1a-la divine tragédie (histoire Québec)

Publi le mardi 1 janvier 2008

marcopolo : Chant XIX du Paradis

Chant XIX du Paradis
image Gustave Moreau

La belle image de l'Amour et le sermon des bienheureux.
Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée.


Parea dinanzi a me con l'ali aperte la bella image che nel dolce frui liete facevan l'anime conserte;

parea ciascuna rubinetto in cui raggio di sole ardesse sì acceso, che ne' miei occhi rifrangesse lui.

E quel che mi convien ritrar testeso, non portò voce mai, né scrisse incostro, né fu per fantasia già mai compreso;

ch'io vidi e anche udi' parlar lo rostro, e sonar ne la voce e «io» e «mio», quand'era nel concetto e 'noi' e 'nostro'.


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


Elle se tenait devant moi, la belle image de l'Amour, les ailes largement ouvertes, laissant voir les mille âmes joyeuses qui la composait. Chacune me semblait comme un rubis sur lequel brillait un rayon de soleil, si ardent qu'il se réfléchissait dans mes yeux. Ce que je vais te dépeindre, cher lecteur, aucun autre n'a tenté de le faire avant moi, ni dans ses écrits, ni dans sa voix, ni en usant de son imagination; car je vis et j'entendis l'oiseau ouvrir le bec et parler ainsi: "Parce que j'ai été juste et pieux, je suis à présent exalté dans cette gloire que, même avec le plus grand des désirs, tu ne pourrais l'atteindre; j'ai laissé sur terre, des oeuvres que les pervers admirent mais ne daignent point suivre." De cette image faite d'autant d'âmes amoureuses et bienheureuses, il se dégageait une chaleur telle qu'en un brasier ardent, mais elle ne parlait que d'une seule voix. Et je répondis à cette voix: "Ô, fleurs perpétuelles de la joie éternelle, je reconnais votre parfum unique; apaisez mon désir après ce grand jeune terrestre qui m'a laissé sans nourriture charnelle. Je sais que si la justice divine se reflète dans le miroir d'un royaume qui m'est inconnu, le vôtre saura pourtant me reconnaître. Voyez comme je suis prêt à vous écouter, vous qui connaissez le doute qui habite, depuis si longtemps, mon esprit." Alors, je vis s'agiter l'emblème; comme fait un faucon délivré de son chapeau, il bouge la tête et se réjouit en battant des ailes, puis il montre son désir de s'envoler en battant des ailes; d'un choeur formé de milliers d'âmes, j'entendis alors un chant qui semblait louer la grâce divine et qui ne se peut que là-haut. Puis elle dit, cette image radieuse: "Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée et qui y régla ce qui se voit et ce qui est caché, n'a pu y installer toute sa vertu sans que son verbe y règne bien au-dessus. La preuve en est que Lucifer, qui fut la plus haute des créatures, n'a pu accéder à la lumière pour n'avoir pas atteint la perfection dans son être; de cela il faut comprendre, qu'un être inférieur est un réceptacle trop étroit pour contenir le Bien qui est sans limites. Ta vue n'est qu'un infime rayon de l'Intelligence suprême, et de par sa nature, elle n'est pas assez puissante pour discerner l'Esprit de Dieu au-delà de ses apparences. Ton regard ne peut pénétrer dans la justice éternelle, comme ton oeil qui voit nager le poisson près du rivage et qui perd subitement la vue dans les abysses de la haute mer, pourtant, tout au fond, la vie existe tout autant. Tu es aveuglé par le démon, la concupiscence de la chair, les plaisirs terrestres, ces venins qui ne sont que ténèbres; il n'est d'autre lumière que la révélation que rien jamais ne trouble. Maintenant, tu vois plus clairement de la justice divine, toutes ces questions, qui pour toi, étaient sans réponse. Vois celle qui naît aux limites extrêmes du monde, là où personne ne parle de l'Amour, où il ne se lit ni s'écrit sur le sujet; celle dont les désirs et les actions sont sans péché, autant dans sa chair que dans son esprit; si elle vient à mourir sans baptême et sans avoir la foi, quelle justice suprême alors, se permet de la condamner si elle n'a point péché et qu'elle n'a point la foi? Qui est-il ce Dieu vengeur qui croit la juger et qui n'a qu'une courte vue? Comment la justice de Dieu pourrait-elle être si injuste et réserver à celles en qui elle se révèle, la joie exclusive de la Béatitude suprême? Crois-tu à tort que t'es réservé le Bien suprême, toi la Gentille aux yeux de feu, qui dévoile ton sein et refuse l'enfantement, ou toi l'Abyssinienne vertueuse qui distribue la charité païenne, ou toi la prude Iranienne, au regard voilé par les dogmes surannés d'Allah, ou toi l'Asiatique avide d'aimer, qui recherche le bonheur suprême dans les lois du sort, ou toi l'Amérindienne outragée par le Conquistador, ou toi l'épouse de ton maître l'Hindoustanais, ou toi la fille dispensatrice de la Charité charnelle? Toi qui a reçu le bien de l'Écriture pour te guider, esprit grossier trop attaché aux choses de la terre, mais comment crois-tu que la justice de Dieu puisse être si injuste? Telles sont mes paroles, toi mortel, grossier personnage, qui ne les entends guère." Puis ces brillants incendies de l'Esprit Saint s'arrêtèrent, demeurant dans l'emblème, et la voix reprit ainsi: "À ce royaume, ne monteront pas que ceux-là, qui auront reçu le pardon du confessionnal, ou ces autres qui vont chez les païens criant ainsi: "Christ! Christ!" car ils seront, au jugement dernier, damnés, ou moins près de Dieu que ceux qui ne connurent point le Christ mais en épousèrent les oeuvres et la grâce. Que ne direz-vous, et crierez-vous à l'injustice, missionnaires et prédicateurs, chanoines et dames patronnesses, prophètes du Christ ou de Mahomet, fornicateurs et sodomites, quand vous verrez ouvert le livre où sont inscrits tous vos actes déshonorants?"



