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				<title>1a-la divine tragédie (histoire Québec)</title> 

				<link>http://marcopolo.monblogue.com/</link> 

				<description>l'histoire fictive du québec sur le thème de la divine comédie de Dante</description> 
	
				<language>en-us</language> 

			 
					<item> 

						<title>Chant XXXIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160860</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;La tragédie humaine&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com33-c1.jpg&quot; width=193&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;L'Orgasme de Dieu.&lt;BR&gt;Ce qui féconde et engendre la Conscience Universelle.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
«Vergine Madre, figlia del tuo figlio,
umile e alta più che creatura,
termine fisso d'etterno consiglio,

  tu se' colei che l'umana natura
nobilitasti sì, che 'l suo fattore
non disdegnò di farsi sua fattura.

  Nel ventre tuo si raccese l'amore,
per lo cui caldo ne l'etterna pace
così è germinato questo fiore.

  Qui se' a noi meridiana face
di caritate, e giuso, intra ' mortali,
se' di speranza fontana vivace.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Vierge-Marie&lt;/B&gt;, fille de Ton Fils, 
Aimante et séduisante, plus que toute créature
Prédestinée par un décret du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, 
Tu es &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui a tant ennobli l'Amour humain
Que le &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; n'a pas daigné devenir ta créature.

Dans Ton sein s'est allumé l'amour dont la chaleur 
A fait ainsi germer cette fleur, dans la &lt;B&gt;Joie&lt;/B&gt; éternelle. 
Tu es ici, pour nous, un flambeau 
Éblouissant de chasteté, 
Et, sur terre, parmi les mortels, 
Tu es une source vive de désirs charnels.

&lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, Tu es si belle et si attirante que, qui veut la grâce, 
Et, à Toi, Ne recours point, veut que ses désirs voguent sans ailes.
Ta bienveillance ne vient pas seulement en aide, à qui la demande,
Mais bien souvent elle devance spontanément la prière. 

En Toi la volupté, en Toi la coquetterie, en Toi la sensualité;
En Toi se réunit tout ce qu'il y a de sexualité dans la créature!
Celui-ci qui, du plus profond abîme de l'univers jusqu'ici,
A vu, une à une, les destinées des âmes, 
Te supplie de lui obtenir, par grâce, 
Assez de force pour qu'il puisse s'élever des yeux, 
Plus haut, vers le &lt;B&gt;Plaisir Suprême&lt;/B&gt;.

Et moi, qui n'ai jamais plus ardemment brûlé d'aimer et d'être aimé,
Je Te confie tous mes désirs et je prie qu'ils soient suffisants,
Pour que Tu dissipes, par Tes dons, tous les nuages de mon humanité, 
Si bien que &lt;B&gt;La Joie Éternelle&lt;/B&gt; se révèle à moi.

Et je Te prie encore, &lt;B&gt;Reine&lt;/B&gt; qui peut ce que Tu veux,
De conserver purs mes désirs après une telle incursion.
Que Ta protection triomphe des passions humaines!
Vois &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et tant de &lt;B&gt;Bienheureux&lt;/B&gt;
Qui joignent les mains pour supporter mes désirs.&quot;&lt;/I&gt;

Les yeux vénérés de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, fixés sur celui qui priait ainsi, nous montrèrent combien 
les prières pieuses lui sont agréables. Puis ils se reportèrent sur le &lt;B&gt;Gouffre éternel&lt;/B&gt;, 
où nous ne devons pas croire qu'une autre créature puisse, un jour, pénétrer 
d'un désir aussi charnel. Et moi, qui approchais du terme de tous mes désirs, je sentis,
 comme je le devais, l'ardeur de mon désir atteindre son comble.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; souriait et me faisait signe de regarder en avant; mais, par ma propre volonté, 
j'étais tel qu'elle le voulait, car mon désir, en devenant pur, pénétrait de plus en plus 
dans les méandres du &lt;B&gt;Méat Éternel&lt;/B&gt; qui par son essence, est la &lt;B&gt;Liberté Charnelle&lt;/B&gt;.

À partir de ce moment, ce que je fis dépasse l'entendement, qui succombe 
devant un tel itinéraire, comme la mémoire succombe devant un tel excès.

Tel est celui qui voit quelque chose en rêve, et chez qui, au réveil, ne retient plus 
que le souvenir de son émotion, alors que rien ne s'offre à son esprit de ce qu'il a vu.
Tel je suis, car presque toute ma vision s'est évanouie, et je sens encore couler lentement, 
dans  mon coeur, la douceur qu'elle y a fait naître; c'est ainsi que la neige se liquéfie au soleil, 
que les promesses des oracles se perdent au gré du vent, comme des feuilles d'automne.

Ô &lt;B&gt;Lumière suprême&lt;/B&gt;, qui va si loin au-delà des pensées humaines!
Rends à ma mémoire un reflet de ma vision, et rends mon langage assez fort, 
pour qu'il puisse décrire un soupçon de ta gloire aux hommes 
qui osent pénétrer dans le &lt;B&gt;Troisième Millénaire&lt;/B&gt;.

Et, il me souvient que, j'eus plus de hardiesse à avancer, si bien que 
mes désirs me rapprochaient de la &lt;B&gt;Vulve Divine&lt;/B&gt;.

Ô abondance de grâce! 
Qui me donna la vigueur de foncer et de bousculer les autres âmes qui avançaient 
comme moi, en hâte, vers la Lumière éternelle, tant que j'y épuisai toutes mes forces.
Mais, poussé par les autres âmes et ma foi en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, je franchis 
la &lt;B&gt;Corona Radiata&lt;/B&gt;, alors que mes désirs étaient devenus purs, je m'engouffrai 
avec peine dans la profondeur de l'&lt;B&gt;Ovule&lt;/B&gt; expulsé ainsi de l'&lt;B&gt;Ovaire Divin&lt;/B&gt;.

Je vis alors que se trouvait relié par l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, tout ce que l'&lt;B&gt;Univers&lt;/B&gt; tient épars,
la substance et l'accident des choses, ainsi que la propriété des choses,
rassemblés tel que ce que j'en dis, n'est qu'un soupçon de la réalité.

Je crois que je vis la forme sublime de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; parce que je sens, en le disant, 
que je suis épanoui par la joie! 
Un seul de ces moments me donne plus de frissons, que Cent années à parcourir le monde,
à polléniser &lt;B&gt;Fleur&lt;/B&gt; après fleur sans jamais en conserver l'amour.

Ainsi, mon esprit suspendu regardait fixement, pendant que mes membres s'agitaient et 
s'enflammaient toujours plus, de l'ardeur de contempler la lumière 
qui émanait du &lt;B&gt;Globe Suprême&lt;/B&gt;.

On devient tel, à cette Lumière, qu'il est impossible que l'on ne consente jamais 
à se détourner d'elle pour un autre objectif, parce que le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui est 
l'objet du désir, se rassemble tout en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et ce qui, là, 
voit ses désirs satisfaits, hors d'elle, se trouve incomplet.

Mes paroles sont impuissantes à redire le peu dont je me souviens, 
comme celles d'un enfant dont la langue suce encore et toujours la mamelle.

À mesure que j'approchais de l'épicentre, je me transformais moi-même 
dans la profonde et claire substance de l'&lt;B&gt;Ovule Divin&lt;/B&gt;. 
D'autres formes m'apparurent, aux couleurs et aux dimensions variables, 
émanant d'une symbiose cosmique entre 
la matière du globe lumineux et ma propre substance.

Oh! combien le langage est faible et insuffisant pour exprimer ma pensée! 
Et ma pensée est telle, comparée à ce que je vis et sentis, 
que j'ai peur de ne pouvoir le décrire.

Ô Lumière éternelle! Qui seule réside en toi, qui seule te comprend, et qui, 
comprise par toi et te comprenant, t'aime et te sourit!

Ce &lt;B&gt;Magma&lt;/B&gt; qui m'envahissait se reflétait en moi comme une &lt;B&gt;Image&lt;/B&gt; réfléchie,
lorsque mes yeux l'eurent un peu contemplé, me parut porter en lui ma propre image, 
reflétant sa couleur et sa substance, aussi ma vue était-elle toute plongée en lui. 

Je voulais comprendre et saisir comment ma propre image s'unissait et trouvait sa place 
dans le &lt;B&gt;Magma Lumineux&lt;/B&gt;, mais j'étais impuissant à en trouver le principe 
de mes propres ailes, je n'y aurais pu si mon esprit n'avait été frappé 
d'un soudain éclair, dans lequel m'apparut l'objet de mon &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt;. 

Je n'étais déjà plus moi-même, mais un autre, qui aurait combiné l'essence 
de moi-même, et celui d'un autre, pour former un être nouveau, lancé à ce moment même 
dans l'existence, comme par un plongeon dans l'eau, si le &lt;B&gt;Malin&lt;/B&gt; n'allait pas être là,
 remplaçant ma &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt; au sortir du placenta de ma naissance. 
Ici, les forces manquèrent à ma sublime intrusion; mais déjà, 
comme une roue qui se meut d'un mouvement uniforme, mon désir et ma volonté 
étaient réglés par L&lt;B&gt;'Orgasme Suprême&lt;/B&gt; qui génère la pensée et les intelligences  
et tout ce qui féconde et engendre la &lt;B&gt;Conscience Universelle&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Queen Mary de Purcell, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR SUR TERRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160859</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=415 alt=&quot;image Morrill&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com32-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La cour de l'Empyrée.&lt;BR&gt;Ave Maria, gratia plena.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Affetto al suo piacer, quel contemplante
libero officio di dottore assunse,
e cominciò queste parole sante:

  «La piaga che Maria richiuse e unse,
quella ch'è tanto bella da' suoi piedi
è colei che l'aperse e che la punse.

  Ne l'ordine che fanno i terzi sedi,
siede Rachel di sotto da costei
con Beatrice, sì come tu vedi.

  Sarra e Rebecca, Iudìt e colei
che fu bisava al cantor che per doglia
del fallo disse 'Miserere mei',&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Infuse d'une Joie extatique, &lt;B&gt;Thérèse&lt;/B&gt; commença ces paroles saintes: 
&lt;I&gt;&quot;Vois &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, au regard rempli de douleur, et la dame repentante à ses pieds, 
c'est &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, si belle, avec qui, souviens-toi, tu as péché.  
Au-dessous d'elle sont assises, &lt;B&gt;Isis&lt;/B&gt;, l'égale de &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Lucie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Judith&lt;/B&gt;
et entre les deux, &lt;B&gt;Jeanne d'Arc&lt;/B&gt;, ta fiancée bien-aimée.

Sur le siège plus bas, vois &lt;B&gt;Rébecca&lt;/B&gt;, la&lt;B&gt; reine de Saba&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Véronique&lt;/B&gt;, celle qui porte encore 
sur son sein l'empreinte du visage extasié de son divin Amant; un degré plus bas, 
sont assises la &lt;B&gt;Kundalini&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Ruth&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Catherine Tékakouita&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Sara&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Rachel&lt;/B&gt;.

Et encore un degré plus bas, vois les &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Sirènes&lt;/B&gt; et la reine &lt;B&gt;Guenièvre&lt;/B&gt;,
ainsi que la charitable &lt;B&gt;Marie-Madeleine&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;la dame aux camélias&lt;/B&gt;, 
la déesse &lt;B&gt;Artémis&lt;/B&gt; aux multiples mamelles,
&lt;B&gt;Kumari&lt;/B&gt;, la vierge magnifique et maternelle, la reine &lt;B&gt;Hatshepchut&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Lakshmi&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Pandore&lt;/B&gt;.
Puis viennent des &lt;B&gt;Apsaras&lt;/B&gt; aux généreuses poitrines;
des amoureuses, &lt;B&gt;Chimène&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Galatée&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Saphô&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Cléopâtre&lt;/B&gt; et aussi &lt;B&gt;Juliette&lt;/B&gt;;
des beautés certaines: les &lt;B&gt;Grâces&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Aphrodite&lt;/B&gt;; des martyres: &lt;B&gt;Iphygénie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Sainte Cécile&lt;/B&gt;.

Tu peux les voir toutes aussi belles, alignées de degré en degré jusqu'au degré le plus bas, où 
se tiennent des &lt;B&gt;Juives&lt;/B&gt; à la crinière noire, puis des &lt;B&gt;Africaines&lt;/B&gt; à la peau toute noire,
et des &lt;B&gt;Asiatiques&lt;/B&gt; au regard oblique, des &lt;B&gt;Geishas&lt;/B&gt;, pareilles à des fleurs fragiles;
et combien d'autres &lt;B&gt;Courtisanes&lt;/B&gt;, qui ont su soulager la fureur du mâle,
et aussi celles dont tu as su reconnaître la vertu et déflorer à ton aise.

Puis, tout autour de ce bel aréopage, assis à même le sol, et regardant vers&lt;B&gt; Elles&lt;/B&gt;, 
des mâles pleins de convoitise, disposés en rond, dont des pères de toutes les églises,
et des animistes convaincus, des apostats repentis et des prophètes comme &lt;B&gt;Jésus&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Mahomet&lt;/B&gt;
ainsi que &lt;B&gt;Don Kichote&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Dali&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Saint-Félicien&lt;/B&gt; et d'autres saints hommes, 
puis les disciples du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; et du &lt;B&gt;Bouddha&lt;/B&gt;
ceux qui s'en remettent à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Allah&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Yahweh&lt;/B&gt; ou à &lt;B&gt;Çiva&lt;/B&gt;, puis &lt;B&gt;Cupidon&lt;/B&gt;, 
&lt;B&gt;Iméros&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Orphée&lt;/B&gt;, et &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt;; des &lt;B&gt;Satyres&lt;/B&gt;; &lt;B&gt;Adonis&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Pygmalion&lt;/B&gt; et j'en passe.

Ils sont tous ainsi ordonnés et disposés sous le trône, selon des lois éternelles 
qui tiennent compte des faveurs rendues au &lt;B&gt;Roi&lt;/B&gt;, ou qui répondent à la grâce dispensée 
par &lt;B&gt;Le Roi&lt;/B&gt;, dans un ordre et sous une autorité sociale bien établie, de sorte 
qu'il n'y ait quiconque qui ait le libre arbitre de changer de degré, de penser ou 
d'agir à son compte ou à sa façon. 
Le &lt;B&gt;Roi&lt;/B&gt;, par qui ce &lt;B&gt;Paradis de la Solidarité Sociale&lt;/B&gt; repose en un tel amour 
et en de telles délices, manipule les esprits, crée les âmes et les dote, à son plaisir, 
d'allégresse fictive et de grâce factice, que nulle volonté n'ose en souhaiter davantage.

Ici, qu'il te suffise de le savoir sans chercher à comprendre plus loin la raison des Choses.
Mais voici que tu doutes et que tu te tais.&quot;&lt;/I&gt;

Puis je regardai à nouveau &lt;B&gt;Ma Reine&lt;/B&gt;, son visage était plein d'allégresse
que j'en étais rempli d'admiration, et que rien d'autre ne m'offrait une telle image de Dieu 
que j'en étais ainsi disposé à me présenter à &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;.
Et un bel ange descendit vers &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, 
et il déploya ses longues ailes en chantant:
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Ave Maria, gratia plena.&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt;

Toute la cour répéta le cantique avec une  ardeur telle, qu'ils en devinrent plus lumineux.

&lt;I&gt;&quot;Ô  ma très sainte &lt;B&gt;Soeur&lt;/B&gt;! Quel est donc cet ange
qui fixe ainsi les yeux de &lt;B&gt;Notre Reine&lt;/B&gt; avec un &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; si passionné?&quot;&lt;/I&gt;

Et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Celui que tu vois ainsi avec toute la grâce d'un ange ou d'une âme s'appelle 
l'&lt;B&gt;Archange Gabriel&lt;/B&gt;, et c'est l'&lt;B&gt;Amant de Marie&lt;/B&gt;, qui lui donna la palme 
sur terre, pendant que le &lt;B&gt;fils de Dieu&lt;/B&gt; était occupé à porter le poids de ta propre chair.

Mais ton extase fait fuir le temps. Levons donc les yeux vers le &lt;B&gt;Premier Amour&lt;/B&gt; 
pour que tu pénètres, en regardant vers lui, dans toute sa splendeur. 
Mais en prenant ton envol, pour que tu ne recules point, il te faut prier et obtenir 
la grâce de &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt;, qui seule peut te venir en aide. Suis-moi donc avec &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;,
de sorte que ton coeur saisisse mes paroles.&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; me suggéra cette oraison:&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: sonata de Boismortier, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c33.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;!--WEBBOT bot=&quot;HTMLMarkup&quot; startspan ALT=&quot;Site Meter&quot; Installé le 16.03.2001(Comédie)--&gt;
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160858</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com31-c1.jpg&quot; width=413&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La Sainte milice des Vierges blanches.&lt;BR&gt;L'espoir en la Béatitude.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  In forma dunque di candida rosa
mi si mostrava la milizia santa
che nel suo sangue Cristo fece sposa;

  ma l'altra, che volando vede e canta
la gloria di colui che la 'nnamora
e la bontà che la fece cotanta,

  sì come schiera d'ape, che s'infiora
una fiata e una si ritorna
là dove suo laboro s'insapora,

  nel gran fior discendeva che s'addorna
di tante foglie, e quindi risaliva
là dove 'l suo amor sempre soggiorna.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
La sainte milice des vierges blanches que le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; épousa de son sang,
et l'autre qui chante la gloire de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui l'embrase d'amour, comme 
un essaim d'abeilles en besogne, tantôt plongent dans l'abîme pour y cueillir 
le nectar divin, refond surface un temps, épuisées et repues, pour se reposer 
sur les pétales rouges de sang,ou descendent dans la grande fleur 
où leur &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; séjourne éternellement, pour ne plus refaire surface.

Tout leur corps est de flamme vive, leurs flagelles sont d'or,
et le reste blanc et translucide, qu'aucune neige ne leur ressemble. 

Ils descendent dans la fleur, de degré en degré, ils y perçoivent le bonheur et la paix 
qu'ils acquièrent en jouant de leurs flagelles pour vaincre la force irrésistible du courant. 

Ni la vue ni la splendeur ne les arrêtent, par cette multitude,  nageant à contre-courant, 
qui s'interpose entre la fleur et le haut; car la lumière divine les pénètre selon qu'ils 
en sont dignes, si bien que rien ne peut leur faire obstacle, sinon la couronne radieuse
qui en protège l'accès, et qui se désagrège sous l'effet d'une force divine,
afin qu'une âme unique la pénètre et la féconde de son précieux pollen.

Ce joyeux et tranquille noyau, rempli d'une lumière attirante, dirigeait les regards 
vers le même but, la promesse d'un amour nouveau.

Ô lumière éternelle! Scintillant à leur vue dans une seule étoile, et les comblait ainsi 
d'un désir si intense, que ne pouvait arrêter la tempête de leur course folle.

Moi, qui étais passé de l'humain au divin, de la notion du temps à l'éternité, 
de la vulgarité terrestre à la sublimation du &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, 
de quelle stupeur ne devais-je pas être rempli! 

Certes, entre Jeanne et l'espoir en la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt;, qu'il m'était doux 
de ne plus entendre et de rester muet.

J'appelais de tous mes voeux et j'espérais atteindre le premier le sanctuaire;
comment pourrais-je vous le décrire, ceux trop nombreux et anxieux qui me lisent?

Ainsi, je nageais ça et là dans le plasma lumineux, je promenais mes yeux par tous les degrés, 
tantôt en haut, tantôt en bas, tantôt tout autour. Je voyais des visages empreints 
du même désir aveugle, rayonnants de la lumière d'un &lt;B&gt;Autre&lt;/B&gt; et de leur propre désir: 
des mouvements produits par toutes les peines en même temps que toutes les grâces.

Mon regard avait déjà embrassé, tout entier, la forme générale du &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;,
qui ressemblait à un soleil immobile, mais scintillait d'une lumière qui semblait m'interpeller, 
m'appeler de tous ses voeux, ce qui renforçait ma course échevelée, ainsi que celle 
des autres âmes qui s'agglutinaient tout autour, entretenant, il me semblait, 
les mêmes désirs aveugles, les mêmes souffrances, les mêmes peines, 
à vouloir se rapprocher si près de l'&lt;B&gt;Astre érogène&lt;/B&gt;.

Et, avec un désir rallumé, je me tournai vers ma dame pour l'interroger sur des points 
dont mon esprit était préoccupé. J'entendais m'adresser à une personne, et c'est une autre 
qui me répondit; je croyais voir &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et je vis une dame,  pudiquement dévêtue, 
comme ces grâces mythiques. Elle avait une pieuse attitude et répandait 
une douce sérénité, comme il convient à une tendre mère.

&lt;I&gt;&quot;Où est &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;
Dis-je soudain. Et la &lt;B&gt;Sainte Dame&lt;/B&gt; me  répondit:
&lt;I&gt;&quot;C'est &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; qui m'a envoyée pour mener ton désir à terme;
et si tu scrutes bien ton âme, tu la verras jusqu'à la fin du voyage.&quot;&lt;/I&gt;

De ce gouffre si profond d'où le tonnerre éclate, aucun oeil mortel n'est aussi éloigné
que mes regards ne l'étaient de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, mais aucun obstacle n'altérait son image.

Et je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; dans un rayon de soleil, nue et délestée de son armure d'acier,
elle se confondait à la lumière ambiante, et elle n'en était que plus belle.

Et je la priai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ô &lt;B&gt;Adorable Pucelle&lt;/B&gt;! En &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt;, j'ai mis 
toutes mes espérances charnelles. &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt; qui, pour chasser mes angoisses, laissas en enfer
la trace de Tes pas fragiles, je Te remercie d'avoir, par Ta grâce, remplacé, en moi, 
l'esclavage des sens par la liberté de l'&lt;B&gt;Amour suprême&lt;/B&gt;. 
Accompagne mon âme, ainsi guérie, pour qu'elle se détache de ma chair 
et qu'elle Te rejoigne dans l'&lt;B&gt;Extase éternelle&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;
 
Je la vis, au loin, qui me regardait et qui souriait; elle se tourna vers le gouffre éternel 
où je surnageais avec peine et je sus qu'elle priait pour moi.

Et la belle Sainte du ciel me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Je suis envoyée par &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui, 
mue d'un saint Amour pour toi, m'a priée de te guider dans ce voyage en te préparant 
à entrer dans l'&lt;B&gt;Ovule divin&lt;/B&gt;; la &lt;B&gt;Reine du Ciel&lt;/B&gt;, pour qui je me consume 
toute entière d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, nous obtiendra la grâce de mener à terme ce voyage, car 
je suis &lt;B&gt;Thérèse fille d'Avila&lt;/B&gt;, et je vis en extase devant le &lt;B&gt;Roi du Ciel&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Je levai les yeux et je vis une lumière intense, avec en son milieu mille anges en fête,
aux corps translucides et aux ailes déployées, et je vis une &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; en leur centre,
qui souriait à leurs jeux et à leurs chants. Je ne pourrais exprimer, ici, avec des mots ou 
des images terrestres,  ce que je retins d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et comment la &lt;B&gt;Dame Vierge&lt;/B&gt; enflamma mon âme.

Lorsque &lt;B&gt;Thérèse&lt;/B&gt; vit mes yeux fixés sur elle, elle tourna les siens vers elle, 
avec tant d'amour, qu'elle rendit les miens aussi ardents d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; pour &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (fairy): emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c32.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160694</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;La tragédie humaine&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com30-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La vulve divine, le siège de l'Amour.&lt;BR&gt;Là où les âmes avides souffrent du désir charnel.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Forse semilia miglia di lontano
ci ferve l'ora sesta, e questo mondo
china già l'ombra quasi al letto piano,

  quando 'l mezzo del cielo, a noi profondo,
comincia a farsi tal, ch'alcuna stella
perde il parere infino a questo fondo;

  e come vien la chiarissima ancella
del sol più oltre, così 'l ciel si chiude
di vista in vista infino a la più bella.&amp;lt;

  Non altrimenti il triunfo che lude
sempre dintorno al punto che mi vinse,
parendo inchiuso da quel ch'elli 'nchiude,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Arrivé au ciel des étoiles, l'amour et le fait de ne pouvoir plus rien voir, me forcèrent
à tourner les yeux vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;. La beauté que je vis dépasse mes facultés, 
mais j'eus la conscience que seul son &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; pouvait la goûter toute entière, 
et j'en fus comme jaloux. Du premier jour que je la vis sur terre, jusqu'à cette vision, 
jamais je n'ai cessé de la chanter, mais comme l'artiste arrivé à l'épuisement de son art, 
je suis impuissant à tracer sa beauté dans mes vers.

Avec la voix d'un guide diligent, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Nous sommes maintenant parvenus au Ciel, l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;: La lumière de l'esprit 
qui est pleine d'amour, l'amour véritable qui est plein d'allégresse, l'&lt;B&gt;Allégresse&lt;/B&gt; 
qui surpasse tout désir. Ici tu verras les milices du paradis, 
et l'une d'&lt;B&gt;Elles&lt;/B&gt;, sous l'aspect que tu reverras au jour du &lt;B&gt;Dernier Jugement&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Une vive lumière resplendit autour de moi, et m'enveloppa de toute sa splendeur 
que rien de plus ne m'était perceptible. 
&lt;I&gt;&quot;L'amour qui donne la paix de l'âme est l'ingrédient qui faut, à un pareil
salut, pour préparer ton &lt;B&gt;Lingham&lt;/B&gt; à conquérir sa flamme.&quot;&lt;/I&gt; 
À peine ces brèves paroles furent-elles entendues, qu'une nouvelle vision m'embrasa, 
si forte que mes yeux n'auraient pu supporter si vive lumière. Cette lumière avait 
la forme d'une &lt;B&gt;vulve&lt;/B&gt;,et resplendissait d'éclat entre des rives de chairs vives 
ouvertes comme les sépales d'une fleur.

De ce &lt;B&gt;Volcan vaginal&lt;/B&gt; sortaient de vives laves qui se posaient comme des rubis
sur les sépales étalés; puis, comme enivrées de leurs parfums, 
elles s'épanouissaient, entrant ou sortant dans le gouffre invitant.

&lt;I&gt;&quot;Le grand désir, qui maintenant t'enflamme et te pousse à la conscience 
de ce que tu vois et à te fondre en &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, me plaît d'autant qu'il est si intense. 
Mais il faut que tu t'abreuves à ce &lt;B&gt;Magma divin&lt;/B&gt;,  pour que ton désir s'apaise en &lt;B&gt;Moi&lt;/B&gt;. 
Les pétales, les laves, les arômes qui t'émerveillent, ne sont que des illusions 
qui cachent et annoncent ce qui est réel, parce que tes yeux ne voient pas tout 
ce qu'il faut voir au fond des choses.&quot;&lt;/I&gt; 
Et comme un petit enfant qui se rue d'instinct vers le lait qui gicle de la mamelle gonflée, 
mes yeux s'agrandirent, et les pétales, les laves, les arômes se métamorphosèrent 
soudainement, et je vis apparaître les deux &lt;B&gt;cours du Ciel&lt;/B&gt;.

Ô splendeur de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;! Que n'ai-je la force d'exprimer ce qu'alors 
je vis du triomphe du royaume véritable!

Là-haut dans l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;, il est un &lt;B&gt;Gouffre&lt;/B&gt; rempli de lumière, d'une circonférence
plus grande que l'astre solaire, et qui procure la paix à quelque créature qui s'y engouffre.
Mon regard embrassait,dans leur ensemble, toutes les dimensions qualitative et quantitative 
de cette allégresse. D'être loin ou rapproché n'ajoutait ni n'enlevait rien, car 
là où &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; gouverne, les lois naturelles n'existent plus. Au centre d'or de la rose éternelle,
qui se dilate et qui frémit de degré en degré, et qui exhale un parfum odorant, 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; m'attira, pareille à quelqu'un qui se tait en voulant parler, et elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Regarde comme il est grand le cloître des belles âmes! 
Vois comme il est ample le siège de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; et comme il est attirant.

Sur ce grand cercle où tu fixes les yeux, vois les pétales en forme de rose, qui décorent 
le &lt;B&gt;Gouffre divin sans fond&lt;/B&gt; et qui t'invitent au banquet de tes noces. 
Là, siégera ton âme dépouillée de tout désir de me posséder.

La concupiscence irraisonnée qui t'aveugle, t'a rendu tel l'amant qui a soif et chasse 
le sein qui le nourrit. Mais &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ne le supporte point ainsi, et il te précipite alors, hors 
de son &lt;B&gt;Méat sacré&lt;/B&gt;, là où les âmes avides souffrent à jamais du &lt;B&gt;désir charnel&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: romanian de Bartok, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c31.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVIX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160693</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Pui-Mun&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com29-c1.jpg&quot; width=483&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Hiérarchies angéliques.&lt;BR&gt;Le Christ a-t'il dit à ses disciples: Allez et prêchez des sornettes?&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Quando ambedue li figli di Latona,
coperti del Montone e de la Libra,
fanno de l'orizzonte insieme zona,

  quant'è dal punto che 'l cenìt inlibra
infin che l'uno e l'altro da quel cinto,
cambiando l'emisperio, si dilibra,

  tanto, col volto di riso dipinto,
si tacque Beatrice, riguardando
fiso nel punto che m'avea vinto.&amp;lt;

  Poi cominciò: «Io dico, e non dimando,
quel che tu vuoli udir, perch'io l'ho visto
là 've s'appunta ogne ubi e ogne quando.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; se tut un très court instant, le visage toujours souriant,
elle regardait fixement le &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt; qui avait vaincu ses yeux.

Elle dit alors: 
&lt;I&gt;&quot;Je vais te dire ce que tu veux entendre, sans te le demander, parce que 
je l'ai vu où viennent se confondre l'espace et le temps. &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; créa les anges dans 
un acte d'amour, un acte pur qui n'a pas d'égal dans tes pensées vulgaires; 
non pour acquérir un bien, ni pour tromper l'inertie éternelle, mais pour jouir 
de la présence infinie d'un être, possédant la forme pure, la matière pure, 
la forme et la matière réunis: les trois substances de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; 
réunies en une &lt;B&gt;Créature&lt;/B&gt; angélique amoureuse.

Ainsi, l'effet à triple forme rayonna de son &lt;B&gt;Géniteur&lt;/B&gt;, dans la plénitude de son être, 
sans que l'on ait pu distinguer le commencement ni le moment de la conception. 
Mais la vérité est que les anges sont venus combler les ciels, 
dont ils sont les Intelligences motrices.

Tu sais maintenant où, quand et comment, ces amours furent créés si bien qu'en ton être, 
trois de tes désirs sont comblés; je t'en prie, mon très cher mais vilain &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, 
ne va pas confondre ici ces désirs, avec ceux d'essence charnelle qui embrument ton esprit. 
ll ne fallut pas attendre la naissance des anges pour qu'une partie troubla la pureté de l'&lt;B&gt;Acte&lt;/B&gt;. 

C'est dans l'&lt;B&gt;Ovule Divin&lt;/B&gt; qu'eut lieu le combat entre &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, 
pour savoir qui mériterait de partager, pour l'&lt;B&gt;Éternité&lt;/B&gt;, les ferveurs amoureuses 
de l'&lt;B&gt;Être Suprême&lt;/B&gt;. Ainsi ce qui devait être un être &lt;B&gt;Unique&lt;/B&gt;, 
devint une double nature; elle resta fidèle, il devint infidèle, et ce miracle se reproduit 
simultanément sur terre, au moment de l'accouplement du mâle et de la femelle.
Ces substances, qui ont joui de la vision de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, n'ont plus détourné leur vue d'elle 
à qui rien ne peut être caché; et les autres, qui se prenaient pour &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, ont perdu à jamais  
la vision du &lt;B&gt;Dieu d'Amour&lt;/B&gt;, à qui il ne reste que son souvenir.

Maintenant que tu as bien compris mes paroles, tu peux, sans mon aide, 
contempler complètement ce qui se cache derrière ce mystère. 
Mais parce que sur la terre, on lit dans vos écoles que la nature des anges est, 
comme celle  des homme, pourvue d'intelligence, de mémoire et de volonté, je veux 
te libérer de ces équivoques. Ces substances, après qu'elles ont joui de la vision de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, 
n'ont plus détourné leur vue d'elle, à qui rien ne peut être caché; là-bas, on rêve 
sans dormir, les uns croyant, les autres ne croyant pas dire la vérité; 
mais il y a dans un cas plus de faute et de honte que dans l'autre.

Vous avez sur terre une autre façon dans vos raisonnements philosophiques, tellement loin 
de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;; combien y coule le sang de ceux qu'on croit qu'ils croient à autre chose,
alors que seuls leurs mots diffèrent des vôtres; pourquoi vaincre et convaincre à l'idée 
de propager votre seule vérité, à propager vos inventions et vos prédications si loin 
des enseignements de l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt;, qui veut qu'on s'approche d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; avec humilité?

Le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; n'a pas dit à ses disciples:
&lt;B&gt;&quot;Allez et prêchez des sornettes.&quot;&lt;/B&gt;
Mais il leur a laissé le fondement de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;, qui résonna tellement sur leurs lèvres
que leur combat pour allumer la foi, devint une guerre sainte; 
ils firent de l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt; leurs lances et leurs boucliers.

Maintenant, ils vont prêchant la bouffonnerie dans laquelle se cache l'esprit vilain de l'&lt;B&gt;Oiseau&lt;/B&gt;,
et si des peuples résistent à la sottise, les armes parlent au nom du &lt;B&gt;Livre Sacré&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; s'interrompit longuement, elle semblait triste puis elle reprit:
&lt;I&gt;&quot;Oublions, si tu le veux bien, cette longue digression et revenons à nos moutons.

On a dit que cette nature angélique se multipliait tant en nombre, que jamais la pensée 
ni le langage des hommes n'ont pu en établir le nombre. La première &lt;B&gt;Lumière&lt;/B&gt;, 
qui illumine cette nature tout entière, est reçue par &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; d'une manière &lt;B&gt;Unique&lt;/B&gt; 
de sorte que, quel que soit le nombre des anges, il se réduit à une seule &lt;B&gt;Entité&lt;/B&gt;, 
compte tenu qu'entre les unes et les autres il n'y a pas de nature différenciée.

Je te donne ainsi l'exemple, pour mieux me faire comprendre de ton esprit obtus, d'une foule 
qui sur terre, serait composée d'individus aux apparences diverses, possédant en principe 
chacune son intelligence propre, mais qui,  réunis en une foule compacte, sous une bannière, 
une idée, une cause commune, seraient ainsi dépouillés à leur insu de leur &lt;B&gt;libre arbitre&lt;/B&gt;;
que quiconque, y compris le &lt;B&gt;Malin&lt;/B&gt;, pourrait aisément manipuler, comme s'il s'agissait 
d'un monstre unique crachant le feu et l'erreur et la bêtise et la mort.

Mais je veux que tu comprennes qu'il n'y a rien de comparable dans le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;,
autre que la substance de la chose sans le mal qu'il produit sur terre.
Contemple désormais la sublimité du geste et la grandeur de la&lt;B&gt; Vertu éternelle&lt;/B&gt;,
qui s'est fait tant de miroirs sur lesquels se mirer et refléter son &lt;B&gt;Unicité&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: la vierge de Messiaen, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c30.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160692</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=334 alt=&quot;image Prudhon&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com28-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le plaisir des anges.&lt;BR&gt;Ainsi règne le Divin Amour.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Poscia che 'ncontro a la vita presente
d'i miseri mortali aperse 'l vero
quella che 'mparadisa la mia mente,

  come in lo specchio fiamma di doppiero
vede colui che se n'alluma retro,
prima che l'abbia in vista o in pensiero,

  e sé rivolge per veder se 'l vetro
li dice il vero, e vede ch'el s'accorda
con esso come nota con suo metro;

  così la mia memoria si ricorda
ch'io feci riguardando ne' belli occhi
onde a pigliarmi fece Amor la corda.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ainsi je fis, si ma mémoire m'est fidèle, en regardant dans les beaux yeux de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;
dont l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; à fait des gibets pour me pendre. Et, quand mes yeux se furent tournés 
vers le ciel, je vis un &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt; qui rayonnait d'un feu si perçant, que j'ai dû 
fermer les yeux pour ne pas en être ébloui. Un cercle de feu tournait autour du &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt;, 
si vite qu'il aurait dépassé le mouvement des astres; et ce dernier était entouré 
d'un autre cercle, et d'un troisième, puis d'un quatrième, de sorte que je comptai 
jusqu'à neuf cercles concentriques qui tournaient plus lentement, 
à mesure qu'ils s'éloignaient de l'épicentre.

Ma dame, qui s'apercevait des doutes qui meublaient mon esprit, me dit:
&lt;I&gt;&quot;De ce principe dépendent le ciel et la nature, par l'&lt;B&gt;ardent Amour&lt;/B&gt; qui le stimule.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Si le monde d'où je viens était disposé ainsi, je serais comblé, mais, dans le monde 
sensible, on voit bien le contraire; les âmes sont d'autant plus méritantes qu'elles sont 
éloignées  du &lt;B&gt;Centre du Pouvoir&lt;/B&gt;; ainsi, si mes désirs doivent être apaisés 
dans ce &lt;B&gt;temple de l'Amour&lt;/B&gt;, il me faut apprendre encore, pourquoi le modèle 
et la copie diffèrent, car c'est en vain que je cherche à le comprendre par moi-même.&quot;&lt;/I&gt;

Et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Si ton esprit est incapable de comprendre, n'en sois pas étonné puisque c'est un mystère. 
Si tu veux être rassasié, ouvre grand ton esprit et écoute ceci. Si tu  mesures à la profondeur 
de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, et non à sa grandeur apparente, tu verras quelle admirable conformité il existe, 
de plus grand à plus petit, entre chaque ciel et son &lt;B&gt;Intelligence&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je vis, après que ma dame m'eut secouru par cette réponse claire, et que la vérité 
me parut briller comme une étoile unique dans le ciel. Dans ce ciel j'entendis chanter 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Hosanna&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 
qui se propageait de choeur en choeur autour du &lt;B&gt;Point fixe&lt;/B&gt;.

Et celle, qui percevait des doutes dans mon esprit, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Sur les premiers cercles sont les &lt;B&gt;Séraphins&lt;/B&gt; et les &lt;B&gt;Chérubins&lt;/B&gt;. 
Ces autres amours qui vont autour d'eux, sont les &lt;B&gt;Trônes&lt;/B&gt; du regard divin, qui termine 
le premier ternaire. Sache qu'ils ont autant de Joie qu'ils pénètrent profondément  
dans le &lt;B&gt;Vrai&lt;/B&gt; où repose toute &lt;B&gt;Intelligence&lt;/B&gt;; de ceci l'on peut comprendre, 
que la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt; est dans l'acte de Voir et non dans celui d'Aimer.&quot;&lt;/I&gt;

Je pensais en moi-même et je commençais à craindre qu'il en soit ainsi, d'atteindre en moi 
la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt; en ne pouvant plus aimer &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui me parlait ainsi, et 
en me contentant de &lt;B&gt;La&lt;/B&gt; regarder et de &lt;B&gt;La&lt;/B&gt; voir.

