le don du libre arbitre. (Vois en elles comme des déesses, non encore prêtes à être aimées.)
In God we trust. (J'ai régné par César et maintenant je règne par Uncle Sam.)
Hosanna Sanctus Deus Sabaoth. (Ta beauté, Marco mon bel amant, n'égale point celle de l'Amant suprême.)
À mort, à mort, celle qui, par l'Amour guérit du Péché! (Vénus, cette étoile qui fait naître chez l'homme l'amour sensuel.)
Le triomphe du Christ en Moi. (Je suis Celle qui sait goûter à ton corps.)
L'heure où l'amante de Dieu chante les matines. (Là où la joie d'aimer devient éternelle.)
Le règne de la Force et du Pénis. (Omnia vincit amor.)
Roméo et Juliette. (Mon amour est aussi profond que les abysses de la mer.)
Comment crois-tu que la Vierge devint enceinte? (Ils seront tels au Jugement Dernier.)
Jeanne étendue nue et gémissante sur sa croix. (Ô Hélios, Toi qui les rends si belles et si désirables!)
Robin des Bois, au secours! (O Sanguis Meus!)
Le soleil luit pour moi comme pour les autres. (L'Histoire de la Nouvelle-France.)
Un homme averti n'en vaut-il point deux. (Ceux qui trafiquent avec la Vérité.)
Le désir et la volupté de voir danser Salomé. (Les muses Bienheureuses qui peuplent l'Olympe.)
La belle image de l'Amour et le sermon des bienheureux. (Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée.)
La représentation du Plaisir éternel. (Notre bonheur est de ne vouloir que ce que Dieu veut.)
La servante empressée du Conseil Suprême. (Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.)
Apprends-moi à jouir d'un bonheur éternel. (Ces servantes embrasées de l'ardeur qui fait naître l'orgasme.)
Le désir charnel pour la Vierge-Marie. (Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.)
Le Fruit des arbres du Jardin d'Eden. (L'Amour, l'argument de la chose invisible.)
Jeanne, l'aliment de mon espérance. (Sperent in Te.)
Les belles femelles du Jardin du Jardinier éternel. (Sanctus, sanctus, sanctus.)
Goire au Père, au Fils, au Saint-Esprit. (Vois l'Épouse du Christ qui se prostitue.)
Le plaisir des anges. (Ainsi règne le Divin Amour.)
Hiérarchies angéliques. (Le Christ a-t'il dit à ses disciples: allez et prêchez des sornettes?)
La vulve Divine, le siège de l'Amour. (Là où les âmes avides souffrent du désir charnel.)
La Sainte milice des Vierges blanches. (L'espoir en la Béatitude.)
La cour de l'Empyrée. (Ave Maria, gratia plena.)
L'Orgasme de Dieu. (Ce qui féconde et engendre la Conscience Universelle.)




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le 2007-09-06 11:01:20 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Le Purgatoire

 

La Comédie Humaine
Le purgatoire ou la Comédie Humaine.

Le Purgatoire


Chronique licensieuse à lire sous ls surveillance de ton ange-gardien.


Chant I
Chant II
Chant III
Chant IV
Chant V
Chant VI
Chant VII
Chant VIII
Chant IX
Chant X
Chant XI
Chant XII
Chant XIII
Chant XIV
Chant XV
Chant XVI
Chant XVII
Chant XVIII
Chant XIX
Chant XX
Chant XXI
Chant XXII
Chant XXIII
Chant XXIV
Chant XXV
Chant XXVI
Chant XXVII
Chant XXVIII
Chant XXIX
Chant XXX
Chant XXXI
Chant XXXII
Chant XXXIII