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: The deer hunter de Myers Stanley, emprunté aux Archives du Web.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XX DU PARADIS


le 2008-01-01 10:37:42 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Chant XVIII du Paradis

Chant XVIII du Paradis
image Luis Rojo


Les muses Bienheureuses qui peuplent l'Olympe.
Le désir et la volupté de voir danser Salomé.


Già si godeva solo del suo verbo quello specchio beato, e io gustava lo mio, temprando col dolce l'acerbo; e quella donna ch'a Dio mi menava disse: «Muta pensier; pensa ch'i' sono presso a colui ch'ogne torto disgrava». Io mi rivolsi a l'amoroso suono del mio conforto; e qual io allor vidi ne li occhi santi amor, qui l'abbandono: non perch'io pur del mio parlar diffidi, ma per la mente che non può redire sovra sé tanto, s'altri non la guidi.


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


Calliope resplendissait d'une lumière éblouissante, elle était telle qu'un soleil, et elle me consolait plus qu'une mère; mais je n'entendais plus les accents éloquents qui provenaient d'Elle; je ne goûtais plus qu'à mes propres pensées où se mêlaient la douce volupté et le goût amer du baiser, et Jeanne qui me conduisait vers Dieu, me dit: "Pense à autre chose, mon doux Marco, et comprends que je me tiens près de Celui qui amoindrit tous tes péchés!" Je tournai mon regard vers mon Amoureuse dont la voix me réconfortait, et je renonce à te décrire, cher lecteur, tout l'amour que j'y vis, non que j'en ai peur, mais, parce que ma mémoire ne pourrait l'exprimer sans le secours de la grâce divine. Tout ce que je peux en dire maintenant, est que je fus, en contemplant Jeanne, ainsi libéré de tout autre désir en moi, tandis que le bonheur éternel rayonnait en ses yeux dont les reflets me rendaient si heureux. Et, avec l'éclat d'un sourire, elle me dit: "Retourne-toi et écoute ce qu'il faut entendre, car ce n'est pas dans l'éclat de mes yeux, que tu trouveras ton paradis." Ainsi je me tournai vers cette lumière flamboyante qui scintillait à mes yeux, et je sentis qu'elle avait le désir de me parler, ainsi qu'il est sur terre, lorsque l'on découvre le désir dans le regard d'une femme. Elle commença ainsi: "Vois cet arbre qui est à l'image du PARADIS et qui jamais ne se flétrit et qui toujours te prodigue de ses fruits; au cinquième degré de l'arbre tu verras les Muses bienheureuses qui peuplèrent l'Olympe, ce Paradis de tes rêves terrestres, et dont le renom fut si grand, qu'elles enrichirent les chants épiques des poètes, tes frères. Regarde chacun des bras de la croix dont elles composent les membres, et chacune, à leur nom, resplendira comme un éclair qui éclate derrière un nuage." A l'appel du nom de Thalie, je vis une flamme traverser de part en part la croix ; je n'entendis point ses paroles, j'étais occupé à dénouer l'idylle derrière les guirlandes qui cachaient son sein, puis j'ai compris que derrière ce masque, elle me jouait la comédie. Au nom d'Euterpe, j'ai bien vu comme elle tournait sur elle-même, et comme cette musique qu'elle enfentait, n'était que grâce et qu'artifices à faire mouvoir son ventre, pour m'ensorceler et faire gicler le venin du serpent en moi. À l'appel du nom de Melpomène et de Terpsichore, mon regard ne pouvait se détacher d'Elles, et comme le chasseur aux aguets, je suivais la grâce de leurs pas, tant et si bien que j'aurais voulu danser avec Elles. Puis sur les conseils de Calliope, ma vue fut attirée sur la croix par Erato, Clio, Uranie et d'autres Carmènes qui gisaient là toutes nues et qui bougeaient, sensuelles comme des vers à soie, sur le bois poreux de la croix, et je sentais le spleen en moi, comme le poète qui trop s'émeut. Puis pendant que Calliope me parlait ainsi, elle se mit en mouvement et dans sa grâce dénudée, elle alla musarder parmi les grâces qui étreignaient les bras de la croix, comme