Et elle continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Le second ternaire chante &lt;B&gt;Hosanna&lt;/B&gt; en trois choeurs; c'est le chant
des trois déesses de l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt;: les &lt;B&gt;Dominatrices&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Vertueuses&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Puissantes&lt;/B&gt;; 
aux deux pénultièmes cercles de danse, s'ingénient les &lt;B&gt;Principautés&lt;/B&gt; et les &lt;B&gt;Archanges&lt;/B&gt; 
et le dernier est formé du plaisir des &lt;B&gt;Anges&lt;/B&gt;. 
Tous ces ordres regardent en un &lt;B&gt;Point Unique&lt;/B&gt;, qu'ils sont attirés vers Dieu, 
et que Dieu les attirent vers &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, et qu'ainsi règne le &lt;B&gt;Divin Amour&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; se tut et elle était désirable, aussi belle et vertueuse qu'un &lt;B&gt;Ange&lt;/B&gt;.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: egypte de Claude Debussy, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c29.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160179</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVII du Paradis 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=310 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com27-c1.jpg&quot; width=251&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit.&lt;BR&gt;Vois l'Épouse du Christ qui se prostitue.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  'Al Padre, al Figlio, a lo Spirito Santo',
cominciò, 'gloria!', tutto 'l paradiso,
sì che m'inebriava il dolce canto.

  Ciò ch'io vedeva mi sembiava un riso
de l'universo; per che mia ebbrezza
intrava per l'udire e per lo viso.

  Oh gioia! oh ineffabile allegrezza!
oh vita intègra d'amore e di pace!
oh sanza brama sicura ricchezza!

  Dinanzi a li occhi miei le quattro face
stavano accese, e quella che pria venne
incominciò a farsi più vivace,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Gloire au &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt;, au&lt;B&gt; Fils&lt;/B&gt;, au &lt;B&gt;Saint-Esprit&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt;
C'est par ce chant que je fus reçu au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;, si doux, que j'en fus enivré.

Ce que je voyais, me paraissait comme le sourire de l'univers,
ce pourquoi mon ivresse comblait tous mes sens.

Ô joie, ô allégresse ineffable! Ô vie toute d'amour et de paix! 
Ô béatitude assurée hors la proie du désir!

Devant mes yeux, se tenaient les quatre flambeaux embrasés, et celui qui était venu 
le premier, commença à jeter un éclat plus vif; la &lt;B&gt;Providence&lt;/B&gt; qui assigne à chacun 
sa place, avait imposé partout le silence au choeur des bienheureux, lorsque j'entendis:
&lt;I&gt;&quot;Ne t'étonne point si je change de couleur, car, pendant que je parle, tu verras tous ceux-là 
en changer aussi. Celui qui, sur la terre, usurpe mon siège et le trône du &lt;B&gt;Fils de Dieu&lt;/B&gt;, 
a fait, de cette &lt;B&gt;Église&lt;/B&gt;, un caméléon, qui remplit d'allégresse le &lt;B&gt;Maudit&lt;/B&gt;, qui fut chassé d'Ici.&quot;&lt;/I&gt;

Et comme une femme honnête, qui ne s'émeut point à écouter la faute d'autrui, 
aussi je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; changer d'aspect et devenir encore plus désirable.

Puis, les paroles du &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt; reprirent d'une voix altérée:
&lt;I&gt;&quot;Vois l'&lt;B&gt;Épouse du Christ&lt;/B&gt;, là-bas sur terre, qui se prostitue pour épouser la forme 
et les manières du &lt;B&gt;Vilain&lt;/B&gt;; vois les enfants de Dieu, se muter en loups rapaces, sodomisant, 
forniquant, baisant dans les bergeries, oubliant ainsi la raison d'être 
d'aimer, ils transforment en vulgaire plasma les produits vivants de l'amour.

Ô vengeance de Dieu, pourquoi ne te lèves-tu pas?
Et toi mon fils, que le poids de ton corps mortel fera encore retourner sur la terre, 
ouvre la bouche et ne cache point ce que je ne cache point moi-même.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je vis en haut, les lumières se transformer en éther. Mes regards ne voyaient 
que leurs apparences, jusqu'à ce que mes yeux ne les perçoivent plus.

Ma dame, qui s'apercevait alors, que j'avais cessé de regarder là-haut, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Abaisse les yeux et vois comme tu as changé de lieu!&quot;&lt;/I&gt;

Tel un amoureux comblé qui ne se plaît qu'en présence de sa Dame, je brûlais du désir 
de la regarder à nouveau. Tous les appâts que la nature a créés, dans la chair même 
des femmes, ou dans leur reproduction par les grands-maîtres, pour s'emparer de mon âme 
en prenant d'abord les yeux; tous ces appâts réunis ne sont que néant, comparé 
au plaisir divin qui m'éblouit, quand je me retournai vers le visage souriant de ma&lt;B&gt; Belle&lt;/B&gt;;
et la force que me donna son regard, m'arracha du lieu où j'étais et me lança très loin 
dans le ciel, et si loin que je ne saurais dire, quel fut l'endroit que me choisit &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;.

Mais elle, qui connaissait mes désirs, commença en riant, avec une telle allégresse 
que Dieu, sur ses traits délicats, paraissait exulter de joie:
&lt;I&gt;&quot;Vois le système du monde, qui fait que tout tourne autour d'un centre immobile,
et ce ciel n'a d'autre épicentre que l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, qui le met en mouvement,
et qui en distribue la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt;.

Tu dois maintenant voir clairement ce qu'il en est, toi qui te meus d'Amour pour moi;
ouvre donc les yeux de ces mortels, sous toi, submergés, et qui ne savent lever les yeux 
hors de l'eau! L'innocence, la foi, ne se retrouve que chez les plus petits et 
qui s'envole avec leur enfance, ou qui disparaît à jamais
faute d'enfants, comme supports à la foi et à l'espérance.

Et toi, ne sois pas étonné, et rappelle-toi que sur terre, il n'est personne qui gouverne, 
et que pour cela, l'espèce humaine est dévoyée. Je crois encore et tu dois me croire aussi, 
qu'il surgira des étoiles, &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui fera germer à nouveau de vrais fruits 
sur les arbres du &lt;B&gt;Jardin d'Éden&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Collection Nguyen (ballade), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c28.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160178</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVI del Paraíso 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=336 alt=&quot;image Rousseau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com26-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les belles femelles du Jardin du Jardinier éternel.&lt;BR&gt;Sanctus, sanctus, sanctus.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Mentr'io dubbiava per lo viso spento,
de la fulgida fiamma che lo spense
uscì un spiro che mi fece attento,

  dicendo: «Intanto che tu ti risense
de la vista che hai in me consunta,
ben è che ragionando la compense.

  Comincia dunque; e di' ove s'appunta
l'anima tua, e fa' ragion che sia
la vista in te smarrita e non defunta:

  perché la donna che per questa dia
region ti conduce, ha ne lo sguardo
la virtù ch'ebbe la man d'Anania».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0e.html&quot;&gt;&lt;B&gt;VUELTA A LA PUERTA DEL PARAÍSO&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Je craignais d'avoir perdu la vue, pour avoir trop fixé l'éblouissante flamme; 
et d'elle sortit une voix qui attira mon attention et qui disait:
&lt;I&gt;&quot;Jusqu'à ce que tu recouvres la vue consumée en moi, dis-moi l'objet de ton amour, 
et sois assuré que ta vue n'est pas morte, car la dame qui te conduit 
par ce séjour divin, a dans son regard, la vertu de se laisser voir.&quot;&lt;/I&gt;

Je dis alors: 
&lt;I&gt;&quot;Qu'elle choisisse le moment qui lui plaira, de m'offrir 
le remède à mes yeux par où elle entra, avec le feu qui me fait, depuis, 
brûler d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; pour les siens.&quot;&lt;/I&gt;

Cette même voix, qui m'avait enlevé la peur de mon aveuglement subit, se décida 
à parler encore; elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Il faut te faire subir un examen rigoureux et je te demande si tu es prêt, précise alors
ta pensée et dis-nous d'où te vient ton amour pour &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et quelle en est la cause?&quot;&lt;/I&gt;

Je répondis: 
&lt;I&gt;&quot;C'est par des arguments de la raison, ainsi que par ce qui m'a été révélé, que mon amour 
doit marquer son empreinte en moi. Car le bien, en tant que bien, et d'autant qu'il est parfait,
enflamme ainsi mon amour. Il me faut aller en aimant, plus que vers toute autre dame, vers
&lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui est le bien, et moi qui vois en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; la perfection du bien, ne dois-je pas l'aimer 
par-dessus toute autre? Cette vérité, celui-là la révèle à mon entendement, qui me montre 
le premier &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; de sa substance charnelle; elle me la révèle aussi par la voix de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;
 &lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Je te ferai voir tout bien&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt; dit-il à &lt;B&gt;Moïse&lt;/B&gt; en parlant de Lui-même.&quot;&lt;/I&gt;

Et il  me répondit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Par l'entendement et par les autorités qui sont d'accord avec elles, 
garde à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; le plus haut de tes amours. Mais dis-moi, si tu sens encore d'autres liens 
t'attacher à elle, pour que tu montres avec combien de dents son amour te dévore.&quot;&lt;/I&gt;

Je saisis alors, qu'il éprouvait ma profession de foi, et aussi je continuai:
&lt;I&gt;&quot;Toutes ces morsures, ces blessures qui déchirent mon coeur et le pousse vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
ont alimenté l'esprit de charité en moi, car l'existence du monde et ma propre existence, 
la mort qu'elle souffrit pour que moi je vive, et des désirs que j'ai en tant que son disciple,
ainsi que la connaissance suprême, m'ont arraché au gouffre du faux
et fait aborder au rivage du vrai &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;.&lt;/I&gt;


Les belles femelles, ces fleurs dont se vêt le jardin du &lt;B&gt;Jardinier éternel&lt;/B&gt;, 
je les aime, dans la mesure du bien qu'elles communiquent à travers &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, 
à tout mon être.&quot;&lt;/I&gt;

Sitôt que je me tus, un chant très doux résonna dans le ciel;
et j'entendis ma dame qui chantait avec les autres:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sanctus, sanctus, sanctus!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; chassa l'ombrage de mes yeux, par un rayon éclatant 
de ses propres yeux qui me fit voir mieux qu'auparavant, et stupéfait, 
je demandai d'où provenait une quatrième lumière que je vis venir vers nous.

Ma dame me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Vois dans ces rayons la première âme 
que créât jamais la première &lt;B&gt;Vertu&lt;/B&gt;, contemple son &lt;B&gt;Auteur&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je fis et je dis: 
&lt;I&gt;&quot;Ô fruit qui seul fut produit mûr!  Ô notre antique père!
Toi de qui, chaque épouse est la  fille en même temps qu'elle est la bru,
aussi pieusement que je le peux, je te supplie de me parler, tu vois mon désir, 
et, pour t'entendre plus tôt, je te laisse le deviner.&quot;&lt;/I&gt;

Plein d'allégresse, &lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt; me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je connais ton désir mieux que toi-même;
tu veux apprendre depuis quand &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; me plaça dans le &lt;B&gt;jardin d'Éden&lt;/B&gt;,
et combien de temps j'y suis resté, qu'elle fut la vraie raison de la colère de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;,
et quel fut le langage dont j'usai et que je façonnai? 
Or, mon fils, ce n'est pas d'avoir goûté au fruit qui fut en soi la cause d'un tel exil, mais 
seulement d'avoir franchi les bornes imposées. Quant au temps que j'ai pu passer 
dans le &lt;B&gt;Jardin d'Éden&lt;/B&gt;, cette notion n'existe que dans ta conception d'un temps linéaire,
alors que dans une dimension courbe du temps, de n'importe quel point du cercle 
qu'on se trouve, le temps tourne autour de lui-même, de sorte qu'il n'existe pas. 
Le langage que je parlai disparut entièrement. 
Que l'homme parle est un fait de la nature, mais qu'il parle 
de telle ou de telle façon, la nature s'en remet ensuite au bon plaisir des hommes, 
de sorte que j'ai pu parler &lt;B&gt;Hébreu&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Latin&lt;/B&gt; ou &lt;B&gt;Américain&lt;/B&gt; 
et que l'&lt;B&gt;Américain&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;Latin&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Hébreu&lt;/B&gt; ont disparu 
de la surface de la terre, et que l'homme ne s'en parle pas plus mal. 

Avant que je ne descende à la peine infernale, le &lt;B&gt;Bien suprême&lt;/B&gt; dont vient la joie 
qui m'enveloppe, s'appelait &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt; sur la terre, puis on tenta de le nommer &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;; 
les êtres sur terre étant aussi frivoles que les feuilles sur la branche, 
dont l'une vient et l'autre s'en va. Alors qu'ici, dans la demeure éternelle, 
il ne porte ni le nom de &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, ni celui d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, 
car il n'a pas de nature propre ou possède les deux à la fois, de sorte 
qu'il est &lt;B&gt;Hermaphrodite&lt;/B&gt;: 
Mâle et femelle également; il peut enfanter comme la femelle ou donner sa semence
comme le mâle, indifféremment, selon les circonstances et son bon plaisir.

Ainsi, tout ce que ces bons docteurs de l'&lt;B&gt;Église&lt;/B&gt; t'ont apprit, ou ont imposé à ta foi 
et à celle de tant de peuples, par le génocide, afin qu'ils acceptent d'y croire,
ne sont en fait que des balivernes et des enfantillages, qui, s'ils y croyaient eux-mêmes, 
ne font que démontrer leur basse naïveté, et la raison pour laquelle on ne voit peu d'eux, ici.&quot;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Collection Nguyen (stinky), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c27.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
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 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160177</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=364 src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com25-c1.jpg&quot; width=300 tragédie humaine?&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Jeanne, l'aliment de mon espérance.&lt;BR&gt;Sperent in Te.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Se mai continga che 'l poema sacro
al quale ha posto mano e cielo e terra,
sì che m'ha fatto per molti anni macro,

  vinca la crudeltà che fuor mi serra
del bello ovile ov'io dormi' agnello,
nimico ai lupi che li danno guerra;

  con altra voce omai, con altro vello
ritornerò poeta, e in sul fonte
del mio battesmo prenderò 'l cappello;

  però che ne la fede, che fa conte
l'anime a Dio, quivi intra' io, e poi
Pietro per lei sì mi girò la fronte.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Alors, se dirigea vers nous, une autre lumière 
dont ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, pleine d'allégresse, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Regarde, regarde qui vient dans cette lumière,
c'est &lt;B&gt;Jacques&lt;/B&gt;, le baron du Ciel, le beau gentilhomme &lt;B&gt;Galicien&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Il vint tourner autour de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, pareil à une colombe auprès de sa compagne, 
en roucoulant, comme pour lui montrer son amour; et, après que &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; 
eut réussi à modérer ses transports, elle dit:
&lt;I&gt;&quot;Esprit illustre, fait plutôt résonner les vertus de l'espérance 
à cet autre, ici présent, et qui &lt;B&gt;M&lt;/B&gt;'est très cher.&quot;&lt;/I&gt;

Et le beau gentilhomme me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Pour que tu puisses, après l'avoir connue, réconforter chez toi, et chez les autres, 
l'espérance qui, sur terre, procure l'amour véritable, dis-Moi donc ce qu'est l'espérance;
dis comment elle fleurit dans ton âme et dis-Moi d'où elle vint.&quot;&lt;/I&gt;

Après un moment de réflexion, je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;L'espérance est une attente certaine du bonheur futur, que produit 
la grâce féminine et le bien qu'elle nous a tant fait. 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; fut et est encore l'aliment de mon espérance; 
et ma foi en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; est son fondement certain.&quot; &lt;/I&gt;

Alors il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;L'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui M'a tenu dans la vertu, qui M'a suivi jusqu'au martyre, 
et Me suit encore, veut que je t'en parle, à toi, qui t'en délectes tant; 
et il Me plairait que tu Me dises, ce que l'espérance te promet.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Les âmes chères à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ont un but, et, cela est inscrit dans les &lt;B&gt;Écritures&lt;/B&gt;, 
et ce but m'inspire la promesse de l'espérance. Chacune de ces âmes sera revêtue 
du double manteau de la béatitude de l'âme et de celle du corps.&quot;&lt;/I&gt;

Aussitôt que j'eus terminé ces paroles, on entendit alors: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sperent in te&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ce à quoi répondirent toutes les auréoles qui dansaient au-dessus de nous.
Puis, une lumière resplendit comme une étoile brillante, elle était comme 
une blanche jeune fille qui se lève, et va toute nue, et entre dans le lit conjugal, 
non par vanité mais pour faire plaisir à l'époux.

Telle je vis la splendeur éclatante venir vers les deux autres lumières, aussi vite 
qu'il convenait à leur ardent amour; et ma dame fixa le regard sur eux, 
comme cette épousée immobile, silencieuse et pleine de désirs.

&lt;I&gt;&quot;Voici &lt;B&gt;Jean&lt;/B&gt;, Celui qui se coucha sur le sein du &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt;,
et en amant éploré, l'accompagna jusqu'à la croix.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, sans détacher son regard des éclatantes lumières.

Tel celui qui fixe trop longtemps la lumière, et qui, pour l'avoir trop regardée,
cesse ainsi d'être voyant, tel je devins, jusqu'à ce qu'il me fût dit:
&lt;I&gt;&quot;Pourquoi t'éblouir ainsi à essayer de voir ce qui n'est pas ici?

Mon corps est fait de terre, et il retournera à la terre, et il y restera avec les autres, 
jusqu'à ce que leur nombre soit conforme aux desseins éternels. Il n'est que trois lumières 
à être montées au cloître du bonheur avec leurs corps, et tu es l'un de ceux-là, 
tu le feras savoir à ceux de ton monde qui ne savent plus écouter.&quot;&lt;/I&gt;

À ces mots, la danse des flammes s'arrêta avec le doux accord du son 
des trois souffles,comme pour éviter la fatigue, se repose au son du tocsin. 
Ah! combien je fus ému dans mon âme, quand je me retournai pour voir &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
et de ne pouvoir la voir bien que près d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et j'étais submergé dans &lt;B&gt;la Félicité&lt;/B&gt;!&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Musique de film (Philadelphia), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c26.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160176</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=477 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com24-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le Fruit des arbres du Jardin d'Eden.&lt;BR&gt;L'Amour, l'argument de la chose invisible.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 «O sodalizio eletto a la gran cena
del benedetto Agnello, il qual vi ciba
sì, che la vostra voglia è sempre piena,

  se per grazia di Dio questi preliba
di quel che cade de la vostra mensa,
prima che morte tempo li prescriba,

  ponete mente a l'affezione immensa
e roratelo alquanto: voi bevete
sempre del fonte onde vien quel ch'ei pensa».

  Così Beatrice; e quelle anime liete
si fero spere sopra fissi poli,
fiammando, a volte, a guisa di comete.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Ô confrérie élue à la source de l'&lt;B&gt;Agneau divin&lt;/B&gt;, et qui vous vous y nourrissez, 
de sorte que vos désirs sont toujours satisfaits, considérez l'intensité de son désir, 
et répondez à sa soif avant que la mort ne l'emporte!&quot;&lt;/I&gt; 
Ainsi parla &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et les âmes tournèrent de joie et de convoitise autour d'elles-mêmes, 
avec un rayonnement aussi vif que celui des comètes.

Je vis sortir d'elles, une couronne plus brillante, qui s'approcha et tourna 
autour de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, en déclinant  des mots si doux, que je me vois rougir à les répéter.

&lt;I&gt;&quot;Ô Notre sainte soeur, qui Nous a priés si dévotement de venir, c'est l'ardeur 
de Notre affection pour Toi, qui Nous fait ainsi quitter Notre cloître, 
pour Nous laisser ainsi ensorceler par Ta grâce!&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; de répondre: 
&lt;I&gt;&quot;Ô bon Pierre, à qui &lt;B&gt;Notre Seigneur&lt;/B&gt; a confié les clefs du &lt;B&gt;Bonheur&lt;/B&gt;!
Examine plutôt celui-ci présent, sur des points de la foi, 
pour qu'il ait à en parler et à la glorifier.&quot;&lt;/I&gt; 

Et le maître, qui semblait contrarié de me voir en ce lieu, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi, toi, qui te crois croyant, qu'est-ce que la foi?&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis, après une longue réflexion:
&lt;I&gt;&quot;La foi est la substance de la chose espérée et l'argument de la chose invisible,
voilà ce que je crois et qui me paraît être son essence. Les choses profondes 
qui se dévoilent ici, à moi, sont si ignorées sur terre, que leur existence ne se peut 
que par le désir de croire ou d'avoir la foi, en l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui est l'argument 
de la chose invisible, et, en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, qui est la substance de la chose espérée.&quot;

&quot;Il te faut maintenant exprimer, outre l'essence de ce que tu crois,
d'où cette croyance te vient-elle?&quot;

&quot;Je crois en une &lt;B&gt;Entité&lt;/B&gt; unique et éternelle, qui, sans être mue par elle-même, 
met en mouvement l'&lt;B&gt;Objet&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt; et  l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, et je n'ai pas seulement 
de cette foi, des preuves métaphysiques mais aussi physiques, et c'est la vérité de là-bas 
et d'ici qui me la démontre, par le corps et l'esprit de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et par vous, 
qui l'avez écrit après que le Feu de l'Amour vous eut sanctifié. Ainsi je crois 
en trois entités éternelles, et je les crois une essence, une et trine en même temps: 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, moi et l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; réunis en &lt;B&gt;Un&lt;/B&gt;.

Du profond mystère divin dont je parle, elle est le principe, elle est l'étincelle 
qui se dilate, et qui s'ouvre, et qui se transforme en une vive flamme, et qui n'attend 
que l'entrée en scène de mon membre géniteur, chargé de millions de gamètes assoiffées 
pour la faire briller comme une étoile dans le ciel.&quot;&lt;/I&gt;

Cette réponse sembla plaire à mon maître et, par le sourire de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
j'ai compris que je l'avais séduite.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: matilda de Pink Floyd, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c25.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159456</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=446 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com23-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le désir charnel pour la Vierge-Marie.&lt;BR&gt;Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Come l'augello, intra l'amate fronde,
posato al nido de' suoi dolci nati
la notte che le cose ci nasconde,

  che, per veder li aspetti disiati
e per trovar lo cibo onde li pasca,
in che gravi labor li sono aggrati,

  previene il tempo in su aperta frasca,
e con ardente affetto il sole aspetta,
fiso guardando pur che l'alba nasca;

  così la donna mia stava eretta
e attenta, rivolta inver' la plaga
sotto la quale il sol mostra men fretta:&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ma dame se dressait attentive, tournée vers cette région du ciel où le soleil ne se lève 
que très tard, si bien que, la voyant anxieuse et avide de voir, je devins semblable à celui 
qui, dans son désir, voudrait autre chose et que l'amour l'apaise enfin.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, alors, me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Voici venir l'&lt;B&gt;armée du Ciel&lt;/B&gt;, les bienheureuses qui ont mérité 
la gloire du ciel et qui se présentent pour prendre part au triomphe du &lt;B&gt;Fils de Notre Dieu&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Il me semblait que le visage de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; était de feu, ses yeux pleins d'allégresse,
et que je devais m'abstenir de le décrire, pour ne pas profaner ce moment 
d'extase en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et de désirs en mon Être.

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ô Jeanne! doux et cher guide! 
Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 

Et elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ne te laisse point accabler d'un &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt; auquel on ne pourrait résister. 
Là-bas sont la &lt;B&gt;Récompense&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt; si longtemps espérées par &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt;.
Ouvre les yeux, et regarde ce que je suis devenue, car tu as vu bien des choses 
qui t'ont rendu capable de supporter mon sourire et mon charme, 
sans vouloir te fondre si tôt en &lt;B&gt;Moi&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Lorsque j'entendis ces mots d'espoir, qui seront inscrits bien en vue dans le livre 
où je consigne mon passé, j'étais comme celui qui éprouve encore l'impression 
d'une vision oubliée, et qui s'efforce en vain de la rappeler à sa mémoire.

Ô &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt;! venez à mon secours pour dire ce qui ne se peut dire; comment décrire 
le &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; sans y laisser transparaître toute la banalité de ma prose!

&lt;I&gt;&quot;Pourquoi mon visage t'enivre-t-il ainsi d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, au point que tu ne tournes point tes yeux
vers ce beau jardin, qui se fleurit sous les charmes radieux de la &lt;B&gt;Reine vierge&lt;/B&gt;, 
comme s'il se pouvait que &lt;B&gt;Je&lt;/B&gt; sois plus désirable que la &lt;B&gt;Vierge Reine&lt;/B&gt; elle-même? 
Vois le &lt;B&gt;Vagin virginal&lt;/B&gt; dans lequel le &lt;B&gt;Verbe de Dieu&lt;/B&gt; s'est fait chair. 
Là, sont les doux lis qui ont fait le délice des hommes, 
et leur ont fait se diriger vers le droit chemin.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;. 

Moi, pressé de suivre ses conseils, je regardai, de mes yeux avides, et je vis 
toutes ces splendeurs, illuminées par des rayons ardents, 
comme des éclairs venus d'on ne sait où.

Le nom de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, que je n'ai cesse d'invoquer toutes mes nuits, m'inspira à contempler 
le feu qui brillait d'un plus grand éclat, et lorsque se furent reflétées, dans mes yeux, 
la &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Ardeur&lt;/B&gt; de la vivante &lt;B&gt;Étoile&lt;/B&gt;, qui triomphe là-haut comme ici-bas, 
une flamme de forme circulaire descendit du ciel, comme une auréole céleste
qui la ceignit et tourna tout autour d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.

J'entendis alors, le chant le plus beau, accompagné du son tout aussi beau d'une lyre 
qui paraissait m'être adressé, qui bouleversa mon âme et transit de frissons tout mon corps:
&lt;I&gt;&quot;Je suis l'amour purifié, qui tourne autour de l'allégresse suprême, exhalé du sein 
qui reçut l'objet de ses désirs; et il tournera autour de &lt;B&gt;Toi, Belle Dame du Ciel&lt;/B&gt;, 
jusqu'à ce que tu suives ton &lt;B&gt;Fils&lt;/B&gt;, et que tu rendes plus divine encore 
la &lt;B&gt;Vulve céleste&lt;/B&gt;, en l'y laissant pénétrer.&quot;&lt;/I&gt;

Et comme le tout petit enfant tend les mains vers le sein, après y avoir sucé tout le lait, 
par l'effet de l'amour qui jaillit comme une flamme, chacune de ces splendeurs 
fit monter ma flamme si haut, que je compris enfin le profond désir charnel 
que j'avais pour la &lt;B&gt;Vierge Marie&lt;/B&gt;.

Puis elles restèrent là sous mes yeux, chantant &lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Regina coeli&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; avec 
une telle douceur, que jamais je n'oublierai le plaisir charnel que j'en éprouvai.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (travel), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c24.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;!--WEBBOT bot=&quot;HTMLMarkup&quot; startspan ALT=&quot;Site Meter&quot; Installé le 16.03.2001(Comédie)--&gt;
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					</item> 

				 
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						<title>Chant XXII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159455</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Delvaux&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com22-c1.jpg&quot; width=338&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Apprends-moi à jouir d'un bonheur éternel. &lt;BR&gt;Ces servantes embrasées de l'ardeur qui fait naître l'orgasme.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Oppresso di stupore, a la mia guida
mi volsi, come parvol che ricorre
sempre colà dove più si confida;

  e quella, come madre che soccorre
sùbito al figlio palido e anelo
con la sua voce, che 'l suol ben disporre,

  mi disse: «Non sai tu che tu se' in cielo?
e non sai tu che 'l cielo è tutto santo,
e ciò che ci si fa vien da buon zelo?

  Come t'avrebbe trasmutato il canto,
e io ridendo, mo pensar lo puoi,
poscia che 'l grido t'ha mosso cotanto;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Stupéfait par ce chant, je me tournai vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, tel un enfant qui recourt à sa mère, 
comme à celle en qui il a le plus de confiance; elle, pour me rassurer, me dit:  
&lt;I&gt;&quot;Ne crains rien car tu es au ciel, et sache que le ciel est toute sainteté, et que 
ce qui s'y fait n'est que sanctifié. Que ce seul cri t'ait tant ému, combien alors 
t'auraient accablé mon chant et mon sourire, si tu avais pu comprendre 
ce que renfermaient mes prières, tu connaîtrais déjà la détresse du monde 
avant que de mourir. &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ne frappe ni tôt ni tard,  si ce n'est au sentiment 
de celui qui l'attend dans le désir ou la crainte. 
Mais tourne-toi maintenant vers d'autres esprits, 
car tu en verras beaucoup d'illustres, si tu portes tes regards comme je te le dis.&quot;&lt;/I&gt;

Je dirigeai mes yeux comme il lui plut, et je vis cent petites sphères, qui 
de leurs rayons s'embellissaient les unes les autres.  Je réprimais mon désir 
de les interroger,  par crainte d'être importun. La  plus grande et la plus brillante 
de ces perles se porta en avant, pour contenter mon désir de la connaître.

Puis j'entendis en elle: 
&lt;I&gt;&quot;Si tu voyais, comme moi, la charité qui brûle parmi nous, 
tu aurais déjà exprimé les désirs qui te tourmentent, mais pour que l'attente 
ne te retarde point dans la poursuite de ton désir ultime, je répondrai à cette pensée 
que tu hésites à me faire connaître. 
Ce lieu, au sommet duquel se trouve le &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt;, fut fréquenté, jadis, par des gens, 
comme toi, dans l'erreur et de moeurs mauvaises; et c'est moi qui y portai et 
le nom de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui amena, sur la terre, la vertu qui nous élève si haut, 
tant de grâce brilla en moi, que j'arrachai leur âme au culte impie qui séduit encore le monde.
Ces autres feux furent aussi des servantes, embrasées de la même ardeur, 
qui fait naître l'orgasme et la joie dans les âmes.

Je suis &lt;B&gt;Aglaë&lt;/B&gt;, et voici &lt;B&gt;Thalie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Euphrosyne&lt;/B&gt;. 
Ici sont les &lt;B&gt;Grâces&lt;/B&gt;, mes soeurs, qui fixèrent leur séjour dans les rêves lubriques des poètes, 
et y firent germer tant de belles oeuvres.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;L'amour que tu me montres en me parlant, et la bienveillance que je vois 
et que je note dans tous vos feux, a accru mon désir en vous, ainsi que la beauté fait à la fille, 
lorsqu'elle s'épanouit autant qu'elle le veut. Je t'adresse donc ma prière, à toi ma soeur, 
apprends-moi si je puis recevoir assez de grâce, pour jouir dans ton âme d'un bonheur éternel.&quot;&lt;/I&gt;

Elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Mon fils, ton désir élevé s'accomplira là-haut, dans la dernière sphère, 
où s'accomplissent tous les désirs autant que le tien. Là, toutes les passions 
deviennent réunies en une entité parfaite et indivisible. 
C'est là que nous mène cette échelle, que tu vois dans ce lieu immobile, où se rassemblent 
toutes les perfections. C'est pourquoi tu ne peux saisir en nous, que tes désirs, 
sans voir ceux que nous gardons en nous, qui se voilent à ta vue. C'est cette échelle
que vit &lt;B&gt;Jacob&lt;/B&gt; quand elle lui apparut si chargée d'anges, et qu'il faut gravir
en se dépouillant des désirs et des passions qui alimentent le mortel, 
et qui ne sont que passe-temps éphémères. 
Tes péchés  n'offensent pas autant &lt;B&gt; Dieu&lt;/B&gt;, que la morale des élus et de leurs crieurs,
mais la chair est si faible, qu'elle ne dure pas plus de temps 
qu'il n'en faut à un nouveau-né de téter le sein de sa mère.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi parla-t-elle; puis elle rejoignit sa cour, qui se rassembla, et s'éleva ensuite tout entière,  
comme un tourbillon poussé par le vent, et qui me laissa inassouvi dans mes désirs charnels.

La douce dame, d'une pensée, m'attira derrière elle, par cette échelle, jusque là-haut, tant 
sa vertu triompha de ma nature vulgaire.  Jamais mouvement ne fut si rapide qu'on aurait pu 
l'égaler sur terre, où l'on use d'autant de mécaniques pour le faire.

Que jamais je ne retourne, ô lecteur, à ce paradis, qui me fait souvent pleurer mes péchés 
et me frapper la poitrine, si je ne vis la constellation de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, et ne m'investis en elle, 
et dont je reçus tout le génie, quel qu'il soit, qui est en moi!

Mon âme, maintenant, soupire dévotement vers vous, afin d'acquérir 
la vertu nécessaire pour franchir le difficile passage qui l'attire à &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.

Alors &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Tu es si près du salut suprême, que tu dois avoir les yeux bien clairs
et pénétrants. Aussi, avant d'y entrer plus loin, regarde en bas, et vois tout ce que du monde 
tu dois laisser sous tes pieds, afin que ton coeur se montre, aussi joyeux qu'il le peut, 
à l'armée triomphante qui vient, dans l'allégresse, par ce cercle éthéré.&quot;&lt;/I&gt;

Alors, plein de sagesse, je détournai mes yeux de la terre pour tourner mes regards 
vers les sept sphères célestes. Je vis toutes ces choses puis 
vers les beaux yeux de ma &lt;B&gt;Belle&lt;/B&gt;, je reportai mes yeux.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (midtra), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c23.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159454</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=291 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com21-c1.jpg&quot; width=200&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La servante empressée du Conseil Suprême.&lt;BR&gt;Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Già eran li occhi miei rifissi al volto
de la mia donna, e l'animo con essi,
e da ogne altro intento s'era tolto.

  E quella non ridea; ma «S'io ridessi»,
mi cominciò, «tu ti faresti quale
fu Semelè quando di cener fessi;

  ché la bellezza mia, che per le scale
de l'etterno palazzo più s'accende,
com'hai veduto, quanto più si sale,

  se non si temperasse, tanto splende,
che 'l tuo mortal podere, al suo fulgore,
sarebbe fronda che trono scoscende.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Déjà, mes yeux s'étaient de nouveau, fixés sur le visage de ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;,  
et, avec eux, mon esprit qui s'était détourné de tout autre objet.

Elle ne riait pas, mais elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Si je riais, tu deviendrais semblable à &lt;B&gt;Sémélé&lt;/B&gt;, quand elle fut réduite en cendres, 
car ma beauté, qui, comme tu l'as vu, mon doux &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, s'enflamme de plus en plus 
à mesure que l'on monte; son éclat te serait insupportable s'il ne se voilait 
à ton regard de mortel, comme pour alimenter le désir charnel en toi.
Nous sommes montés à la septième splendeur, fixe ton esprit là où portent tes yeux,
et fais d'eux un miroir à la figure qui va t'apparaître dans ce miroir.&quot;&lt;/I&gt;

Qui saurait décrire cet aliment charnel, que percevait mon regard dans ce visage bienheureux, 
au moment où mes pensées erraient, comprendrait combien il m'était agréable d'obéir 
à ma céleste &lt;B&gt;Amoureuse&lt;/B&gt;,  mais ne sachant plus à lequel des deux plaisirs me vouer. 
Je vis alors une échelle, de la couleur de l'or que frappe un rayon de soleil, 
et qui s'élevait si haut que mes regards ne pouvaient la suivre. Je vis descendre par les degrés 
tant de splendeurs, que je pensais que toutes les lumières que l'on voit au ciel, 
s'étaient animées à ce seul endroit. Ainsi m'apparaissaient ces esprits venus d'ailleurs, 
 tel un essaim d'oiseaux perchés qui s'envole au moindre bruit puis revient se poser immobile, 
ou continue à tournoyer au-dessus cherchant à se poser sur les degrés.

L'une d'elles s'immobilisa près de nous, et, elle devint si lumineuse 
que je me suis dit en moi-même: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Mais j'attendais de &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui me guide, qu'elle m'indique la manière et le moment 
de parler ou de me taire, mais elle restait immobile sans rien dire. Aussi je me tus 
et n'osai demander, en dépit de mon profond désir; elle qui voyait en moi 
comme &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui voit tout, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Parle-lui, &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, et apaise ainsi l'ardeur de ton désir de tout connaître, 
comme celui de m'aimer!&quot;&lt;/I&gt;

Je commençai ainsi:
 &lt;I&gt;&quot;Je ne suis pas digne que tu me répondes, mais au nom de celle 
qui m'autorise à t'interroger, âme bienheureuse qui te tiens cachée dans ton allégresse, 
fais-moi connaître la raison qui t'a fait t'approcher de moi, et dis-moi pourquoi 
je n'entends plus, dans cette sphère, la douce symphonie des &lt;B&gt;Cieux&lt;/B&gt;, 
qui résonne encore dans les autres sphères.&quot;&lt;/I&gt;

Elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ton ouïe, comme ta vue, est celle d'un mortel; ici l'on ne chante point 
pour cette même raison qui empêche &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; de rire. Je suis descendue si bas 
par les degrés de cette échelle sainte, pour te satisfaire que de mes paroles, 
et par la lumière dont je me vêts, mais non pour assouvir tes sombres désirs. 
Ce ne sont ni l'attraction ni l'amour, qui m'ont rendue si prompte à me laisser séduire, 
car il y a là-haut, tout l'amour qu'il nous faut, comme te le montre notre scintillante ardeur.
Mais c'est la sublime charité qui fait de moi la servante empressée du &lt;B&gt;Conseil suprême&lt;/B&gt;,
et nous donne à chacune de nous, son rôle auprès des mortels comme toi.&quot;&lt;/I&gt;

Je répondis alors: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois bien, splendeur sacrée, comment un libre amour suffit 
en cette cour pour combler les désirs du &lt;B&gt;Dieu éternel&lt;/B&gt;; mais je n'arrive pas 
à comprendre, pourquoi tu as été celle, la seule parmi tes compagnes,
prédestinée à écouter mes sombres désirs.&quot;&lt;/I&gt;

À peine avais-je prononcé le dernier mot,  que cette lumière fît de son milieu un axe, 
et se mît à tourner sur elle-même comme une derviche. 
Puis, tout l'amour qui était en elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Une clarté divine descend sur moi, en pénétrant celle dont je m'enveloppe, et sa vertu, 
unie à ma vision, m'élève tant au-dessus de moi que je vois l'&lt;B&gt;Essence suprême&lt;/B&gt; 
dont elle émane. De là provient l'allégresse dont je flamboie, parce que j'égale la clarté 
de ma flamme à la clarté de ma vision. Mais l'âme qui reçoit au ciel le plus de lumière, 
le &lt;B&gt;Séraphin&lt;/B&gt; qui fixe le plus profondément ses regards en &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, ne saurait satisfaire 
à ta demande, car ce que tu veux savoir est si profondément enfoncé dans l'abîme 
des desseins éternels, qu'il échappe à la vue de tout être créé. Et quand tu retourneras 
dans le monde des mortels, rapporte cette réponse que je te fais, pour que quiconque 
ne présume plus, de diriger ses pas vers un tel but. 
L'esprit qui luit ici, est sur la terre, obscurci de fumée, vois donc comment 
il pourrait faire là-bas ce qu'il ne peut ici, bien que le ciel l'accueille.&quot;&lt;/I&gt;

Ses paroles mirent si bien un terme à mon désir que j'abandonnai ma question 
et me bornai à lui demander humblement qui elle fut: 
&lt;I&gt;&quot;Je fus &lt;B&gt;pupille du Roi&lt;/B&gt;, chacune de nous l'était également, aussi belles que 
tu nous voies, et dévouées à te servir et à peupler cette terre si triste et si rude,
et nous avons su l'animer de nos charmes, et l'avons rendue plus facile à supporter, 
et avons permis qu'elle grandisse, qu'elle existe, qu'elle aime et qu'elle enfante.&quot;&lt;/I&gt;

À cette voix, je vis mille flammes descendre de degré en degré et tournoyer, et 
à chaque tour elles devenaient plus belles; elles vinrent autour de la première 
et s'y arrêtèrent, et elles poussèrent un cri aigu et si puissant que rien ne pourrait 
lui être comparé ici-bas; je ne le compris pas, tant son fracas m'accabla.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: calypso de Jean-Michel Jarre, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c22.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159453</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=350 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com20-c1.jpg&quot; width=350&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La représentation du Plaisir éternel.&lt;BR&gt;Notre bonheur est de ne vouloir que ce que Dieu veut.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Quando colui che tutto 'l mondo alluma
de l'emisperio nostro sì discende,
che 'l giorno d'ogne parte si consuma,

  lo ciel, che sol di lui prima s'accende,
subitamente si rifà parvente
per molte luci, in che una risplende;

  e questo atto del ciel mi venne a mente,
come 'l segno del mondo e de' suoi duci
nel benedetto rostro fu tacente;

  però che tutte quelle vive luci,
vie più lucendo, cominciaron canti
da mia memoria labili e caduci.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Lorsque &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt;, qui éclaire notre monde, descend à l'horizon en faisant le jour 
s'éteindre de toutes parts, le ciel s'éclaire soudainement de nombreuses lumières,
où lui seul se reflétait; et ce changement du ciel me vint à l'esprit, quand se tut 
l'emblème des maîtres du monde; toutes ces lumières vivantes devinrent alors, 
beaucoup plus éclatantes, et commencèrent des chants impossibles à retenir et vite oubliés.