Le vieillard gardien de la porte du Purgatoire. (Je suis venu par la volonté d'une Dame du Ciel.)
La naissance des âmes. (Nous quittons la servitude de la corruption humaine.)
Ceux qui s'arrogent le métier de Dieu. (Pourquoi vous faut-il, mortels, réinventer la Vie?)
Jean-Baptiste, le paresseux. (Pourquoi penser si notre Mère l'État fait tout et pense à ma place?)
Ô toi qui viens du Ciel! Pourquoi me voles-tu ce fils d'Allah? (Seuls les imbéciles acceptent de mourir pour une cause.)
Le déclin de l'Empire qui se croyait américain. (Envoie-nous Jésus de Montréal, ton fils crucifié sur le mont Royal.)
Les Princesses de la vallée fleurie. (Salve Regina.)
Les protectrices de la vallée perdue. (Faites que les tentations de la nuit ne viennent point violer nos corps.)
De l'Antipurgatoire au Purgatoire. (Te Deum Laudamus.)
Ecce Amor Dei. (Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge.)
Pater Noster, notre Père qui êtes aux Cieux. (J'imaginais que mon beau prince était Dieu lui-même.)
Beati pauperes spiritu. (Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.)
J'aime celui qui me ferait du mal. (J'crie à God: Tiens! j' te crains pus.)
Quiconque me rencontre doit me tuer. (Là où habite encore Caïen.)
Beati Misericordes. (Pardonnez-leur mon divin amant car ils ne savent ce qu'ils font.)
Le pouvoir despotique du cléricalisme séculaire. (Les lois existent, mais qui s'inquiète de les faire respecter?)
Beati Pacifici, et vas sans colère contre moi. (Tu ne pourras te tromper si ton amour est instinctif.)
Le libre arbitre. (Tout ce que tu devrais connaître de l'Amour.)
Je suis la douce nymphe Calypso. (Les ombres de Dom Juan et de Marco Polo.)
Les secousses de la Montagne Tremblante. (L'Opium du Peuple.)
Dante, le poète Florentin et la Divine Comédie. (Mes frères soyez en paix.)
Toi qui le premier après Satan m'a éclairé. (Les fleurs du Mal.)
Les cent jours de Sodome. (Donatien Alphonse François marquis de Sade.)
Dames qui avez l'intelligence de l'amour. (Sa beauté triomphe désormais dans le haut Olympe.)
Pourquoi enfanter là ou l'on a plus besoin d'engendrer. (L'âme est autre chose qu'un génome humain.)
Sodomme et Gomorrhe. (Vois cet autre qui ne parait pas porter un corps factice.)
Le goût des plaisirs éternels. (Venez au séjour de Mon Père, et toi Marco, soit reçu tel un Amant!)
Oh! belle Dame dont je ne connais pas le nom. (Le Parnasse dans tes rêves, est ici le Paradis Terrestre.)
La procession mystique. (Carmina Burana.)
L'apparition de Jeanne au Paradis Terrestre. (Ne pleure pas Marco Mon Amant.)
Les beaux yeux de Jeanne la Pucelle. (Asperges me.)
Adam, pourquoi avoir trahi? (Tu seras avec moi, citoyen de ce Lupanar céleste.)
Les prières de la Dame aux camélias. (Le déclin du Jardin d'Éden.)




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le 2007-09-06 10:59:31 | Permalien | Ajouter un commentaire | Purgatoire



marcopolo : Chant XII du Purgatoire

Chant XII du Purgatoire
image Parkes

Beati Pauperes Spiritu.
Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.


Di pari, come buoi che vanno a giogo, m'andava io con quell'anima carca, fin che 'l sofferse il dolce pedagogo. Ma quando disse: «Lascia lui e varca; ché qui è buono con l'ali e coi remi, quantunque può, ciascun pinger sua barca»; dritto sì come andar vuolsi rife'mi con la persona, avvegna che i pensieri mi rimanessero e chinati e scemi. Io m'era mosso, e seguia volontieri del mio maestro i passi, e amendue già mostravam com'eravam leggeri;


RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE


Comme des boeufs qui vont en paire sous le joug, je marchai près de cette âme d'autant qu'elle était très belle, mais alors mon maître me dit: "Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque." Je me redressai de toute ma taille, comme il le faut pour marcher, encore que mes pensées demeuraient déprimées et humiliées. J'étais parti et je suivais volontiers les pas de mon maître, et nous montrions tous deux combien nous étions légers, quand il me dit: "Regarde plus en bas. Et, pour rendre ta route moins fatigante, vois l'endroit où se posent tes pas." Ainsi qu'est conservée, gravée sur les tombes, la mémoire des morts, je vis là des dessins d'artiste d'une représentation parfaite, tout le chemin qui faisait saillie le long de la montagne. Je voyais d'un côté une Vierge, plus séduisante qu'une déesse, se laisser courtiser par un ange. Je voyais plus loin un essaim de chérubins pleins d'audace, caresser le sein dénudé de Vénus. Je voyais des scènes du Parnasse, ces lieux où s'amusent poètes et muses, et leurs corps enchevêtrés dans la licence amoureuse. Je voyais encore deux êtres nus et gênés d'être ainsi, comme s'ils étaient de chair vivante, dont il me semblait que l'un était Adam et l'autre Ève. Ô belle Suzanne! comme elles sont appétissantes tes chairs que tu portes ainsi jusqu'au bain et qui m'invitent à te suivre. Ô folle Arachné! je te vois triste presque araignée, sur les débris de l'oeuvre qui fut tissée pour ton malheur. Ô adorable Léda! comme tes chairs dénudées m'étaient appétissantes et que j'aurais voulu être le Cygne pour te séduire et te caresser. Il me montrait encore les dessins sur le dur pavé et comment Alexandre avait séduit la belle et envoûtante Roxanne. Il me montrait le cruel Jupiter se transformer en taureau pour enlever et violer l'inoffensive Europe. Il me montrait également comment les Troyennes subirent le viol du Cheval, et leur mort, et les restes de leurs corps suppliciés. Je voyais Babylone en cendre et en ruines: les femmes et les filles soumises aux fureurs lubriques d'Alexandre. Qui furent ces maîtres du pinceau et du stylet qui dessinèrent les figures et les traits, qui sont là un objet d'étonnement pour le génie le plus subtil? Les morts paraissaient morts, vifs paraissaient des vifs; celui qui a vu les scènes réelles n'a pas vu mieux que moi, ce que je foulai aux pieds, tant que je marchai tout courbé. Et maintenant soyez orgueilleux, allez, fils d'Ève, le visage altier, et ne baissez pas la face pour voir le mauvais sentier que vous suivez! Baudelaire, qui allait devant moi toujours attentif, me dit soudain: "Lève la tête!" "Ce n'est plus le temps de marcher ainsi d'un pas mal assuré. Vois là-bas cet ange qui s'approche de nous; simule le respect sur ton visage et dans tes gestes, afin qu'il lui soit agréable de nous conduire plus haut; comprend alors que ce jour sera le dernier." La belle créature s'approchait de nous, vêtue de blanc, et son visage était scintillant comme l'étoile du matin. Elle ouvrit les bras, puis les ailes et ainsi je voyais tout en elle, et elle nous dit: "Venez, les marches sont près d'ici,et désormais vous pourrez aisément les gravir, ayant vaincu l'orgueil en vous. Ô vous de race humaine! pourquoi tomber ainsi au moindre vent?" Elle nous mena du cap Trinité à l'Éternité, à l'endroit où la roche tombe à pic; là, du bout de son sein, elle me tatoua le front; puis elle m'assura d'une montée facile. Comme nous tournions à cet endroit, des voix chantèrent: "Beati pauperes spiritu" avec tant de suavité, que la parole ne saurait l'exprimer. Ah! combien ces passages diffèrent de ceux de l'enfer! Car ici on pénètre parmi des chants et là-bas agressé de barbares musiques. Déjà, nous gravissions les marches sacrées et il me semblait que j'étais bien plus léger. "Maître, dis-moi, de quel poids ai-je été soulagé, pour qu'en marchant je n'éprouve presque plus aucune fatigue?" Et mon maître me répondit: "Lorsque les P que l'ange a gravés sur ton front auront tous été effacés, tu n'éprouveras plus aucune fatigue et tes pieds te pousseront toujours plus haut." Alors, je fis comme les gens qui avancent sans savoir ce qu'ils portent à la tête, mais dont les autres observent la présence; aussi, des doigts de ma main droite, je trouvai seulement six des lettres que l'ange, porteur des clefs, avait gravées sur mes tempes; et en me regardant faire, mon guide s'en réjouit.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: musique alternative (astro), empruntée aux Archives du Web.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XIII DU PURGATOIRE