s'égayant sur une plage de sable chaud; elle savait me montrer ainsi toute la poésie que transcendait son divin corps de nymphe. Je tournai mon regard sur ma droite pour sonder les paroles ainsi que les attitudes de Jeanne, ce que je devais penser et faire, et je la vis briller de ses yeux purs et joyeux, de sorte que sa beauté l'emportait sur tous ses autres aspects, et qu'elle me fit me contrir, d'avoir eu des pensées lubriques envers ces belles choses qui ne cessaient de s'égayer, toutes nues, sur le bois de la croix. Je m'aperçus que je progressais en vertu, comme l'on éprouve plus de joie à faire le bien, ainsi, en voyant Jeanne devenir plus brillante, je me rendis compte que je faisais partie du Ciel et qu'enfin je tournais avec lui autour d'un point fixe. Et aussi vite que la rougeur de la honte disparaît du visage d'une dame, ainsi Jupiter, l'astre qui m'avait accueilli, rayonna à mes yeux dans toute sa blancheur. Dans cette joyeuse kermesse, je vis que les esprits amoureux qu'y s'y trouvaient, scintillaient à mes yeux en formant les lettres tirées de la langue écrite de nos ancêtres; et elles voletaient et chantaient ainsi comme des lumières, ressemblant à des oiseaux qui surgissent d'une rivière, et qui, en fête, font des cercles d'eux-mêmes ou quelque file en direction du vent. Leur mouvement suivait le rythme de leur chant, puis elles formaient un signe et elles s'arrêtaient de sorte que je pouvais bien lire ce qui était écrit. Ô divine Calliope, toi qui donnes la gloire aux poètes et qui les éclaires de ta lumière, pour que je traduise ces figures, fais que ta puissance les écrive en ces quelques vers! Ainsi m'apparurent'ils: DILIGITE IUSTITIAM QUI IUDICATIS TERRAM Puis au sommet du M qui termine le mot TERRAM, je vis descendre plusieurs infimes lumières, s'y poser en chantant, je crois, la gloire du DIEU qui transcende la justice. Puis, comme l'eau qui scintille contre la lumière et qui font des étincelles innombrables, plus de mille lumières parurent jaillir de là et monter plus ou moins haut, comme allumées par le Soleil,et chacune se poser à sa place, de sorte que ce feu représentait la tête et le col d'un aigle. Ô douce étoile, combien de brillantes gemmes me montrèrent que notre justice est un effet du ciel que tu ornes comme un joyau! Aussi, je prie Dieu, qui engendre le mouvement et la vertu, pour qu'il s'irrite encore une fois de voir la fumée souiller ses rayons, et que son temple soit ainsi violé à nouveau. Ô milice du ciel que je contemple ainsi, prie pour ceux, les dévoyés, qui sur terre, donnent le mauvais exemple! Jadis, on avait coutume de vaincre par l'épée, mais aujourd'hui, on fait la guerre par les lois et les interdits. Mais toi qui ne penses qu'à te disculper de tes torts, sache que Pierre et Paul vivent encore, bien qu'ils soient morts pour la foi que tu saccages. Il est vrai que tu peux toujours dire, pour te disculper: "Je préfère à Pierre et à Paul, le sacrifice de celui qui jeunât au désert, mais dont le martyre s'égaya du désir et de la volupté de voir danser Salomé."



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: musique New Age (melmirel), emprunté aux Archives du Web.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XIX DU PARADIS


le 2008-01-01 10:36:19 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Chant XVII du Paradis

Chant XVII du Paradis
image de Raphael

Un homme averti n'en vaut-il point deux?
Ceux qui trafiquent avec la Vérité.


Qual venne a Climené, per accertarsi di ciò ch'avea incontro a sé udito, quei ch'ancor fa li padri ai figli scarsi; tal era io, e tal era sentito e da Beatrice e da la santa lampa che pria per me avea mutato sito. Per che mia donna «Manda fuor la vampa del tuo disio», mi disse, «sì ch'ella esca segnata bene de la interna stampa; non perché nostra conoscenza cresca per tuo parlare, ma perché t'ausi a dir la sete, sì che l'uom ti mesca».