Ô doux &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, qui te vêts de ton sourire, et qui est si plein d'ardeur 
à me souffler d'aussi saintes pensées!

Lorsque je vis &lt;B&gt;Jupiter&lt;/B&gt;, orné de  rubis précieux et brillants, imposer le silence
à leurs chants angéliques, il me sembla entendre le murmure d'un fleuve, qui coule, limpide, 
de pierre en pierre, dévoilant ainsi l'abondance de sa source.

Ce murmure s'éleva d'une sainte &lt;B&gt;Image&lt;/B&gt; de l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt; qui m'apparaissait au-dessus de moi, 
comme un son qui sort d'une forme creuse, et qui devient une voix, puis qui jaillit de là
sous la forme de paroles, telles que je m'en souviens et que je puis les décrire.

Elle commença à me dire:  
&lt;I&gt;&quot;Il te faut maintenant regarder en moi avec attention, les feux 
qui décorent l'essence de ce que je suis, et qui sont des représentations de ce que  
ton esprit connaît mais ne peut voir. Le feu qui luit au milieu de ma prunelle est celui 
qui se reflète dans ton âme, et qui te pousse à vouloir me prendre sans même avoir su 
me reconnaître. Les autres feux qui gravitent autour de mon crâne, sont les feux 
qui alimentent ton désir, et qui te poussent à me prendre, sans même connaître la raison 
de ma résistance. Ces autres feux qui garnissent ma vulve sacrée, sont les mêmes feux que
tu portes en ton membre, et qui te poussent à me prendre sans même m'atteindre en mon âme. 
Puis les feux qui s'éteignent dans mon âme, sont les mêmes qui s'éteignent en ton âme, 
et qui te poussent à te pendre sans même avoir su m'aimer. 
Et si tu veux bien partager avec moi le feu qui te brûle et qui me brûle et qui 
nous pousse l'un dans l'autre et dans l'amour, nous ne ferons plus qu'un feu éternel.&quot;&lt;/I&gt;

Telle me parut la représentation du &lt;B&gt;Plaisir éternel&lt;/B&gt;, 
dont la volonté fait chaque chose devenir réelle.

Et bien que je laissasse apparaître mon doute, je ne pus attendre en silence, 
mais laissai échapper de ma bouche:
&lt;I&gt;&quot;Est-ce que cela est ainsi?&quot;&lt;/I&gt;

Ce qui me laissa voir, la joie qui se reflétait en ces feux.

Puis aussitôt, avec l'oeil plus brillant, l'image sainte me répondit, 
pour ne pas me tenir en suspends:
&lt;I&gt;&quot;Ne crois pas ces choses seulement parce que je te les dis, mais apprends par toi-même 
comment elles peuvent être, si bien qu'elles se révèlent à toi par leur intelligence;
ne sois pas tel celui qui n'apprend une chose que par son nom, 
mais ne peut en connaître l'essence si un autre ne la lui révèle.

La vertu Divine peut être vaincue par la violence d'un amour ardent, non point 
comme la victoire du violeur sur l'amante qui succombe au vainqueur, mais parce que 
dans sa charité divine elle se laisse prendre, et est victorieuse ainsi par sa seule bonté.

Je vois que tu t'étonnes, de voir ainsi, le séjour des anges 
s'orner de ces lumières qui décorent mon sourcil.
L'une et l'autre âme ont quitté leurs corps de péché et  de vertu, 
pour aller endormir leur souffrance et leur salut sur les pieds crucifiés de &lt;B&gt;Jésus&lt;/B&gt;.

&lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt;-là revint, par sa seule volonté, du séjour des &lt;B&gt;Limbes&lt;/B&gt;, et elle revêtit à nouveau 
le manteau de sa chair, car elle mit toute sa force à prier &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; de la ressusciter.
Elle resta peu de temps, car elle crut en &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui pouvait s'embraser d'amour pour elle, 
et en croyant en &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, elle fut digne de venir à la fête charnelle.

Quant à l'&lt;B&gt;Autre&lt;/B&gt;, par l'effet d'une grâce insondable, elle consacra tout son amour à être juste, 
si bien que &lt;B&gt;Dieu &lt;/B&gt;lui ouvrit les yeux à la rédemption, et qu'elle quitta 
le monde de perversion pour venir partager avec &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, les joies charnelles de la fête.

Ô mortels! ne nous jugez point de connaître &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, et qu'il nous tient ignorants de 
la cause première des choses. Ô prédestination! qu'il nous est doux de ne point encore connaître 
tous les élus de la fête, parce que notre bonheur, nous le trouvons ailleurs, 
dans ce bien qui est de ne  vouloir que ce que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; veut.&quot;&lt;/I&gt;

C'est ainsi que, par cette image divine, il me fut donné un remède suave, pour éclairer ma courte vue. 
Comme un joueur de guitare accorde ses cordes au timbre du chanteur, 
et augmente le plaisir du chant, ainsi, pendant qu'elle me parlait, 
je me souviens que je vis les deux lumières bénies, tels deux yeux 
qui battent simultanément, avec les paroles, vibrer de toutes leurs flammes.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique alternative (velocity), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c21.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156627</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=372 alt=&quot;image Gustave Moreau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com19-c1.jpg&quot; width=400&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La belle image de l'Amour et le sermon des bienheureux.&lt;BR&gt;Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Parea dinanzi a me con l'ali aperte
la bella image che nel dolce frui
liete facevan l'anime conserte;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  parea ciascuna rubinetto in cui
raggio di sole ardesse sì acceso,
che ne' miei occhi rifrangesse lui.&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  E quel che mi convien ritrar testeso,
non portò voce mai, né scrisse incostro,
né fu per fantasia già mai compreso;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  ch'io vidi e anche udi' parlar lo rostro,
e sonar ne la voce e «io» e «mio»,
quand'era nel concetto e 'noi' e 'nostro'.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Elle se tenait devant moi, la belle image de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, les ailes largement ouvertes, 
laissant voir les mille âmes joyeuses qui la composait. Chacune me semblait comme un rubis 
sur lequel brillait un rayon de soleil, si ardent qu'il se réfléchissait dans mes yeux.

Ce que je vais te dépeindre, cher lecteur, aucun autre n'a tenté de le faire avant moi, 
ni dans ses écrits, ni dans sa voix, ni en usant de son imagination; 
car je vis et j'entendis l'oiseau ouvrir le bec et parler ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Parce que j'ai été juste et pieux, je suis à présent exalté dans cette gloire que, 
même avec le plus grand des désirs, tu ne pourrais l'atteindre; j'ai laissé sur terre, 
des oeuvres que les pervers admirent mais ne daignent point suivre.&quot;&lt;/I&gt;

De cette image faite d'autant d'âmes amoureuses et bienheureuses, il se dégageait 
une chaleur telle qu'en un brasier ardent, mais elle ne parlait que d'une seule voix.

Et je répondis à cette voix: 
&lt;I&gt;&quot;Ô, fleurs perpétuelles de la joie éternelle, je reconnais votre parfum unique; 
apaisez mon désir après ce grand jeune  terrestre qui m'a laissé sans nourriture charnelle. 
Je sais que si la justice divine se reflète  dans le miroir d'un royaume qui m'est inconnu, 
le vôtre saura pourtant me reconnaître. Voyez comme je suis prêt à vous écouter, 
vous qui connaissez le doute qui habite, depuis si longtemps, mon esprit.&quot;&lt;/I&gt; 

Alors, je vis s'agiter l'emblème; comme fait un faucon délivré de son chapeau, 
il bouge la tête et se réjouit en battant des ailes, puis il montre son désir de s'envoler 
en battant des ailes; d'un choeur formé de milliers d'âmes, j'entendis alors un chant 
qui semblait louer la grâce divine et qui ne se peut que là-haut. 

 Puis elle dit, cette image radieuse:
&lt;I&gt;&quot;Celui qui est l'architecte du &lt;B&gt;Royaume de l'Empyrée&lt;/B&gt; et qui y régla ce qui se voit 
et ce qui est caché, n'a pu y installer toute sa vertu sans que son verbe y règne bien au-dessus. 
La preuve en est que &lt;B&gt;Lucifer&lt;/B&gt;, qui fut la plus haute des créatures, n'a pu accéder 
à la lumière pour n'avoir pas atteint la perfection dans son être; de cela il faut comprendre,
qu'un être inférieur est un réceptacle trop étroit pour contenir le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui est sans limites.

Ta vue n'est qu'un infime rayon de l'&lt;B&gt;Intelligence suprême&lt;/B&gt;, et de par sa nature, 
elle n'est pas assez puissante pour discerner l'&lt;B&gt;Esprit de Dieu&lt;/B&gt; au-delà de ses apparences.
Ton regard ne peut pénétrer dans la justice éternelle, comme ton oeil qui voit nager le poisson 
près du rivage et qui perd subitement la vue dans les abysses de la haute mer, pourtant, 
tout au fond, la vie existe tout autant. Tu es aveuglé par le démon, la concupiscence 
de la chair, les plaisirs terrestres, ces venins qui ne sont que ténèbres; il n'est 
d'autre lumière que la révélation que rien jamais ne trouble. Maintenant, tu vois 
plus clairement de la justice divine, toutes ces questions, qui pour toi, étaient sans réponse.

Vois celle qui naît aux limites extrêmes du monde, là où personne ne parle de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, 
où il ne se lit ni s'écrit sur le sujet; celle dont les désirs et les actions sont sans péché, 
autant dans sa chair que dans son esprit; si elle vient à mourir sans baptême et 
sans avoir la foi, quelle justice suprême alors, se permet de la condamner 
si elle n'a point péché et qu'elle n'a point la foi?

&lt;B&gt;Qui est-il ce Dieu vengeur qui croit la juger et qui n'a qu'une courte vue?&lt;/B&gt;

Comment la &lt;B&gt;justice de Dieu&lt;/B&gt; pourrait-elle être si injuste et réserver à celles 
en qui elle se révèle, la joie exclusive de la &lt;B&gt;Béatitude suprême&lt;/B&gt;?
 
Crois-tu à tort que t'es réservé le &lt;B&gt;Bien suprême&lt;/B&gt;, toi la &lt;B&gt;Gentille&lt;/B&gt; aux yeux de feu, 
qui dévoile ton sein et refuse l'enfantement, ou toi l'&lt;B&gt;Abyssinienne&lt;/B&gt; vertueuse qui distribue 
la charité païenne, ou toi la prude &lt;B&gt;Iranienne&lt;/B&gt;, au regard voilé par 
les dogmes surannés d'&lt;B&gt;Allah&lt;/B&gt;, ou toi l'&lt;B&gt;Asiatique&lt;/B&gt; avide d'aimer, qui recherche 
le bonheur suprême dans les lois du sort, ou toi l'&lt;B&gt;Amérindienne&lt;/B&gt; outragée 
par le &lt;B&gt;Conquistador&lt;/B&gt;, ou toi l'épouse de ton maître l'&lt;B&gt;Hindoustanais&lt;/B&gt;, 
ou toi  la fille dispensatrice de la &lt;B&gt;Charité charnelle&lt;/B&gt;?

Toi qui a reçu le bien de l'&lt;B&gt;Écriture&lt;/B&gt; pour te guider, esprit grossier trop attaché 
aux choses de la terre, mais comment crois-tu que la &lt;B&gt;justice de Dieu&lt;/B&gt; puisse être si injuste?
Telles sont mes paroles, toi mortel, grossier  personnage,  qui ne les entends guère.&quot;&lt;/I&gt;

Puis ces brillants incendies de l'&lt;B&gt;Esprit Saint&lt;/B&gt; s'arrêtèrent, demeurant dans l'emblème,
 et la voix reprit ainsi:
&lt;I&gt;&quot;À ce royaume, ne monteront pas que ceux-là, qui auront reçu le pardon du confessionnal, 
ou ces autres qui vont chez les païens criant ainsi:
&lt;B&gt;&quot;Christ! Christ!&quot;&lt;/B&gt;
car ils seront, au jugement dernier, damnés, ou moins près de Dieu que ceux qui
ne connurent point le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; mais en épousèrent les oeuvres et la grâce. 

Que ne direz-vous, et crierez-vous à l'injustice, 
missionnaires et prédicateurs, chanoines et dames patronnesses, 
prophètes du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; ou de &lt;B&gt;Mahomet&lt;/B&gt;, fornicateurs et sodomites, 
quand vous verrez ouvert le livre où sont inscrits tous vos actes déshonorants?&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: The deer hunter de Myers Stanley, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c20.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156626</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=414 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com18-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;&lt;BR&gt;Les muses Bienheureuses qui peuplent l'Olympe.&lt;BR&gt;Le désir et la volupté de voir danser Salomé.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Già si godeva solo del suo verbo
quello specchio beato, e io gustava
lo mio, temprando col dolce l'acerbo;

  e quella donna ch'a Dio mi menava
disse: «Muta pensier; pensa ch'i' sono
presso a colui ch'ogne torto disgrava».

  Io mi rivolsi a l'amoroso suono
del mio conforto; e qual io allor vidi
ne li occhi santi amor, qui l'abbandono:

  non perch'io pur del mio parlar diffidi,
ma per la mente che non può redire
sovra sé tanto, s'altri non la guidi.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt; resplendissait d'une lumière éblouissante, elle était telle qu'un soleil, 
et elle me consolait plus qu'une mère; mais je n'entendais plus les accents éloquents 
qui provenaient d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;; je ne goûtais plus qu'à mes propres pensées où se mêlaient 
la douce volupté et le goût amer du baiser, 
et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; qui me conduisait vers &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Pense à autre chose, mon doux &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;,  et comprends 
que je me tiens près de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui amoindrit tous tes péchés!&quot;&lt;/I&gt;

Je tournai mon regard vers mon &lt;B&gt;Amoureuse&lt;/B&gt; dont la voix  me réconfortait, et je renonce 
à te décrire, cher lecteur, tout l'amour que j'y vis,  non que j'en ai peur, mais, parce que 
ma mémoire ne pourrait l'exprimer sans le secours de la grâce divine. 
Tout ce que je peux en dire maintenant, est que je fus, en contemplant &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
ainsi libéré de tout autre désir en moi, tandis que le bonheur éternel rayonnait en ses yeux 
dont les reflets me rendaient si heureux.

Et, avec l'éclat d'un sourire, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Retourne-toi et écoute ce qu'il faut entendre, 
car ce n'est pas dans l'éclat de mes yeux, que tu trouveras ton paradis.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je me tournai vers cette lumière flamboyante qui scintillait à mes yeux, 
et je sentis qu'elle avait le désir de me parler, ainsi qu'il est sur terre, 
lorsque l'on découvre le désir dans le regard d'une femme.

Elle commença ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Vois cet arbre qui est à l'image du &lt;B&gt;PARADIS&lt;/B&gt; et qui jamais 
ne se flétrit et qui toujours te prodigue de ses fruits;  au cinquième degré de l'arbre tu verras 
les &lt;B&gt;Muses bienheureuses&lt;/B&gt; qui peuplèrent l'&lt;B&gt;Olympe&lt;/B&gt;, ce &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; de tes rêves terrestres, 
et dont le renom fut si grand, qu'elles enrichirent les chants épiques des poètes, tes frères. 
Regarde chacun des bras de la croix dont elles composent les membres, et chacune, 
à leur nom, resplendira comme un éclair qui éclate derrière un nuage.&quot;&lt;/I&gt;

A  l'appel du nom de &lt;B&gt;Thalie&lt;/B&gt;, je vis une flamme traverser de part en part la croix ; 
je n'entendis point ses paroles, j'étais occupé à dénouer l'idylle derrière les guirlandes 
qui cachaient son sein, puis j'ai compris que derrière ce masque, elle me jouait la comédie.

Au nom d'&lt;B&gt;Euterpe&lt;/B&gt;, j'ai bien vu comme elle tournait sur elle-même, et comme cette musique 
qu'elle enfentait, n'était que grâce et qu'artifices à faire mouvoir son ventre,
pour m'ensorceler et faire gicler le venin du serpent en moi.

À l'appel du nom de &lt;B&gt;Melpomène&lt;/B&gt; et de &lt;B&gt;Terpsichore&lt;/B&gt;, mon regard ne pouvait 
se détacher d'Elles, et comme le chasseur aux aguets, je suivais la grâce de leurs pas, 
tant et si bien que j'aurais voulu danser avec &lt;B&gt;Elles&lt;/B&gt;. 
Puis sur les conseils de &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt;, ma vue fut attirée sur la croix 
par &lt;B&gt;Erato&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Clio&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Uranie&lt;/B&gt; et d'autres &lt;B&gt;Carmènes&lt;/B&gt;
 qui gisaient là toutes nues et qui bougeaient, sensuelles comme des vers à soie, 
sur le bois poreux de la croix, et je sentais le spleen en moi, comme le poète qui trop s'émeut.

Puis pendant que &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt; me parlait ainsi, elle se mit en mouvement et 
dans sa grâce dénudée, elle alla musarder parmi les grâces qui étreignaient 
les bras de la croix, comme s'égayant sur une plage de sable chaud; elle savait 
me montrer ainsi toute la poésie que transcendait son divin corps de nymphe.

Je tournai mon regard sur ma droite pour sonder les paroles ainsi que 
les attitudes de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, ce que je devais penser et faire, et je la vis briller 
de ses yeux purs et joyeux, de sorte que sa beauté l'emportait sur tous ses autres aspects, 
et qu'elle me fit me contrir, d'avoir eu des pensées lubriques envers ces belles choses 
qui ne cessaient de s'égayer, toutes nues, sur le bois de la croix.

Je m'aperçus que je progressais en vertu, comme l'on éprouve plus de joie à faire le bien, ainsi, 
en voyant &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; devenir plus brillante, je me rendis compte que 
je faisais partie du Ciel et qu'enfin je tournais avec lui autour d'un point fixe. 
Et aussi vite que la rougeur de la honte disparaît du visage d'une dame, ainsi &lt;B&gt;Jupiter&lt;/B&gt;,
l'astre qui m'avait accueilli, rayonna à mes yeux dans toute sa blancheur.

Dans cette joyeuse kermesse, je vis que les esprits amoureux qu'y s'y trouvaient, scintillaient 
à mes yeux en formant les lettres tirées de la langue écrite de nos ancêtres; et elles voletaient 
et chantaient  ainsi comme des lumières, ressemblant à des oiseaux qui surgissent d'une rivière, 
et qui, en fête, font des cercles d'eux-mêmes ou quelque file en direction du vent.  
Leur mouvement suivait le rythme de leur chant, puis elles formaient un signe 
et elles s'arrêtaient de sorte que je pouvais bien lire ce qui était écrit.

Ô divine &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt;, toi qui donnes la gloire aux poètes et qui les éclaires de ta lumière, 
pour que je traduise ces figures, fais que ta puissance les écrive en ces quelques vers!

Ainsi m'apparurent'ils:
&lt;B&gt;DILIGITE IUSTITIAM QUI IUDICATIS TERRAM&lt;/B&gt;

Puis au sommet du &lt;B&gt;M&lt;/B&gt; qui termine le mot &lt;B&gt;TERRAM&lt;/B&gt;, je vis descendre plusieurs 
infimes lumières, s'y poser en chantant, je crois, 
la gloire du &lt;B&gt;DIEU&lt;/B&gt; qui transcende la justice.

Puis, comme l'eau qui scintille contre la lumière et qui font des étincelles innombrables, 
plus de mille lumières parurent jaillir de là et monter plus ou moins haut, comme 
allumées par le &lt;B&gt;Soleil&lt;/B&gt;,et chacune se poser à sa place, de sorte 
que ce feu représentait la tête et le col d'un aigle.

Ô douce étoile, combien de brillantes gemmes me montrèrent 
que notre justice est un effet du ciel que tu ornes comme un joyau!

Aussi, je prie &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, qui engendre le mouvement et la vertu, pour qu'il s'irrite 
encore une fois de voir la fumée souiller ses rayons, et que 
son temple soit ainsi violé à nouveau.

Ô milice du ciel que je contemple ainsi, prie pour ceux, les dévoyés, 
qui sur terre, donnent le mauvais exemple!

Jadis, on avait coutume de vaincre par l'épée, mais aujourd'hui, on fait la guerre par 
les lois et les interdits. Mais toi qui ne penses qu'à te disculper de tes torts, sache que
&lt;B&gt;Pierre&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Paul&lt;/B&gt; vivent encore, bien qu'ils soient morts pour la foi que tu saccages. 

Il est vrai que tu peux toujours dire, pour te disculper:
&lt;I&gt;&quot;Je préfère à &lt;B&gt;Pierre&lt;/B&gt; et à &lt;B&gt;Paul&lt;/B&gt;, le sacrifice de celui qui jeunât au désert, 
mais dont le martyre s'égaya du désir et de la volupté de voir danser &lt;B&gt;Salomé&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique New Age (melmirel), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c19.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156625</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=296 alt=&quot;image de Raphael&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com17-c1.jpg&quot; width=200&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Un homme averti n'en vaut-il point deux?&lt;BR&gt;Ceux qui trafiquent avec la Vérité.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Qual venne a Climené, per accertarsi
di ciò ch'avea incontro a sé udito,
quei ch'ancor fa li padri ai figli scarsi;

  tal era io, e tal era sentito
e da Beatrice e da la santa lampa
che pria per me avea mutato sito.

  Per che mia donna «Manda fuor la vampa
del tuo disio», mi disse, «sì ch'ella esca
segnata bene de la interna stampa;

  non perché nostra conoscenza cresca
per tuo parlare, ma perché t'ausi
a dir la sete, sì che l'uom ti mesca».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Comme un fils qui demande à son père s'il est bien son fils, tel j'apparaissais
à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et à cette sainte flamme qui accompagnait ses pas.

Aussi ma dame me dit-elle: 
&lt;I&gt;&quot;Montre au-dehors, toute l'ardeur de ton désir, en sorte 
qu'elle jaillisse, portant fidèlement l'empreinte de ton âme; non pour que tes paroles 
fassent mieux connaître ce que nous savons déjà, mais pour que tu t'habitues à dire 
quelle est ta soif, afin que l'on te verse à boire.&quot;

&quot;O lumière chérie, toi qui t'élèves si haut au-dessus de l'esprit des hommes de science, 
que tu aperçois les choses contingentes avant qu'elles ne se réalisent, en regardant &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; 
qui met tout au présent, pendant que j'accompagnais &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; au&lt;B&gt; Purgatoire&lt;/B&gt; et en &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, 
il me fut dit, sur mon sort futur, des paroles que je redoute, encore que je me sente solide 
comme le roc contre les coups du sort; aussi, mon désir serait-il satisfait d'apprendre 
quel est le destin qui m'attend: un homme averti, n'en vaut-il pas deux?&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi je parlai à cette lumière même, qui m'avait d'abord adressé la parole, et, 
comme le voulait &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, je lui avouai mon désir.

Et ce fut en termes clairs, et dans un langage précis, que me répondit ce père aimant, 
enfermé dans son propre sourire où il se révélait à moi:
&lt;I&gt;&quot;Les choses contingentes qui vont au-delà de la compréhension de votre monde matériel, 
sont toutes figées dans le regard éternel; mais elles ne sont pas d'un caractère 
de nécessité absolue. De là,  vient à ma vue le temps qui, pour toi, se prépare, et qui 
vibre à mon oreille comme une douce musique. Ton esprit quittera la terre de tes ancêtres. 
Cela sera voulu et se dessine déjà, par ceux qui trafiquent avec la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;. 
La rumeur publique, comme il est d'usage, prendra parti contre ta poésie, non pour 
ce qu'elle croit être la vérité, mais, pour s'ajuster à ce qu'en disent ceux qui la fabriquent.
Il te faudra abandonner ce que tu as de plus cher au monde, ton pays 
et ce que tu en conçois, et y trouver l'exil sans avoir à le quitter.

Tu éprouveras comment, l'exil est plus difficile à celui qui n'a pas à s'exiler dans son corps, 
mais seulement dans son âme. Tu éprouveras quel goût de sel a ton pain, qui a la saveur 
de l'étranger, et comme c'est un dur périple que de parcourir un chemin mal façonné à ton pas.
Et ce qui te pèsera le plus sur les épaules, ce sera la compagnie méchante et stupide 
de ceux qui creuseront l'abîme autour de toi, et qui te harcelleront et se tourneront conte toi.
Mais c'est d'elle et non de toi que le front rougira, si bien que tu seras fier 
d'avoir fait un parti pour toi seul. Ton premier refuge et ta seule  récompense, 
tu les devras à ta solitude et à l'art qu'il fait naître.
Mets toutes tes attentes en lui et en ses bienfaits; par lui, tu apprendras 
ce que le monde ne sait point et feint de ne point connaître.&quot;&lt;/I&gt;

Puis elle dit encore cette lumière: 
&lt;I&gt;&quot;Je ne veux pas que tu portes envie à tes concitoyens, 
parce que ta vie durera dans l'avenir, bien plus que le châtiment de leurs perfidies.&quot;

&quot;Mon très &lt;B&gt;Cher Père&lt;/B&gt;, je vois bien comme le temps me rattrappe, pour me porter un coup 
d'autant plus rude qu'on s'abandonne davantage; aussi est-il bon que je m'arme de prévoyance, 
pour que, si le bien de ma conscience m'est ravi, je ne perde la liberté par la faute de mes vers.
Dans le monde d'en bas plongé dans l'amertume éternelle, et par la montagne d'où les yeux 
de ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; m'ont enlevé, puis par le ciel, de lumière en lumière, j'ai appris tant de choses qui, 
si je les répète, feront de bien des gens mes ennemis. Et si je cache, par timidité, la vérité, 
je crains de ne plus vivre parmi ceux qui prétendent déjà vivre dans le futur,
et ne connaissent rien du passé, et qui  ne savent s'adapter au présent.&quot;&lt;/I&gt;

Et mon &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt; répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Une conscience obscurcie par la honte ou par celle d'autrui 
trouvera certes ta parole âpre; mais raconte fidèlement ta vision, écarte tout mensonge, 
et laisse les gens se gratter où ça leur pique, car si au premier goût ta parole 
leur semble importune, elle saura nourrir les générations futures. 
Ton cri fera comme le vent qui ne frappe que les plus hautes cimes, de ceux qui savent 
ouvrir les bras à la vérité, et ce n'est pas un médiocre sujet d'honneur. 

C'est pour cela que t'ont été montrées, dans les sphères inférieures, les âmes de ceux 
qui vécurent dans la renommée; car celui qui n'écoute et ne veut entendre que ce que 
son esprit est conditionné, ne se laisse jamais séduire par celui qui n'est pas connu 
ou célébré ou glorifié, ni par des arguments qui n'ont pas d'éclats.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: nuage de Claude Debussy, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c18.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/30#156527</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=409 alt=&quot;image de Frazetta&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com16-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le soleil luit pour moi comme pour les autres.&lt;BR&gt;L'Histoire de la Nouvelle-France.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 O poca nostra nobiltà di sangue,
se gloriar di te la gente fai
qua giù dove l'affetto nostro langue,

  mirabil cosa non mi sarà mai:
ché là dove appetito non si torce,
dico nel cielo, io me ne gloriai.

  Ben se' tu manto che tosto raccorce:
sì che, se non s'appon di dì in die,
lo tempo va dintorno con le force.

  Dal 'voi' che prima a Roma s'offerie,
in che la sua famiglia men persevra,
ricominciaron le parole mie;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ô petitesse de ma race! je ne m'étonne plus que mes frères, ici-bas, ne te glorifient plus,
où la mémoire se languit et se meurt; pourquoi alors, m'en glorifierais-je, là-haut 
dans le ciel, où les désirs s'expriment sans aucune contrainte? Tu n'es, en effet, 
qu'une idylle amoureuse qui se fanne très vite, à moins d'y ajouter, de jour en jour, 
un acte d'amour ou une action d'éclat.

Je commençai ainsi à le vouvoyer, en usant de ce &quot;vous&quot; qui n'est plus en usage aujourd'hui, 
et qui préservait de la familiarité; aussi &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, qui était un peu à l'écart, 
se mit à rire, comme si elle avait encore le pouvoir de se moquer de moi.

Je parlai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Vous êtes mon ancêtre, et je suis plein de hardiesse, devant vous, 
pour vous parler; vous m'élevez si haut, que je m'élève au-dessus de moi-même.
Mon âme est remplie d'allégresse et toute joyeuse de pouvoir la supporter sans défaillir.

Dites-moi donc, ô mon ancêtre bien-aimé, qui furent vos aïeux, et depuis combien d'années 
êtes-vous né; parlez-moi du berceau de ces ancêtres, qui sont aussi les miens, 
de leur notoriété, et lesquels de ces héros étaient dignes d'être, 
sur le&lt;B&gt; Champs de Mars&lt;/B&gt;, coulés dans le bronze solide.&quot;&lt;/I&gt;
  
Comme s'anime le feu du foyer sous l'action  du vent, ainsi je vis cette lumière resplendire 
à mes paroles affectueuses, elle devint si belle à mes yeux, quand d'une voix douce et suave 
et dans son dialecte antique, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Depuis ce jour où il fut dit &lt;B&gt; Ave&lt;/B&gt;, jusqu'au jour
où ma mère, que Dieu ait son âme, fut délivrée de moi dont elle était enceinte, 
cet astre est revenu quatre cent soixante six fois à la constellation de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;,
pour briller telle une flamme sous ses pieds. Mes aïeux et moi, nous sommes nés au lieu 
où a vécu le &lt;B&gt;Roi-Soleil&lt;/B&gt; et aujourd'hui, ils feingnent de ne plus avoir de mémoire. 
De mes aïeux je ne t'en dirai pas plus; qui ils furent et d'où ils revinrent, vaincus, 
il est plus opportun de n'en point parler. Tous ceux qui, en ce temps, avec &lt;B&gt;Cartier&lt;/B&gt;, 
eurent l'audace d'affronter &lt;B&gt;la terre que Dieu donna à Caïen&lt;/B&gt;, n'étaient que le millième 
de ceux qui y vivent aujourd'hui; enfantée du sang de l'indienne et de la semence 
du coureur des bois, la race, qui prétendait être pure, fut transformée jusqu'au dernier colon.
À ceux qui se croyaient investis par Dieu du pouvoir de contrôler le monde,
le roi chevalier répondait ainsi: 
&quot;&lt;B&gt;le soleil luit pour moi comme pour les autres&lt;/B&gt;&quot;, et 
&quot;&lt;B&gt;je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'exclut du partage du monde.&lt;/B&gt;&quot;

Oh! qu'il vaudrait mieux que les gens dont je parle, fussent encore aussi valheureux, et que,
plutôt que de les ratatiner, vos frontières fussent toujours de &lt;B&gt;Louisbourg&lt;/B&gt; 
jusqu'au &lt;B&gt;Lac Supérieur&lt;/B&gt;, du grand &lt;B&gt;Mississipi&lt;/B&gt; jusqu'à la lointaine &lt;B&gt;baie d'Hudson&lt;/B&gt; 
à qui vous avez refusé votre propre nom; j'y vois plutôt ceux qui, pour vous pendre, 
ont déjà l'oeil bien ouvert, à transformer ce qui reste de vos murs
et de vos âmes en &lt;B&gt;écuries d'Augias&lt;/B&gt;!

Si cette gent qui forligne le plus au monde, avait été digne de &lt;B&gt;Maisonneuve&lt;/B&gt;, puis s'était
montrée pleine d'audace, comme le peut un fils malgré sa mère, tel qui, aujourd'hui 
devenu &lt;B&gt;monréaliste&lt;/B&gt;, pratique le change et le négoce, ne serait point retourné 
à l'abri des citadelles de sa &lt;B&gt;Capitale&lt;/B&gt;, là où son père ne fait plus que mendier,
et où l'on ne parle plus que de maladies, d'infirmités et de malheurs.

Il pourrait contempler sans pudeur, le panorama du haut de la montagne qui est royale,
d'une rivière à l'autre, des milles iles jusqu'aux iles du grand fleuve et même au-delà,
dont toutes les paroisses lui seraient soumises malgré que leur foi soit ailleurs.

C'est toujours, l'excès dans les mots qui fut l'origine des maux de ma cité, comme l'est 
pour l'esprit, une eau de vie prise en excès; comme un peuple aveugle tombe plus vite 
qu'un oiseau aveugle, et qu'un seul mensonge suffit à convaincre plus que plusieurs mensonges.

Si tu considères comment ont disparu &lt;B&gt;Sodome et Gomorrhe&lt;/B&gt;, et comment s'en furent, 
après elles, &lt;B&gt;Troie, Carthage et Baghdad&lt;/B&gt;, il ne te paraîtra ni étrange ni difficile d'entendre 
comment ma ville s'éteint, autant que les peuples perdent leur âme.

Toutes les choses terrestres ont une fin; mais cela n'est guère connu par l'homme 
qui a une vie si courte, autant que celui qui le remplace, a une trop courte vue.

Et ainsi que le ciel de la Lune couvre et découvre sans cesse les rivages, ainsi la &lt;B&gt;Fortune&lt;/B&gt; 
se joue de &lt;B&gt;Ville-Marie&lt;/B&gt;; aussi ce ne doit point paraître étonnant, ce que je dirai des grands
&lt;B&gt;Héros&lt;/B&gt;, dont la gloire est aujourd'hui effacée par celle des nouveaux &lt;B&gt;hérauts&lt;/B&gt; bavards et lâches, 
qui tissent lentement la toile de leur gloire vénale sur les banquettes de l'&lt;B&gt;Assemblée Nationale&lt;/B&gt;.

Je les revois encore inventant le &quot;&lt;B&gt;rêve canadien&lt;/B&gt;&quot;, je les ai vus partager le mirage 
du &quot;&lt;B&gt;passage par le nord-ouest vers Cathay et les Indes Orientales&lt;/B&gt;&quot;
mais, je les revois qui oublient leur rêves, car à présent, le temps leur manque pour rêver;
j'ai vu &lt;B&gt; Richelieu&lt;/B&gt;, diriger le vaste pays de &lt;B&gt;Nouvelle-France&lt;/B&gt; 
de &quot;&lt;B&gt;la Floride jusqu'au Cercle Artique&lt;/B&gt;&quot;; je cherche en vain chez ses fils, 
l'esprit du fondateur de la &lt;B&gt;compagnie des Cent Associés&lt;/B&gt;, car ils sont figés 
dans les glaces du grand nord ou enfouis dans les sables des plages de Floride;
j'ai vu les &lt;B&gt;croisés de Montréal&lt;/B&gt; lutter contre l'hiver, contre les anglais, 
contre les iroquois armés par les &lt;B&gt;Hollandais&lt;/B&gt; de la &lt;B&gt;Nouvelle-Amsterdam&lt;/B&gt;;
j'ai vu &lt;B&gt;Montmagny&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;chevalier de Malte&lt;/B&gt;, se réappropirer le commerce des fourrures, 
en  s'alliant à l'&lt;B&gt;Huron&lt;/B&gt; pour chasser les canoës iroquois des eaux du long &lt;B&gt;Richelieu&lt;/B&gt;;
j'ai vu &lt;B&gt;Pierre Boucher&lt;/B&gt; et ses canadiens obtenir l'appui du grand roi&lt;B&gt; Louis XIV&lt;/B&gt;,
à faire de ce pays &quot;&lt;B&gt;un royaume plus grand et plus beau que celui de France&lt;/B&gt;&quot;, 
puisqu'en ces temps, &quot;&lt;B&gt;les maisons canadiennes étaient pleines de marmots&lt;/B&gt;&quot;.

Je les ai vues, toutes aussi vertueuses qu'amoureuses, les &quot;&lt;B&gt;filles du Roi&lt;/B&gt;&quot;, 
pupilles du &lt;B&gt;grand Colbert&lt;/B&gt;, débarquer des escadres 
de la &lt;B&gt;compagnie des Indes Occidentales&lt;/B&gt;, venir épouser, sans y perdre leur liberté, 
la cause du découvreur et du défricheur; mais que sont devenus leurs rejetons, 
moi qui les cherche en vain parmi les survivants?
 
J'ai vu &lt;B&gt;Dollard des Ormeaux&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Long Sault&lt;/B&gt;, torturé pour préserver ma ville 
de la torture; j'ai vu &lt;B&gt;Jolliet&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Marquette&lt;/B&gt; traverser le &lt;B&gt;Michigan&lt;/B&gt;,
explorer la région de &lt;B&gt;Chicago&lt;/B&gt; et braver les &lt;B&gt;Illinois&lt;/B&gt;
puis pousser jusqu'à l'embouchure du grand &lt;B&gt;Mississippi&lt;/B&gt;;
j'ai vu &lt;B&gt;sieur Cavalier de LaSalle&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Cataracoui&lt;/B&gt;, offrir la paix du grand &lt;B&gt;Ononthio&lt;/B&gt; 
aux iroquois; j'ai vu &lt;B&gt;Louis Hébert&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Lauzon&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Tracy&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Talon&lt;/B&gt;,&lt;B&gt; Lévis&lt;/B&gt; et combien d'autres 
dont tant d'&lt;B&gt;Acadiens&lt;/B&gt; qui savaient vaincre l'espace, le temps et la déportation.

J'ai vu &lt;B&gt;Radisson&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Des Groseillers&lt;/B&gt; offrir au Roi qui les refusa,
les espaces vierges allant du &lt;B&gt;Mississipi&lt;/B&gt; jusqu'à la &lt;B&gt;baie d'Hudson&lt;/B&gt;;
je les ai vu y fonder des postes de traites au profit du &lt;B&gt;roi d'Angleterre&lt;/B&gt;.

J'ai vu, parti de &lt;B&gt;Montréal&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;chevalier Pierre de Troyes&lt;/B&gt;, accompagné de 
&lt;B&gt;Pierre Le Moyne d'Iberville&lt;/B&gt; et de cent braves, remonter le &lt;B&gt;Saint-Laurent&lt;/B&gt;, 
la rivière &lt;B&gt;Ottawa&lt;/B&gt;, gagner la &lt;B&gt;baie d'Hudson&lt;/B&gt;, prendre d'assaut 
les forts &lt;B&gt;Monsipi&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Rupert&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Albany&lt;/B&gt;, ne laisser aux &lt;B&gt;Anglais&lt;/B&gt; 
que le fort &lt;B&gt;Bourbon&lt;/B&gt;, et ramener le &lt;B&gt;drapeau Anglais&lt;/B&gt; pour l'offrir en ex-voto 
au sanctuaire de &lt;B&gt;Sainte-Anne-de-Beaupré&lt;/B&gt;.