le 2007-09-06 10:55:20 | Permalien | Ajouter un commentaire | Purgatoire



marcopolo : Chant XI du Purgatoire

Chant XI du Purgatoire
image Boris Vallejo

Pater Noster, notre Père qui êtes aux Cieux.
J'imaginais que mon beau prince était Dieu lui-même.


«O Padre nostro, che ne' cieli stai, non circunscritto, ma per più amore ch'ai primi effetti di là sù tu hai, laudato sia 'l tuo nome e 'l tuo valore da ogni creatura, com'è degno di render grazie al tuo dolce vapore. Vegna ver' noi la pace del tuo regno, ché noi ad essa non potem da noi, s'ella non vien, con tutto nostro ingegno. Come del suo voler li angeli tuoi fan sacrificio a te, cantando osanna, così facciano li uomini de' suoi.


RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE


"Pater-noster, mon Père qui trône au Paradis, et qui aime autant que moi je les aime, Tes angelettes, je Te loue de les avoir créées si belles; que la paix de Ton règne arrive et que l'offrande de Tes anges femelles m'aide à atteindre la Joie éternelle; donne-moi cette nourriture quotidienne qui seule peut apaiser mes désirs charnels; et comment je pardonne à celles qui ne s'offrent pas, pardonne-moi de m'offrir celles qui se laissent prendre, que j'expie ainsi mes fautes vénielles; ne mets pas ma vertu à l'épreuve plus que celles qui la tourmente si fort, mais fais en sorte de la combler dans la Béatitude éternelle!"(1) Ainsi je priais, accompagné des ombres, marchant sous le poids de mes rêves angoissés, je m'efforçais d'aider ces âmes à se laver des taches qu'elles traînaient depuis la terre, en sorte qu'elles puissent acquérir la pureté, la légèreté qui les aide à monter au ciel. "Ah! que la justice et la miséricorde vous libèrent bientôt de ces poids, pour que vous puissiez atteindre votre ciel! Montrez-nous de quel côté est le plus court chemin, qui conduit à la satisfaction de nos désirs, car cet autre, qui m'accompagne et qui revêt encore le poids de la chair d'Adam, monte avec plus de peine qu'il ne le voudrait." Et l'une des ombres répondit à mon maître: "Venez avec nous, en suivant la falaise, et vous trouverez le passage qu'un vif peut monter sans peine. Et, si l'armure de chasteté, qui recouvre mon corps plein d'orgueil, n'était si lourde à porter et ne faisait plier mon corps,je porterais un regard sur celui qui vit encore, à voir si je le reconnais et s'il est l'un de ceux, à qui j'ai refusé la grâce de jouir de mon corps. Car je fus, dans le pays du Grand Fjord, reconnu en tant que plus désirable des belles, et que ni Roi ni manant ne purent baiser à leur aise. Le sang antique et les actions d'éclat de mes ancêtres me rendirent si arrogante, que je tins tous les hommes en tel mépris, que j'en mourus sans avoir copulé avec aucun d'eux! J'ai refusé de jouir comme la bête, offrant mon ventre à la vue des étoiles, découvrant les secrets enfouis dans mon gouffre utérin, souffrant l'affront d'un baiser à mon sein. J'ai préféré la jouissance solitaire, caressant mon corps, ma vulve et mes seins, glissant mes doigts agiles dans cet antre érogène, y jouant en fermant les yeux et en imaginant que mon beau prince était Dieu lui-même." L'une des ombres s'interposa et me dit: "Celle qui, devant toi, marche à si petits pas, emplissait du bruit de son nom le pays Jeannois tout entier, et maintenant on en chuchote à peine à Mashteuiash où elle était reine, la plus enviée des femmes, et qui en méprisait d'autant les autres femmes, à qui elle enlevait allègrement maris et amants, comme aucune prostituée ne l'aurait fait mieux qu'elle. Sa renommée était couleur d'herbe, qui va et vient et que le soleil flétrit, qui la fait sortir de terre avant sa maturité; regarde et dis-moi si elle est encore belle?" Et je lui dis: "Tes paroles pleines de vérité m'humilient dans mon coeur, mais n'en dissipe pas moins un doute dans mon esprit: Est-il vrai alors que l'âme, qui attend la fin de sa vie pour se repentir, puisse espérer monter jusqu'ici par de bonnes prières qui l'y aident, là où d'autres âmes qui auraient vécu une vie de vertu, en oubliant de mourir dans la grâce, se verraient interdites d'y monter; ne vois-tu pas là une contradiction de la part d'un Dieu que tu dis être juste et qui favorise ainsi les fins calculs du Vilain?" Et elle ne répondit pas mais je compris que cela dépassait ses capacités d'entendement, et que seul l'amour de Jeanne pouvait me libérer de mes doutes.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
(1)version libérée du Notre-Père
Theme musical: la sicilienne de Gabriel Fauré, emprunté aux Classical Midi Archives.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XII DU PURGATOIRE