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


Comme un fils qui demande à son père s'il est bien son fils, tel j'apparaissais à Jeanne, et à cette sainte flamme qui accompagnait ses pas. Aussi ma dame me dit-elle: "Montre au-dehors, toute l'ardeur de ton désir, en sorte qu'elle jaillisse, portant fidèlement l'empreinte de ton âme; non pour que tes paroles fassent mieux connaître ce que nous savons déjà, mais pour que tu t'habitues à dire quelle est ta soif, afin que l'on te verse à boire." "O lumière chérie, toi qui t'élèves si haut au-dessus de l'esprit des hommes de science, que tu aperçois les choses contingentes avant qu'elles ne se réalisent, en regardant Dieu qui met tout au présent, pendant que j'accompagnais Baudelaire au Purgatoire et en Enfer, il me fut dit, sur mon sort futur, des paroles que je redoute, encore que je me sente solide comme le roc contre les coups du sort; aussi, mon désir serait-il satisfait d'apprendre quel est le destin qui m'attend: un homme averti, n'en vaut-il pas deux?" Ainsi je parlai à cette lumière même, qui m'avait d'abord adressé la parole, et, comme le voulait Jeanne, je lui avouai mon désir. Et ce fut en termes clairs, et dans un langage précis, que me répondit ce père aimant, enfermé dans son propre sourire où il se révélait à moi: "Les choses contingentes qui vont au-delà de la compréhension de votre monde matériel, sont toutes figées dans le regard éternel; mais elles ne sont pas d'un caractère de nécessité absolue. De là, vient à ma vue le temps qui, pour toi, se prépare, et qui vibre à mon oreille comme une douce musique. Ton esprit quittera la terre de tes ancêtres. Cela sera voulu et se dessine déjà, par ceux qui trafiquent avec la Vérité. La rumeur publique, comme il est d'usage, prendra parti contre ta poésie, non pour ce qu'elle croit être la vérité, mais, pour s'ajuster à ce qu'en disent ceux qui la fabriquent. Il te faudra abandonner ce que tu as de plus cher au monde, ton pays et ce que tu en conçois, et y trouver l'exil sans avoir à le quitter. Tu éprouveras comment, l'exil est plus difficile à celui qui n'a pas à s'exiler dans son corps, mais seulement dans son âme. Tu éprouveras quel goût de sel a ton pain, qui a la saveur de l'étranger, et comme c'est un dur périple que de parcourir un chemin mal façonné à ton pas. Et ce qui te pèsera le plus sur les épaules, ce sera la compagnie méchante et stupide de ceux qui creuseront l'abîme autour de toi, et qui te harcelleront et se tourneront conte toi. Mais c'est d'elle et non de toi que le front rougira, si bien que tu seras fier d'avoir fait un parti pour toi seul. Ton premier refuge et ta seule récompense, tu les devras à ta solitude et à l'art qu'il fait naître. Mets toutes tes attentes en lui et en ses bienfaits; par lui, tu apprendras ce que le monde ne sait point et feint de ne point connaître." Puis elle dit encore cette lumière: "Je ne veux pas que tu portes envie à tes concitoyens, parce que ta vie durera dans l'avenir, bien plus que le châtiment de leurs perfidies." "Mon très Cher Père, je vois bien comme le temps me rattrappe, pour me porter un coup d'autant plus rude qu'on s'abandonne davantage; aussi est-il bon que je m'arme de prévoyance, pour que, si le bien de ma conscience m'est ravi, je ne perde la liberté par la faute de mes vers. Dans le monde d'en bas plongé dans l'amertume éternelle, et par la montagne d'où les yeux de ma Dame m'ont enlevé, puis par le ciel, de lumière en lumière, j'ai appris tant de choses qui, si je les répète, feront de bien des gens mes ennemis. Et si je cache, par timidité, la vérité, je crains de ne plus vivre parmi ceux qui prétendent déjà vivre dans le futur, et ne connaissent rien du passé, et qui ne savent s'adapter au présent." Et mon Père répondit: "Une conscience obscurcie par la honte ou par celle d'autrui trouvera certes ta parole âpre; mais raconte fidèlement ta vision, écarte tout mensonge, et laisse les gens se gratter où ça leur pique, car si au premier goût ta parole leur semble importune, elle saura nourrir les générations futures. Ton cri fera comme le vent qui ne frappe que les plus hautes cimes, de ceux qui savent ouvrir les bras à la vérité, et ce n'est pas un médiocre sujet d'honneur. C'est pour cela que t'ont été montrées, dans les sphères inférieures, les âmes de ceux qui vécurent dans la renommée; car celui qui n'écoute et ne veut entendre que ce que son esprit est conditionné, ne se laisse jamais séduire par celui qui n'est pas connu ou célébré ou glorifié, ni par des arguments qui n'ont pas d'éclats."



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: nuage de Claude Debussy, emprunté aux Classical Midi Archives.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XVIII DU PARADIS


le 2008-01-01 10:34:46 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis