1a-la divine tragédie (histoire Québec)

Publi le vendredi 15 février 2008

marcopolo : Chant XXVII du Paradis

Chant XXVII du Paradis
image Luis Rojo

Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit.
Vois l'Épouse du Christ qui se prostitue.


'Al Padre, al Figlio, a lo Spirito Santo', cominciò, 'gloria!', tutto 'l paradiso, sì che m'inebriava il dolce canto. Ciò ch'io vedeva mi sembiava un riso de l'universo; per che mia ebbrezza intrava per l'udire e per lo viso. Oh gioia! oh ineffabile allegrezza! oh vita intègra d'amore e di pace! oh sanza brama sicura ricchezza! Dinanzi a li occhi miei le quattro face stavano accese, e quella che pria venne incominciò a farsi più vivace,


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


"Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit!" C'est par ce chant que je fus reçu au Paradis, si doux, que j'en fus enivré. Ce que je voyais, me paraissait comme le sourire de l'univers, ce pourquoi mon ivresse comblait tous mes sens. Ô joie, ô allégresse ineffable! Ô vie toute d'amour et de paix! Ô béatitude assurée hors la proie du désir! Devant mes yeux, se tenaient les quatre flambeaux embrasés, et celui qui était venu le premier, commença à jeter un éclat plus vif; la Providence qui assigne à chacun sa place, avait imposé partout le silence au choeur des bienheureux, lorsque j'entendis: "Ne t'étonne point si je change de couleur, car, pendant que je parle, tu verras tous ceux-là en changer aussi. Celui qui, sur la terre, usurpe mon siège et le trône du Fils de Dieu, a fait, de cette Église, un caméléon, qui remplit d'allégresse le Maudit, qui fut chassé d'Ici." Et comme une femme honnête, qui ne s'émeut point à écouter la faute d'autrui, aussi je vis Jeanne changer d'aspect et devenir encore plus désirable. Puis, les paroles du Maître reprirent d'une voix altérée: "Vois l'Épouse du Christ, là-bas sur terre, qui se prostitue pour épouser la forme et les manières du Vilain; vois les enfants de Dieu, se muter en loups rapaces, sodomisant, forniquant, baisant dans les bergeries, oubliant ainsi la raison d'être d'aimer, ils transforment en vulgaire plasma les produits vivants de l'amour. Ô vengeance de Dieu, pourquoi ne te lèves-tu pas? Et toi mon fils, que le poids de ton corps mortel fera encore retourner sur la terre, ouvre la bouche et ne cache point ce que je ne cache point moi-même." Ainsi je vis en haut, les lumières se transformer en éther. Mes regards ne voyaient que leurs apparences, jusqu'à ce que mes yeux ne les perçoivent plus. Ma dame, qui s'apercevait alors, que j'avais cessé de regarder là-haut, me dit: "Abaisse les yeux et vois comme tu as changé de lieu!" Tel un amoureux comblé qui ne se plaît qu'en présence de sa Dame, je brûlais du désir de la regarder à nouveau. Tous les appâts que la nature a créés, dans la chair même des femmes, ou dans leur reproduction par les grands-maîtres, pour s'emparer de mon âme en prenant d'abord les yeux; tous ces appâts réunis ne sont que néant, comparé au plaisir divin qui m'éblouit, quand je me retournai vers le visage souriant de ma Belle; et la force que me donna son regard, m'arracha du lieu où j'étais et me lança très loin dans le ciel, et si loin que je ne saurais dire, quel fut l'endroit que me choisit Jeanne. Mais elle, qui connaissait mes désirs, commença en riant, avec une telle allégresse que Dieu, sur ses traits délicats, paraissait exulter de joie: "Vois le système du monde, qui fait que tout tourne autour d'un centre immobile, et ce ciel n'a d'autre épicentre que l'Amour, qui le met en mouvement, et qui en distribue la Béatitude. Tu dois maintenant voir clairement ce qu'il en est, toi qui te meus d'Amour pour moi; ouvre donc les yeux de ces mortels, sous toi, submergés, et qui ne savent lever les yeux hors de l'eau! L'innocence, la foi, ne se retrouve que chez les plus petits et qui s'envole avec leur enfance, ou qui disparaît à jamais faute d'enfants, comme supports à la foi et à l'espérance. Et toi, ne sois pas étonné, et rappelle-toi que sur terre, il n'est personne qui gouverne, et que pour cela, l'espèce humaine est dévoyée. Je crois encore et tu dois me croire aussi, qu'il surgira des étoiles, Celui qui fera germer à nouveau de vrais fruits sur les arbres du Jardin d'Éden."



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: Collection Nguyen (ballade), emprunté aux Archives du Web.
Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.


CHANT XXVIII DU PARADIS


le 2008-02-15 09:04:55 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Chant XXVI du Paradis

Chant XXVI del Paraíso
image Rousseau

Les belles femelles du Jardin du Jardinier éternel.
Sanctus, sanctus, sanctus.