le 2007-09-06 10:54:27 | Permalien | Ajouter un commentaire | Purgatoire



marcopolo : Chant X du Purgatoire

Chant X du Purgatoire
image Luis Rojo

Ecce Amor Dei.
Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge


Poi fummo dentro al soglio de la porta che 'l mal amor de l'anime disusa, perché fa parer dritta la via torta, sonando la senti' esser richiusa; e s'io avesse li occhi vòlti ad essa, qual fora stata al fallo degna scusa? Noi salavam per una pietra fessa, che si moveva e d'una e d'altra parte, sì come l'onda che fugge e s'appressa. «Qui si conviene usare un poco d'arte», cominciò 'l duca mio, «in accostarsi or quinci, or quindi al lato che si parte».


RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE


Le bruit que j'entendis, me fit comprendre que la porte s'était refermée sur nous, au-delà de laquelle l'amour mauvais nous était interdit. Nous montions une paroi du rocher, si abrupte qu'il fallut l'aborder avec adresse, de sorte que notre cheminement en fut ralenti et que, la nuit approchant, il était temps de s'arrêter. Rendus au faite du rocher, face à une paroi abrupte, nos yeux purent voir aussi loin qu'ils le pouvaient, nos pieds ne s'y étaient pas encore avancés que je m'aperçus que cette muraille circulaire, qu'aucun accès ne permettait de gravir, était de marbre blanc, orné de sculptures telles que Rodin lui-même en aurait paru diminué. L'ange qui vint sur terre pour l'Annonciation de la naissance de l'amour, implorée de tant de larmes par tous les siècles et par laquelle le Ciel, trop longtemps fermé, s'est ouvert devant nous, apparaissait si réel, représenté là dans une attitude galante, qu'il me semblait qu'il jouissait déjà. On aurait juré qu'il disait: "Amor!" Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge, qui lui avait donné la clef qui ouvre la porte de sa vulve virginale et, par son attitude, elle exprimait ces mots: "Ecce amor Dei", aussi nettement qu'une image est gravée dans le marbre. Mon maître qui me surprit ainsi admirant l'oeuvre, me dit: "Ne fixe pas ton esprit sur un seul point" Aussi je détournai mes regards de Marie, et de l'autre côté m'apparut une scène taillée dans le roc, je m'approchai pour mieux la voir. Il y avait là, sculpté dans le marbre, un attelage de boeufs traînant la sainte Arche d'Alliance et, précédant celle-ci, une foule divisée en sept choeurs dont mes sens ne pouvaient dire s'ils chantaient ou se taisaient, s'ils humaient ou non l'encens; et tout en avant du Cortège était David, au corps dénudé, et dont la danse sacrée était endiablée, de sorte qu'il me semblait être plus ou moins que roi. Et Michol, sa maîtresse, le regardait de loin en mimant, dans la solitude, l'acte sexuel. Je quittai cet endroit pour voir de près une autre scène qui m'attirait par l'éclat qui embrasait le sujet. Là était figurée la gloire sublime d'un Prince antique. Au crin de son cheval se traînait une pauvre courtisane en larmes. Tout autour, le sol était foulé de cavaliers et des aigles d'or semblaient se mouvoir dans le ciel. La pauvre courtisane semblait dire: "Seigneur, si tu ne me prends illiquo, je me désespère jusqu'à la mort!" Et lui paraissant lui répondre: "Attends que je sois de retour." Mais elle, comme une personne que la passion rend impatiente: "Mon Seigneur, et si tu ne reviens pas?" Et lui de répondre: "Celui qui sera là après moi, te prendra à ma place." Mais elle, encore disait: "Le bien fait à un autre, à quoi te servira-t-il si tu négliges le bien que je t'offre maintenant?" Et lui alors de répondre: "Or, sois satisfaite, je te dois de remplir ce devoir avant de partir, ta Passion le veut ainsi et la Foi m'y contraint." Ainsi qu'il ne se voit point sur terre, celui-ci a su produire au-delà des paroles, les gestes qui conduisent à l'Amour. Pendant que je m'émerveillais à contempler ces images d'une si grande concupiscence, le poète murmura: "Voici une troupe nombreuse qui se déplace à pas lents, elle nous conduira aux degrés plus élevés." Mes yeux toujours attentifs à découvrir des choses nouvelles, je me détournai vers l'endroit que m'indiquait Baudelaire. Je ne veux point cher lecteur, t'enlever ton courage en te décrivant ainsi, ce que Dieu exige en compensation de ses fautes. Plutôt qu'à la vigueur des tourments, pense plutôt à la fin qu'ils prédestinent au soir du Jugement Dernier. Et je dis: "Maître ce que je vois venir ne me semble pas être des hommes, la dure condition de leur supplice les écrase jusqu'au sol de sorte que j'hésite à saisir ce que mon oeil voit, déjà je peux voir comment chacun se mortifie." Et mon maître me dit, alors qu'il semblait leur adresser la parole: "Ô vedettes! orgueilleuses et présomptueuses, qui mettiez vos espoirs dans l'adulation des foules, sachez que vous n'êtes que des larves qui se mutent en ces âmes fragiles, qui vont comme les papillons sans défense brûler leurs ailes au tribunal de la justice divine. Qu'est-ce qui permet à votre âme de s'élever ainsi, alors que vous n'êtes que des insectes ratés pareils à des vers qui n'ont pas encore atteint leur maturité?" Ainsi, je vis ces esprits autrefois pleins d'arrogance, plus ou moins contractés par des charges qui les faisaient paraître tels des cariatides affaiblies par le poids des ans, et celui qui était le plus près dit en pleurant: "Je n'en puis plus, je n'en puis plus!" Et la foule criait: "Vas-y, vas-y, t'es le meilleur et on t'aime vas-y, ne lâche pas, t'es capable!"



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: Adoramus Te Christe de Giovanni Pier Luigi Palestrina, emprunté aux Classical Midi Archives.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XI DU PURGATOIRE


le 2007-09-06 10:53:24 | Permalien | Ajouter un commentaire | Purgatoire