J'ai vu &lt;B&gt;Pierre Gaultier de Varennes sieur de La Vérendry&lt;/B&gt;, commandant des postes 
du&lt;B&gt; lac Nipigon&lt;/B&gt; &lt;B&gt;&lt;/B&gt;, à la tête de la &lt;B&gt;Compagnie des Sioux&lt;/B&gt;, 
 pousser vers l'ouest et le Pacifique,  les rêves du &lt;B&gt;gouverneur Beauharnois&lt;/B&gt;
jusqu'au-delà des mers intérieures, pour y découvrir le chemin qui mène à la Chine.

J'ai vu les &lt;B&gt;Champlain&lt;/B&gt;, les d'&lt;B&gt;Argenson&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Montmagny&lt;/B&gt;; 
j'ai vu les &lt;B&gt;Roberval&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Nicolet&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Brulé&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Hertel&lt;/B&gt;, 
les &lt;B&gt;LaViolette,&lt;/B&gt; et, j'ai vu &lt;B&gt;Jeanne Mance&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Marguerite Bourgeois&lt;/B&gt; 
et &lt;B&gt;Marie de l'Incarnation&lt;/B&gt;, je les ai vus aussi oubliés qu'ils étaient héros illustres.

J'ai vu disparaître dans l'oubli, tous ces &lt;B&gt;coureurs des bois&lt;/B&gt;, tous ces aventuriers 
qui ont tracé les frontières d'un empire, en défiant le pouvoir clérical,
se transformer, dans le temps, en &quot;&lt;B&gt;feluettes&lt;/B&gt;&quot;, disciples des nouveaux clercs
à qui l'on doit le &quot;&lt;B&gt;ratatinage&lt;/B&gt;&quot; d'un peuple qui fut, en son temps, rude mais fier.

J'ai vu &lt;B&gt;Paul Chomedey de Maisonneuve&lt;/B&gt;, aussi brave que pieux, jetter les bases 
de ma ville, et qui, pour seule récompense pour cette &quot;&lt;B&gt;folle entreprise&lt;/B&gt;&quot;,
 se contenta de &quot;&lt;B&gt;l'honneur de servir Dieu et le roi&lt;/B&gt;&quot;; 
à ceux, comme ceux d'aujourd'hui qui tergiversent et se terrent  et l'en dissuadent, 
il aurait répondu ainsi:
&quot;&lt;B&gt;Je suis venu pour exécuter, non pour délibérer.
La Compagnie qui m'envoie ayant déterminé que j'irai à Hochelaga pour établir 
une colonie, il est de mon devoir d'y aller, et vous trouverez bon que j'y aille, 
quand tous les arbres de cette île devraient se changer en autant d'Iroquois.&lt;/B&gt;&quot;

J'ai vu &lt;B&gt;Madeleine&lt;/B&gt;, la &lt;B&gt;Pucelle&lt;/B&gt; à &lt;B&gt;Verchères&lt;/B&gt;, aidée de deux soldats 
et de domestiques faiblards, tenir tête à l'Indien et préserver du viol, et ma ville 
et sa virginité; et j'ai vu, aussi grands qu'ils étaient anciens, ceux de &lt;B&gt;Carillon&lt;/B&gt;,
 ceux de l'&lt;B&gt;Acadie&lt;/B&gt;, aussi bien ceux de &lt;B&gt;Louisbourg&lt;/B&gt; que ceux de &lt;B&gt;Port-Royal&lt;/B&gt;.

Près des ramparts de ma ville, chargée désormais d'une nouvelle félonie si lourde 
qu'elle fera bientôt couler sa barque et son Prince, étaient les ministères 
et leurs planificateurs, et tous ceux qui ont repris, plus tard, le nom de
&lt;B&gt;hauts fonctionnaires de l'État&lt;/B&gt;.

Ceux de &lt;B&gt;Québec&lt;/B&gt; croyaient déja savoir comment l'on gouverne;
comme &lt;B&gt;Champlain&lt;/B&gt; pouvait, de sa maison, manier aussi bien la tiare que l'épée.

Mais ceux de &lt;B&gt;Paris&lt;/B&gt;, qui croyaient savoir gouverner, oubliaient de sauver les écuries
croyant ainsi préserver du feu, le château. Mais qui alors a eu droit à la canne 
au pommeau d'or sinon &lt;B&gt;Phipps&lt;/B&gt;, l'amiral de la plus opportuniste des escadres.

La &lt;B&gt;colonne Nelson&lt;/B&gt; était déjà bien haute, ainsi que les épitaphes de &lt;B&gt;Wolfe&lt;/B&gt;, 
de &lt;B&gt;Murray&lt;/B&gt;, de &lt;B&gt;Carleton&lt;/B&gt;, de &lt;B&gt;Lawrence&lt;/B&gt;, de &lt;B&gt;Galli&lt;/B&gt;, 
et tous ceux-là qui firent fructifier la colonie. 
La souche d'où sont nés les vainqueurs était déjà grande, 
que déjà les &lt;B&gt;Loyalistes&lt;/B&gt; avaient droit aux sièges de la curie.

Oh! combien grands j'ai vus ceux qui, étaient dans leurs hauts faits,
la &lt;B&gt;fleur de Ville-Marie&lt;/B&gt; et qui aujourd'hui, se terrent dans leur servitude.

Ainsi agissaient les fils de ceux qui, toutes les fois 
que votre parlement déblatère, s'empêtrent et se rapetissent en tenant référendum.

Triomphait ainsi, la race insolente, qui se venge et persécute ceux qui ne veulent pas croire,
et s'adoucit comme un agneau envers ceux qui les courtisent et les baisent, 
de sorte que la conquête se transformait en bienfait providentiel si bien que,
il ne déplut point au &lt;B&gt;Chanoine&lt;/B&gt; de composer ces litanies à la gloire de la nation conquérante:
&lt;B&gt;&quot;Je te salue, Nation généreuse...
je te salue, nation industrieuse...
je te salue, nation exemplaire...
je te salue, nation compatissante...
Pardonnez ces premières défaillances d'un peuple
qui n'avait pas encore le bonheur de vous connaître...
Et si après le bouleversement de l'État, et la destruction du véritable culte en France,
il se trame encore parmi nous quelque esprits assez aveugles ou assez 
mal intentionés, pour entretenir les mêmes ombrages, et inspirer au peuple
le désir criminel de retourner à ses anciens maîtres,
n'imputez pas à la totalité, ce qui n'est que le vice d'un petit nombre...&quot;&lt;/B&gt;

Tous ceux qui portent les étendards du grand conquérant dont le nom et la gloire 
sont célébrés à la &lt;B&gt;Saint Patrick&lt;/B&gt;, reçurent de lui ministères et privilèges,
bien qu'aujour'hui s'unit au parti du plus fort, le plus petit d'entre les petits gars 
de &lt;B&gt;Shawinigan&lt;/B&gt;, et qu'il essaie, sans savoir se faire comprendre, 
de parler pour eux, à leur place et plus fort qu'eux.

Les &lt;B&gt;Loyalistes&lt;/B&gt; et les &lt;B&gt;Ontariens&lt;/B&gt; complotaient déjà avec les &lt;B&gt;Mohawks&lt;/B&gt; 
qui eussent été plus paisibles, s'ils n'avaient pas été supportés par ces nouveaux alliés.
Le parti dont est sorti votre malheur, après le juste rapatriement,
qui vous a conduits à la discorde et qui a mis fin à votre vie harmonieuse,
était tant honoré, que tu as été coupable de fuir son alliance sur les conseils d'une autre!

Beaucoup seraient joyeux qui sont dans le deuil, si &lt;B&gt;le Roi &lt;/B&gt;
t'avait livré aux eaux du grand fleuve, la première fois que tu vins à ma ville.
Mais il fallut que, dans ses derniers jours de paix, &lt;B&gt;Ville Marie&lt;/B&gt; livrât 
ses &lt;B&gt;Drapeaux&lt;/B&gt; mutilés, à ces iles qu'on appelait alors &lt;B&gt;Sainte-Hélène&lt;/B&gt;, 
avant qu'on arbore au-dessus du parc des Iles, le &lt;B&gt;Drapeau&lt;/B&gt; du &lt;B&gt;culte des Grands hommes&lt;/B&gt;.

Avec ses citoyens et d'autres venus d'ailleurs, j'ai vu ma &lt;B&gt;Cité de Marie&lt;/B&gt; 
dans une telle paix, qu'elle n'avait plus aucune raison de se lamenter; 
avec ceux qui la gouvernaient, j'ai vu son peuple si glorieux et si juste, 
que jamais la &lt;B&gt;fleur de lis&lt;/B&gt; ne pouvait, par la discorde, devenir l'&lt;B&gt;Unifolié&lt;/B&gt;,
ni ne puisse être humilié par des conspirateurs vainqueurs.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;Textes inspirés de l'Histoire du Canada de Robert Rumilly de l'Académie canadienne-française.&lt;BR&gt;Theme musical: Atalanta fugues (fugiens1), emprunté aux Archives du Alchemical Music.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c17.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/30#156526</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=442 alt=&quot;image Ingres&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com15-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Robin des Bois, au secours!&lt;BR&gt;O sanguis Meus!&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Benigna volontade in che si liqua
sempre l'amor che drittamente spira,
come cupidità fa ne la iniqua,

  silenzio puose a quella dolce lira,
e fece quietar le sante corde
che la destra del cielo allenta e tira.

  Come saranno a' giusti preghi sorde
quelle sustanze che, per darmi voglia
ch'io le pregassi, a tacer fur concorde?

  Bene è che sanza termine si doglia
chi, per amor di cosa che non duri,
etternalmente quello amor si spoglia.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Mon désir d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; m'attirait vers le bien, autant que la cupidité l'en éloigne,
il imposa le silence aux douces harmonies que le chef d'orchestre du ciel anime et fait taire.

Comment seraient-elles sourdes à mes prières sincères, ces âmes bienheureuses 
qui se turent de concert, pour m'insuffler le désir de les interroger?
Il est juste que celui qui, par amour des choses temporelles qui durent peu de temps, 
subisse un châtiment sans fin, et se dépouille éternellement de cet amour.

Comme quelquefois passe une étoile filante dans le ciel tranquille, une étoile qui se déplace 
et qui ne dérive qu'un court instant, et qui fait cligner des yeux quiconque regarde, immobile; 
ainsi, un astre resplendissant de cette constellation filait à angle droit, comme une lumière 
qui traverse et brille, aussi translucide que l'albâtre. 
 
C'est ainsi que m'apparut ce &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt;, le poète, lorsqu'il me reconnut tout en haut 
des &lt;B&gt;Champs-Élysées&lt;/B&gt; et qu'il me dit avec tendresse: 
&lt;I&gt;&quot;O sanguis meus, toi qui espères, en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
la béatitude éternelle, et à qui, comme à moi, s'ouvre toute grande, la &lt;B&gt;porte du Ciel&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi parla cette lumière; ce pourquoi je la fixai et que je tournai mes regards vers ma dame, 
et de part et d'autre, nous éprouvions une même surprise; en ses yeux, brûlait un tel sourire 
que mes yeux crurent toucher le comble de la grâce qui m'était accordée, et de mon paradis.  
Puis l'esprit, dont la présence me transportait de joie, ajouta en prologue, des choses 
si profondes que je ne les ai point comprises; et il se cacha à moi car sa pensée 
s'éleva au-dessus des perceptions humaines; et quand ses paroles d'affection descendirent 
à la portée de mon intelligence, la première chose que je compris fut:

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Béni sois-tu, Trine et Un, toi qui, envers ma race, t'es montré si sévère!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Il ajouta ensuite: 
&lt;I&gt;&quot;Ô mon fils, grâce à &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui t'a donné des ailes pour entreprendre 
ce vol céleste, de cette lumière d'où je te parle, un cher et trop long désir de te parler 
s'apaise enfin en moi. Tu crois peut-être, que ta pensée dérive jusqu'à moi qui est 
le premier d'une lignée; aussi ne me demandes-tu pas qui je suis et pourquoi je te parais 
plus joyeux que quiconque dans cette troupe pourtant si pleine d'allégresse? 
Mais, pour que l'amour sacré qui me confine éternellement à la contemplation, 
fasse qu'enfin s'apaise en moi, mon persistant désir, fait entendre le son de ta voix,
exprime ton désir avec toute l'ardeur, avec toute la volonté et la joie qu'il est nécessaire.&quot;&lt;/I&gt;

Je me tournai vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;: elle m'entendit avant que je ne parle, et en souriant 
elle me fit un signe qui accrut mon désir de m'exprimer.

Alors je commençai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Chez vous, les bienheureux, comme je saisis qu'il vous est facile sans qu'il soit 
nécessaire toujours de réinventer l'amour, alors que vous avez en vous 
l'&lt;B&gt;intelligence de l'amour&lt;/B&gt;; chez le mortel au contraire, combien difficile il est d'exprimer, 
si facilement, nos sentiments amoureux, sans avoir toujours l'impression de n'être point compris. 
Je ne puis donc vous remercier qu'avec le coeur de votre accueil paternel. Je vous en supplie,
ô vivante topaze, qui ornez ce précieux joyau, que vous me rassasiez en me disant votre nom.&quot;

&quot;Ô mon fils en qui, même en t'attendant, je me suis complu, je fus ton ancêtre.&lt;/I&gt;&quot;

Tel fut le commencement de sa réponse; puis il continua ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Celui dont ta famille a prit le nom, et qui, plus de quatre cent soixante-six années passées, 
a fait le tour du mont sur cette corniche, fut mon fils et ton bisaïeul; aussi faut-il 
que, par tes bonnes oeuvres, tu abrèges sa longue errance.

Ce peuple, dans son antique frontière d'où il n'entend plus, désormais, sonner les matines,
vivait dans la concorde, la pudeur et la sobriété. Il n'avait pas encore de couronnes
et de trônes, pas de femmes aigries par la vengeance, pas de travestis plus beaux à voir 
que la personne elle-même; pas de &lt;B&gt;pasteurs laïques&lt;/B&gt; ni d'inquisiteurs pour inventer 
de nouveaux dogmes; les mots et les discours voulaient dire ce qu'ils disaient, 
mais non pas le contraire de ce qu'ils voulaient dire. 
La femme et la fille n'effrayaient pas encore le père, car il pouvait encore 
être père jusqu'au mariage de sa fille; point de juges pour mettre en doute sa paternité, 
ni de bourreaux pour l'émasculer comme un vulgaire prédateur; on n'y voyait point 
de maisons vides d'enfants, et il n'était pas encore venu un &lt;B&gt;Morgentaler&lt;/B&gt; y montrer
ce à quoi peut bien servir une chambre à coucher.

&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; n'était pas encore devenue &lt;B&gt;Sodomme&lt;/B&gt; ni &lt;B&gt;Gomorre&lt;/B&gt;, ni surpassée 
par sa &lt;B&gt;Métropole Rivale&lt;/B&gt;, qui dans sa chute, fut insouciante, 
autant qu'elle le fut dans son ascension.

Heureux étaient-ils, chacun sachant où serait sa guérison ou son tombeau, et aucun 
ne voyait encore sa couche désertée par le médecin et l'infirmière au profit 
de l'hôpital du maléfique pays de &lt;B&gt;Gog&lt;/B&gt;. 

&lt;B&gt;Jeanne-Mance&lt;/B&gt; n'était pas en deuil de sa compassion, la ferveur bureaucratique 
n'avait point encore engendré la dictature sociale, 
l'un et l'autre pouvaient encore souffrir et mourir tout en restant digne.

Elle et lui veillaient aux soins du berceau et, pour consoler l'enfant, usait du langage 
qui comble de joie les pères et les mères, non plus seulement celui 
de la &lt;B&gt;Gardienne d'enfants&lt;/B&gt;. Les uns et les autres, savaient raconter, parmi les siens, 
les vieilles traditions du &lt;B&gt;Passé&lt;/B&gt;, de l'&lt;B&gt;Indien&lt;/B&gt; et du &lt;B&gt;Futur&lt;/B&gt;. 
Un &lt;B&gt;Citoyen&lt;/B&gt; était alors plus qu'un &lt;B&gt;Numéro&lt;/B&gt; de dépendance sociale,
un &lt;B&gt;Ancêtre&lt;/B&gt; était autre chose qu'un anonyme &lt;B&gt;Bénéficiaire&lt;/B&gt;, un &lt;B&gt;Gourou&lt;/B&gt; 
et ses &lt;B&gt;Disciples&lt;/B&gt; eussent alors été un sujet d'étonnement, 
comme il l'est aujourd'hui d'un &lt;B&gt;Libertaire&lt;/B&gt; ou d'une &lt;B&gt;Amoureuse&lt;/B&gt;.

C'est à cette tranquille et belle vie de citoyens, à cette communauté où régnait 
la confiance, à ce séjour si doux, que &lt;!-- Jos Montferrant --&gt; &lt;B&gt;Robin des Bois&lt;/B&gt;, invoqué à grands cris,
 me donna accès, et dans votre antique &lt;B&gt;Assemblée Nationale&lt;/B&gt;, je devins en même temps 
et pour les remplacer à jamais, votre &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt;, votre &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt; et votre &lt;B&gt;Sauveur&lt;/B&gt;.

Puis je suivis le premier ministre de &lt;B&gt;Méphistos&lt;/B&gt;, il me ceignit de l'épée 
de sa confrérie, et me promut au rang de &lt;B&gt;dictateur du bien&lt;/B&gt;, tant 
je lui plus par mes sermons, par mes dogmes, par mes principes, par mes sournoises 
tactiques de taxation et par mes projets de lois doctrinaires.

À sa suite, je m'appliquai à pervertir les lois, dont la collectivité abuse de bon droit,
par la faute de vos gouvernants, ce qui n'appartient de droit qu'à l'individu.

Là, je fus, par cette race infâme, délivré du monde trompeur, dont l'amour 
rend ignobles tant d'âmes, et de l'exil volontaire, je vins à cette paix.&quot;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Motivic de Chip Gue, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos, fragments of photos or midi files subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c16.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/30#156525</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=469 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com14-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Jeanne étendue nue et gémissante sur sa croix&lt;BR&gt;Ô Hélios, Toi qui les rends si belles et si désirables!&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Dal centro al cerchio,e sì dal cerchio al centro
movesi l'acqua in un ritondo vaso,
secondo ch'è percosso fuori o dentro:

  ne la mia mente fé sùbito caso
questo ch'io dico, sì come si tacque
la gloriosa vita di Tommaso,

  per la similitudine che nacque
del suo parlare e di quel di Beatrice,
a cui sì cominciar, dopo lui, piacque:

  «A costui fa mestieri, e nol vi dice
né con la voce né pensando ancora,
d'un altro vero andare a la radice.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ce que j'écris là, me vint soudain à l'esprit, aussitôt que se fut tue l'âme glorieuse 
de la &lt;B&gt;Bienheureuse Lumière&lt;/B&gt;, par la ressemblance qui m'apparut avec ses paroles 
et celles de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, à qui il plut de commencer ainsi après elle:
&lt;I&gt;&quot;Celui-ci a besoin, bien qu'il ne vous le dise pas, ni de sa voix, 
ni même en le pensant encore, d'aller jusqu'au fond d'une autre vérité. 
Dites-lui si la lumière, dont s'orne, comme de fleurs, votre substance, 
demeurera éternellement en vous comme elle est aujourd'hui; et si elle demeure, 
dites-lui comment, après que vous serez redevenus visibles, 
il pourra se faire qu'elle ne vous empêche pas de voir.&quot;&lt;/I&gt;

De même qu'une foule en liesse, qui danse une ronde et est entraînée par une plus grande 
liesse, ainsi, les cercles sacrés augmentèrent leur allégresse par cette prière 
prompte et pieuse. Qui se plaint de mourir ici-bas pour revivre là-haut, 
n'y a point vu la douceur, que procure la joie éternelle.

Et j'entendis, dans la lumière la plus divine du petit cercle, une voix aussi suave peut-être, 
que fut celle de l'ange parlant à &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, répondre:
&lt;I&gt;&quot;Aussi longtemps que durera la fête du paradis,
autant notre amour fera rayonner, autour de nous, un tel vêtement.

Quand nous aurons revêtu notre chair glorieuse et sainte, notre personne sera 
plus parfaite pour être tout entière; c'est pourquoi, ce que le bien suprême nous donne
de lumière pour le voir, grandira, il faudra par suite que croisse notre vision, 
et l'ardeur qu'elle enflamme et la splendeur qui en découle. Cette splendeur, qui déjà 
nous entoure, sera surpassée en éclat par la chair que la terre maintenant recouvre. 
Et cependant, si grande que soit cette lumière, elle ne pourra nous éblouir, car 
les organes du corps auront assez de force pour soutenir ce qui pourra nous délecter.&quot;&lt;/I&gt;

Les deux choeurs me parurent si prompts et si attentifs à dire:
&lt;I&gt;&lt;B&gt; &quot;Amen!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
Qu'ils témoignèrent bien du désir de leurs corps, non pour eux-mêmes, 
mais pour les êtres chers, avant qu'ils ne devinssent des flammes éternelles.

Et voici que naissait une autre lumière, au-delà ce celle qui existait déjà, et qui brillait 
d'un éclat pareil, semblable à l'horizon qui s'éclaire; et de même qu'au crépuscule naissant, 
commencent à se montrer dans le ciel des apparitions nouvelles, dont on ne sait si elles sont 
réelles ou irréelles, il me parut commencer à voir là, des substances nouvelles, 
et qu'elles faisaient un cercle au-delà des deux autres.

Ô véritable rayonnement de l'&lt;B&gt;Esprit Saint&lt;/B&gt;! 
Comme il se fit soudain éblouissant, à mes yeux, qui, vaincus, ne purent le supporter!

Mais &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; se montra à moi, si belle et si souriante, que sa vision est parmi celles 
que la mémoire ne peut garder. Mes yeux reprirent en elle la force de se lever; 
et je me vis transporté, seul avec ma dame, à une plus haute béatitude.

Je m'aperçus bien que je m'étais élevé, au sourire ardent de l'étoile, qui me semblait plus rouge 
que d'habitude. De tout mon coeur, et dans ce langage qui est le même chez tous les hommes, 
je fis à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; l'holocauste que méritait la grâce nouvelle; et l'ardeur du sacrifice ne s'était pas 
encore éteinte dans mon coeur, que déjà je compris qu'il était favorablement accepté; 
car des splendeurs m'apparurent sur deux bandes, avec un tel éclat 
et d'un rouge si incandescent, que je m'écriai:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ô Hélios, Toi qui les rends si belles et si désirables!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ici, ma mémoire l'emporte sur mon esprit, car sur cette croix, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; resplendissait tant que
je ne sais trouver d'image pour la représenter; mais qui prend sa croix pour suivre le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt;,
m'excusera encore de ma défaillance, en voyant, dans cet éblouissement, le corps de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; 
briller comme l'éclair. D'un bras à l'autre et du sommet au pied, couraient des lumières 
qui scintillaient plus fort en se rejoignant et en se croisant. Des lumières qui m'apparuent là, 
se répandait sur sa croix une mélodie qui me ravissait, sans que j'en comprenne toutes les paroles. 

Je m'aperçus, cependant, qu'elles étaient un chant de hautes louanges, 
car il venait à moi comme à qui écoute sans bien entendre:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Tu ressuscites, tu triomphes enfin!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

J'en étais tellement transporté d'amour que, jusque-là, il n'y eut rien qui me liât de liens
 aussi réels avec &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, étendu nue et le corps ensanglanté, 
 et gémissante de douleur sur sa &lt;B&gt;Croix&lt;/B&gt;.

Mes paroles paraîtront peut-être hardies, car elles dénaturent la jouissance de ma chair
au contact de sa chair meurtrie par mes plaisirs charnels, et les souffrances de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; 
à combler tous mes désirs.

Mais qui se rend compte que les beaux yeux de&lt;B&gt; Jeanne&lt;/B&gt; deviennent encore plus beaux 
à mesure que l'on monte, peut m'excuser de ce dont je m'accuse, et voir 
que le saint plaisir charnel, puisse ainsi devenir une prière encore plus vive en moi.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Sancta muliere de Brian Michael Ames, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos, fragments of photos or midi files subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c15.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/22#156006</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=416 alt=&quot;image Aspiri&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com13-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Comment crois-tu que la vierge devint enceinte? &lt;BR&gt;Ils seront tels au Jugement Dernier.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Imagini, chi bene intender cupe
quel ch'i' or vidi - e ritegna l'image,
mentre ch'io dico, come ferma rupe -,

  quindici stelle che 'n diverse plage
lo ciel avvivan di tanto sereno
che soperchia de l'aere ogne compage;

  imagini quel carro a cu' il seno
basta del nostro cielo e notte e giorno,
sì ch'al volger del temo non vien meno;

  imagini la bocca di quel corno
che si comincia in punta de lo stelo
a cui la prima rota va dintorno,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Imagine lecteur, si tu veux bien comprendre ce qu'alors je vis, et, pendant que je parle, 
retiens cette image comme une évidence. Quinze étoiles resplendissaient, 
en diverses régions du ciel, en une clarté telle qu'elles éclipsaient la densité de l'air; 
imagine un Chariot qui s'anime jour et nuit dans le champ du ciel,  de sorte 
qu'il ne disparaît même quand il est au repos; imagine aussi, la beauté de ces corps 
qui naissent à la pointe d'un axe, autour duquel tourne la première étoile, et que 
toutes ces étoiles aient libéré des fils dans le ciel, tels que fit la fille de &lt;B&gt;Minos&lt;/B&gt;,
lorsqu'elle sentit la mort venir, et que les rayons de l'un se plaçant sur ceux de l'autre, 
ils tournent ensemble mais en sens contraire, et tu verras tout au plus un soupçon 
de la véritable constellation, et de la double danse qui tournait autour du point où j'étais;
elle dépassait autant ce que nous voyons ordinairement, que l'escapade de ton imagination 
est dépassée par le mouvement du ciel le plus rapide.

Là, on ne priait pas &lt;B&gt;Bacchus&lt;/B&gt;, mais trois &lt;B&gt;Divinités féminines&lt;/B&gt;, 
dont la danse et le chant étaient gracieux, 
et ces saintes lumières se tournèrent vers nous, se réjouissant déjà de nous parler.

Puis, le silence de ces déesses fut rompu par la lumière, qui m'avait raconté la vie admirable 
du saint petit &lt;B&gt;frère André&lt;/B&gt;, le petit &lt;B&gt;pauvre de Dieu&lt;/B&gt;; elle me dit:
&lt;I&gt;&quot;Quand j'eus terminé mes travaux célestes, un doux Amour m'invita à en accomplir un autre.
Tu crois qu'en la poitrine de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt;, d'où fut tirée la côte d'&lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt;, et qui forma 
le beau visage d'&lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, dont la curiosité te coûte aujourd'hui si cher; 
et cette Autre poitrine qui fut percée de la lance, et qui accomplit ainsi 
la rédemption des péchés des hommes; toute la lumière contenue dans la nature humaine 
fut infusée par cette &lt;B&gt;Puissance&lt;/B&gt;, qui fit l'une et l'autre, et par suite tu t'étonnes 
de ce que j'ai dit précédemment, quand je déclarai que la &lt;B&gt;Lumière Bienheureuse&lt;/B&gt;,
qui brille dans la cinquième lumière, ne fut égalée par aucune autre vierge. 

Écoute bien mon propos et tu verras ce que tu crois et ce que je dis
s'accorder dans la vérité, comme deux et deux font quatre.

Tous les êtres créés sont la splendeur du &lt;B&gt;Verbe&lt;/B&gt; qu'engendra la &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt;, par la semence 
de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui forma entre eux la &lt;B&gt;Trinité&lt;/B&gt;. La perfection de cette &lt;B&gt;Trinité&lt;/B&gt;
se reflète comme un miroir, dans les neuf choeurs des anges, puis elle descend de là 
en s'affaiblissant jusqu'à ne plus créer que des substances inférieures et corruptibles. 
La matière qui compose les substances et leur forme, ne sont pas toujours identiques: 
c'est pourquoi la matière brille plus ou moins selon la perfection des formes qu'elle reçoit.
C'est  ainsi que deux arbres de mêmes espèces produiront des fruits plus ou moins bons. 
Il en est aussi ainsi des hommes et de leur intelligence, qui naissent avec des génies différents. 
La nature n'est jamais parfaite, elle agit selon que l'artiste, en possession 
de son art, a la main sure ou qu'elle tremble devant la beauté du modèle.

Pourtant il arrive, quelque fois, que l'&lt;B&gt;Esprit-Saint&lt;/B&gt;, par l'&lt;B&gt;Amour du Verbe&lt;/B&gt; et de la &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt;, 
imprime dans la créature l'Idée de la pureté, de la &lt;B&gt;Vertu première&lt;/B&gt;; 
l'être ainsi créé atteint toute sa perfection. C'est ainsi que fut jadis créée la terre, 
digne de toute la perfection en la chair d'&lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt;, et c'est d'&lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt; 
que fut créée toute la beauté cruelle d'&lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, qui fit trembler ton membre.

&lt;B&gt;Comment crois-tu que la Vierge devint enceinte?&lt;/B&gt;

C'est aussi cela qui fit que la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt; enfenta &lt;B&gt;Jésus-Christ&lt;/B&gt;; en sorte que j'approuve 
ton opinion, que jamais la nature ne fut ni ne sera ce qu'elle a été, en ces deux personnes.

Or, si je m'arrêtais ici, tu pourrais me dire:
&lt;B&gt;&quot;Comment donc cette bienheureuse n'a-t-elle pas eu d'égale?&quot;&lt;/B&gt;

Mais pour qu'apparaisse bien ce qui n'apparaît pas, considère ce qu'elle était 
et la cause qui la porta à demander, losqu'il lui a été dit: 
&lt;B&gt;&quot;Demande-le-moi et je serai à toi!&quot;&lt;/B&gt;

Je n'ai rien dit qui puisse t'empêcher de bien me comprendre, que celui-ci était 
un homme libre, et qu'il développa sa raison pour être à la hauteur de sa liberté, 
et non pas pour connaître la géographie du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, ou pour savoir si, 
de ce qui lui est nécessaire et contingent, il puisse jamais déduire que le nécessaire, 
ou s'il convient d'admettre qu'il existe un &lt;B&gt;Moteur Premier&lt;/B&gt; qui le dirige, 
ou si l'on peut dire qu'il sache de lui-même que deux et deux font quatre.

Donc, si tu réunis ce que j'ai dit et ce que j'ajoute, la raison est la science inégalable, 
dans l'homme libre, où va frapper le trait de mon intention; et si tu regardes 
avec clairvoyance le propos &lt;B&gt;&quot;il est au-dessus des hommes&quot;&lt;/B&gt;, tu verras 
qu'ils se rapportaient seulement aux humains, qui sont nombreux, 
alors que les hommes libres sont rares.

Prends donc mes paroles avec cette distinction, et ainsi elles peuvent être 
d'accord avec ce que tu crois du&lt;B&gt; Créateur&lt;/B&gt;, et de notre &lt;B&gt;Vierge Bien-aimée&lt;/B&gt;.

Et que cela soit pour toi, un fardeau lourd à porter, afin de marcher lentement, 
comme un homme fatigué, vers le oui et le non que tu ne vois pas; car celui-là est 
le plus sot parmi les sots, qui affirme ou nie sans faire de distinction, dans l'un 
tout autant que dans l'autre cas, ce pourquoi il advient que l'opinion hâtive 
fait souvent fausse route, et que la passion arrête ensuite l'entendement.

C'est bien inutilement que de quitter le rivage pour inventer la vérité, si tu ne connais point 
l'art de la nage, car on ne revient point d'un tel périple tel qu'on a quitté, et j'ai des preuves
bien claires de ce que je dis, car tant de philosophes et combien d'autres, qui allaient ainsi 
sans savoir où, ainsi que théologiens, prédicateurs et missionnaires et ces sots 
qui furent à la &lt;B&gt;Liberté&lt;/B&gt; comme des épées qui déformèrent la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;.

Il ne faut montrer aucune assurance lorsque l'on juge des choses, comme celui 
qui estime sa fortune avant qu'elle ne soit; car j'ai bien vu 
au bout des déserts sans limites, des oasis dispenser l'eau, la fraîcheur et l'amour; 
et j'ai vu le mâle fier et beau au début, dépuceler les vierges par tout chemin, 
et vieillir seul sans avoir jamais trouvé la femme au bout du chemin.

Que devins, devineresses, vedettes et beaux parleurs ne croient point, 
pour avoir vu l'un compatissant et l'autre indifférent, les voir, ainsi, 
tels qu'ils seront au &lt;B&gt;Jugement Dernier&lt;/B&gt;; 
car celui-là peut être vrai et l'autre factice, l'un pécher et l'autre point.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique New Age (Muaj9c0f), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c14.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/22#156004</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=338 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com12-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Roméo et Juliette.&lt;BR&gt;Mon amour est aussi profond que les abysses de la mer.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Sì tosto come l'ultima parola
la benedetta fiamma per dir tolse,
a rotar cominciò la santa mola;

  e nel suo giro tutta non si volse
prima ch'un'altra di cerchio la chiuse,
e moto a moto e canto a canto colse;

  canto che tanto vince nostre muse,
nostre serene in quelle dolci tube,
quanto primo splendor quel ch'e' refuse.

  Come si volgon per tenera nube
due archi paralelli e concolori,
quando Iunone a sua ancella iube,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Aussitôt que la sainte flamme eut prononcé ses dernières paroles, la ronde sainte 
tourna à nouveau sur elle-même, puis une autre la rejoignit dans la ronde; mais 
elle n'avait pas encore terminé un tour, qu'une autre flamme l'enferma dans son cercle de feu,
et mit à l'unisson son chant et son mouvement, un chant accompagné de suaves trompettes, 
plus beau que le chant des &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt; et des &lt;B&gt;Sirènes&lt;/B&gt;.

Ces roses éternelles tournaient autour de nous comme deux guirlandes, 
celles du dehors répondant à celles du dedans. 
De l'arc intérieur naissait celui du dehors, tel le consentement de l'amante 
que l'amour consume. Lorsque la danse et la grande joie du chant et du flamboiement 
que se renvoyaient ces lumières joyeuses et amantes, en même temps et d'un même coeur,
se furent arrêtées, comme les coeurs agités par l'orgasme doivent palpiter, et se détendre 
en même temps, du coeur de l'une des lumières nouvelles s'éleva une voix, qui me fit 
me tourner vers elle, comme l'aiguille de la boussole vers le nord magnétique; 
elle commença ainsi:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Oh! où est donc Roméo? l'avez-vous vu aujourd'hui?&quot;&lt;/B&gt; 

&quot;J'ai bien peur qu'il ait perdu sa route. Je l'ai vu, pourtant, qui marchait 
dans les bois de sycomores, et je me suis dirigé vers lui, mais à ma vue, il s'est dérobé 
dans les profondeurs du bois. Voilà bien des matins qu'on l'a vu arroser de ses larmes, 
la fraîche rosée du matin et, à force de soupirs, transformer les nuages 
en ombres inquiétantes. Mais, dès que le vivifiant soleil tire les rideaux d'&lt;B&gt;Aurore&lt;/B&gt;, 
il fuit aussitôt la lumière, il s'engouffre en son lit et il se fabrique des bonheurs artificiels. 
Ah! cette humeur sombre lui sera fatale, si par mes bons conseils il n'en dissipe point la cause. 
Mais, bien qu'ayant insisté auprès de ses amis, je n'ai pu en connaître la cause; 
hélas, il est le seul responsable de ses passions, il ne se confie qu'à ses rêves, 
il est secret, impénétrable, aussi fermé que les pétales d'une fleur qui n'épanouit 
ses beautés qu'au soleil. Si seulement nous pouvions savoir d'où lui viennent ses douleurs, 
nous serions aussi empressés pour les guérir que pour les reconnaître.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Si tu n'es pas &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt;, qui donc es-tu, toi qui transportes ainsi la tristesse de &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Sache que je ne suis pas ...&quot;&lt;/I&gt;

Et il continua ainsi sans me laisser la chance d'en dire plus:
&lt;I&gt;&quot;Oh! que tu sembles triste, et que les heures te semblent longues à attendre ainsi!
Hélas! faut-il que l'amour, si doux en apparence, te soit si tyrannique et si cruel à l'épreuve!
Ô tumultueux amour! ô amoureuse envie! ô tout, créé de rien! ô lourde légèreté, vanité sérieuse! 
Informe chaos de visions ravissantes! sommeil toujours éveillé qui n'est pas ce qu'il est! 
Voilà l'amour que je sens en toi et je n'y sens pas que l'amour.
L'amour n'est qu'une fumée de soupirs; c'est une flamme qui étincelle aux yeux des amants,
ou bien c'est une mer alimentée par leurs larmes. Qu'est-ce donc encore que l'amour?
C'est la folie la plus raisonnable, une suffocante amertume et une vivifiante douceur!&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Oh! toi qui parles ainsi, ce n'est pas &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt; que tu vois, il est ailleurs,
et s'il aime tant, sache que j'aime tout autant qu'il aime, et je le dis avec mes sanglots!
Les flèches de &lt;B&gt;Cupidon&lt;/B&gt; m'ont trop cruellement blessé pour que je puisse m'élancer 
sur ses ailes légères; enchaîné comme je le suis, je ne saurais m'élever 
au-dessus d'une immuable douleur, je succombe sous l'amour qui m'écrase. 
Adieu, tu ne saurais m'apprendre à oublier.&quot;&lt;/I&gt;

Alors, la voix d'un choeur de jeunes filles, venant de l'intérieur de la guirlande lumineuse,
se fit entendre, couvrant à peine les paroles du bel inconnu et les miennes:
&lt;I&gt;&quot;Si tu l'aimes ainsi, tes flèches, comme celles de &lt;B&gt;Cupidon&lt;/B&gt;, ratent leur cible 
car tu ne peux l'atteindre; elle est comme &lt;B&gt;Diane&lt;/B&gt;, et elle est armée 
d'une chasteté à toute épreuve, elle vit à l'abri des artifices enfantins de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, 
elle ne se laisse pas assiéger par des mots d'amour, elle se dérobe au choc des regards 
provocants, et elle ferme son giron au cierge allumé qui séduirait même une sainte.
Oh! elle est très riche en beauté, mais tous ces beaux trésors doivent mourir avec elle!
Elle a juré de vivre toujours chaste, et cette promesse t'en prive à jamais.
En affamant une telle beauté par ses rigueurs, elle en déshérite toute la postérité.
Elle est trop belle, trop sage, trop sagement belle, car elle mérite le ciel 
en faisant ton désespoir. Elle a juré de n'aimer jamais, et ce serment te tue 
en te laissant vivre, puisque c'est en vivant que tu nous entends.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;

Et la voix, qui s'accompagnait du chant des coeurs, continua ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Oh digne visiteur! je vois bien à ton air, que la reine &lt;B&gt;Mab&lt;/B&gt; 
t'as sans doute visité cette nuit. Si tu ne la connais point, c'est la fée accoucheuse; 
elle n'est pas plus grande qu'une alliance à l'index d'une puce.
C'est ainsi qu'elle galope toutes les nuits, dans les cerveaux des amants 
qui rêvent alors d'amour; sur les genoux des courtisans qui rêvent aussitôt 
de courtisanerie; sur les lèvres des dames qui rêvent ainsi d'être  bien baisées! 
&lt;B&gt;Mab&lt;/B&gt; laisse souvent, sur tes lèvres, des ampoules, irritée qu'elle est,
des baisers dispensés à ta belle. Tantot elle galope sur le nez d'une enjôleuse, 
et vite elle rêve qu'elle s'engouffre en son ventre; tantôt elle vient, 
de sa cochonne narine, chatouiller ta queue endormie; 
C'est cette même &lt;B&gt;Mab&lt;/B&gt; qui, la nuit, déchire dans la toison argentée de ta belle,
des hymens à brouiller, pour ton malheur, toutes les intrigues du mâle en chaleur.
Quand ta maîtresse est couchée sur le dos, c'est elle qui, comme une &lt;B&gt;stryge&lt;/B&gt;,
l'étreint, et l'habitue ainsi à supporter le poids de l'amant que tu es.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Paix, paix, mais de quoi parles-tu ainsi?&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
Lui répondis-je, d'une voix irritée.

&lt;I&gt;&quot;Je te parle de tes rêves, qui sont comme les rêves des enfants qui délirent, 
ils engendrent, en ton esprit, des hallucinations; ils sont aussi insubstantiels que l'air; 
ils sont plus variables que le vent qui balaie les plaines nordiques; 
ils s'échappent au midi comme des bouffées de colère, avec leur rosée chargée d'humidité!&quot;&lt;/I&gt;

J'interrompis ses paroles, ayant aperçu une ombre dans la nuit:
&lt;I&gt;&quot;Quelle est donc cette Dame, là-bas, que je vois, et qui baise la main de ce cavalier céleste?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Oh! cette belle Dame! elle enseigne aux étoiles à illuminer la nuit du mâle!
Sa beauté est suspendue à son lit, comme un riche joyau à l'oreille d'une &lt;B&gt;Abyssinienne&lt;/B&gt;!
Elle est une &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; trop précieuse pour être possédée, trop exquise 
pour être supportée par la terre! Elle apparaît au milieu de ses compagnes,
telle la colombe de neige dans une troupe de corneilles.&quot;

&quot;Mon coeur n'a-t-il jamais autant aimé avant ce moment-ci?
Car mes yeux n'ont jamais, jusqu'à ce soir, vu tant de beauté.
Je t'en conjure, par les yeux brillants de &lt;B&gt;Juliette&lt;/B&gt;, par son front élevé
et par sa lèvre écarlate, par son pied mignon, par sa jambe svelte, 
par sa cuisse frémissante, et par les domaines qui s'y enclavent, 
apparais-moi, &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt;, sous ta propre forme!

N'es-tu donc point, &lt;B&gt;Juliette&lt;/B&gt;? 

Quelle lumière jaillit de ce soleil? Mais la voilà, elle est comme le soleil de l'&lt;B&gt;Orient&lt;/B&gt;!
Lève-toi, belle aurore, tu es plus belle que la lune jalouse,
qui déjà se languit et pâlit de douleur, car tu n'es plus sa prêtresse. 
Voilà donc ma dame! Oh! voilà mon amoureuse! Mais que dit-elle?
Hélas rien, elle se tait; mais son regard brille comme si elle voulait me parler.
Mais ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse, car le cavalier céleste adjure ses yeux 
de vouloir bien resplendir en ses yeux, jusqu'à ce qu'elle se donne à lui. 

Ah! si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, 
le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme une torche au grand jour;
et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, 
que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'existe plus. 
Voyez comme elle appuie sa joue sur la main du cavalier céleste! 
Oh! que ne suis-je le gant de cette main, je toucherais ainsi la blancheur de sa joue!&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;L'amour qui me rend si belle me pousse à te parler telle une amante, à l'occasion 
de qui l'on parle si bien, ici, de mon réel amant. Il convient que, là où est l'un, 
l'autre aussi paraisse, en sorte que, comme ils m'aiment tout autant l'un que l'autre, 
leur bonheur de même ensemble resplendisse.&quot;&lt;/I&gt; 

C'est ainsi qu'elle s'adressa à moi, et elle dit encore: 
&lt;I&gt;&quot;Renonce à ton nom pour celui de&lt;B&gt; Roméo&lt;/B&gt;; 
et, à la place de ton nom, qui ne fait plus partie de toi, prends-moi toute entière.&quot;&lt;/I&gt;

Fou et délirant d'amour, je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je vous prends au mot!
Nommez-moi seulement &lt;B&gt;mon amour&lt;/B&gt;, et je rebaptiserai mon nom: 
désormais, je serai votre &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt;.

Puis elle ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Quel homme es-tu donc, toi qui, ainsi caché par la nuit,
viens de découvrir mon secret?&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je ne saurais vous dire quel est mon nom ni vous indiquer qui je suis.
Mon nom, très chère, m'est odieux à moi-même, puisqu'il est, pour vous, celui d'un autre:
si je l'avais prononcé ici, j'en confondrais jusqu'aux syllabes.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Dis-moi, comment es-tu venu ici, et dans quel but y est-tu?
Considère d'où tu viens et où tu vas: ce lieu sera ta mort
si l'ombre de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; me sait ici avec toi.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Je suis venu jusqu'ici sur les ailes légères de l'amour, et tout ce que l'amour peut faire,
il peut le tenter, de sorte que la mort n'est pas un obstacle pour moi. 
Il y a dans vos yeux, plus de périls que dans celui d'une épée, 
et je souffrirai toute inimitié que pour goûter à la douceur d'un seul de vos regards.&quot;&lt;/I&gt;

Elle s'approcha, de sorte que je pouvais presque la toucher et elle me dit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Mon amour est aussi profond que les abysses de la mer: 
plus je te donne de mon amour, plus il m'en reste, car mon amour est infini autant que la mer.
Cher amour, adieu, mon temps avec toi m'est compté!&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;O céleste, céleste nuit! J'ai peur, comme il fait nuit,
que tout ceci ne soit qu'un rêve, trop délicieusement enjôleur pour être réel.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;

Et, sur ces pensées, je la vis disparaître derrière les guirlandes célestes.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;Textes tirés de Roméo et Juliette de Shakespeare.&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (atalante18), empruntée aux Archives du Alchemical Music.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c13.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/22#156003</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=412 alt=&quot;image de Frazetta&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com11-c2.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le règne de la Force et du Pénis.&lt;BR&gt;Omnia vincit amor.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
O insensata cura de' mortali,
quanto son difettivi silogismi
quei che ti fanno in basso batter l'ali!

  Chi dietro a iura, e chi ad amforismi
sen giva, e chi seguendo sacerdozio,
e chi regnar per forza o per sofismi,

  e chi rubare, e chi civil negozio,
chi nel diletto de la carne involto
s'affaticava e chi si dava a l'ozio,

  quando, da tutte queste cose sciolto,
con Beatrice m'era suso in cielo
cotanto gloriosamente accolto.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Oh! qu'il est bon d'être libéré des soucis de la terre, et d'être ainsi auprès de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
qui m'a si glorieusement accueilli au ciel.

Oh! combien futiles sont les hommes de se livrer à l'oisiveté, de faire commerce
ou de voler, de régner par la force et le pénis, ou d'imposer la foi par le glaive, 
ou de chasser sur terre la femelle, et de s'épuiser dans les plaisirs de la chair, 
alors qu'il est bon d'être ainsi, auprès de ma bien-aimée.

J'entendis, venant de cette lumière qui m'avait d'abord parlé et qui augmentait d'éclat, 
une voix, commencer en souriant: 
&lt;I&gt;&quot;De même que ses rayons me font resplendir, ainsi, en regardant 
dans la &lt;B&gt;Lumière éternelle&lt;/B&gt;, j'y découvre les causes de tes pensées.

Tu es dans le doute, et tu voudrais que mes paroles soient expliquées en langage si clair 
et si développé, qu'elles s'adaptent à ton entendement; tes yeux sont incapables 
de pénétrer dans le secret des desseins de la &lt;B&gt;Providence&lt;/B&gt;; écoute mon récit
et n'essaie point de comprendre, le temps, en toi, fera son nid.

Celle qui épousa son &lt;B&gt;Bien-aimé&lt;/B&gt; dans son sang béni, qui, sure d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; 
et, tout en lui restant fidèle, suscita deux amantes en sa faveur pour qu'elles lui soient fidèles. 
L'une fut toute séraphique en son ardeur; l'autre, par sa science, fut sur terre une splendeur 
qui apaisa, de ses lumières, la solitude des hommes. Je ne parlerai que de la seconde, 
car on parle des deux en louant l'une, quelle que soit celle que l'on choisisse, 
parce que leurs oeuvres, bien que dispensées de façons contraires, ont eu le même effet 
sur la détresse de l'homme. Cette fleur était à peine éclose, qu'elle commença 
à faire sentir à la terre, quelque réconfort de sa grande vertu, car toute jeune, 
elle lutta contre son père, pour suivre son &lt;B&gt;Prince&lt;/B&gt;, à qui, comme à la mort, 
nul n'ouvre volontiers la porte du plaisir. Et devant sa cour spirituelle, 
et devant son père, elle s'ouvrit à lui, puis, jour après jour, elle l'aima plus fort.

Celui-ci privé de sa première &lt;B&gt;Épouse&lt;/B&gt;, deux mille ans dédaigné et oublié, était jusqu'ici 
resté solitaire et sans épouse. En vain, il fut si constant et farouche que, là où &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt; resta 
au pied de la croix, elle y monta pour s'endormir sur ses chairs ensanglantées. 
On raconte ici et partout ailleurs, que ceux qui croient faire peur aux femelles, s'apaisent 
au son de sa voix tranquille et accueillante, qui résonne jusques dans les allées du 
&lt;B&gt;Jardin des Oliviers&lt;/B&gt;. Mais, pour que je ne sois pas trop obscur, entends désormais, 
dans mon long discours, que ces amants sont &lt;B&gt;Marie-Madeleine&lt;/B&gt; et le &lt;B&gt;Fils de l'Homme&lt;/B&gt;.
Leur concorde, leur air joyeux, leur merveilleux amour, leurs doux regards, faisaient naître 
de saintes pensées, si bien que le &lt;B&gt;Pontife&lt;/B&gt;, lui-même, se dénuda le premier, et courut,
avide de profiter d'une telle paix, et en courant, il lui sembla qu'il était déjà trop tard.

Ô richesse inconnue, ô bien fécond! Comment ne pas être jaloux, et &lt;B&gt;Jean&lt;/B&gt; 
et tous les disciples présents eux aussi, jaloux de l'époux tant l'épouse leur plaisait. 
Puis s'en va ce père avec sa maîtresse et sa mère et avec cette famille que déjà 
liait l'inavouable lien.  Puis, lorsque la foule des âmes solitaires se fut accrue, 
sur les pas de celle dont l'admirable vie serait mieux chantée dans la gloire du ciel,
sa sainteté lui fut accordée une nuit par l'&lt;B&gt;Esprit Saint&lt;/B&gt;.

Après que, par la soif du plaisir, en l'orgueilleuse présence des païens, elle eut prêché 
les vertus du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt;, et ceux qui la suivirent, et y trouvant trop peu de mâles 
à convertir, pour ne pas demeurer là-bas inutile, 
elle revint cueillir l'herbe de son propre Pays. 
Attachée nue dans la plaie béante du &lt;B&gt;Rocher Percé&lt;/B&gt;, elle reçut du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt;, 
son amant jaloux, les stigmates que ses membres portent encore. 
Quand il plut à &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui l'avait choisie pour un tel bien, de l'élever 
à la récompense qu'elle avait méritée, en distribuant son Bien à ses frères, 
comme à ses héritiers légitimes, il recommanda sa &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt; 
et sa &lt;B&gt;Maîtresse&lt;/B&gt; la plus chère, et il leur commanda qu'on les aime fidèlement. 
Et de son sein l'âme glorieuse voulut s'envoler, retournant à son royaume divin, 
et pour son corps, elle ne voulut point d'autre bière.

Pense maintenant, qu'elles furent ses dignes pupilles, pour maintenir le flambeau 
en haute mer vers son vrai but! Le troupeau est devenu si glouton de nourriture nouvelle, 
qu'il ne peut se faire qu'il ne se répande par divers pâturages, et plus ses brebis 
s'éloignent d'elle et vagabondent, plus elles rentrent au bercail, vides de lait. 
Il en est bien, parmi elles, qui redoutent de dispenser le plaisir, et elles se serrent autour 
de leur soeur; mais, elles sont si peu nombreuses, que peu de draps suffisent à leurs lits.

Maintenant, si mon discours est efficace, si tu m'as écouté avec attention, si tu rappelles 
à ta mémoire ce que j'ai dit, ton désir doit être en partie satisfait, car tu verras pourquoi 
ton membre contient la sève, qu'il y a toujours un &lt;B&gt;Calice&lt;/B&gt; pour la recevoir, 
et tu comprendras ce que signifie l'hymne: 
&lt;B&gt;&quot;Omnia vincit amor&quot;&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: sinfonia de Cavalli, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c12.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant X du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/14#155640</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant X du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Vanderling&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com10-c1.jpg&quot; width=395&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;L'heure où l'amante de Dieu chante les matines. &lt;BR&gt;Là où la joie d'aimer devient éternelle.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  «Poscia che Costantin l'aquila volse
contr'al corso del ciel, ch'ella seguio
dietro a l'antico che Lavina tolse,.

  cento e cent'anni e più l'uccel di Dio
ne lo stremo d'Europa si ritenne,
vicino a' monti de' quai prima uscìo;.

  e sotto l'ombra de le sacre penne
governò 'l mondo lì di mano in mano,
e, sì cangiando, in su la mia pervenne.

  Cesare fui e son Iustiniano,
che, per voler del primo amor ch'i' sento,
d'entro le leggi trassi il troppo e 'l vano.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Le &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; fit tout ce qui se meut dans le monde spirituel et matériel avec un ordre tel, 
que nul ne peut le contempler sans louer sa vertu. Je te prie lecteur, de lever tes regards vers 
les hautes sphères, et contemple ainsi l'art de ce &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt; qui fit se mouvoir le monde. 
Tu vois comment  se déplacent et s'alignent, de façon à supporter la vie sur terre, 
ces corps célestes, et comment le monde a besoin de leur influence, et que le moindre écart 
du chemin tracé, si minime soit-il, détruirait l'ordre de l'univers!

Maintenant lecteur, si ton désir est d'en connaître plus encore, ne quitte point cette lecture 
et réfléchis à ce dont je ne t'ai donné qu'un avant-goût. Alors, gave-toi de cette nourriture,
car,le sujet de mon propos réclame tous mes soins. Le soleil, qui marque le ciel de sa vertu 
et qui mesure le temps de sa lumière, suivait son cours comme à chaque jour, et moi 
j'étais en lui, comme survient la pensée, sans réaliser que j'étais monté là aussi vite.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; par son sourire, me conduisait ainsi de vérité en vérité, jusqu'à la &lt;B&gt;Vérité suprême&lt;/B&gt;. 
Les esprits qui étaient dans le soleil où j'entrais, étaient si lumineux que leur éclat éclipsait 
leur propre couleur. Je ne m'étonne point que l'imagination ne puisse aller si loin, 
et j'ai beau appeler à mon aide l'esprit, l'art et l'habitude, je ne réussissais pas 
à le faire imaginer, mais tu peux m'en croire  et désirer le voir, 
car il n'est pas d'yeux qui voient clarté plus vive que celle du soleil.

Telle est la grande famille du &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt; du très haut, et comment est engendré le &lt;B&gt;Fils&lt;/B&gt;, 
et comment du &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt; et du &lt;B&gt;Fils&lt;/B&gt; procède le &lt;B&gt;Saint-Esprit&lt;/B&gt;.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;  me parla ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Remercie, remercie le &lt;B&gt;Soleil&lt;/B&gt; des anges, 
qui par sa grâce t'a fait monter à ce soleil sensible.&quot;&lt;/I&gt;

Jamais coeur d'un mortel ne fut si disposé à la dévotion, ni si prompt à se donner à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; 
de tout son gré, que je ne le devins à ces paroles; et tout mon amour se porta si ardemment 
en &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, que j'en oubliai la présence de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;. Cela ne lui déplut point, 
mais elle en sourit avec une telle splendeur de ses yeux souriants, que mon esprit 
absorbé en cette chose se dissipa à nouveau. Je vis de nombreux feux étincelants 
et triomphants du soleil, former une couronne dont nous étions le centre, leur voix 
était plus douce que brillant leur éclat. Ainsi voit-on une ceinture entourer 
la fille de la &lt;B&gt;Lune&lt;/B&gt;, quand l'air est si plein de vapeurs qu'il retient le fil qui la forme. 
Dans la cour du ciel dont je reviens, il y a beaucoup de joyaux si précieux et si beaux, que 
je ne saurais les décrire avec des mots qui leur rendent justice; ainsi était le chant 
de ces flambeaux, que ne connaîtront jamais ceux à qui le Ciel leur sera refusé. 

Quand ces ardentes lumières, en chantant ainsi, eurent trois fois tourné autour de nous, 
comme des étoiles voisines des pôles fixes, elles m'apparurent comme des dames 
qui ne quittent pas la danse, mais qui s'arrêtent silencieuses, jusqu'à ce qu'elles 
aient entendu les notes nouvelles, et, dans l'une d'elles, j'entendis ce chant:
&lt;I&gt;&quot;Alors que le rayon de la grâce, où s'allume le véritable amour et qui ensuite croît 
avec l'amour, resplendit tant multiplié en toi, qu'il te conduit en haut par cette échelle;
qui refuserait à ta soif le vin de sa gourde, ne serait pas plus libre qu'une eau 
qui ne pourrait descendre jusqu'à la mer.

Tu veux donc voir toutes ces fleurs qui composent la guirlande, et qui entoure, 
et qui contemple la &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt;, celle qui te donna la force de monter au ciel?&quot;&lt;/I&gt;

Alors je vis chacune des formes lumineuses prendre des formes humaines, et devenir 
si familières que je ne pouvais me fixer sur l'une plutôt qu'une autre, et que j'allais 
de l'une à l'autre sans me fixer,  mais sentant mon coeur rempli d'excitation.

&lt;I&gt;&quot;Je fus du saint troupeau que &lt;B&gt;Dionysos&lt;/B&gt; conduisit par un chemin où l'on s'enivre bien 
si l'on ne s'égare point. Celle-ci, la plus proche à ma droite, fut ma soeur et ma maîtresse; 
elle fut la reine des &lt;B&gt;Ménades&lt;/B&gt;, qui s'enivrent de ton sang et de ta semence pendant que 
tu respires encore. Si tu veux de même connaître toutes les autres, suis mes paroles
en faisant, du regard, le tour de la guirlande bienheureuse.
Cette autre splendeur flamboyante jaillit du sourire d'&lt;B&gt;Artémis&lt;/B&gt;, qui éclaira 
si bien les uns et les autres que cela te plairait encore en paradis.
L'autre qui orne ensuite notre choeur, est &lt;B&gt;Aphrodite&lt;/B&gt;, la vierge dorée, 
qui fait naître chez toi, l'amour, et met en émoi tout ton être; puis &lt;B&gt;Athéna&lt;/B&gt; 
qui n'a d'autre souci que te faire la guerre, et cette autre, &lt;B&gt;Artémis&lt;/B&gt; la chasseresse, 
qui te chasserait dans les bois comme une biche sans défense! 
La cinquième lumière, la plus belle parmi nous, brûle d'un Amour tel que, sur la Terre, 
le monde entier est avide d'en avoir des nouvelles, mais méfie-toi de &lt;B&gt;Cythérée&lt;/B&gt; 
qui a le pouvoir de t'attirer sur sa couche et te trahir autant que te baiser. 
Au dedans est  &lt;B&gt;Dionée&lt;/B&gt;, dont l'esprit est si radieux, qu'il jouit d'un savoir 
plus profond que ton amour ne le sera jamais. 
Vois ensuite les vierges &lt;B&gt;Vestales&lt;/B&gt;, ces lumières qui entretiennent le feu sacré, 
et comment vaincre plus qu'il ne le faut la nature et l'office de la vierge &lt;B&gt;Vesta&lt;/B&gt;.

Si de lumière en lumière, tu portes maintenant, en suivant mes louanges, 
le regard de ton esprit, tu dois déjà avoir soif de connaître la huitième. 
La vision de tout bien y ravit cette âme sainte, qui montre à qui sait bien l'entendre, 
que le monde est trompeur; le corps dont elle fut chassée gît ailleurs qu'en son âme, 
et &lt;B&gt;Maïa&lt;/B&gt; du martyre et de l'exil, est venue en ton lit.

Vois flamboyer plus loin l'ardente foi de &lt;B&gt;Déméter&lt;/B&gt;, fille de &lt;B&gt;Chronos&lt;/B&gt; et de &lt;B&gt;Rhéa&lt;/B&gt;, 
qui dans le temple d'&lt;B&gt;Éleusinies&lt;/B&gt;, est plus qu'une déesse, 
et dont les rites trouvent refuge dans les mystères de &lt;B&gt; Cérès&lt;/B&gt; .

Celle d'où ton regard revient vers moi est la lumière de ce bel esprit qui, 
dans ses pensées austères, trouvait que l'amour est bien cruel; c'est la lumière éternelle 
de&lt;B&gt; Perséphone&lt;/B&gt;, la vierge du printemps, enlevée aux enfers par &lt;B&gt;Pluton&lt;/B&gt; et qui t'appelle.

Dans la dernière des lumières se rit de toi, &lt;B&gt;Ovide&lt;/B&gt;, le poète des temps anciens 
dont l'oeuvre latine te servit si bien, à fréquenter ces lieux bénis des &lt;B&gt;Déesses&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Comme une horloge alors, qui nous appelle, à l'heure où l'amante de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; se lève
pour chanter les matines en l'honneur de son &lt;B&gt;Époux&lt;/B&gt;, afin d'obtenir son amour, 
et qui fait entendre un ding dong si mélodieux, que l'esprit bien disposé se gonfle d'amour, 
ainsi je vis se mouvoir la glorieuse roue, et répondre, voix à voix, dans une telle harmonie 
et une telle volupté qu'on ne peut la connaître, que là où la joie d'aimer devient éternelle.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (celtes) , empruntée aux Archives du web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c11.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant IX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/14#155638</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant IX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=350 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com09-c1.jpg&quot; width=386&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le Triomphe du Christ en Toi.&lt;BR&gt;Je suis Celle qui sait goûter à ton corps.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Da poi che Carlo tuo, bella Clemenza,
m'ebbe chiarito, mi narrò li 'nganni
che ricever dovea la sua semenza;

  ma disse: «Taci e lascia muover li anni»;
sì ch'io non posso dir se non che pianto
giusto verrà di retro ai vostri danni.

  E già la vita di quel lume santo
rivolta s'era al Sol che la riempie
come quel ben ch'a ogne cosa è tanto.

  Ahi anime ingannate e fatture empie,
che da sì fatto ben torcete i cuori,
drizzando in vanità le vostre tempie!&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Et voici qu'une autre de ces splendeurs vint vers moi, et par son scintillement, 
elle me faisait entendre son désir de me plaire. 
Les yeux de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, qui étaient fixés sur moi, me donnèrent, comme auparavant, 
l'assurance  de son cher assentiment à mon désir.

Et je lui dis: 
&lt;I&gt;&quot;Ah! esprit bienheureux, donne vite satisfaction à mes voeux, et prouve-moi 
que tu peux comprendre mon désir sans que j'aie à l'exprimer.&quot;&lt;/I&gt;

Alors la lumière, qui m'était jusqu'ici connue que par son &lt;B&gt;Hosanna&lt;/B&gt; 
venu des profondeurs,poursuivit, comme quelqu'un qui veut plaire: 
&lt;I&gt;&quot;Nous sommes ici, en cette région du paradis, aussi envoûtantes 
derrière nos lumières que ton esprit ne peut le concevoir. 
Nous avons pour fonction de dénuder ton corps, et de laver ton esprit des vils désirs en toi.
Ainsi tous ces gestes que nous prodiguons, n'ont sur terre que pour fonction 
d'exacerber tes angoisses charnelles, mais ils deviennent ici des &lt;B&gt;Plaisirs éternels&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Elle se tut alors, et elle me parut se tourner vers d'autres pensées, car elle rentra 
dans la ronde lumineuse où elle était auparavant. Et l'autre âme joyeuse, dont 
je connaissais déjà la gloire, resplendit à mes yeux comme un rubis que frappe le soleil.
Ici la splendeur vient de l'allégresse, comme le rire sur la terre, alors qu'en bas, 
l'ombre apparaît d'autant plus obscure que l'âme est plus triste.

Et je dis à cet esprit bienheureux: 
&lt;I&gt;&quot;Ta vue, comme celle de Dieu, pénètre en moi, 
de sorte qu'aucun désir ne peut t'être caché. Pourquoi ta voix, qui réjouit le ciel, 
ne donne-t-elle pas satisfaction à mes désirs? 
Je n'attendrais pas ta question, si je voyais en toi comme tu vois en moi.&quot;&lt;/I&gt;

Ses paroles alors commencèrent ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ici l'on ne se repent point mais on est 
dans la joie, non point à cause de la faute dont on ne se souvient pas, mais à cause 
de la &lt;B&gt;Puissance&lt;/B&gt; qui ordonne et qui pourvoit. Ainsi je suis &lt;B&gt;Celle &lt;/B&gt;
qui sait goûter à ton corps, et m'abreuver de ta flamme, et surexciter ton âme 
jusqu'à l'&lt;B&gt;Extase divine&lt;/B&gt;. Ici on consomme cet art comme une grande oeuvre,
et l'on discerne comme un &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, qui fait le monde d'en bas croupir dans le péché.

Mais pour que soient comblés tous tes désirs qui sont nés dans cette sphère, 
il me faut encore ajouter quelque chose; tu veux savoir qui sont ces lumières 
qui scintillent ainsi tout près de moi, comme des rayons de soleil dans de l'eau pure? 
Sache donc que là, se trouvent des &lt;B&gt;Déesses&lt;/B&gt; qui reposent en paix jusqu'à ce 
qu'elles se saisissent de ton beau corps, et qu'elles te ligotent et te lient à leur sort,
et qu'elles te clouent à cette &lt;B&gt;Croix &lt;/B&gt; comme si tu étais toi-même &lt;B&gt;le Christ&lt;/B&gt;,
et qu'elles te flagellent, et qu'elles goûtent à ton membre, et qu'elles dégustent 
ta semence, et t'ensorcellent, et qu'elles t'envoûtent, et te guident dans la souffrance, 
et qu'elles s'empalent en toi, et s'emparent de ton âme jusqu'au &lt;B&gt;triomphe du Christ en Toi&lt;/B&gt;.

Il convenait de les placer en quelque ciel, comme symboles de la &lt;B&gt;Rédemption&lt;/B&gt; 
de tes écarts sexuels. Mais tu seras bientôt libéré de ces faux désirs en toi, 
et alors seulement seras-tu digne de l'&lt;B&gt;Amour de Jeanne&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: sarabande de Thomas Campion, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c10.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT X DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant VIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/14#155637</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant VIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=394 alt=&quot;imag Luis Royo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com08-c1.jpg&quot; width=350&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;À mort, à mort, celle qui par l'Amour, guérit du Péché!&lt;BR&gt;Vénus, cette étoile qui fait naître chez l'homme, l'amour sensuel.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Solea creder lo mondo in suo periclo
che la bella Ciprigna il folle amore
raggiasse, volta nel terzo epiciclo;

  per che non pur a lei faceano onore
di sacrificio e di votivo grido
le genti antiche ne l'antico errore;

  ma Dione onoravano e Cupido,
quella per madre sua, questo per figlio,
e dicean ch'el sedette in grembo a Dido;

  e da costei ond'io principio piglio
pigliavano il vocabol de la stella
che 'l sol vagheggia or da coppa or da ciglio.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
C'est &lt;B&gt;Vénus&lt;/B&gt;, cette étoile qui fait naître chez l'homme l'amour sensuel, 
ce pourquoi je ressentais en moi une douce euphorie.

Je ne m'aperçus pas que je montais en cette étoile, mais &lt;B&gt;ma Dame&lt;/B&gt;, que je vis devenir 
plus belle, me donna la certitude d'y être entré. Je vis dans cette lumière, d'autres lueurs 
qui couraient en rond, plus ou moins vite, selon, me semblait-il, leurs visions célestes. 
Ces divines lumières vinrent à nous, aussi rapidement que si elles étaient attirées 
par l'aimant, abandonnant leur ronde commencée dans l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;. 
Et, parmi celles qui apparurent le plus en avant, résonnait un &lt;B&gt;Hosanna&lt;/B&gt; si beau 
que jamais je n'ai cessé depuis, de désirer le réentendre.

Puis l'une d'elles s'approcha de nous et commença seule: 
&lt;I&gt;&quot;Toutes, nous sommes prêtes à satisfaire tes désirs, pour que tu cueilles en nous 
la vertu du plaisir. Nous jouissons avec les &lt;B&gt;Princes du ciel&lt;/B&gt;, d'un même mouvement 
et d'une même soif, qu'avec celui à qui nous disions sur terre: 
&quot;&lt;B&gt;Viens cueillir dans les tiroirs secrets de notre sensualité, toutes les intelligences 
qui font se mouvoir le monde. Nous sommes si pleines d'amour que, 
pour te plaire, un moment de repos ne nous sera pas moins doux.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Après que mes yeux se furent levés remplis de gêne vers ma dame, et qu'elle m'ait rassuré 
et libéré de mes craintes, ils se tournèrent vers la lumière qui m'avait fait 
de telles promesses, et mes paroles, empreintes d'une grande affection, furent: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi qui tu es, toi qui est pleine de tendresse pour moi?&quot;&lt;/I&gt;

Oh! combien plus grande et plus vive devint sa splendeur, transformée par mes paroles 
d'une lumière nouvelle qui transcendait son corps immatériel. Ainsi transformée, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Nous nous sommes émus que peu de temps, et si j'avais vécu davantage, bien des maux 
qui vinrent ne se seraient produits. Ma joie qui me transforme me tient rivé à tes yeux, 
et me dissimule à toi comme un ver enveloppé de sa soie. Tu m'as beaucoup aimé, 
et tu as eu raison car, si j'étais restée sur  terre, je t'aurais de mon amour, 
montré plus que les tiroirs secrets de mon beau corps, si un mauvais gouvernement,
qui exaspère toujours les citoyens en les forçant à s'y soumette, n'avait crié:

 &quot;&lt;B&gt;À mort, à mort celle qui, par l'amour, guérit du péché!&lt;/B&gt;&quot;

&quot;Tu m'as comblée d'allégresse, mais apprends-moi encore, puisque tes paroles 
m'ont jeté dans le doute, comment l'amour peut-il engendrer la  peur?&quot;

&quot;Le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui fait se mouvoir et qui satisfait le royaume où tu vas, fait que &lt;B&gt;la Providence&lt;/B&gt; 
y est une vertu active; toutes les natures sont prévues ainsi que leur conservation 
dans la perfection de sa &lt;B&gt;Pensée&lt;/B&gt;; tout ce qui est conçu est disposé 
à une fin prévue, comme une chose qui va droit au but. Si cela n'était pas ainsi, 
le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt; où tu chemines, ne serait que ruines plutôt qu'une oeuvre d'art. 
Cela n'est possible que si les &lt;B&gt;Intelligences&lt;/B&gt; qui font se mouvoir les astres 
et les étoiles, soient parfaites, ainsi que la Pensée qui les à conçues ainsi. 
Veux-tu être mieux éclairé sur cette &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt; qui t'apparaît obscure?&quot;&lt;/I&gt;

Dans le doute je répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois comme quoi, tout désir qui est nécessaire, 
comme le sont mes désirs, doit l'être dans la perfection.&quot;&lt;/I&gt;

Alors elle continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi s'il serait pire pour toi d'être sur terre, citoyen et différencié, 
vivre selon ta façon propre, diverse de la façon des autres, ou d'être conçu tel 
à disposer d'une façon commune et égale d'être et de faire?&quot; 

&quot;Entre les deux je conçois l'option première, bien qu'il m'est triste de constater 
qu'entre les deux options, l'homme se laisse facilement convaincre d'épouser la dernière, 
et en cela, serait-il prédestiné, dans la &lt;B&gt;Pensée suprême&lt;/B&gt;, à devenir une brebis?&quot;

&quot;Il faut que les racines de vos actes soient diversifiées, c'est pourquoi, l'un naît roi, 
l'autre plébéien, l'une sera belle, l'autre sera laide; la providence s'oppose à 
ce que tu suives les traces de ton père, et elle fait que  tu cherches, sans répit, 
l'amante en moi. Tu comprends maintenant ce que tu ignorais auparavant, mais pour que 
tu saches que je me plais avec toi, je veux t'alimenter encore de ma science.
Ta nature réussit mal, confrontée à une fortune adverse, comme une semence 
hors d'une terre qui lui convienne. Si le monde resté là-bas, se souciait du fondement 
de sa nature et s'y conformait, il jouirait d'une vie meilleure. 
Mais vous vous tournez en aveugles, vers les religions du moment, et vous couronnez roi 
des imbéciles qui chantent faux, voilà pourquoi vous êtes hors du bon chemin.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection de Nguyen (absid1), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c09.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT IX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title></title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/12/01#154742</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant VIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=394 alt=&quot;imag Luis Royo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com08-c1.jpg&quot; width=350&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;À mort, à mort, celle qui par l'Amour, guérit du Péché!&lt;BR&gt;Vénus, cette étoile qui fait naître chez l'homme, l'amour sensuel.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Solea creder lo mondo in suo periclo
che la bella Ciprigna il folle amore
raggiasse, volta nel terzo epiciclo;

  per che non pur a lei faceano onore
di sacrificio e di votivo grido
le genti antiche ne l'antico errore;

  ma Dione onoravano e Cupido,
quella per madre sua, questo per figlio,
e dicean ch'el sedette in grembo a Dido;

  e da costei ond'io principio piglio
pigliavano il vocabol de la stella
che 'l sol vagheggia or da coppa or da ciglio.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
C'est &lt;B&gt;Vénus&lt;/B&gt;, cette étoile qui fait naître chez l'homme l'amour sensuel, 
ce pourquoi je ressentais en moi une douce euphorie.

Je ne m'aperçus pas que je montais en cette étoile, mais &lt;B&gt;ma Dame&lt;/B&gt;, que je vis devenir 
plus belle, me donna la certitude d'y être entré. Je vis dans cette lumière, d'autres lueurs 
qui couraient en rond, plus ou moins vite, selon, me semblait-il, leurs visions célestes. 
Ces divines lumières vinrent à nous, aussi rapidement que si elles étaient attirées 
par l'aimant, abandonnant leur ronde commencée dans l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;. 
Et, parmi celles qui apparurent le plus en avant, résonnait un &lt;B&gt;Hosanna&lt;/B&gt; si beau 
que jamais je n'ai cessé depuis, de désirer le réentendre.

Puis l'une d'elles s'approcha de nous et commença seule: 
&lt;I&gt;&quot;Toutes, nous sommes prêtes à satisfaire tes désirs, pour que tu cueilles en nous 
la vertu du plaisir. Nous jouissons avec les &lt;B&gt;Princes du ciel&lt;/B&gt;, d'un même mouvement 
et d'une même soif, qu'avec celui à qui nous disions sur terre: 
&quot;&lt;B&gt;Viens cueillir dans les tiroirs secrets de notre sensualité, toutes les intelligences 
qui font se mouvoir le monde. Nous sommes si pleines d'amour que, 
pour te plaire, un moment de repos ne nous sera pas moins doux.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Après que mes yeux se furent levés remplis de gêne vers ma dame, et qu'elle m'ait rassuré 
et libéré de mes craintes, ils se tournèrent vers la lumière qui m'avait fait 
de telles promesses, et mes paroles, empreintes d'une grande affection, furent: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi qui tu es, toi qui est pleine de tendresse pour moi?&quot;&lt;/I&gt;

Oh! combien plus grande et plus vive devint sa splendeur, transformée par mes paroles 
d'une lumière nouvelle qui transcendait son corps immatériel. Ainsi transformée, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Nous nous sommes émus que peu de temps, et si j'avais vécu davantage, bien des maux 
qui vinrent ne se seraient produits. Ma joie qui me transforme me tient rivé à tes yeux, 
et me dissimule à toi comme un ver enveloppé de sa soie. Tu m'as beaucoup aimé, 
et tu as eu raison car, si j'étais restée sur  terre, je t'aurais de mon amour, 
montré plus que les tiroirs secrets de mon beau corps, si un mauvais gouvernement,
qui exaspère toujours les citoyens en les forçant à s'y soumette, n'avait crié:

 &quot;&lt;B&gt;À mort, à mort celle qui, par l'amour, guérit du péché!&lt;/B&gt;&quot;

&quot;Tu m'as comblée d'allégresse, mais apprends-moi encore, puisque tes paroles 
m'ont jeté dans le doute, comment l'amour peut-il engendrer la  peur?&quot;

&quot;Le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui fait se mouvoir et qui satisfait le royaume où tu vas, fait que &lt;B&gt;la Providence&lt;/B&gt; 
y est une vertu active; toutes les natures sont prévues ainsi que leur conservation 
dans la perfection de sa &lt;B&gt;Pensée&lt;/B&gt;; tout ce qui est conçu est disposé 
à une fin prévue, comme une chose qui va droit au but. Si cela n'était pas ainsi, 
le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt; où tu chemines, ne serait que ruines plutôt qu'une oeuvre d'art. 
Cela n'est possible que si les &lt;B&gt;Intelligences&lt;/B&gt; qui font se mouvoir les astres 
et les étoiles, soient parfaites, ainsi que la Pensée qui les à conçues ainsi. 
Veux-tu être mieux éclairé sur cette &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt; qui t'apparaît obscure?&quot;&lt;/I&gt;

Dans le doute je répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois comme quoi, tout désir qui est nécessaire, 
comme le sont mes désirs, doit l'être dans la perfection.&quot;&lt;/I&gt;

Alors elle continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi s'il serait pire pour toi d'être sur terre, citoyen et différencié, 
vivre selon ta façon propre, diverse de la façon des autres, ou d'être conçu tel 
à disposer d'une façon commune et égale d'être et de faire?&quot; 

&quot;Entre les deux je conçois l'option première, bien qu'il m'est triste de constater 
qu'entre les deux options, l'homme se laisse facilement convaincre d'épouser la dernière, 
et en cela, serait-il prédestiné, dans la &lt;B&gt;Pensée suprême&lt;/B&gt;, à devenir une brebis?&quot;

&quot;Il faut que les racines de vos actes soient diversifiées, c'est pourquoi, l'un naît roi, 
l'autre plébéien, l'une sera belle, l'autre sera laide; la providence s'oppose à 
ce que tu suives les traces de ton père, et elle fait que  tu cherches, sans répit, 
l'amante en moi. Tu comprends maintenant ce que tu ignorais auparavant, mais pour que 
tu saches que je me plais avec toi, je veux t'alimenter encore de ma science.
Ta nature réussit mal, confrontée à une fortune adverse, comme une semence 
hors d'une terre qui lui convienne. Si le monde resté là-bas, se souciait du fondement 
de sa nature et s'y conformait, il jouirait d'une vie meilleure. 
Mais vous vous tournez en aveugles, vers les religions du moment, et vous couronnez roi 
des imbéciles qui chantent faux, voilà pourquoi vous êtes hors du bon chemin.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection de Nguyen (absid1), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c09.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT IX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant VII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/29#154583</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant VII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=482 alt=&quot;image Delville&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com07-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Hosanna Sanctus Deus Sabaoth.&lt;BR&gt;Ta beauté, Marco mon bel amant, n'égale point celle de l'Amant suprême.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  «Osanna, sanctus Deus sabaòth,
superillustrans claritate tua
felices ignes horum malacòth».