Mentr'io dubbiava per lo viso spento, de la fulgida fiamma che lo spense uscì un spiro che mi fece attento, dicendo: «Intanto che tu ti risense de la vista che hai in me consunta, ben è che ragionando la compense. Comincia dunque; e di' ove s'appunta l'anima tua, e fa' ragion che sia la vista in te smarrita e non defunta: perché la donna che per questa dia region ti conduce, ha ne lo sguardo la virtù ch'ebbe la man d'Anania».


VUELTA A LA PUERTA DEL PARAÍSO


Je craignais d'avoir perdu la vue, pour avoir trop fixé l'éblouissante flamme; et d'elle sortit une voix qui attira mon attention et qui disait: "Jusqu'à ce que tu recouvres la vue consumée en moi, dis-moi l'objet de ton amour, et sois assuré que ta vue n'est pas morte, car la dame qui te conduit par ce séjour divin, a dans son regard, la vertu de se laisser voir." Je dis alors: "Qu'elle choisisse le moment qui lui plaira, de m'offrir le remède à mes yeux par où elle entra, avec le feu qui me fait, depuis, brûler d'Amour pour les siens." Cette même voix, qui m'avait enlevé la peur de mon aveuglement subit, se décida à parler encore; elle me dit: "Il faut te faire subir un examen rigoureux et je te demande si tu es prêt, précise alors ta pensée et dis-nous d'où te vient ton amour pour Elle, et quelle en est la cause?" Je répondis: "C'est par des arguments de la raison, ainsi que par ce qui m'a été révélé, que mon amour doit marquer son empreinte en moi. Car le bien, en tant que bien, et d'autant qu'il est parfait, enflamme ainsi mon amour. Il me faut aller en aimant, plus que vers toute autre dame, vers Celle qui est le bien, et moi qui vois en Elle la perfection du bien, ne dois-je pas l'aimer par-dessus toute autre? Cette vérité, celui-là la révèle à mon entendement, qui me montre le premier Amour de sa substance charnelle; elle me la révèle aussi par la voix de la Vérité "Je te ferai voir tout bien" dit-il à Moïse en parlant de Lui-même." Et il me répondit ainsi: "Par l'entendement et par les autorités qui sont d'accord avec elles, garde à Jeanne le plus haut de tes amours. Mais dis-moi, si tu sens encore d'autres liens t'attacher à elle, pour que tu montres avec combien de dents son amour te dévore." Je saisis alors, qu'il éprouvait ma profession de foi, et aussi je continuai: "Toutes ces morsures, ces blessures qui déchirent mon coeur et le pousse vers Jeanne, ont alimenté l'esprit de charité en moi, car l'existence du monde et ma propre existence, la mort qu'elle souffrit pour que moi je vive, et des désirs que j'ai en tant que son disciple, ainsi que la connaissance suprême, m'ont arraché au gouffre du faux et fait aborder au rivage du vrai Amour. Les belles femelles, ces fleurs dont se vêt le jardin du Jardinier éternel, je les aime, dans la mesure du bien qu'elles communiquent à travers Lui, à tout mon être." Sitôt que je me tus, un chant très doux résonna dans le ciel; et j'entendis ma dame qui chantait avec les autres: "Sanctus, sanctus, sanctus!" Ainsi, Jeanne chassa l'ombrage de mes yeux, par un rayon éclatant de ses propres yeux qui me fit voir mieux qu'auparavant, et stupéfait, je demandai d'où provenait une quatrième lumière que je vis venir vers nous. Ma dame me répondit: "Vois dans ces rayons la première âme que créât jamais la première Vertu, contemple son Auteur." Ainsi je fis et je dis: "Ô fruit qui seul fut produit mûr! Ô notre antique père! Toi de qui, chaque épouse est la fille en même temps qu'elle est la bru, aussi pieusement que je le peux, je te supplie de me parler, tu vois mon désir, et, pour t'entendre plus tôt, je te laisse le deviner." Plein d'allégresse, Adam me répondit: "Je connais ton désir mieux que toi-même; tu veux apprendre depuis quand Dieu me plaça dans le jardin d'Éden, et combien de temps j'y suis resté, qu'elle fut la vraie raison de la colère de Dieu, et quel fut le langage dont j'usai et que je façonnai? Or, mon fils, ce n'est pas d'avoir goûté au fruit qui fut en soi la cause d'un tel exil, mais seulement d'avoir franchi les bornes imposées. Quant au temps que j'ai pu passer dans le Jardin d'Éden, cette notion n'existe que dans ta conception d'un temps linéaire, alors que dans une dimension courbe du temps, de n'importe quel point du cercle qu'on se trouve, le temps tourne autour de lui-même, de sorte qu'il n'existe pas. Le langage que je parlai disparut entièrement. Que l'homme parle est un fait de la nature, mais qu'il parle de telle ou de telle façon, la nature s'en remet ensuite au bon plaisir des hommes, de sorte que j'ai pu parler Hébreu, Latin ou Américain et que l'Américain, le Latin et l'Hébreu ont disparu de la surface de la terre, et que l'homme ne s'en parle pas plus mal. Avant que je ne descende à la peine infernale, le Bien suprême dont vient la joie qui m'enveloppe, s'appelait Lui sur la terre, puis on tenta de le nommer Elle; les êtres sur terre étant aussi frivoles que les feuilles sur la branche, dont l'une vient et l'autre s'en va. Alors qu'ici, dans la demeure éternelle, il ne porte ni le nom de Lui, ni celui d'Elle, car il n'a pas de nature propre ou possède les deux à la fois, de sorte qu'il est Hermaphrodite: Mâle et femelle également; il peut enfanter comme la femelle ou donner sa semence comme le mâle, indifféremment, selon les circonstances et son bon plaisir. Ainsi, tout ce que ces bons docteurs de l'Église t'ont apprit, ou ont imposé à ta foi et à celle de tant de peuples, par le génocide, afin qu'ils acceptent d'y croire, ne sont en fait que des balivernes et des enfantillages, qui, s'ils y croyaient eux-mêmes, ne font que démontrer leur basse naïveté, et la raison pour laquelle on ne voit peu d'eux, ici."



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: Collection Nguyen (stinky), emprunté aux Archives du Web.
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CHANT XXVII DU PARADIS


le 2008-02-15 09:04:16 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Chant XXV du Paradis

Chant XXV du Paradis

Jeanne, l'aliment de mon espérance.
Sperent in Te.


Se mai continga che 'l poema sacro al quale ha posto mano e cielo e terra, sì che m'ha fatto per molti anni macro, vinca la crudeltà che fuor mi serra del bello ovile ov'io dormi' agnello, nimico ai lupi che li danno guerra; con altra voce omai, con altro vello ritornerò poeta, e in sul fonte del mio battesmo prenderò 'l cappello; però che ne la fede, che fa conte l'anime a Dio, quivi intra' io, e poi Pietro per lei sì mi girò la fronte.


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


Alors, se dirigea vers nous, une autre lumière dont ma Dame, pleine d'allégresse, me dit: "Regarde, regarde qui vient dans cette lumière, c'est Jacques, le baron du Ciel, le beau gentilhomme Galicien." Il vint tourner autour de Jeanne, pareil à une colombe auprès de sa compagne, en roucoulant, comme pour lui montrer son amour; et, après que Jeanne eut réussi à modérer ses transports, elle dit: "Esprit illustre, fait plutôt résonner les vertus de l'espérance à cet autre, ici présent, et qui M'est très cher." Et le beau gentilhomme me dit: "Pour que tu puisses, après l'avoir connue, réconforter chez toi, et chez les autres, l'espérance qui, sur terre, procure l'amour véritable, dis-Moi donc ce qu'est l'espérance; dis comment elle fleurit dans ton âme et dis-Moi d'où elle vint." Après un moment de réflexion, je lui répondis: "L'espérance est une attente certaine du bonheur futur, que produit la grâce féminine et le bien qu'elle nous a tant fait. Jeanne fut et est encore l'aliment de mon espérance; et ma foi en Jeanne est son fondement certain." Alors il me répondit: "L'Amour qui M'a tenu dans la vertu, qui M'a suivi jusqu'au martyre, et Me suit encore, veut que je t'en parle, à toi, qui t'en délectes tant; et il Me plairait que tu Me dises, ce que l'espérance te promet." Et je lui répondis: "Les âmes chères à Dieu ont un but, et, cela est inscrit dans les Écritures, et ce but m'inspire la promesse de l'espérance. Chacune de ces âmes sera revêtue du double manteau de la béatitude de l'âme et de celle du corps." Aussitôt que j'eus terminé ces paroles, on entendit alors: "Sperent in te" Ce à quoi répondirent toutes les auréoles qui dansaient au-dessus de nous. Puis, une lumière resplendit comme une étoile brillante, elle était comme une blanche jeune fille qui se lève, et va toute nue, et entre dans le lit conjugal, non par vanité mais pour faire plaisir à l'époux. Telle je vis la splendeur éclatante venir vers les deux autres lumières, aussi vite qu'il convenait à leur ardent amour; et ma dame fixa le regard sur eux, comme cette épousée immobile, silencieuse et pleine de désirs. "Voici Jean, Celui qui se coucha sur le sein du Maître, et en amant éploré, l'accompagna jusqu'à la croix." Ainsi parla ma Dame, sans détacher son regard des éclatantes lumières. Tel celui qui fixe trop longtemps la lumière, et qui, pour l'avoir trop regardée, cesse ainsi d'être voyant, tel je devins, jusqu'à ce qu'il me fût dit: "Pourquoi t'éblouir ainsi à essayer de voir ce qui n'est pas ici? Mon corps est fait de terre, et il retournera à la terre, et il y restera avec les autres, jusqu'à ce que leur nombre soit conforme aux desseins éternels. Il n'est que trois lumières à être montées au cloître du bonheur avec leurs corps, et tu es l'un de ceux-là, tu le feras savoir à ceux de ton monde qui ne savent plus écouter." À ces mots, la danse des flammes s'arrêta avec le doux accord du son des trois souffles,comme pour éviter la fatigue, se repose au son du tocsin. Ah! combien je fus ému dans mon âme, quand je me retournai pour voir Jeanne, et de ne pouvoir la voir bien que près d'Elle, et j'étais submergé dans la Félicité!



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: Musique de film (Philadelphia), empruntée aux Archives du Web.
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CHANT XXVI DU PARADIS


le 2008-02-15 09:03:31 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis



marcopolo : Chant XXIV du Paradis

Chant XXIV du Paradis
image Boris Vallejo

Le Fruit des arbres du Jardin d'Eden.
L'Amour, l'argument de la chose invisible.


«O sodalizio eletto a la gran cena del benedetto Agnello, il qual vi ciba sì, che la vostra voglia è sempre piena, se per grazia di Dio questi preliba di quel che cade de la vostra mensa, prima che morte tempo li prescriba, ponete mente a l'affezione immensa e roratelo alquanto: voi bevete sempre del fonte onde vien quel ch'ei pensa». Così Beatrice; e quelle anime liete si fero spere sopra fissi poli, fiammando, a volte, a guisa di comete.


RETOUR À LA PORTE DU PARADIS


"Ô confrérie élue à la source de l'Agneau divin, et qui vous vous y nourrissez, de sorte que vos désirs sont toujours satisfaits, considérez l'intensité de son désir, et répondez à sa soif avant que la mort ne l'emporte!" Ainsi parla Jeanne, et les âmes tournèrent de joie et de convoitise autour d'elles-mêmes, avec un rayonnement aussi vif que celui des comètes. Je vis sortir d'elles, une couronne plus brillante, qui s'approcha et tourna autour de Jeanne, en déclinant des mots si doux, que je me vois rougir à les répéter. "Ô Notre sainte soeur, qui Nous a priés si dévotement de venir, c'est l'ardeur de Notre affection pour Toi, qui Nous fait ainsi quitter Notre cloître, pour Nous laisser ainsi ensorceler par Ta grâce!" Et Jeanne de répondre: "Ô bon Pierre, à qui Notre Seigneur a confié les clefs du Bonheur! Examine plutôt celui-ci présent, sur des points de la foi, pour qu'il ait à en parler et à la glorifier." Et le maître, qui semblait contrarié de me voir en ce lieu, me dit: "Dis-moi, toi, qui te crois croyant, qu'est-ce que la foi?" Et je lui répondis, après une longue réflexion: "La foi est la substance de la chose espérée et l'argument de la chose invisible, voilà ce que je crois et qui me paraît être son essence. Les choses profondes qui se dévoilent ici, à moi, sont si ignorées sur terre, que leur existence ne se peut que par le désir de croire ou d'avoir la foi, en l'Amour qui est l'argument de la chose invisible, et, en Jeanne, qui est la substance de la chose espérée." "Il te faut maintenant exprimer, outre l'essence de ce que tu crois, d'où cette croyance te vient-elle?" "Je crois en une Entité unique et éternelle, qui, sans être mue par elle-même, met en mouvement l'Objet, le Désir et l'Amour, et je n'ai pas seulement de cette foi, des preuves métaphysiques mais aussi physiques, et c'est la vérité de là-bas et d'ici qui me la démontre, par le corps et l'esprit de Jeanne et par vous, qui l'avez écrit après que le Feu de l'Amour vous eut sanctifié. Ainsi je crois en trois entités éternelles, et je les crois une essence, une et trine en même temps: Jeanne, moi et l'Amour réunis en Un. Du profond mystère divin dont je parle, elle est le principe, elle est l'étincelle qui se dilate, et qui s'ouvre, et qui se transforme en une vive flamme, et qui n'attend que l'entrée en scène de mon membre géniteur, chargé de millions de gamètes assoiffées pour la faire briller comme une étoile dans le ciel." Cette réponse sembla plaire à mon maître et, par le sourire de Jeanne, j'ai compris que je l'avais séduite.



Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
Theme musical: matilda de Pink Floyd, emprunté aux Classical Midi Archives.
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CHANT XXV DU PARADIS


le 2008-02-15 09:02:00 | Permalien | Ajouter un commentaire | Paradis