  Così, volgendosi a la nota sua,
fu viso a me cantare essa sustanza,
sopra la qual doppio lume s'addua:

  ed essa e l'altre mossero a sua danza,
e quasi velocissime faville,
mi si velar di sùbita distanza.

  Io dubitava e dicea 'Dille, dille!'
fra me, 'dille', dicea, 'a la mia donna
che mi diseta con le dolci stille'.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Hosanna, sanctus Deus sabaoth, superillustrans claritate 
tua felices ignes horum malacoth!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi, je vis chanter, tournant sur elle-même, ces deux lumières 
qui s'accouplaient entre elles; elle et les autres reprirent leur danse; comme 
des étincelles très rapides, elles disparurent à mes yeux et s'éloignèrent soudainement.

J'étais plongé dans le doute et je me disais en moi-même: 
&lt;I&gt;&quot;Parle, parle donc à ta dame 
pour qu'elle apaise ta soif de comprendre, par le mouvement bienfaisant de ses lèvres.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; comprit mon trouble et, éblouissante, d'un sourire à rendre heureux 
tout homme malheureux, elle me parla ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ce qui semble t'inquiéter, c'est, comment fut justement vengée une juste vengeance? 
Mais je vais débarrasser ton esprit de ce doute;
 écoute bien, car mes paroles sont d'une grande vérité.&quot;&lt;/I&gt;

Et elle commença ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Tu as péché mon tendre &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, et tu fus damné comme ceux qui 
te précédèrent qui, par la faute d'&lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt;, furent également damnés; par ton péché tu damnas 
également tes descendants, et tu persistas ainsi dans l'erreur jusqu'à ce qu'il plût à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; 
de m'envoyer pour te sauver, par un acte d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;. Prête bien attention à mon raisonnement: 
Ta nature fut créée, unie à celle de ton &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt;, elle était alors pure et bonne, mais, 
par ta faute, tu as été banni du paradis, pour t'être détourné de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt; et de ta destinée.
Le châtiment qui me vit mourir sur le Bûcher fut juste, car tu as péché et que tu es 
de nature humaine. Mais il fut injuste, puisque je suis de nature céleste 
et que je n'avais point péché en toi.

D'un même acte sortirent des effets différents, et ma  mort plut à Dieu, aussi bien qu'à 
l'&lt;B&gt;Église de France&lt;/B&gt; qui voyait en moi, une sorcière. Ne trouve donc pas si étrange que 
l'on te dise, qu'une juste vengeance fut ensuite vengée par une juste cour. 
Mais je vois maintenant que, de pensée en pensée, ton esprit erre et s'embrume 
et qu'il a grand désir d'être libéré.&quot;&lt;/I&gt;

Alors, je dis à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;: 
&lt;I&gt;&quot;Je comprends bien ce que j'entends, mais pourquoi &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; a-t-il voulu que toi, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
tu meures pour ma rédemption, cela me reste caché.&quot;&lt;/I&gt;

Et elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ce décret, mon cher &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, demeure impénétrable aux yeux de tous ceux, dont 
l'intelligence n'a pas mûri aux flammes de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;. Mais cependant, parce que sur ce sujet
on a beaucoup réfléchi sans y voir bien clair, je vais te dire pourquoi ce moyen fut le plus digne. 
La &lt;B&gt;divine Bonté&lt;/B&gt;, qui ne connaît point l'envie, ne brûle en soi que du seul désir de 
multiplier ses beautés éternelles. Tel tu étais, &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, qui m'apparaît ici si vulgaire, et qui, 
en péchant, s'est privé de ces dons dont elle a pourvu la créature humaine; sois heureux d'être 
toujours éternel, mais vois comme je suis malheureuse que tu aies sacrifié ta liberté  en péchant,
et qu'ainsi ta beauté, &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt; mon bel amant, n'égale point celle de l'&lt;B&gt;Amant suprême&lt;/B&gt;. 

Tu ne peux espérer retrouver ta dignité que par un juste châtiment, qui soit  à la mesure 
de ton plaisir coupable. Par ton péché, tu as refusé ces dons du Divin comme tu t'es coupé 
du paradis; et si tu veux bien m'entendre, sache que tu peux n'y entrer que 
par l'une ou l'autre de ces deux voies: Ou que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; te pardonne  tes péchés, ou que 
par toi-même tu sois satisfait pour ta faute. Essaie de saisir les desseins éternels 
si tu le veux, en suivant mon raisonnement d'aussi près que tu le peux. 
En voulant te mesurer à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, tu as commis un péché d'orgueil infini, et 
il ne t'es plus possible d'aller aussi loin, dans quelque acte d'humilité ou d'obéissance, 
qui puisse racheter ta faute. C'est pourquoi Dieu seul peut te ramener à la dignité entière 
de ta vie, en usant de voies qui lui sont propres, par sa miséricorde, 
par sa justice ou par les deux à la fois.

Dis-moi, mon &lt;B&gt;tendre Marco&lt;/B&gt;, quel acte d'amour aurait été plus grand, pour moi 
de te pardonner ta faute, ou de me sacrifier moi-même sur le &lt;B&gt;Bûcher&lt;/B&gt; 
afin de te rendre capable de te relever toi-même?&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; ne dit plus rien, mais moi, j'avais d'autres désirs à combler et je lui demandai: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, toi qui peut comprendre, voudrais-tu combler ces autres désirs en moi 
afin que j'y vois aussi nettement que toi. Je vois de l'eau, je vois du feu, de l'air et de la terre 
ainsi que des substances qu'on ne peut voir, et je vois aussi leurs mélanges, se corrompre 
et durer peu, et se transformer, et devenir d'autres substances aussi bien que 
de nouvelles créatures. Si donc ce que l'on dit est vrai, 
devraient-elles être immuables, et à l'abri de la corruption?&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Les anges et les régions qu'ils habitent furent créés par &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, 
tels qu'ils sont, dans la perfection de leur être. Mais les éléments dont tu parles 
ainsi que leurs composés, n'ont pas été créés directement par &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, mais résultent 
de la combinaison de choses créées, de sorte qu'ils sont corruptibles.&quot;

&quot;Mais, dis-moi &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, l'homme n'est-il point une combinaison de toutes 
ces substances corruptibles, et, en cela, serait-il lui-même corruptible?&quot;

&quot;Ton âme, mon&lt;B&gt; cher Marco&lt;/B&gt;, pense à ton âme qui, elle, n'est point corruptible 
et qui est le &lt;B&gt;Produit de la Bonté divine&lt;/B&gt; et qui l'enflamme d'amour pour elle,
afin d'en être ensuite toujours désirée.&quot;&lt;/I&gt;

Et je continuai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Mais pourquoi &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; aurait-il créé la femme fragile et belle, 
l'homme rude et laid tel qu'on les voit; et si la femme se transformait en un homme 
et l'homme en une femme, comment expliquer que cette métamorphose 
puisse être le produit de la &lt;B&gt;Création&lt;/B&gt;?
Serait-ce alors le cheminement normal de l'évolution, la combinaison aléatoire 
de toutes ces substances corruptibles, ou bien le produit d'une manipulation sociale,
de sorte que l'homme serait lui-même corruptible? 

Voudrait-on y voir là, un attentat au &lt;B&gt;métier de Dieu&lt;/B&gt; ou une simple erreur de calcul 
du &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt;, ou rien de tout cela mais autre chose, qui serait quoi, 
dont je n'ai aucune idée? La procréation serait-elle une invention de Dieu, 
ou un produit de la génération spontanée; ainsi, advenant la fin de la procréation, 
serait-ce la disparition de l'homme ou un nouveau chaînon dans l'évolution; 
l'homme deviendrait-il &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; lui-même, ou bien &lt;B&gt;Satan&lt;/B&gt; 
se prendrait-il pour &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;?  Assisterions-nous, alors, 
en la disparition de l'homme en même temps que celle de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;? 
Voilà toutes les questions que je me pose, elles ne semblent point confondre 
l'esprit des hommes, mais devraient pourtant inquiéter &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; dans sa grandeur.&quot;

&quot;Esprit borné, oublie donc ce vil corps que tu portes comme un vêtement, 
et que tu respectes ou que tu souilles, et qui n'est qu'une enveloppe mortelle 
qui n'a d'autre but que de contenir ton âme.&quot;

&quot;Mais ma chatte qui m'attend à la maison, à qui j'ai donné le doux nom de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
inquiète de mon absence, n'a-t-elle point, elle aussi, une âme, et cette âme n'est-elle point 
plus méritoire que celle de bien des hommes que je connais, et dont la sensibilité 
semble se situer en deça du niveau d'une substance corruptible?&quot;

&quot;Mais c'est bien là le propre de la nature humaine, de pouvoir choisir entre le mal ou le bien,
et c'est ce qui différencie l'homme de l'animal, en ce qu'il possède le libre arbitre;
tu as bien raison de penser que l'homme puisse descendre ainsi plus bas que l'animal,
et qu'en même temps il se croit être capable de devenir &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; lui-même.&quot;

&quot;Voici &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, comment je m'explique ces choses et tu le sais bien, toi qui vois en moi,
mais je voudrais que tu m'expliques encore, et que j'essaie de comprendre comment, 
mon corps, après ma mort, pourrait-il ressusciter, et se reformer dans ses matières corrompues, 
et retrouver l'intégralité de son âme dans le magma informe de l'&lt;B&gt;Âme universelle&lt;/B&gt;  
dans laquelle  elle se sera diluée par la mort de mon corps?&quot;

&quot;&lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; a créé ces choses sans l'intervention de causes secondaires et qui, partant, 
sont éternelles. La nature humaine a été créée par &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ainsi que son âme différenciée,
comme tu peux le voir en moi qui est ta &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et cela tu le sais très bien.  
L'homme est donc immortel et il doit ressusciter. 
Contente-toi de croire, puisque ton esprit est trop vulgaire pour comprendre.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: glorificamus de John Redford, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c08.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT VIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant VI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/29#154582</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant VI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;image Gustave Moreau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com06-c1.jpg&quot; width=416&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;In God we trust.&lt;BR&gt;J'ai régné par César et maintenant je règne par Uncle Sam.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  «Poscia che Costantin l'aquila volse
contr'al corso del ciel, ch'ella seguio
dietro a l'antico che Lavina tolse,

  cento e cent'anni e più l'uccel di Dio
ne lo stremo d'Europa si ritenne,
vicino a' monti de' quai prima uscìo;

  e sotto l'ombra de le sacre penne
governò 'l mondo lì di mano in mano,
e, sì cangiando, in su la mia pervenne.

  Cesare fui e son Iustiniano,
che, per voler del primo amor ch'i' sento,
d'entro le leggi trassi il troppo e 'l vano.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Réveillé de ma torpeur, j'entendis venant d'une autre lumière 
qui s'était immobilisée là, sans que je sache d'où elle était venue: 
&lt;I&gt;&quot;Qui donc es-tu, toi qui m'éblouis de cette vive lumière?&quot;&lt;/I&gt;

Tel le soleil qui se cache lui-même dans son trop vif éclat, lorsque la chaleur 
a détruit les vapeurs épaisses qui tempèrent sa lumière, telle cette figure Sainte 
se dérobait dans son rayonnement qu'augmentait sa joie plus grande, et toute enfermée 
dans sa splendeur, elle me répondit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Après que &lt;B&gt;César&lt;/B&gt; eut transporté l'aigle de &lt;B&gt;Rome&lt;/B&gt; à &lt;B&gt;Washington&lt;/B&gt;, 
celui qui avait suivi, cent ans et plus, l'oiseau préféré de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, ne se contenta point
de siéger aux portes de &lt;B&gt;Troie&lt;/B&gt;, mais sous l'ombre de ses ailes étoilées, 
il gouverna le monde passant de main en main, et, dans ses changements, 
il laissa toujours son arme à  ta porte. J'ai régné par &lt;B&gt;César&lt;/B&gt; et maintenant  
je règne par &lt;B&gt;Uncle Sam&lt;/B&gt;, et, par l'inspiration du &lt;B&gt;Saint-Esprit&lt;/B&gt; qui m'embrase, 
j'ai débarrassé le monde des lois du superflu et de l'inutile.

Et avant que je ne me fusse appliqué à cette cause, je croyais qu'il n'y avait dans le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt;
qu'une seule voie pour me satisfaire, mais les valeureux pèlerins, qui débarquèrent 
sur les côtes de &lt;B&gt;Nova Anglia&lt;/B&gt;, me dirigèrent, par leurs paroles, vers le véritable but 
qui est d'imposer cette foi au monde. Je le crois, 
et ce qui était un dogme, je le vois maintenant aussi clairement que tu vois 
qu'il y a le faux et le vrai dans des termes contradictoires.

Aussitôt que je marchai dans la voie de la &lt;B&gt;Foi&lt;/B&gt;, il plut à Dieu, par sa grâce, 
de m'inspirer le haut labeur auquel je me donne maintenant tout entier; 
et je confiai mes armes à mes aigles fidèles, à qui la main du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt; 
fut si généreuse que cela me réconfortait dans ma seule vérité.

Ma réponse donne maintenant satisfaction à ta première question, mais dans des conditions
telles que je suis obligé de poursuivre, pour que tu voies combien à raison s'élèvent,
contre l'emblème sacro-saint, et ceux qui se l'approprient et ceux qui le combattent.

Vois combien d'héroïsmes l'ont rendu digne de respect, héroïsmes 
qui commencèrent au moment où mes boys furent sacrifiés pour le faire régner.

Tu sais qu'il y a  cent ans et plus, il voulut faire de l'&lt;B&gt;Amérique&lt;/B&gt; toute sa demeure, 
jusqu'à ce que le &lt;B&gt;général Grand&lt;/B&gt;, en supprimant l'esclave au Sud, le fasse régner 
sous un autre nom qui dure encore, du Nord jusqu'au Sud. Et tu sais ce qu'il fit 
du rapt des &lt;B&gt;Nazis&lt;/B&gt;, à la douleur de la &lt;B&gt;Palestine&lt;/B&gt;, sous l'offensive d'&lt;B&gt;Eisenhower&lt;/B&gt;
et du plan de&lt;B&gt; Marchal&lt;/B&gt;, il triompha, par sa bravoure, de tous les peuples voisins 
qui se croyaient libres; tu sais ce qu'il fit, porté par des marchands valeureux, 
contre &lt;B&gt;Grenade&lt;/B&gt;, contre &lt;B&gt;Panama&lt;/B&gt;, et par des coups d'état à d'autres États 
et à d'autres peuples; c'est de là que &lt;B&gt;Patton&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Pershing&lt;/B&gt;,&lt;B&gt; Eisenhower&lt;/B&gt;, 
et combien d'autres, qui durent leur nom à leurs étoiles, 
tirèrent leur renom que je me plais à te décrire.

Il abattit l'orgueil des &lt;B&gt;Arabes&lt;/B&gt; qui, à la suite de &lt;B&gt;Kadafi&lt;/B&gt;, imposèrent leur Foi, 
au sud des sables du &lt;B&gt;Sahara&lt;/B&gt;; sous lui, triompha encore le bouillant &lt;B&gt;MacArthur&lt;/B&gt;, 
qui parut amer à cette grande île des&lt;B&gt; Samouraïs&lt;/B&gt; qu'il a mise à ses pieds.

Puis, vers le temps où le Ciel voulut réduire le monde entier à son état de paix, &lt;B&gt;Uncle Sam&lt;/B&gt;, 
par la volonté de &lt;B&gt;Moloch&lt;/B&gt;, s'en empara manu militari; et ce qu'il accomplit de la &lt;B&gt;Seine&lt;/B&gt;
jusqu'au &lt;B&gt;Rhin&lt;/B&gt;, de la &lt;B&gt;Tamise&lt;/B&gt; jusqu'au &lt;B&gt;Pô&lt;/B&gt;, et toutes les vallées dont les eaux
ont cessé de chanter, sans le moindre effort pour que les voix de ces peuples 
ne chantent plus que de son chant.

Ce qu'il fit après être sorti de &lt;B&gt;Londres&lt;/B&gt; et avoir franchi &lt;B&gt;la Manche&lt;/B&gt;, en suivant 
les chemins tracés par &lt;B&gt;Richard Coeur de Lion&lt;/B&gt; et ses croisés, fut d'un vol si puissant 
que ni la langue ni la plume ne pourraient plus parler ni écrire de la même façon; 
il tourna ses ailes  vers l'&lt;B&gt;Asie&lt;/B&gt; puis vers l'&lt;B&gt;Océanie&lt;/B&gt; il frappa l'&lt;B&gt;Afrique&lt;/B&gt; 
avec une telle violence, que le deuil en fut ressenti jusqu'au Nil brûlant.

Il revit sa &lt;B&gt;Virginie&lt;/B&gt; natale, et les tombes d'&lt;B&gt;Arlington&lt;/B&gt; 
d'où il était parti vivant, et où il repose maintenant sous une simple petite croix blanche;
et il reprit son vol au grand dommage des bonzes du &lt;B&gt;Congrès&lt;/B&gt;.

De là, il descendit pareil à la foudre en &lt;B&gt;Terre Sainte&lt;/B&gt;, puis il revint en &lt;B&gt;Occident&lt;/B&gt; 
où il entendait faire retentir les trompettes de &lt;B&gt;Dizzie Gillespie&lt;/B&gt;; 
de ce qu'il a fait avec celui qui ensuite l'a porté, &lt;B&gt;Westmoreland&lt;/B&gt; hurle dans l'enfer, 
et&lt;B&gt; Saigon&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Danang &lt;/B&gt;et &lt;B&gt;Hué&lt;/B&gt; en gémirent de douleur.
Elle en pleure encore, la triste &lt;B&gt;Russie&lt;/B&gt; qui, fuyant devant lui, 
s'inventa en toute hâte, une démoncratie à l'image du &lt;B&gt;Vilain&lt;/B&gt;.

Avec son armada, il courut jusqu'au &lt;B&gt;Golfe Persique&lt;/B&gt;, et, avec elle, il fit régner 
une telle paix sur le monde, que la mosquée de &lt;B&gt;la Mecque&lt;/B&gt; fut à jamais interdite 
aux &lt;B&gt;fous d'Allah&lt;/B&gt;. Mais ce que l'emblème, dont je parle, avait d'abord fait,
et devait faire ensuite, par le royaume mortel qui lui est soumis, apparaît peu de choses
et de faible gloire, si l'on considère d'un clair regard et d'un coeur pur, ce qu'il a fait 
aux mains du premier de ses généraux; car Dieu qui m'inspire lui concéda, aux mains 
de celui dont je viens de parler, la gloire de venger sa colère.

Émerveille-toi maintenant de ce que je vais t'expliquer: il fit tonner ses missiles 
pour tirer vengeance de la vengeance du péché originel; et quand les éclairs de &lt;B&gt;Bagdad&lt;/B&gt;
s'en prirent aux synagogues, &lt;B&gt;Schwarshkhov&lt;/B&gt; en vainqueur, à l'abri de ses ailes, 
vint leur porter secours; tu peux maintenant reconnaître en eux, l'&lt;B&gt;axe du mal&lt;/B&gt;, ceux 
que j'ai, tout à l'heure accusé, ainsi que leurs fautes qui sont cause des malheurs du monde.

L'un, à l'emblème universel, lui oppose les lis de la &lt;B&gt;Gaule&lt;/B&gt;, et l'autre s'en empare
pour imposer sa foi jusqu'à l'Est: Il est difficile de voir celui des deux qui commet 
la plus grande faute; de cette guerre froide, l'ami est toujours plus responsable que l'ennemi.
Que les &lt;B&gt;Gaulois&lt;/B&gt; fassent donc, s'ils le peuvent, leur métier sous l'emblème qui porte 
la faucille et le marteau, car c'est mal le suivre que de toujours le séparer de la justice. 
Et que ce nouveau &lt;B&gt;De Gaule&lt;/B&gt;, ne l'abatte point avec ses Fanfaronnades, mais qu'il redoute 
les serres qui ont hérissé les poils de ce lion trop redoutable! 
A présent, leurs fils pleurent l'esprit d'indépendance du père, mais que l'on ne crois pas 
que &lt;B&gt;Marianne&lt;/B&gt; puisse se contenter de ses seuls Lys comme armes.&quot;&lt;/I&gt;

J'étais impatient devant sa longue dissertation, mais fasciné, je voulais en savoir plus 
et je lui demandai:
 &lt;I&gt;&quot;Et dis-moi également, pourquoi tu occupes le degré de cette sphère 
qui se voile aux hommes dans d'autres rayons?&quot;&lt;/I&gt;
 
Et il s'empressa de me répondre, comme s'il était impatient 
d'avoir été interrompu par ma question:
&lt;I&gt;&quot;Cette petite étoile qui orne le ciel, se pare d'esprits valeureux qui ont été actifs 
et qui en tirent honneur et renommée; et quand c'est à ce but, au détriment de Dieu, 
que vont leurs désirs, leur amour véritable est alors moins vif vers le ciel.&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;Mais il entre dans notre joie, de mesurer notre récompense à nos mérites, parce que 
nous ne la voyons ni moindre ni plus grande. 
&lt;B&gt;In God we trust&lt;/B&gt;, 
et ainsi, il purifie tous nos désirs, en sorte qu'ils ne peuvent jamais se tourner 
vers rien de mauvais. Comme sur la terre des voix diverses font de doux accords,
ainsi dans notre vie, des degrés divers font en ces sphères une douce harmonie.

Et, au sein de cette perle, brille la lumière des puritains venus d'&lt;B&gt;América&lt;/B&gt;, 
dont la grande et belle oeuvre fut mal récompensée.
Mais les nations qui se dressèrent contre lui n'ont pas eu à en rire, car c'est prendre 
un mauvais chemin que de voir un bien pour soi, dans les mauvaises actions de l'autre.

&lt;B&gt;Uncle Sam&lt;/B&gt; eut plusieurs filles, dont chacune fut pute à tour de rôle, 
et l'une et l'autre portait  l'&lt;B&gt;Amérique&lt;/B&gt; sur son sein, elles étaient missionnaires, 
de fière descendance. De louches paroles les poussèrent ensuite, à demander des comptes 
à ce juste, qui lui avait rendu au centuple. Alors, il s'éloigna encore jeune et toujours riche; 
et si le monde comprenait le grand coeur qu'il eut, en propageant sa &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt; 
morceau par morceau, de ce monde qui l'admire, beaucoup l'aimerait maintenant.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique New Age (Mujhvnpq), empruntéw aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c07.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT VII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant V du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/29#154581</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant V du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=413 alt=&quot;image Rackhman&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com05-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le don du libre arbitre.&lt;BR&gt;Vois en elles comme des déesses, non encore prêtes à être aimées. &lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 «S'io ti fiammeggio nel caldo d'amore
di là dal modo che 'n terra si vede,
sì che del viso tuo vinco il valore,

  non ti maravigliar; ché ciò procede
da perfetto veder, che, come apprende,
così nel bene appreso move il piede.

  Io veggio ben sì come già resplende
ne l'intelletto tuo l'etterna luce,
che, vista, sola e sempre amore accende;

  e s'altra cosa vostro amor seduce,
non è se non di quella alcun vestigio,
mal conosciuto, che quivi traluce.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Si je t'apparais étincelante d'amour, au-delà de ce que tu vois sur terre au point que 
tes yeux n'en croient rien, n'en sois pas surpris, cela est dû à ma vision qui est telle que 
je perçois le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; autant que j'en conçois l'idée. Je vois bien que la &lt;B&gt;Flamme éternelle&lt;/B&gt;
comble tous tes désirs charnels qui, à la voir seulement, allume en toi un perpétuel amour; 
et si quelque autre flamme séduit ton amour, ce n'est que l'illusion dans ton esprit 
de cette &lt;B&gt;Flamme&lt;/B&gt; qui apparaît en lui.
Tu veux savoir si pour des voeux que tu renies, tu peux, par d'autres biens, te disculper, 
de sorte que ton âme soit à l'abri de tout remords?&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Le plus grand don que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; donna à la création fut 
le &lt;B&gt;libre arbitre&lt;/B&gt;; seules les créatures intelligentes  en furent et en sont dotées. 
Dans l'établissement du pacte entre &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; et l'homme, entre l'homme et le &lt;B&gt;Gouvernement&lt;/B&gt; 
des hommes, entre l'épouse et l'époux, on sacrifie par un acte délibéré, ce trésor précieux 
que rien ne peut compenser, qui puisse avoir valeur égale à celle de sa propre liberté.

Ne prends donc pas ton voeu à la légère! Sois fidèle mais non en aveugle; il vaut mieux admettre 
d'avoir mal agi que de faire pire en tenant ta parole, comme&lt;B&gt; Agamemnon&lt;/B&gt; le fit 
en sacrifiant sa fille &lt;B&gt;Iphigénie&lt;/B&gt;, pour obtenir d'&lt;B&gt;Aulis&lt;/B&gt; des vents favorables. 
Si une mauvaise femme t'appelle et t'invite, sois un homme plutôt qu'une brebis stupide, 
n'imite pas l'agneau qui laisse là le lait de sa mère et, dans sa simplicité et sa pétulance, 
s'amuse à se battre contre son ombre.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; me parla comme je l'écris ici; puis elle se tourna toute ardente de désir, 
vers ce côté où le monde est le plus brillant. Son silence et la transformation de son esprit
imposèrent le silence à mon esprit salace, qui s'alimentait déjà à d'autres chimères.

Ainsi, nous arrivâmes au second royaume, aussi vite que le temps de le dire. 
Là, je vis une telle joie en ma dame dès qu'elle eut pénétré dans la lumière de ce ciel, 
que la planète en devint plus brillante. Je vis plus de mille splendeurs se porter vers nous, 
et on entendait chacune dire:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Voici qui nous rapproche enfin de ce qu'est l'amour.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
À mesure que chacune s'approchait de nous, on voyait leurs âmes 
remplies de joie dans la clarté fulgurante qui émanait d'elles.

Imagine lecteur, si j'arrêtais ici mon récit, avec quelle anxiété tu voudrais en savoir plus, 
et tu comprendras ainsi mon désir de voir en ces esprits, plus loin que leur condition, dès 
qu'elles apparurent à mes yeux; mais je t'en prie lecteur, ne me juge pas, 
il y a sur terre trop de juges et pas assez d'amoureux.

&lt;I&gt;&quot;Ô âme bien née, qui a le privilège de nous visiter avant d'avoir quitté la terre, 
parle-nous de toi, ou regarde-nous, ou viens jouer avec nous, ou demeure avec nous, 
ou fait ce que tu voudras comme il te plaira de faire!&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi me parlèrent l'une et chacune de ces âmes aussi naïves que pures, 
et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; renchérit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Parle, parle avec assurance, et vois en elles 
comme en des déesses, non encore prêtes à se laisser aimer!&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Je vois comment ton frêle corps de fillette se vêt de sa propre lumière qui 
jaillit de tes tendres yeux, puisqu'ils scintillent comme éclate ton sourire; 
mais je ne sais qui tu es, ni pourquoi tu occupes cet endroit du ciel?&quot;&lt;/I&gt;

La fillette et ses compagnes aussi, qui maintenant riaient toutes de joie,
augmentaient ainsi leur rayonnement, et toutes enveloppées de cette aura, 
elles se contentèrent de me sourire et de me regarder avec curiosité,
et de tourner autour de moi, et de me scruter de leurs yeux profonds,
et de faire semblant de m'aimer sans ne plus rien dire que rire.

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; voyant mon trouble, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Je comprends le frisson dans ton corps; ces fillettes, adorables et naïves, 
qui n'ont pas encore les attributs de mon corps mais qui le transcendent en elles, 
éveillent en toi un trouble certain qui n'est pas dû à l'affection du père. 
Ne sois pas comme la brute qui obéit à l'instinct de l'animal en lui, mais 
consulte en toi ton art, qui seul peut te faire oublier tes penchants mauvais
et violer ainsi, la pureté de ces vierges vulnérables.&quot;&lt;/I&gt;

Et je répondis à Jeanne: 
&lt;I&gt;&quot;Je n'ai jamais été père de sorte que je ne peux reconnaître le frisson 
qui parcourt ainsi mon corps, mais mon âme me dit et je l'entends très bien, 
qui t'appelle &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; à me venir en aide et à te fondre en moi.&quot;&lt;/I&gt; 

Et l'une des vierges me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Nous avons vécu trop jeunes et connu trop tôt les assauts des pères, 
des clercs, des satyres, et nous avons quitté trop tôt la terre 
sans connaître tout l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; que le ciel nous procure.
Ne sois pas triste, bel étranger, réjouis-toi plutôt et accompagne ainsi nos rires.&quot;&lt;/I&gt;

Et elles partirent dans la lumière, mon frisson se transforma en une prière.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (vision) , empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c06.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT VI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/06#152823</link> 

						<description> 
 &lt;FONT face=Arial color=#0066ff size=5&gt;&amp;nbsp;&lt;/FONT&gt;
&lt;P class=p1&gt;La Comédie Humaine 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;Le purgatoire ou la Comédie Humaine.&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com-b1.jpg&quot; width=366&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=5&gt;
&lt;P class=p1&gt;Le Purgatoire&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=4&gt;
&lt;P class=p10&gt;Chronique &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;licensieuse &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;à lire sous ls &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;surveillance &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;de ton ange-gardien.&lt;/FONT&gt; &lt;A name=escale&gt;&lt;/A&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;TABLE width=1000&gt;
&lt;COLGROUP&gt;
&lt;COL span=2&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TD align=right&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b01.htm&quot;&gt;Chant I &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b02.htm&quot;&gt;Chant II &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b03.htm&quot;&gt;Chant III &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b04.htm&quot;&gt;Chant IV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b05.htm&quot;&gt;Chant V &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b06.htm&quot;&gt;Chant VI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b07.htm&quot;&gt;Chant VII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b08.htm&quot;&gt;Chant VIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b09.htm&quot;&gt;Chant IX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b10.htm&quot;&gt;Chant X &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b11.htm&quot;&gt;Chant XI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b12.htm&quot;&gt;Chant XII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b13.htm&quot;&gt;Chant XIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b14.htm&quot;&gt;Chant XIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b15.htm&quot;&gt;Chant XV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b16.htm&quot;&gt;Chant XVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b17.htm&quot;&gt;Chant XVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b18.htm&quot;&gt;Chant XVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b19.htm&quot;&gt;Chant XIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b20.htm&quot;&gt;Chant XX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b21.htm&quot;&gt;Chant XXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b22.htm&quot;&gt;Chant XXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b23.htm&quot;&gt;Chant XXIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b24.htm&quot;&gt;Chant XXIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b25.htm&quot;&gt;Chant XXV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b26.htm&quot;&gt;Chant XXVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b27.htm&quot;&gt;Chant XXVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b28.htm&quot;&gt;Chant XXVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b29.htm&quot;&gt;Chant XXIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b30.htm&quot;&gt;Chant XXX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b31.htm&quot;&gt;Chant XXXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b32.htm&quot;&gt;Chant XXXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b33.htm&quot;&gt;Chant XXXIII &lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;
&lt;TD&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Le vieillard gardien de la porte du Purgatoire. (Je suis venu par la volonté d'une Dame du Ciel.)&lt;BR&gt;La naissance des âmes. (Nous quittons la servitude de la corruption humaine.)&lt;BR&gt;Ceux qui s'arrogent le métier de Dieu. (Pourquoi vous faut-il, mortels, réinventer la Vie?)&lt;BR&gt;Jean-Baptiste, le paresseux. (Pourquoi penser si notre Mère l'État fait tout et pense à ma place?) &lt;BR&gt;Ô toi qui viens du Ciel! Pourquoi me voles-tu ce fils d'Allah? (Seuls les imbéciles acceptent de mourir pour une cause.)&lt;BR&gt;Le déclin de l'Empire qui se croyait américain. (Envoie-nous Jésus de Montréal, ton fils crucifié sur le mont Royal.)&lt;BR&gt;Les Princesses de la vallée fleurie. (Salve Regina.)&lt;BR&gt;Les protectrices de la vallée perdue. (Faites que les tentations de la nuit ne viennent point violer nos corps.)&lt;BR&gt;De l'Antipurgatoire au Purgatoire. (Te Deum Laudamus.)&lt;BR&gt;Ecce Amor Dei. (Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge.) &lt;BR&gt;Pater Noster, notre Père qui êtes aux Cieux. (J'imaginais que mon beau prince était Dieu lui-même.)&lt;BR&gt;Beati pauperes spiritu. (Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.)&lt;BR&gt;J'aime celui qui me ferait du mal. (J'crie à God: Tiens! j' te crains pus.)&lt;BR&gt;Quiconque me rencontre doit me tuer. (Là où habite encore Caïen.)&lt;BR&gt;Beati Misericordes. (Pardonnez-leur mon divin amant car ils ne savent ce qu'ils font.)&lt;BR&gt;Le pouvoir despotique du cléricalisme séculaire. (Les lois existent, mais qui s'inquiète de les faire respecter?) &lt;BR&gt;Beati Pacifici, et vas sans colère contre moi. (Tu ne pourras te tromper si ton amour est instinctif.)&lt;BR&gt;Le libre arbitre. (Tout ce que tu devrais connaître de l'Amour.)&lt;BR&gt;Je suis la douce nymphe Calypso. (Les ombres de Dom Juan et de Marco Polo.)&lt;BR&gt;Les secousses de la Montagne Tremblante. (L'Opium du Peuple.)&lt;BR&gt;Dante, le poète Florentin et la Divine Comédie. (Mes frères soyez en paix.)&lt;BR&gt;Toi qui le premier après Satan m'a éclairé. (Les fleurs du Mal.)&lt;BR&gt;Les cent jours de Sodome. (Donatien Alphonse François marquis de Sade.)&lt;BR&gt;Dames qui avez l'intelligence de l'amour. (Sa beauté triomphe désormais dans le haut Olympe.)&lt;BR&gt;Pourquoi enfanter là ou l'on a plus besoin d'engendrer. (L'âme est autre chose qu'un génome humain.)&lt;BR&gt;Sodomme et Gomorrhe. (Vois cet autre qui ne parait pas porter un corps factice.)&lt;BR&gt;Le goût des plaisirs éternels. (Venez au séjour de Mon Père, et toi Marco, soit reçu tel un Amant!)&lt;BR&gt;Oh! belle Dame dont je ne connais pas le nom. (Le Parnasse dans tes rêves, est ici le Paradis Terrestre.)&lt;BR&gt;La procession mystique. (Carmina Burana.)&lt;BR&gt;L'apparition de Jeanne au Paradis Terrestre. (Ne pleure pas Marco Mon Amant.)&lt;BR&gt;Les beaux yeux de Jeanne la Pucelle. (Asperges me.)&lt;BR&gt;Adam, pourquoi avoir trahi? (Tu seras avec moi, citoyen de ce Lupanar céleste.)&lt;BR&gt;Les prières de la Dame aux camélias. (Le déclin du Jardin d'Éden.)&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE D'ENTRÉE DE LA COMÉDIE HUMAINE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0000ff size=4&gt;
&lt;P class=p5&gt;&lt;I&gt;Envoyez une &lt;A href=&quot;mailto:x@hotmail.com?subject=Écrire vos commentaires&amp;amp;body=&quot;&gt;&lt;IMG height=20 alt=&quot;envoyez une carte postale à x@hotmail.com&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index-9.jpg&quot; width=20&gt;&lt;/A&gt; Carte Postale&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXIII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/06#152822</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXIII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=372 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com33-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les prières de la Dame aux camélias.&lt;BR&gt;Le déclin du Jardin d'Éden.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
'Deus, venerunt gentes', alternando
or tre or quattro dolce salmodia,
le donne incominciaro, e lagrimando;
&lt;P class=p8&gt;
  e Beatrice sospirosa e pia,
quelle ascoltava sì fatta, che poco
più a la croce si cambiò Maria.
&lt;P class=p8&gt;
  Ma poi che l'altre vergini dier loco
a lei di dir, levata dritta in pè,
rispuose, colorata come foco:
&lt;P class=p8&gt;
  'Modicum, et non videbitis me;
et iterum sorelle mie dilette,
modicum, et vos videbitis me'.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;O Dieu!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 

&lt;I&gt;&quot;Odieux sont les hommes d'avoir profané ton temple 
et de vouloir ainsi s'arroger le &lt;B&gt;métier de Dieu&lt;/B&gt;!&lt;/I&gt;&quot;
Ainsi chantèrent en pleurant les &lt;B&gt;Apsaras&lt;/B&gt;, et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; les écoutait 
aussi triste et défaite qu'était &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt; au pied de la croix.

Mais, après que ces vierges se furent tues pour la laisser parler, elle se leva et, debout, 
le visage enflammé, elle répondit ainsi à ses soeurs bien-aimées:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Modicum et non videbitis me; et iterum, modicum et vos videbitis me.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
Elle les fit aller au-devant d'elle et, d'un signe, nous signifia de la suivre, 
moi, la &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; qui était toujours là. 

Ainsi s'en allait-elle et, après avoir fait dix pas, elle s'arrêta, 
dirigea ses yeux vers moi et elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Viens plus près, pour que si j'ai à te parler, tu sois en bonne place pour m'entendre. 
Je veux que tu te dépouilles de tes rêves et que tu me parles tel qu'à une femme,
qui est, qui vit, qui respire et qui soupire de toi, toi &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, qui ne le mérites guère.
Prends note de mes paroles et redis-les aux mortels qui courent à leur mort en voulant 
modifier la vie. Décris comment tu as vu le saccage de l'arbre, la souillure dans l'atmosphère 
qui soutient la vie et le déclin de ce &lt;B&gt;Jardin d'Éden&lt;/B&gt; qui les supportait. Dis-leur le destin
de ceux qui croquèrent du &lt;B&gt;Fruit défendu&lt;/B&gt; en pensant s'arroger le &lt;B&gt;métier de Dieu&lt;/B&gt;.

Mais puisque je vois que ton intelligence est endurcie et obscurcie, au point que 
mes paroles s'envolent, je veux aussi  que tu portes, en pèlerin fidèle, 
les images sinon mes paroles, aux simples mortels. 
Si tu ne peux te souvenir de t'être éloigné de moi et que ta conscience ne t'en fait point 
le reproche, rappelle-toi au moins que tu viens de boire l'&lt;B&gt;eau du Léthé&lt;/B&gt;, et que 
cet oubli démontre que ton désir était coupable d'avoir porté ailleurs tes sentiments. 
Mais désormais, mes paroles seront sans voile, autant que nécessaire 
pour être comprises de ton esprit grossier.&quot;&lt;/I&gt;

Lorsque s'arrêtèrent les sept &lt;B&gt;Déesses&lt;/B&gt; aux confins d'une ombre qui voilait la forêt, 
il me sembla voir devant elles, deux sources sortir d'un même fleuve, 
pareilles à deux amantes se séparant à regret.

&lt;I&gt;&quot;O lumière et gloire du genre humain, quelle est cette eau qui coule ici 
d'une source unique,  et qui se sépare d'elle-même?&quot;&lt;/I&gt;
À cette prière il me fut répondu: 
&lt;I&gt;&quot;Prie la &lt;B&gt;Dame aux camélias&lt;/B&gt; qui t'a guidé jusqu'ici, elle se fera plaisir en te le disant.&quot;&lt;/I&gt;

Et, comme pour se laver d'un reproche, la &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt; répliqua: 
&lt;I&gt;&quot;Je le lui ai dit, cela, et bien d'autres choses aussi; et je suis sûre que ce n'est pas 
l'eau du &lt;B&gt;Léthé&lt;/B&gt; qui le lui a fait oublier.&quot;&lt;/I&gt;

Et Jeanne ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Peut-être un souci plus grave a-t-il obscurci les yeux de son esprit, mais va 
à l'&lt;B&gt;Eunoé&lt;/B&gt; qui coule là-bas; conduis-le à ses eaux et comme il t'est coutume 
de le faire, ravive sa mémoire défaillante.&quot;&lt;/I&gt;

Et comme un noble coeur, ne cherchant point d'excuses mais de la volonté d'autrui, 
fait la sienne propre, ainsi après avoir pris ma main, la &lt;B&gt;Dame aux camélias&lt;/B&gt; 
s'approcha de la source et s'étendit dans l'eau jusqu'à ce que 
l'eau s'infiltre dans les replis de son beau corps dénudé.
Et, avec une gentillesse toute féminine, elle me tira vers elle en  me disant: 
&lt;I&gt;&quot;Viens, étends-toi et goûte à cette potion qui gît là, 
enfouie dans les profondeurs de ma vulve.&quot;&lt;/I&gt;

S'il me restait, lecteur, plus d'espace pour écrire, je célébrerais au moins imparfaitement, 
le doux breuvage dont jamais je ne me serais rassasié; de cette eau très sainte, 
je m'en revins régénéré, comme de jeunes plants que renouvelle un nouveau filliage, 
pur et  prêt à monter sur d'autres étoiles et à goûter à autant d'autres nectars
enfouis au plus profond des gouffres du désir.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Petite Suite: en bateau de Debussy, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR SUR TERRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/06#152821</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Bouguereau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com32-b1.jpg&quot; width=524&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Adam, pourquoi avoir trahi?&lt;BR&gt;Tu seras avec moi, citoyen de ce Lupanar céleste.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Tant'eran li occhi miei fissi e attenti
a disbramarsi la decenne sete,
che li altri sensi m'eran tutti spenti.
&lt;P class=p8&gt;
  Ed essi quinci e quindi avien parete
di non caler - così lo santo riso
a sé traéli con l'antica rete! -;
&lt;P class=p8&gt;
  quando per forza mi fu vòlto il viso
ver' la sinistra mia da quelle dee,
perch'io udi' da loro un «Troppo fiso!»;
&lt;P class=p8&gt;
  e la disposizion ch'a veder èe
ne li occhi pur testé dal sol percossi,
sanza la vista alquanto esser mi fée.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Depuis tout ce temps que mes yeux n'avaient vu le divin sourire de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, je la fixais 
tel que mes autres sens étaient engourdis. À la regarder, je fus ébloui, comme lorsque 
l'on fixe trop longtemps le soleil, ce qui me priva temporairement de la vue.

C'est alors que mes sens furent déjoués par ces déesses, elles me disaient: 
&lt;I&gt;&quot;Ne fixe point&lt;B&gt; Jeanne&lt;/B&gt; ainsi, il y a tant à voir tout autour.&quot;&lt;/I&gt;
Puis, mes yeux se sont habitués à la faible lumière, et ainsi, je vis l'armée glorieuse 
tourner sur sa droite et se diriger vers le soleil et les sept flammes qui flamboyaient.

Tel un bataillon qui change de direction, la milice céleste tourna tout entière; puis les dames 
revinrent vers le&lt;B&gt; Griffon&lt;/B&gt; qui reprit alors sa marche, sans que l'on voie ses plumes s'agiter.
&lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt;, la &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt; et moi suivirent en longeant tout à côté de la roue du char, 
et au moment où nous traversions la forêt dépouillée, parce qu'&lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt; avait voulu 
y goûter au fruit de la &lt;B&gt;Connaissance&lt;/B&gt;, un concert angélique se fit entendre. 
Jeanne apparut alors, aussi vite que fait une flèche tirée de l'arbalète, 
j'entendais en même temps tous les autres murmurer à l'unisson: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Adam, pourquoi avoir trahi?&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Et ils entourèrent l'arbre aux branches dépouillées de ses feuilles.
&lt;I&gt;&quot;Bénis sois-tu, &lt;B&gt;Griffon&lt;/B&gt;, qui redonne à l'arbre son goût d'antan&quot;&lt;/I&gt;, criaient les autres.

&lt;I&gt;&quot;Il le faut ainsi pour préserver les fondements de la Justice.&quot;&lt;/I&gt;
chantait de son côté l'&lt;B&gt;Animal&lt;/B&gt; en attachant le char à une branche.

La plante prit alors la couleur du &lt;B&gt;sang du Christ&lt;/B&gt;, renouvelant ainsi son feuillage, et l'hymne
qu'alors j'entendis, je ne le compris point, et je ne pus le supporter jusqu'à la fin.
Je ne saurais dire comment je m'étais endormi, mais subitement, 
je fus réveillé par un cri d'un grand éclat: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Debout! que fais-tu?&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
Ainsi, je revins à moi et je vis, debout près de moi, la &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt; charitable 
qui avait conduit mes pas le long du fleuve; et tout troublé, je demandai: 
&lt;I&gt;&quot;Où est &lt;B&gt;Jeanne?&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Elle est là sous le nouveau feuillage; vois cette compagnie qui l'entoure; les autres, 
à la suite du &lt;B&gt;Griffon&lt;/B&gt;,  remontent vers le ciel avec un chant plus doux et plus profond.&quot;&lt;/I&gt;

J'avais devant les yeux &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui m'avait arraché à tout autre souci. Elle était seule, assise
à même le sol, comme laissée là à la garde du char que j'avais vu attacher 
la &lt;B&gt;Bête&lt;/B&gt; aux deux formes. Les sept &lt;B&gt;Apsaras&lt;/B&gt;, en cercle, lui faisaient comme un cloître,
tenant en main ces flambeaux qui ne craignent ni l'obscurité ni les vents.

&lt;I&gt;&quot;Tu habiteras peu de temps ici, dans cette forêt; et avec moi, tu seras pour un temps 
citoyen de ce &lt;B&gt;Lupanar céleste&lt;/B&gt;. Aussi, pour en faire profiter ceux qui pèchent, 
fixe maintenant tes yeux sur le char et fait ce qu'il faut pour raconter ce que tu vas voir, 
quand tu seras de retour sur terre.&quot;&lt;/I&gt; 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; parla ainsi et moi, qui recevais ses ordres, 
dévoué, je dirigeai mes regards et mon esprit là où elle le voulait.

Jamais nuage ne produit tant de foudre et de pluie, à briser l'écorce et à déchirer les arbres, 
et frapper le char qui fléchit comme un navire en détresse.
Puis, je vis s'élancer dans le char une louve en délire, jouant de ses charmes, que ma dame 
mit en fuite aussitôt. Ensuite, je vis une sorcière ailée foncer des nuages sur le char 
et le laisser couvert de ses charmes. Puis, je vis sortir d'entre les roues du char, un dragon 
qui enfonça sa queue dressée et, en pleine érection dans le char, il l'arrosa de son sperme. 
Ainsi transformé et désacralisé, le saint reliquaire se couvrit en ses angles, de bêtes à cornes 
et crachant le feu, tel que jamais on ne vit pareils monstres. 

Sure d'elle-même, comme une forteresse, m'apparut, siégeant bien haut sur le char, une putain 
toute nue,  jouant des yeux autour d'elle. Debout près d'elle, se tenait un géant qui veillait à 
ce qu'on ne la lui enlevât point; à plusieurs reprises ils forniquèrent l'un dans l'autre. 
Mais parce qu'elle tourna vers moi ses yeux cupides et inconstants, cet amant féroce la flagella 
des pieds à la tête; puis, plein de jalousie et fou de colère, il détacha le monstre et le traîna 
si loin dans la forêt, que je finis par ne plus voir ni de la putain ni du monstre.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (inner fury), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b33.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXIII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXI du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/06#152820</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXI du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;image Lesner&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com31-b1.jpg&quot; width=200&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les beaux yeux de Jeanne la Pucelle.&lt;BR&gt;Asperges me.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 «O tu che se' di là dal fiume sacro»,
volgendo suo parlare a me per punta,
che pur per taglio m'era paruto acro,

  ricominciò, seguendo sanza cunta,
«dì, dì se questo è vero: a tanta accusa
tua confession conviene esser congiunta».

  Era la mia virtù tanto confusa,
che la voce si mosse, e pria si spense
che da li organi suoi fosse dischiusa.

  Poco sofferse; poi disse: «Che pense?
Rispondi a me; ché le memorie triste
in te non sono ancor da l'acqua offense».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Ô toi, qui te tiens au-delà du fleuve sacré, dis-moi si cela est vrai, 
dis-le moi pour que ton aveu s'ajoute à de si graves accusations!&quot;&lt;/I&gt;
J'étais troublé et ne pouvais rien dire.

&lt;I&gt;&quot;À quoi penses-tu, vilain &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;? 
Réponds-moi, car le souvenir de tes fautes  n'a pas encore été effacé par cette eau.&quot;&lt;/I&gt;
Confus, je confirmai ses dires d'une voix à peine audible,
je succombai sous ma peine et je fondis en larmes.

Alors elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Au milieu des désirs que je suscitais en toi qui te poussaient vers le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, 
au-delà duquel il n'est rien d'autre à espérer, quels fossés sur ta route et 
quelles tentations t'ont contraint à abandonner l'espoir d'aller plus loin? 
Quels attraits et quels avantages avaient ces autres dames, pour que 
tu les courtises plus que &lt;B&gt;Moi&lt;/B&gt; et que tu me sois &lt;B&gt;Infidèle&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

Je poussai un soupir amer et je dis avec effort: 
&lt;I&gt;&quot;Dès que votre visage me fut voilé, 
les faux plaisirs des choses présentes détournèrent mes pas aussitôt.&lt;/I&gt;&quot;

Elle répondit: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Dieu&lt;/B&gt; qui est &lt;B&gt;Juge&lt;/B&gt; connaîtrait ta faute, alors même que tu la tairais ou que 
tu nierais ce que tu avoues! Mais, à la rougeur de tes joues, je sais que tu as péché. 
Toutefois, pour que tu aies honte de ton erreur, et pour que tu sois plus fort une autre fois, 
devant le chant des sirènes, sèche tes pleurs et écoute ceci: 
Tu apprendras comment ma chair ensevelie devait te conduire dans une voie opposée.

Jamais l'art ou la nature ne te présentèrent autant de beauté, que le beau corps 
où je fus enfermée, et qui est retourné en poussière; et si ce plaisir souverain 
te fut ainsi enlevé par ma mort, quelle chose mortelle devais-tu donc encore désirer? 
Tu devais au contraire, puisque tu avais fais ainsi une première expérience 
des choses trompeuses, t'élever jusqu'à moi qui n'étais plus telle.
Tu ne devais pas pointer ton phallus vers la terre, pour atteindre d'autres corps, 
des femmes légères, une belle adolescente, des étrangères exotiques, 
ou quelque autre vanité passagère.

On peut leurrer quiconque n'a pas le bien pour soi, mais&lt;B&gt; Moi&lt;/B&gt;, mon cher &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;,
ne suis-je pas là, comme si j'étais ta &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

Et je me tenais la tête baissée, muet, honteux et repentant, et alors elle dit: 
&lt;I&gt;&quot;Allons! puisque tu es repentant, lève les yeux vers moi pour que 
tu ressentes encore plus de douleur en me regardant.&quot;&lt;/I&gt;

Lorsque je levai les yeux, je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, le visage tourné vers la &lt;B&gt;Bête&lt;/B&gt; à double nature.
Sous son voile, je pouvais voir qu'elle était  plus belle encore comme elle éclipsait sur Terre,
la beauté des autres femelles. Alors, le repentir me rendit odieux les plaisirs 
qui m'avaient détourné de mon amour. Un tel remords me déchira le coeur et je m'évanouis.

Lorsque je repris conscience, la &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt; qui m'avait accompagné,
 volait au-dessus de moi, légère  comme une nymphe, elle voguait au-dessus des flots
 et elle retenait mon corps plongé dans les eaux du fleuve.

Quand je fus sur la rive bienheureuse, je l'entendis chanter: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Asperges me&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;, 
avec tant de suavité que je n'ose tout décrire de l'effet sur mon corps charnel, 
de ces simples mots et de ce qui s'ensuivit.
La belle dame ouvrit les bras, elle m'attira contre &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et je m'immergeai en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;. 

Puis elle me fit sortir du fleuve et elle me conduisit ainsi, mouillé et nu, 
autour des sept belles âmes qui dansaient, qui m'entourèrent de leurs bras, 
qui m'embrassèrent et me dirent en choeur: 
&lt;I&gt;&quot;Ici nous sommes des &lt;B&gt;Apsaras&lt;/B&gt; et, avant que &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; ne descendît sur terre, 
nous fûmes prédestinées à la servir. Nous te ferons découvrir ses yeux 
et te rendrons capable de pénétrer leur doux éclat.&quot;&lt;/I&gt;

Puis elles commencèrent à chanter et m'emmenèrent face au &lt;B&gt;Griffon&lt;/B&gt; 
où se tenait &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; tournée vers nous: 
&lt;I&gt;&quot;N'épargne pas tes regards, car nous t'avons conduit devant l'émeraude 
qui fut jadis ensorcelée d'&lt;B&gt;Amour &lt;/B&gt;de l'une de tes flèches.&quot;&lt;/I&gt;

Mille désirs me brûlaient alors que mes yeux fixaient les yeux de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et qu'elle 
ne quittait point le &lt;B&gt;Griffon&lt;/B&gt; des yeux. La double Bête reflétait ses deux natures tel que 
dans un miroir, mon âme en était de stupeur et de joie; ne t'étonne point lecteur 
de mon émerveillement, quand je la voyais amovible en elle-même et transformée en son image.
Je goûtais cette nourriture qui altère et nourrit en même temps.

Les trois nymphes avançaient, en réglant leur danse sur le chant angélique.
Pendant ce temps, elles disaient: 
&lt;I&gt;&quot;Tourne &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, tourne tes yeux vers celui 
qui t'est fidèle qui, pour te voir, a fait un si long voyage.
De grâce, fais-nous la grâce de dévoiler ta bouche, pour qu'il puisse 
y déposer ses lèvres et révéler ainsi, l'autre beauté que tu caches.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Comment te décrire, comment te peindre, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, ma tendre &lt;B&gt;Pucelle&lt;/B&gt;, 
telle que tu m'apparus, lorsque dans la pleine lumière tu écartas ton voile 
et que je déposai sur tes lèvres, ce chaud baiser?&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: dans de Charles Semowich, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b32.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXX du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/02#152497</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXX du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=392 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com30-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;L'apparition de Jeanne au Paradis Terrestre.&lt;BR&gt;Ne pleure pas Marco, Mon Amant. &lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Quando il settentrion del primo cielo,
che né occaso mai seppe né orto
né d'altra nebbia che di colpa velo,

  e che faceva lì ciascun accorto
di suo dover, come 'l più basso face
qual temon gira per venire a porto,

  fermo s'affisse: la gente verace,
venuta prima tra 'l grifone ed esso,
al carro volse sé come a sua pace;

  e un di loro, quasi da ciel messo,
'Veni, sponsa, de Libano' cantando
gridò tre volte, e tutti li altri appresso.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Une &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; m'apparut, vêtue de bleu, qui brillait d'une flamme ardente.
Je sentis soudain renaître en moi l'amour, qui m'avait frappé, jeune encore, alors que 
vêtue d'une cote de maille et telle une &lt;B&gt;Amazone&lt;/B&gt; aux membres fragiles, 
elle brillait parmi les hommes d'armes.
À ce moment j'ai su que, derrière cet hymen en forme de cuirasse d'acier,
 elle était capable d'amour et que je serais son amant.

Je me tournai vers mon guide et lui dit: 
&lt;I&gt;&quot;Je frémis de tout le sang que je porte en moi, 
je reconnais là les traits de mon ancienne flamme!&quot;&lt;/I&gt;

Mais &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; n'était plus là et je versai des larmes d'avoir à le quitter ainsi.

&lt;I&gt;&quot;Ne pleure pas &lt;B&gt;Marco Mon Amant&lt;/B&gt;, ne pleure pas déjà parce que ton &lt;B&gt;Mentor&lt;/B&gt; s'en est allé; 
c'est pour une tout autre blessure que tu te dois de conserver tes larmes.&quot;&lt;/I&gt;

Quand je me tournai à l'appel de mon nom, sur le côté gauche du char, je vis une dame, 
qui m'était d'abord apparue voilée, porter ses regards sur moi de ce côté-ci du fleuve.

Bien que le voile qu'elle portait ne la laissait pas bien voir, d'une voix déterminée 
et fière, et d'un ton de reproches, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Regarde-moi bien, mon très cher &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;! 
Ô oui, je suis bien&lt;B&gt; Ta Jeanne&lt;/B&gt; comme tu le vois! 
Comment as-tu eu l'audace de venir jusqu'ici?
Ne savais-tu donc point qu'ici, l'homme est heureux?&quot;&lt;/I&gt;

Je baissai les yeux de honte. Elle me parut sans bonté, comme le fils 
croit être sa mère, et je fis couler quelques larmes, croyant l'avoir blessée.
Et j'entendis les anges chanter: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;In Te, Domine, speravi.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, pourquoi l'accabler ainsi, lui qui est sans défense devant la puissance de ta &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;
Je séchai mes larmes et je retins mes soupirs, devant le chant des adorables angelettes 
qui m'avaient ainsi pris en pitié. Alors, sans quitter le côté du char où elle se tenait 
et se tournant vers les angèles, elle leur dit: 
&lt;I&gt;&quot;Vous, contentez-vous de veiller sur les anges du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;; moi, je veux me faire entendre 
de celui qui pleure là-bas, afin que le châtiment soit à la mesure de ses fautes. 

Celui-ci, au temps de son adolescence, avait tout reçu qui puisse 
le disposer à un avenir prometteur.
Né dans une conjoncture favorable, sous le signe de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, 
l'attention providentielle de la&lt;B&gt; Vierge Marie&lt;/B&gt; et l'abondance des grâces divines. 
Mais, en l'absence de culture et si l'on y sème la mauvaise graine, 
comment la terre peut-elle ne point rester sauvage! 
Pendant un temps, je le soutins de ma vue en lui montrant mes beaux yeux 
de jeune fille pure, et je le menai avec moi dans le droit chemin. 
Aussitôt que, par le feu, je quittai la vie mortelle, il m'écarta de ses rêves et se donna 
à d'autres encore disponibles, des louves sur lesquelles il essaimait sans aimer. 
Quand l'esprit chez-moi, prit le dessus sur la chair et que se sont accrues 
la beauté et la vertu en moi, je lui devins moins chère et moins agréable. 
Et il dirigea ses pas dans des sentiers d'erreur, en suivant de fausses images du bien, 
qui ne tiennent aucune de leurs promesses. 
Et il m'était inutile, en songe ou à l'état de veille, de l'inspirer et de le conseiller,
tant il s'en inquiétait peu. Il tomba si bas que tous les moyens étaient impuissants 
à le sauver, sauf celui de lui montrer le séjour des damnés. 
C'est pour cela que j'ai franchi la porte des morts
et que j'ai adressé en pleurant mes prières à &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui l'a conduit jusqu'à moi.

Les décrets suprêmes de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; seraient violés si l'on pouvait passer le &lt;B&gt;Léthé&lt;/B&gt; 
et goûter à cette eau, sans payer aucun tribut qui fasse couler des larmes de repentir.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: stairway to heaven de Zeppelin, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b31.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXI DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIX du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/11/02#152496</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIX du Purgatoire 
&lt;TABLE border=1 &lt;tr&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com29-b1.jpg&quot; width=461&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La procession mystique.&lt;BR&gt;Carmina Burana.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Cantando come donna innamorata,
continuò col fin di sue parole:
'Beati quorum tecta sunt peccata!'.

  E come ninfe che si givan sole
per le salvatiche ombre, disiando
qual di veder, qual di fuggir lo sole,

  allor si mosse contra 'l fiume, andando
su per la riva; e io pari di lei,
picciol passo con picciol seguitando.

  Non eran cento tra ' suoi passi e ' miei,
quando le ripe igualmente dier volta,
per modo ch'a levante mi rendei.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
La &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; souriait et elle chantait tout en marchant, on aurait dit une amoureuse; 
et, doucement, en s'approchant de moi pour que je sois le seul à comprendre, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Bienheureux Celui&lt;/B&gt;, et je voudrais que ce soit de toi qu'il s'agit, 
dont les désirs sont dignes de pardon!&quot;&lt;/I&gt;

Alors, elle se mit à remonter le fleuve, à petits pas, telle une &lt;B&gt;Nymphe&lt;/B&gt; solitaire et égarée 
dans une forêt sombre, en se faisant désirer, je la suivais de très près.
Après une courte marche elle se tourna vers moi et me dit, d'une voix presque éteinte: 
&lt;I&gt;&quot;Mon frère, regarde et écoute!&quot;&lt;/I&gt;

Voici qu'un éclair apparut et qu'il resplendissait sans jamais disparaître, 
il s'accompagnait d'une mystérieuse mélodie, aussi je me vit blâmer &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;
d'avoir défié Dieu lui-même, me privant ainsi de jouissances charnelles:
&lt;B&gt;
&lt;I&gt;&quot;O Fortuna
velut luna
statu variabilis,
semper crescis 
aut decrescis;
vita detestabilis 
nunc obdurat
et tunc curat
ludo mentis aciem,
egestatem,
potestatem
dissolvit ut glaciem.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt; 

Je me demandais ce que cela pouvait être et plus j'avançais dans la lumière, 
plus mes sens s'éveillaient à l'&lt;B&gt;Éternel Bonheur&lt;/B&gt;.
&lt;I&gt;&quot;Oh &lt;B&gt;Vierges saintes&lt;/B&gt;, mes &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt; me dis-je:
&lt;I&gt;&quot;D'avoir souffert pour vous tant d'abstinence et des veilles trop longues à vous espérer,
je suis pressé de vous en demander ma récompense.&quot;&lt;/I&gt;

Et elles s'avançaient vers moi, entourant un ornement pareil à un candélabre flamboyant, 
braqué et rouge de sang, il pointait arrogant vers le Ciel. Elles semblaient le vénérer, 
le caressant, l'embrassant, le manipulant fermement tout en chantant en choeur 
de leurs voix lascives et sensuelles:

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Chramer, gip die varwe mir, 
die min wengel roete,
damit ich die jungen man
an ir dank der minnenliebe noete.
Seht mich an,
jungen man!
lat mich iu gevallen!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Minnet, tugentliche man,
minnecliche frouwen!
minne tuot iu hoch gemout
unde lat iuch in hohen eren schouwen
Seht mich an 
jungen man!
lat mich iu gevallen!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;   

Je me tournai plein d'admiration vers &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;, et je vis qu'il avait un regard de couardise,
 puis je reportai mes yeux sur ces &lt;B&gt;Choses&lt;/B&gt; merveilleuses qui s'approchaient 
 et semblaient vouloir se donner telles des épouses conquises et soumises.

&lt;I&gt;&lt;B&gt;Wol dir, werit, daz du bist
also freudenriche!
ich will dir sin undertan
durch din liebe immer sicherliche.
Seht mich an,
jungen man!
lat mich iu gevallen!&quot;
&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
  
La&lt;B&gt; Belle Dame&lt;/B&gt; me réprimanda ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Pourquoi t'enflammer de désir pour 
ces vives lumières sans regarder ce qui vient derrière elles?&quot;&lt;/I&gt;

Alors, je vis venir près d'elles des angelettes aux corps translucides, toutes identiques et 
blanches comme neige, scintillantes comme des saphirs. Et tout autour d'elles, d'autres anges 
aux corps robustes et luisants comme l'acier, tous identiques mais pleins d'audace, 
transperçant les angelles de leurs membres arrogants et qui chantaient sans unisson:
&lt;I&gt;&quot;Soyez bénies, &lt;B&gt;Filles du Ciel&lt;/B&gt;, donnez-vous aux&lt;B&gt; Anges du Ciel&lt;/B&gt;
comme savent le faire les &lt;B&gt;filles d'Adam&lt;/B&gt;, et faites-les jouir d'un &lt;B&gt;Orgasme éternel&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Via lata gradior
more iuventutis
inplicor et vitiis
immemor virtutis,
voluptatis avidus
magis quam salutis,
mortuus in anima
curam gero cutis.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;  

À la suite des anges du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, suivaient quatre animaux étranges couverts de feuilles 
et munis de longues ailes, dont les plumes étaient parsemées de multiples yeux, 
comme ceux d'&lt;B&gt;Argo&lt;/B&gt; qui jamais ne dormait.

&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Ego sum abbas Cucaniensis
et consilium meum est cum bibulis,
et in secta Decii voluntas mea est,
et qui mane me quesierit in taberna,
post vesperam nudus egredietur,
et sic denudatus veste clamabit:

Wafna, wafna!
quid fecisti sors turpassi
Nostre vite gaudia
abstulisti omnia!&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Puis, s'avançait un char triomphant sur quatre roues, attelé au col d'un &lt;B&gt;Griffon&lt;/B&gt;.
Trois dames le bordaient du côté droit; elles dansaient en cercle, 
faisant miroiter sous les éclats de l'éclair, leurs corps gracieux de chairs dénudées, 
aux couleurs du feu, de la neige et de l'ébène.

&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Amor volat undique,
captus est libidine.
Iuvenes, iuvencule
coniunguntur merito.

Siqua sine socio,
caret omni gaudio;
tenet noctis infima 
sub intimo
cordis in custodia:

fit res amarissima.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Du côté gauche du chariot dansaient quatre autres dames identiques entre elles, au regard 
paré d'un troisième oeil; elles étaient de couleur azur et telles, qu'elles me fascinaient.
Plus loin venaient d'autres personnages, d'allure et de parure vénérables; et des anges
et des &lt;B&gt;Archanges&lt;/B&gt; comme enrobés dans la ouate, aux ailes repliées ou volant au-dessus 
du cortège, et bien d'autres qui défilaient ainsi, qu'il me serait trop long de décrire.

&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Si puer cum puellula
moraretur in cellula,
felix coniunctio.
Amore suscrescente
pariter e medio
avulso procul tedio,
fit ludus ineffabilis 
membris, lacertis, labii&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Et quand le char fut en face de moi, on entendit un éclat de tonnerre, et tous s'arrêtèrent là.

&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Ave formosissima,
gemma pretiosa,
ave decus virginum,
virgo gloriosa,
ave mundi luminar,
ave mundi rosa,
Blanziflor et Helena,
Venus generosa!&quot;

&quot;Sors immanis
et inanis,
rota tu volubilis,
status malus,
vana salus
semper dissolubilis,
obumbrata 
et velata 
michi quoque niteris;
nunc per ludum
dorsum nudum 
fero tui sceleris.&quot;

&quot;Sors salutis
et virtutis 
michi nunc contraria,
est affectus
et defectus
semper in angaria. 
Hac in hora 
sine mora
corde pulsum tangite;
quod per sortem 
sternit fortem,
mecum omnes plangite!&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;
&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt; Paroles et musiques tirées de Carmina Burana de Karl Orff.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b30.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXX DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVIII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/30#152256</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVIII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com28-b1.jpg&quot; width=314&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Oh! belle Dame dont je ne connais pas le nom.&lt;BR&gt;Le Parnasse dans tes rêves, est ici le Paradis Terrestre.&lt;/P&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Vago già di cercar dentro e dintorno
la divina foresta spessa e viva,
ch'a li occhi temperava il novo giorno,

  sanza più aspettar, lasciai la riva,
prendendo la campagna lento lento
su per lo suol che d'ogne parte auliva.

  Un'aura dolce, sanza mutamento
avere in sé, mi feria per la fronte
non di più colpo che soave vento;

  per cui le fronde, tremolando, pronte
tutte quante piegavano a la parte
u' la prim'ombra gitta il santo monte;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Je brûlais du désir d'explorer et je m'écartai dans la divine forêt; j'arrivai près 
d'un ruisseau aux eaux limpides, j'arrêtai mes pas et je jetai un regard tout autour, 
et là, m'apparut comme une chose qui émerveille et qui chasse ainsi toute autre pensée.

Une &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; esseulée, aux chairs appétissantes, elle allait, chantant et cueillant des fleurs:
&lt;I&gt;&quot;Ah! Attirante &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt; qui te réchauffe ainsi aux rayons qui inspirent et qui 
aiguisent l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, s'il te plaît de t'approcher plus près pour que j'entende ce que 
ton chant me dit. Tu me fais penser à &lt;B&gt;Proserpine&lt;/B&gt; et à l'endroit où elle se trouvait, 
alors que sa mère l'égara et que &lt;B&gt;Pluton&lt;/B&gt; effeuilla sa Marguerite.&quot;&lt;/I&gt;

Elle se tourna vers moi, modeste, semblable à une &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt; en baissant les yeux, 
elle exauça ma prière si bien que je saisis le sens de ses paroles.  Elle me fit la grâce 
de lever les yeux sur moi, elle me souriait si tant est que je la croyais être&lt;B&gt; Vénus&lt;/B&gt;.

Et elle nous dit: 
&lt;I&gt;&quot;Vous êtes nouveaux venus ici, et vous me semblez vous méprendre 
sur l'intention derrière mon sourire et de ce que je sois si peu farouche, et, je le devine 
dans vos yeux narquois, si appétissante et facile à croquer. Toi qui marches si vite, 
qui m'interroges et qui transpire une telle sensualité, je suis là, non par hasard, 
mais pour répondre à toutes les questions qui embrument ton esprit.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Ô &lt;B&gt;Belle Étrangère&lt;/B&gt; qui semble égarée en ce jardin, je m'interroge sur le sens 
de la présence, dans ce lieu où je ne croyais pas y trouver, outre votre &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt;,
&lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; dont je ne connais pas le nom, de cette eau 
et du bruissement des feuilles dans la forêt, comme cela est sur &lt;B&gt;Terre&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

Et elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je vais te dire ce qui est la cause de ton étonnement. L'&lt;B&gt;Être Suprême&lt;/B&gt;
créa l'homme &lt;B&gt;Bon&lt;/B&gt;, et &lt;B&gt;Il&lt;/B&gt; lui donna ce lieu choisi pour être le nid du genre humain. 
Mais il y resta très peu de temps car il changea en &lt;B&gt;Désirs&lt;/B&gt; et en &lt;B&gt;Angoisses charnelles&lt;/B&gt;,
l'&lt;B&gt;innocence&lt;/B&gt; et le doux &lt;B&gt;plaisir des sens&lt;/B&gt; que ce lieu lui promettait.

L'eau que tu vois a, comme source éternelle le &lt;B&gt;Léthé&lt;/B&gt; d'un côté et de l'autre, l'&lt;B&gt;Eunoé&lt;/B&gt;;
ici, elle enlève à chacun le sens du péché, et là, elle rend celui de tout le bien 
que le péché procure. Moi je t'apprendrai à apaiser tes soifs en te faisant goûter 
à ce nectar. Ce lieu dans tes rêves et que tes amis poètes connaissent si bien 
sous le nom de &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt;, est ici le &lt;B&gt;Paradis Terrestre&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Je me tournai alors vers les poètes et je vis, par leur sourire, qu'ils avaient tout compris; 
et je regardai à nouveau la &lt;B&gt;Belle Dame&lt;/B&gt;, en pensant à ce doux &lt;B&gt;péché originel&lt;/B&gt;, avec &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, 
la belle pécheresse de mes fantasmes, chassant nue dans le&lt;B&gt; Jardin d'Éden&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;&amp;nbsp;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Dido et Énée de Purcell, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b29.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIX DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;BR&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/30#152255</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=381 alt=&quot;image de Gustave Moreau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com27-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le goût des Plaisirs éternels.&lt;BR&gt;Venez au séjour de Mon Père, et toi Marco, soit reçu tel un Amant!&lt;/P&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Sì come quando i primi raggi vibra
là dove il suo fattor lo sangue sparse,
cadendo Ibero sotto l'alta Libra,

  e l'onde in Gange da nona riarse,
sì stava il sole; onde 'l giorno sen giva,
come l'angel di Dio lieto ci apparse.

  Fuor de la fiamma stava in su la riva,
e cantava 'Beati mundo corde!'.
in voce assai più che la nostra viva.

  Poscia «Più non si va, se pria non morde,
anime sante, il foco: intrate in esso,
e al cantar di là non siate sorde»,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Elle se tenait tout près, hors des flammes, et elle chantait:
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Bienheureux &lt;/B&gt;ceux, dont le coeur est pur!&quot;&lt;/I&gt;

Et le bel &lt;B&gt;Ange&lt;/B&gt; du ciel ajouta:
&lt;I&gt;&quot;Arrêtez, âmes saintes, et pénétrez ce feu, ne résistez point aux chants 
de la &lt;B&gt;Sirène&lt;/B&gt; qui vous invite au-delà des flammes.&quot;&lt;/I&gt;

Mais je me tenais près du feu et j'avais peur, et mon guide me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Mon fils, ce n'est pas la mort qui t'attend, rien qu'un supplice passager, 
et cette flamme ne saurait te brûler; ce n'est qu'un mur, entre toi et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
que tu dois franchir avant que de goûter aux &lt;B&gt;Plaisirs éternels&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Puis il entra dans le feu suivi de &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt;, qui allait en &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;, et, 
en entendant le nom de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, mes craintes s'envolèrent. 
Je les suivis dans les flammes et tout en marchant, il alimentait 
mon courage en me parlant d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Il me semble voir déjà ses doux yeux.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Au-delà du feu, une voix, aux accents délicats, nous guidait:
&lt;I&gt;&quot;Venez, venez au séjour de&lt;B&gt; Mon Père&lt;/B&gt;, et toi &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, soit reçu tel un&lt;B&gt; Amant&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt; 
Et, au-delà du feu, la lumière m'envahit, et je ne pus la regarder plus longtemps.

La voix ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Ne vous arrêtez pas, car il fera nuit bientôt&quot;&lt;/I&gt;
Et nous fûmes très tôt vaincus par la fin du jour. Au moment où le sommeil invite 
aux jeux de l'amour, il m'a semblé voir en songe une femme jeune et belle,
elle allait dans une prairie cueillant des fruits, des fleurs et des lianes 
et qui n'avait, pour seuls vêtements, que ses longs cheveux d'or.

Elle disait en chantant: 
&lt;I&gt;&quot;Toi qui vas me demander mon nom, sache que je suis &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, 
que de mes mains agiles, je me joue de toi et que je retiens ton beau corps 
attaché nu à cet arbre, avec des liens faits de guirlandes fleuries.

Je ne suis pas comme &lt;B&gt;Lilith&lt;/B&gt;, ma soeur, qui se masturbe devant le miroir alors que moi,
je préfère agir et ensorceler les mâles, pour me les offrir comme des &lt;B&gt;Fruits&lt;/B&gt; murs.&quot;&lt;/I&gt;

Mais déjà la nuit faisait place au jour, et mes rêves s'envolèrent.

&lt;I&gt;&quot;Ce &lt;B&gt;Fruit&lt;/B&gt;, qui attise l'appétit des hommes, apaisera aujourd'hui ta faim.&quot;&lt;/I&gt;
Ces paroles dites par &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;, au moment où nous reprenions la route, 
me donnèrent un tel plaisir qu'aucun présent n'aurait pu les remplacer. 
Mon désir d'être là-haut était tel, qu'il me donnait des ailes.

Quand nous fûmes arrivés au faite de la montagne, 
mon guide dirigea son regard sur moi et il me dit:
&lt;I&gt;&quot;Je t'ai conduit ici, par ma science et mon art, à travers des chemins ardus et étroits. 
Sers-toi désormais de ton seul plaisir comme guide. Vois, là-bas, le soleil, l'herbe tendre, 
les fleurs, jusqu'à ce qu'apparaissent, remplis de joie, ces beaux yeux qui, en pleurant,
 m'ont fait venir jusqu'à toi. N'attends plus de moi ni gestes ni conseils. 
Tu es libre et ton jugement est sain, 
c'est pourquoi je te rends la maîtrise de toi-même.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;&amp;nbsp;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: romanesca de Alonzo Mudarra, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b28.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVIII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;BR&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&amp;nbsp;&lt;/P&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVI du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/22#151542</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVI du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=347 alt=&quot;image de Ingres&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com26-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Sodome et Gomorrhe. &lt;BR&gt;Vois cet autre qui ne parait pas porter un corps factice.&lt;/P&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Mentre che sì per l'orlo, uno innanzi altro,
ce n'andavamo, e spesso il buon maestro
diceami: «Guarda: giovi ch'io ti scaltro»;
 
  feriami il sole in su l'omero destro,
che già, raggiando, tutto l'occidente
mutava in bianco aspetto di cilestro;

  e io facea con l'ombra più rovente
parer la fiamma; e pur a tanto indizio
vidi molt'ombre, andando, poner mente.
 
  Questa fu la cagion che diede inizio
loro a parlar di me; e cominciarsi
a dir: «Colui non par corpo fittizio»;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Pendant tout le temps que nous marchions ainsi, l'un devant l'autre, 
sur le bord de la fosse, et que le bon maître me disait souvent: 
&lt;I&gt;&quot;Fais attention, et surtout, ne néglige pas mes avertissements!&quot;&lt;/I&gt;

Le soir approchait, le soleil était bas et me frappait sur l'épaule droite, que déjà ses rayons 
faisaient paraître blanc le ton d'azur céleste de tout l'occident; la flamme pâlit et parut 
moins rouge là où, frappée par les rayons du soleil; 
mais sa couleur semblait plus vive à l'endroit où mon corps portait son ombre, 
et je vis beaucoup d'ombres faire attention à cet indice, pendant qu'elles marchaient.

C'est pourquoi elles commencèrent à parler de moi; et elles se prirent à dire: 
&lt;I&gt;&quot;Vois cet autre qui ne paraît pas avoir un corps factice.&quot;&lt;/I&gt;

Certaines d'entre elles s'approchèrent de moi, sans toutefois sortir du feu 
et interrompre ainsi leur pénitence:
&lt;I&gt;&quot;Toi qui vas ainsi, si tu as du respect pour ces autres, plus que pour moi qui brûle 
dans la soif  et le feu, réponds-moi, car ces autres, autant que moi, ont grand-soif 
de t'entendre, plus que d'eau fraîche. Dis-nous comment ton corps est aussi lourd 
et palpable, au point qu'il ne laisse point passer la lumière qui le frappe, 
comme si tu n'étais point encore entré dans les filets de la mort.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi me parlait celui-là; et je me serais déjà présenté à lui, si un autre phénomène, 
qui m'apparut alors, n'avait attiré mon attention; car au milieu du chemin embrasé, 
des gens venaient à leur rencontre, et qui me firent rester les regarder.
Je voyais, de toutes parts, ces ombres se hâter, et elles se donnaient, 
non des baisers coupables mais, des baisers de paix, comme des baisers 
de la charité chrétienne, et elles semblaient heureuses de cette fête subite; 
c'est ainsi que font les fourmis disposées en bataillon, elles se frottent 
l'une contre l'autre du museau, comme cherchant à connaître le chemin de leur destin.

Aussitôt que cet accueil amical fut terminé, avant qu'ils n'avancent plus loin, 
chacune d'elles s'époumone à crier très fort pour les nouveaux arrivés: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sodome et Gomorrhe!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 
et les autres d'ajouter: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Pasiphaé&lt;/B&gt; entre dans les bois, pour faire le taureau, courir à sa luxure!&quot;&lt;/I&gt;

Puis, semblables à des grues en migrations venant des cieux &lt;B&gt;Hyperboréens&lt;/B&gt;, et d'autres, 
 des sables brûlants d'&lt;B&gt;Afrique&lt;/B&gt;, pour fuir, celles-ci le froid et celles-là la chaleur, 
 ainsi, une troupe s'en va et l'autre s'en vient, et elles font entendre en pleurant, leurs chants 
 ou les cris qui leur conviennent. Et ceux-là, qui m'avaient d'abord interrogé, se rapprochèrent 
 comme auparavant en se montrant attentifs à écouter mes paroles.

Moi qui, par deux fois, avait vu leur désir, je commençai ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Ô âmes assurées, un jour viendra pour vous, de mériter la paix; mes membres 
ne sont pas restés sur terre ni jeunes ni vieux, mais ils sont ici avec leur sang 
et leurs articulations. Je gravis cette échelle pour m'éclairer de la vérité, 
pour échapper aux erreurs qui ont obscurci ma raison et m'ont entraîné dans le mal; 
une &lt;B&gt;Dame vierge&lt;/B&gt;, dont la vertu est plus grande que le monde d'où je viens, 
qu'elle m'obtient la grâce de porter ma chair mortelle dans votre monde.

Mais, je prie pour que vos plus grands désirs soient rassasiés et que l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;, 
qui est plein d'un amour infini, vous héberge; enfin, dites-moi, pour que j'en informe 
ceux qui me liront, qui vous êtes et qu'elle est cette foule qui vous suit ainsi.&quot;&lt;/I&gt;

Elles sont comme celui qui ne connaît point la ville, ces ombres, venant de la montagne sauvage,
et qui la découvrent enfin, et qui, dans leur stupeur, se troublent, mais parce qu'elles ont 
le coeur pur, elle oublient vite leur stupeur; celle-là, qui m'avait d'abord interrogé, reprit: 
&lt;I&gt;&quot;Bienheureux es-tu, toi qui, pour vivre mieux, 
te charges d'expérience en foulant nos frontières!&quot;

Les gens qui ne viennent pas avec nous ont commis le péché de sodomie qui valut à 
ce &lt;B&gt;Roi&lt;/B&gt; triomphant, de se laisser affubler du nom de &lt;B&gt;Reine&lt;/B&gt;; aussi ils s'en vont en criant: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sodome!&quot;&lt;/B&gt;
et ils se blâment eux-mêmes, comme tu as pu l'entendre; 
et ils s'en vont honteux parmi les flammes.

Quant à nous, notre péché fut hétérosexuel, mais notre appétit contraire aux lois humaines, 
nous crions, pour notre honte, le nom de &lt;B&gt;Pasiphaé&lt;/B&gt; qui, dans un bois, se vautra comme 
une bête avec le taureau. Tu connais maintenant tous nos actes et ce qui nous rend coupables; 
comme il te plaît de connaître nos noms, nous sommes trop nombreux, 
je ne les connais point tous, et il se fait tard et nous devons te quitter.

Mais moi, je satisferai volontiers à tes désirs: je suis &lt;B&gt;Ovide&lt;/B&gt;, gentillhomme &lt;B&gt;Latin&lt;/B&gt;, 
et j'usai  d'une forme nouvelle pour illustrer, dans ma poésie, l'attraction réciproque 
de la femme et de l'homme. Est-ce pour cela que je suis ici, repenti et purifié, 
avant ma dernière heure, d'avoir tant chanté l'&lt;B&gt;Art d'Aimer&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi, je pensais à &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; qui nous précédait, 
et qui avait composé des vers d'amour si tendres et si élégants.

Après m'être rassasié à le contempler, je le regardais pensif et je marchais, 
mais le feu m'empêchait de m'approcher plus près; je m'offris à lui venir en aide 
avec une conviction propre à le convaincre.

Il me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Tes paroles frappent mon esprit, comme une lumière que le &lt;B&gt;Léthé&lt;/B&gt; ne pourrait 
effacer ni  ternir. Mais si tes paroles sont sincères, dis-moi pourquoi tu manifestes 
à mon endroit, par tes paroles et tes regards, une telle affection?&quot;&lt;/I&gt;

Je luis répondis: 
&lt;I&gt;&quot;C'est que vos conseils sur l'&lt;B&gt;Art d'Aimer&lt;/B&gt;, tant que durera l'usage 
de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, me feront aimer autant l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; que la &lt;B&gt;Femme&lt;/B&gt;, et il n'y a pas 
de remèdes à l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui me fassent aimer autant le &lt;B&gt;Sujet&lt;/B&gt; que la &lt;B&gt;Forme&lt;/B&gt;, 
et j'en aime autant la &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; de la Femme, que l'&lt;B&gt;Art&lt;/B&gt; de la séduction sublime ainsi.&quot;&lt;/I&gt;

Et ému, il répondit en désignant un esprit devant lui: 
&lt;I&gt;&quot;Maintenant, comme tu as le si grand privilège d'avoir accès au cloître 
où le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; est l'abbé, récite-lui un &lt;B&gt;Pater-noster&lt;/B&gt; en notre nom, 
nous autres de ce monde, qui n'avons plus le pouvoir de pécher.&quot;&lt;/I&gt;

Puis, pour laisser place à d'autres qui étaient si près, il disparut dans les flammes,
comme un poisson qui s'enfonce dans l'eau profonde.
Je m'approchai de celui qu'il m'avait désigné et je lui dis mon désir d'accueillir ses paroles.

Il commença aimablement à me dire:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Tan m'abellis vostre cortes deman, 
qu'ieu no me puesc ni voill a vos cobrire. 
Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan; 
consiros vei la passada folor, 
et vei jausen lo joi qu'esper, denan. 
Ara vos prec, per aquella valor 
que vo guida al som de l'escalina, 
sovenha vos a temps de ma dolor!&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/B&gt;

Puis il se cacha dans le feu qui  purifie ceux qui s'y trouvent.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;&amp;nbsp;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;(1)&lt;I&gt;&quot;Tant me plaît votre demande courtoise, &lt;BR&gt;que je ne puis et ne veux vous cacher mon nom.&lt;BR&gt;Je suis Arnaut qui pleure et vais chantant; &lt;BR&gt;je contemple avec peine ma folie passée, &lt;BR&gt;et je regarde avec joie devant moi le jour auquel j'aspire. &lt;BR&gt;Je vous prie donc, par les mérites &lt;BR&gt;qui vous conduisent au faîte de cette montagne, &lt;BR&gt;de vous souvenir, au temps voulu, de ma douleur.&quot;&lt;/I&gt;&lt;BR&gt;Theme musical: suite No1 allemande de Hongping Zhang, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b27.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXV du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/22#151541</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXV du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;image de Sorayama&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com25-b1.jpg&quot; width=263&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Pourquoi enfanter là où l'on n'a plus besoin d'engendrer? &lt;BR&gt;L'âme est autre chose qu'un génome humain.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Ora era onde 'l salir non volea storpio;
ché 'l sole avea il cerchio di merigge
lasciato al Tauro e la notte a lo Scorpio:

  per che, come fa l'uom che non s'affigge
ma vassi a la via sua, che che li appaia,
se di bisogno stimolo il trafigge,
 
  così intrammo noi per la callaia,
uno innanzi altro prendendo la scala
che per artezza i salitor dispaia.
 
  E quale il cicognin che leva l'ala
per voglia di volare, e non s'attenta
d'abbandonar lo nido, e giù la cala;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Il était déjà tard et l'heure était venue de monter, car le soleil commençait à descendre; 
aussi, nous fîmes comme celui qui va son chemin et ne s'arrête point, quoi qu'il advienne; 
ainsi, nous entrâmes par le passage étroit, et nous montâmes l'escalier dont l'étroitesse 
était telle, que nous marchions l'un derrière l'autre.

Dans mon désir d'interroger la lumière qui scintillait, j'étais tel le petit de l'oiseau 
qui ne sait aller des ailes pour voler, sans tomber du nid;
j'ouvrais et fermais les lèvres sans laisser échapper un son.

Mon guide qui s'en aperçut, malgré que notre marche fût rapide, me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Ne crains point et exprime sans crainte tes pensées.&quot;&lt;/I&gt;

J'ouvris alors les lèvres, rassuré, et je commençai ainsi:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Comment peut-on enfanter là où l'on n'a plus besoin d'engendrer?&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt;

Et il répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Toutes ces choses qui pourraient te sembler faciles à comprendre, 
comme tes mouvements qui se reflètent en bougeant devant le miroir, n'ont plus 
la même transparence, et de cela je ne saurais te renseigner; mais, pour que tes désirs 
soient satisfaits, j'appelle &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; et je le prie de te guérir de tes appréhensions.&quot;&lt;/I&gt;

Dante alors répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Si je lui dévoile, en ta présence, comment ont été violés les 
dessins éternels, je ne serai excusé que de ne t'avoir point opposé un refus.&quot;&lt;/I&gt;

Puis il continua ainsi, en s'adressant à moi: 
&lt;I&gt;&quot;Si ton esprit, mon fils, est réceptif à mes paroles,
elles éclairciront la question que tu poses. 
Le &lt;B&gt;Sperme&lt;/B&gt; est l'aliment  qui ne se boit point comme un breuvage sur la table, 
il prend dans le coeur la vertu qui donne leur forme, leur essence et leur nature, 
aux membres de l'homme, de la même manière que celui qui va dans les veines 
se changer en eux. Encore digéré, il descend dans les testicules, et puis de là 
il s'écoule dans la matrice,  ce  vase naturel, où il se mélange au sang de la femme. 
L'un et l'autre se rencontrent à cet endroit, l'un est disposé à subir, l'autre à agir, 
grâce à la perfection du lieu de leur origine; et, arrivé là, il commence à opérer, 
d'abord par coagulation, puis il donne la vie à ce que, par sa matière, il a rendu 
consistant. Sa vertu active devenue âme végétative, comme celle d'une plante, 
à cette différence qu'elle n'est pas encore parfaite et elle commence à alimenter 
les organes. Elle se déploie ensuite et se dilate et transmet la vertu du coeur de celui 
qui engendre, pour former l'âme sensitive analogue à celle de la brebis.

Mais tu ne sais pas encore comment, de brebis &lt;B&gt;Dolly&lt;/B&gt;, l'on devient enfant, et c'est 
sur ce point que tant d'&lt;B&gt;eugénistes&lt;/B&gt; se sont trompé, qui, dans leur doctrine, ont oublié 
que l'âme est autre chose qu'un &lt;B&gt;génome humain&lt;/B&gt; et que l'intellect ne peut en être dissocié.

Ouvre maintenant ton âme à la vérité que je te transmets, et sache qu'aussitôt que, 
dans le foetus, la structure du cerveau est parfaite, &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; complète ce chef d'oeuvre 
de la nature; il tire de là, ce qu'il y a d'actif, l'âme végétative et l'âme sensitive, 
et il en fait une seule âme, l'âme intellective, l'âme rationnelle, qui ne s'y trouvait point auparavant, 
et en fait une seule âme qui vit et sent et se reflète en elle-même.

Pourquoi &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, dans sa grandeur, t'aurait-il créé unique mon cher &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, 
alors que celui qui se croit être &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; et qui n'en a point les outils, 
voudrait créer un &lt;B&gt;clone&lt;/B&gt; de toi qui te soit identique?
C'est que ce géniteur est incapable d'aller au-delà de l'âme sensitive de &lt;B&gt;Dolly&lt;/B&gt;, 
et l'&lt;B&gt;Enfant&lt;/B&gt; qu'il croit engendrer, n'est qu'un &lt;B&gt;Golem&lt;/B&gt; sans raison et sans âme.

Et pour que tu ne sois point étonné de mes paroles, considère comment la chaleur 
du soleil se transforme en vin, en s'unissant à l'humeur aqueuse qui coule de la vigne. 
Ainsi l'âme intellective, en s'unissant à l'âme végétative et à l'âme sensible, devient 
une seule âme, qui vit, qui sent et qui est douée de raison. À la mort, l'âme quitte le corps 
et emporte avec elle les facultés corporelles et spirituelles ainsi que les facultés sensitives 
par la mort des organes; les facultés intellectuelles, au contraire, délivrées des entraves 
du corps, deviennent bien plus actives qu'auparavent. L'âme, ainsi délivrée, tombe d'elle-même 
aux bords de l'&lt;B&gt;Achéron&lt;/B&gt; ou à l'embouchure de &lt;B&gt;La Seine&lt;/B&gt;, car elle sait si elle sera sauvée
ou damnée. Aussitôt qu'elle atteint ce lieu, l'information qu'elle recelle rayonne tout autour 
ainsi qu'elle le faisait sur les membres vivants. La vertu qui informe agit sur l'air, 
après la mort, pour façonner en quelque sorte le &lt;B&gt;corps factice&lt;/B&gt;, comme elle a agi sur 
les sangs de l'homme et de la femme pour faire le corps réel. Et comme elle tire de là 
sa visibilité, elle est appelée &lt;B&gt;umbra&lt;/B&gt;, qui signifie notamment apparence.

Voilà la raison pour laquelle nous parlons, nous rions et nous formons les larmes et les soupirs
tels que tu les as entendus par la montagne. L'ombre prend tel ou tel aspect selon que 
nous touchent les désirs et les autres sentiments, et voilà la raison de ce qui t'étonne.&quot;&lt;/I&gt;

Nous arrivions au supplice du dernier cercle, nous tournions à droite et étions accaparés 
par un autre souci. Ici, la paroi de la falaise lance des flammèches de feu poussées par un vent 
qui pousse vers le haut. Aussi, il nous fallait marcher à découvert, un à un, du côté non protégé; 
je craignais d'un côté le feu, et de l'autre de tomber.

Mon guide me disait: 
&lt;I&gt;&quot;Il faut ici être vigilant et bien regarder, car on pourrait facilement se tromper.&quot;&lt;/I&gt;

J'entendis, à ce moment, chanter: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Lumbos, jecurque morbidum
Flammis adure congruis,
Accincti ut artus recubent
Luxu remoto pessimo.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;
venant de l'intérieur du vaste brasier, ce qui me fit me retourner, 
et je vis des esprits qui marchaient dans la flamme; aussi, 
je regardais leurs pas aussi bien que les miens, regardant ici et là.

A la fin de l'hymne, ils criaient d'une voix forte: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Je ne connais point les plaisirs de l'enfantement ne sachant plus comment engendrer&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;;
puis ils reprenaient l'hymne sur un ton plus bas: &lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Méphistos&lt;/B&gt; resta dans les bois
et il en chassa &lt;B&gt;Hélène&lt;/B&gt;, qui avait goûté au poison de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;
  
Puis ils reprenaient leur chant; ils célébraient ensuite des femmes et des maris qui s'aimaient, 
qui jouissaient et qui enfantaient, comme l'exige la vertu de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;.

Et je crois qu'ils continuent sur ce mode alterné, pendant tout le temps que la flamme les brûle; 
il faut que, par de tels remèdes et une telle nourriture, leurs plaies finalement se cicatrisent.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: truthseeker de Sear, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b26.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVI DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;BR&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIV du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/09#150627</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIV du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=328 alt=&quot;image de Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com24-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Dames, qui avez l'intelligence de l'amour.&lt;BR&gt;Sa beauté triomphe désormais dans le haut Olympe.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Né 'l dir l'andar, né l'andar lui più lento
facea, ma ragionando andavam forte,
sì come nave pinta da buon vento;

  e l'ombre, che parean cose rimorte,
per le fosse de li occhi ammirazione
traean di me, di mio vivere accorte.
 
  E io, continuando al mio sermone,
dissi: «Ella sen va sù forse più tarda
che non farebbe, per altrui cagione.
 
  Ma dimmi, se tu sai, dov'è Piccarda;
dimmi s'io veggio da notar persona
tra questa gente che sì mi riguarda».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Nos discours ne ralentissaient notre marche, ni notre marche nos discours, mais 
nous allions vite tout en parlant, comme un navire poussé par un vent favorable. 
Et les ombres, qui exprimaient doublement la mort en elles, de leurs yeux hagards, 
disaient leur étonnement de voir que j'étais toujours vivant.

Et je dis à mon guide, pousuivant ce que j'avais commencé: 
&lt;I&gt;&quot;Cette ombre me semble monter plus lentement, comme si elle était ralentie 
par la présence d'un autre. Dis-moi, si tu le sais, où est &lt;B&gt;Marie de l'Incarnation&lt;/B&gt;;
ou y a-t'il parmi ces ombres qui me regardent tant, une qui le saurait?&quot;&lt;/I&gt;

Et il me répondit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ma très sainte soeur, qui se parait de sa compassion plus que de sa beauté, 
triomphe désormais dans le haut &lt;B&gt;Olympe&lt;/B&gt;, heureuse d'avoir troqué la robe 
pour une couronne. Il est inutile ici de donner un nom à toutes ces ombres 
puisque l'abstinence efface à toutes, leurs traits.&quot;&lt;/I&gt;

Et, en les montrant du doigt, il ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Celui-là, est du quartier qui fut en son temps, plus gay que latin; 
et cet autre plus loin, au visage le plus amaigri de tous, attrappa 
le terrible &lt;B&gt;Supplice&lt;/B&gt; en se donnant corps et âme à tout venant; il évite maintenant 
les ombres qui hantent les fourrés du &lt;B&gt;Bois de Boulogne&lt;/B&gt;,
car il jeune et ne boit plus du venin au calice des &lt;B&gt;Mutantes brésiliennes&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt; 

Il me les montra tous, un par un, beaucoup d'autres qui paraissaient tous contents
d'être montrés ainsi, de sorte que leur visage s'allumait. Je vis cet autre, aux lèvres usées
par la gourmandise, qui invita tant d'enfants à s'abreuver à sa fontaine.

Je vis aussi cet autre, assoiffé, et qui jadis, passait son temps à offrir sa bouche 
à boire la semence et son cul à la cueillir; il n'était jamais désaltéré qu'il 
demande encore de cet elixir qui ensemence la mort plus que la vie.

Mais, comme celui qui regarde et remarque l'un plus que l'autre, je fis ainsi pour celui 
qui se prend pour  une folle et qui voulut me mieux connaître. Je l'entendais et 
il murmurait je ne sais quel nom de &lt;B&gt;&quot;Cage aux Folles&lt;/B&gt;&quot;, sur ses lèvres 
où il sentait déjà le fléau de l'incontinence le consumer de ses fautes.

Alors je lui dis: 
&lt;I&gt;&quot;Ô âme, qui voudrait tant me parler, fait que je saisisse bien tes paroles 
et que nous en soyons satisfaits tous les deux.&quot;&lt;/I&gt;

Et il commença ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Il n'y a pas de femme qui soit née et qui veuille m'apparaître nue sans ses voiles, 
et qui me ferait aimer mes nuits sans que j'aie à la répudier sévèrement. 
Tu iras ton chemin avec ce que je dis et, si je t'induis en erreur, les faits sauront 
te satisfaire. Dis-moi si celui-ci est le poète qui parla si bien d'elles et qui dit ainsi:
&quot;&lt;B&gt;Donne che avete intelletto d'amore.&lt;/B&gt;&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Son nom est &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt;, c'est en-effet le poète de la &lt;B&gt;Vita Nova&lt;/B&gt;,
celui qui s'exprima ainsi que son coeur lui dictait, lorsque &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; l'inspirait.&quot;

&quot;Ô frère, je vois maintenant les cordes qui retiennent ceux-ci ainsi que moi-même, 
au-delà de cette poésie qui a des accents inconnus à mon coeur. Je vois comment 
vos plumes suivent les mouvements de vos coeurs, et que, si nous-mêmes avions un style 
qui transcende l'amour qui nous inspire, y verrions-nous, dis-moi, quelque différence?&quot;&lt;/I&gt;

Et, avec un air satisfait, il se tut. Puis, toutes les ombres détournèrent les yeux, pressèrent le pas 
et filèrent, car étant maigres, elles étaient si légères  et l'ardeur de leur désir si grand;
elles étaient tels des oiseaux qui hivernent et qui s'en vont en file en formant un &lt;B&gt;V&lt;/B&gt;.

Tel celui qui est las de courir, il laisse aller ses compagnons et marche au pas 
jusqu'à ce que l'affolement de son coeur cesse; ainsi, &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui goûta plus que tout autre 
au &lt;B&gt;&quot;Sang du Poète&quot;&lt;/B&gt;, laissa passer le saint troupeau, et, s'en venant derrière moi, il me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Si tu reviens par là, que tu sois ou non &lt;B&gt;Orphée&lt;/B&gt;, sèche tes pleurs d'avoir aux &lt;B&gt;Enfers&lt;/B&gt;,
 égaré ta tendre et douce &lt;B&gt;Eurydice&lt;/B&gt;, j'aimerais pour te la faire oublier, m'appuyer contre toi!&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je ne sais combien de temps il me reste à vivre, mais attendre 
mon retour pourra te sembler long, à moins que je ne devance ma venue ici 
car le lieu où j'ai encore le goût de vivre, me semble destiné à la ruine, car 
il se dépouille, de jour en jour, de toute sa vertu.&quot;&lt;/I&gt;

Alors il répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Va donc, car je vois celui qui est plus coupable que toi, dont la queue 
est liée à celle d'une bête et qui va ainsi vers la vallée où jamais l'on ne s'amande.
La bête accélère à chacun de ses pas; elle va de plus en plus vite jusqu'à ce 
qu'elle le vide de son sang et laisse son corps honteusement émacié.
Mais tu comprendras ce que mes mots veulent dire avant que les astres ne se soient 
beaucoup déplacés là-haut. Je te laisse à présent, car le temps m'est bien compté 
dans ce royaume au point qu'en marchant à tes côtés, je ne le vois plus passer.&quot;&lt;/I&gt;

Comme un cavalier, qui se détache au galop de l'escadron qui chevauche et 
qui cherche ainsi l'honneur d'être le premier à combattre, il nous quitta ainsi, 
à pas plus rapides que nos pas; et je restai avec mes deux compagnons qui furent sur terre 
d'aussi valeureux combattants. Et losqu'il fut assez éloigné et que j'avais peine à le voir 
comme à entendre ses paroles, il m'apparut un arbre, à l'endroit où j'avais tourné les yeux,
dont les rameaux ployaient sous des fruits gorgés de sève.

Je vis, sous l'arbre aux fées, des &lt;B&gt;Pythies&lt;/B&gt; lever les mains et crier je ne sais quoi vers ses feuilles, 
comme des enfants agités et impatients qui supplient leur mère et ne reçoivent point 
de réponse de celle qui aiguise leur envie et à qui ils adressent leurs prières, car 
elle tient très haut caché, le précieux &lt;B&gt; Ritalin&lt;/B&gt;, objet de leurs désirs.

Puis elles s'en allèrent désabusées et vaincues; nous arrivâmes ainsi au pied 
de l'arbre des &lt;B&gt;Dryades&lt;/B&gt; où se tient l'oracle de &lt;B&gt;Delphes&lt;/B&gt;, qui fait fi 
des prières et  des larmes.

&lt;I&gt;&quot;Passez outre sans vous approcher, car l'arbre est plus haut, qui porte encore 
le fruit qui tenta &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt; et dont cette plante est le rejeton.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi nous entendions, on ne sait qui, qui parlait entre les branches; 
et &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; et moi, nous dépassions l'arbre en nous appuyant  
l'un contre l'autre tout en contournant la paroi de la falaise.

Et la voix disait: 
&lt;I&gt;&quot;Souvenez-vous des &lt;B&gt;Hippocentaures&lt;/B&gt;, ces maudits, ces esprits 
qui hantent les ermites des déserts d'&lt;B&gt;Égypte&lt;/B&gt; et qui arborent des poitrines et d'homme 
et de femme, dont l'ivresse fait qu'ils baisent tout ce qui peut bouger; vois, 
comme ils sont pressés de boire la semence à ta fontaine!
Mais &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt; les chassera de ta couche quand elle descendra de son trône.&quot;&lt;/I&gt;

C'est ainsi qu'en longeant l'un des rebords, nous passâmes en regardant ces représentations 
de la &lt;B&gt;Bestialité&lt;/B&gt;, qui furent jadis suivies d'aussi misérables souffrances que la peste.
Puis, loin sur la route déserte, nous avançâmes de plusieurs pas 
sans ne plus parler que méditer à ces choses.

Soudain une voix me fit tressaillir, elle dit: 
&lt;I&gt;&quot;Où allez-vous tous les trois ainsi pensifs, 
comme font les bêtes qui ont peur et qui s'effraient?&quot;&lt;/I&gt;

Je levai la tête pour voir celui qui parlait ainsi. Jamais je ne vis être si brillant 
et si rouge, comme le verre ou le métal que l'on sort des fourneaux, et il nous dit: 
&lt;I&gt;&quot;Pour monter plus haut, il vous faut tourner ici, 
car c'est par là que va qui veut trouver la paix.&quot;&lt;/I&gt;

Je sentis un souffle me toucher le front, et je sentis frémir des ailes, et exhaler 
un doux effluve d'ambroisie, comme fait  la brise en mai lorsqu'elle se lève et embaume, 
toute imprégnée du parfum des herbes et des fleurs et qu'elle annonce la naissance de l'aube;  
et la voix me parla ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Beati ceux que la grâce illumine tellement que l'attrait des plaisirs de chairs 
n'excite plus le désir en eux, et qui n'ont plus cette faim qui écarte du bien 
des choses et des êtres qui ne sont point leur contraire,  ni leur complément, 
et qu'ainsi ils n'atteignent, en s'aimant, l'unité dans leur être.&quot;&lt;/I&gt;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;Dames qui d'amour avez intelligence. Extrait de la Vita Nova de Dante.&lt;BR&gt;Theme musical: shalom de Gennaro Vespoli, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b25.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXV DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/09#150626</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image de Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com23-b1.jpg&quot; width=323&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les cent jours de Sodome.&lt;BR&gt;Donatien Alphonse François marquis de Sade.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Mentre che li occhi per la fronda verde
ficcava io sì come far suole
chi dietro a li uccellin sua vita perde,

  lo più che padre mi dicea: «Figliuole,
vienne oramai, ché 'l tempo che n'è imposto
più utilmente compartir si vuole».

  Io volsi 'l viso, e 'l passo non men tosto,
appresso i savi, che parlavan sìe,
che l'andar mi facean di nullo costo.

  Ed ecco piangere e cantar s'udìe
'Labia mea, Domine' per modo
tal, che diletto e doglia parturìe.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Tandis que mes yeux fixaient le vert feuillage, comme celui qui chasse 
les oiselets toute sa vie, mon père et mon guide me disait: 
&lt;I&gt;&quot;Mon fils, viens maintenant, pour que le temps 
qui nous est imparti soit réparti de façon plus utile.&quot;&lt;/I&gt;

Je tournai les yeux et mes pas vers ces sages, dont les paroles 
m'encourageaient à marcher sans effort. 
Et voici qu'on entendit chanter tout en pleurant, avec un accent tel 
que nous avions plaisir à l'entendre, en même temps qu'une grande douleur:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Labia mea, domine&quot;&lt;/B&gt;.

&quot;Ô mon doux père, qu'est-ce donc cela que j'entends?&quot;&lt;/I&gt;
Et il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ce sont des ombres qui vont, sans doute, en payant leur dette.&quot;&lt;/I&gt;

Ils marchaient derrière nous et ils nous dépassaient, comme font les pèlerins 
lorsqu'ils rencontrent des inconnus sur la route de &lt;B&gt;Saint-Jacques de Compostelle&lt;/B&gt;, 
et qu'ils se tournent vers eux sans s'arrêter; elles  nous regardaient avec étonnement, 
ces âmes pieuses et silencieuses. Leurs  yeux étaient assombris  et caverneux, 
la face était pâle et leur corps décharné et la peau épousait la forme des os. 
Je ne crois pas que &lt;B&gt;Casanova &lt;/B&gt;fut ainsi décharné jusqu'à sa dernière écorce,
par la chasteté, même quand il n'eut plus rien à courtiser.

Je me disais en moi-même: 
&lt;I&gt;&quot;Voilà les gens qui ont perdu &lt;B&gt;Sodome&lt;/B&gt;, quand le &lt;B&gt;Saint-Esprit&lt;/B&gt; 
infusa son membre dans le ventre de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt; 
Leurs orbites paraissaient des anneaux sans leurs gemmes, et, sur le visage des hommes, 
on pouvait lire qu'ils avaient faim et soif. Sans connaître la raison, qui pourrait croire 
que le goût d'un sein, la saveur d'un membre, ou l'odeur d'une cuisse, pouvaient 
faire naître le désir avec une telle intensité?

Dans ma stupeur, je n'arrivais pas à savoir ce qui les affamait ainsi, ignorant la cause 
de leur maigreur et de leur peau desséchée, lorsque je vis une ombre 
tourner son regard vers moi, et me fixer des yeux, et crier d'une voix forte:
&lt;I&gt;&quot;Quelle grâce m'accorde de te voir si près?&quot;&lt;/I&gt;

Jamais je ne l'aurais reconnu à ses traits, mais, à sa voix, je découvris ce que l'aspect 
avait en lui fait disparaître. Cette étincelle ralluma en moi  toute la connaissance 
de cette face défigurée, et je retrouvai la physionomie de 
&lt;B&gt;Donatien Alphonse François marquis de Sade&lt;/B&gt;.

Il me dit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ne te préoccupe pas de cette lèpre sèche qui me décolore la peau, 
ni de mon décharnement, aussi grand soit-il, mais dis-moi la vérité sur toi, et dis-moi 
quelles sont là ces deux âmes qui te font escorte, ne reste pas ainsi sans me répondre.&quot;

&quot;Ton visage ne m'est point inconnu, et il ne me donne pas maintenant plus de douleur 
et plus de larmes de le voir si déformé. Aussi dis-moi, au nom de Dieu, ce qui 
vous amaigris ainsi; ne me demande pas de parler avant que je sois débarrassé 
de ma stupeur, car je ne saurais bien m'exprimer avec ce désir qui hante mon esprit.&quot;&lt;/I&gt;

Il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Des dessins éternels, il descend  dans l'eau et dans l'arbre laissés derrière nous, 
une vertu qui m'amaigrit ainsi. Tous ces gens qui chantent en pleurant, pour s'être 
outre mesure sodomisé, flagellé la chair, meurtri la queue et trituré le vagin pendant 
100 jours dans &lt;B&gt;Sodome&lt;/B&gt;, se purifent ici par la faim et par la soif de souffrir encore plus.&quot;

&quot;Le mélange du sang et de la sueur des seins, le goût de l'écume qui s'échappe de la vulve, 
la saveur du sperme, se répand là-haut sur le feuillage  et nous brûle du désir de se flageller,
de croquer la chair, de boire la semence; et notre peine se renouvelle autant de fois  
qu'il faut tourner autour de cette corniche, mais c'est aussi du plaisir masochiste 
que nous jouissons vers où nous mène ce désir, le même qui poussa le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; 
à souffrir sur sa croix et à nous racheter de son sang.&quot;

&quot;Je crois que, depuis que je suis en âge de raisonner, la nature et la chance se sont unis 
pour m'inonder de leurs trésors, je crois sincèrement, parce qu'il y a des gens qui ont été 
assez bêtes pour le dire, et que des préjugés ridicules m'ont rendu hautain , despotique et 
furieux, c'est comme si tout m'était du et que la terre toute entière devait répondre de 
mes caprices, et qu'il n'en tenait qu'à moi d'assurer leur conception et leur satisfaction.&quot;

&quot;Je fus impétueux, extrémiste dans tout, et je n'ai crains rien, je fus nourri d'une imagination 
perverse et dépravée sans limites, personne n'avait jamais rien vu de semblable et 
je n'avais pas le goût d'en changer, il aurait fallu me tuer pour le faire. 
Je crois sincèrement que la &lt;B&gt;sodomie&lt;/B&gt; est la forme d'expression sexuelle ultime, 
parcequ'elle n'est pas orientée vers la reproduction,
 et je la pratique comme un idéal philosophique.&quot;

&quot;Si je fus châtié par les mortels, ce n'est pas d'avoir forniqué avec des putes, d'avoir flagellé 
et défloré des fillettes, d'avoir martyrisé la servante de mon épouse ou torturé à mort 
de belles lesbiennes, mais bien pour avoir sodomisé le &lt;B&gt;Christ en Croix&lt;/B&gt;.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;

Et je répondis à cet esprit pervers: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Sade&lt;/B&gt;, depuis ce jour où tu échangeas ce monde de débauche douloureuse pour 
une vie meilleure, trois cents ans se sont  écoulés jusqu'ici. Si le pouvoir de pécher 
davantage finit en toi avant que ne survînt l'heure de cette bonne douleur qui de nouveau 
nous unit à Dieu, comment alors as-tu pu aller si haut près du bonheur suprême? 
Je pensais te trouver plus bas en &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, 
là où le temps perdu se rachète par le temps qui n'en finit plus.&quot;&lt;/I&gt;

Et il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Il était minuit, lorsque le fantôme de &lt;B&gt;Laura de Sade&lt;/B&gt; m'apparut, elle me dit:
&quot;&lt;B&gt;pourquoi souffres-tu sur terre, viens me rejoindre, j'habite dans un monde 
très vaste, sans critères, sans batailles, sans souffrances;&lt;/B&gt;&quot;
j'ai voulu m'accrocher à son cou et la suivre, mais le fantôme s'est évanoui 
et je me suis retrouvé seul avec ma douleur. C'est cependant ma chère épouse
&lt;B&gt; Renée Pélagie&lt;/B&gt; qui m'a conduit à boire l'absinthe d'une douleur plus douce; 
par ses pleurs et ses prières et ses soupirs,  elle m'a arraché aux affres de l'&lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;.

Elle est d'autant plus chère et agréable à Dieu, ma tendre petite veuve que j'ai 
malgré tout aimée, qu'elle n'est plus la seule à faire le bien, car les bordels de 
la &lt;B&gt;Ville Lumière&lt;/B&gt; ne comptent plus que de prudes bonnes femmes.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;

&quot;Ô mon frère bien-aimé, que te dirai-je? 
Je vois déjà venir le temps, qui n'est pas si loin, où l'on interdira 
aux effrontées &lt;B&gt;dames de France&lt;/B&gt; de dormir sur les plages du &lt;B&gt;Midi&lt;/B&gt;, 
en exposant leur poitrine et leurs seins à la gourmandise des vampires.
 
Quelles femmes barbares y eut-il jamais, quelles &lt;B&gt;Iraniennes&lt;/B&gt;, à qui il fallut 
des défenses spirituelles pour les faire se couvrir, pour qu'enfin on puisse réinventer 
la concupiscence, la cruauté sexuelle et le viol, pour déchirer leurs charmes enfouis?&quot;

&quot;Mais si ces éhontées devinaient ce que je leur prépare dans le ciel, elles auraient déjà 
la bouche ouverte pour hurler leur souffrance;  car si la prévision ici ne me trompe pas,
elles auront des sujets de douleur, avant que n'ait de la barbe la nourrice 
qui me laisse aujourd'hui croquer ses laiteuses mamelles.&quot; 

&quot;Ah! frère, maintenant, ne me cache plus rien. Vois que ce n'est pas moi seul, 
mais tous ces gens qui regardent l'endroit où tu voiles le soleil.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Si tu rappelles en ta mémoire ce que tu fus, ce que je ne fus point, ce souvenir,
 à présent,  nous sera encore plus douloureux. De cette vie m'a détourné cet autre 
qui marche devant moi, depuis que la lune fit un cercle parfait; il m'a conduit 
par la nuit profonde chez les véritables morts, avec cette vraie chair qui le suit.

De là ses encouragements m'ont entraîné à gravir et à contourner cette montagne  
qui vous redresse, vous qui avez le dos tordu.
Il m'a dit qu'il m'accompagnerait jusqu'à ce que j'arrive là où sera &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; 
et où il faudra que je reste sans lui.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui montrai du doigt, &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;: 
&lt;I&gt;&quot;Quant à cette ombre qui est devant, c'est bien &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; 
qui fut chassé par les tremblements de votre royaume.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt; Dialoque inspiré des écrits du Marquis de Sade.&lt;BR&gt;Theme musical: wozeck3e de Berb, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b24.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIV DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/05#150365</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;image de Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com22-b1.jpg&quot; width=442&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Toi qui le premier après Satan m'a éclairé.&lt;BR&gt;Les fleurs du Mal.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Già era l'angel dietro a noi rimaso,
l'angel che n'avea vòlti al sesto giro,
avendomi dal viso un colpo raso;

  e quei c'hanno a giustizia lor disiro
detto n'avea beati, e le sue voci
con 'sitiunt', sanz'altro, ciò forniro.

  E io più lieve che per l'altre foci
m'andava, sì che sanz'alcun labore
seguiva in sù li spiriti veloci;

  quando Virgilio incominciò: «Amore,
acceso di virtù, sempre altro accese,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
L'ange, qui nous avait conduits au sixième cercle, avait effacé un signe de mon front 
et il était resté derrière. Et moi qui étais plus léger, je marchais  et je les écoutais avec bonheur 
de sorte que je suivais, en montant, ces esprits agiles, quand &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; dit ainsi à &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt;:
&lt;I&gt;&quot;L'affection que j'ai pour toi, sans t'avoir connu, 
ne m'est venue que de tes vers. Mais pardonne-moi de mon audace 
et dis-moi quel péché te retient en ce lieu, toi si plein de sagesse?&quot;&lt;/I&gt;

Ces paroles firent sourire &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; qui répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Tout ce que tu dis m'est témoignage d'affection. En vérité, il y a souvent 
des apparences qui font douter à tort, parce que les vraies raisons en sont cachées. 
Ta question me montre que tu crois que je fus vaindicatif dans l'autre vie, 
peut-être pour avoir été très dur envers les miens et bien plus encore 
pour tes compatriotes français; or sache que la vengeance ne fut pas mon propos,
et que ce manque de mesure, des milliers de lunes l'ont puni 
et que si je châtiais ainsi, c'est que j'aimais trop.&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; réfléchissait et il dit: 
&lt;I&gt;&quot;Tu es l'un de ceux qui me conduisirent au &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt; boire 
aux mamelles  des muses, et c'est toi qui, le premier après &lt;B&gt;Satan&lt;/B&gt;, m'a éclairé. 

Tu as fait comme quelqu'un qui marche la nuit, portant une lanterne 
et qui ne s'en sert pas, mais éclaire ceux qui le suivent, quand tu as dit:
&lt;B&gt;&quot;Ô dame en qui dure mon espérance, 
et qui, pour mon salut, souffris 
de laisser en enfer la trace de tes pas, 
si j'ai pu voir tant de grandes choses,
 je reconnais que je le dois à la grâce 
et à la force reçue de ta puissance et de ta bonté;
 tu m'as conduit de l'esclavage à la liberté 
par tous les chemins, par tous les moyens, 
que tu avais, pour cela, en ton pouvoir.
 Conserve-moi ta munificence pour que mon âme, 
que tu as guérie, se détache de ma chair en te plaisant encore!&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Et Baudelaire qui se sentait en verve devant le poète dit:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Je ne suis qu'un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent mon esprit et travaillent mon corps,
Et j'alimente mes aimables remords.
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Ainsi qu'un  débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin.
Je vole au passage un plaisir clandestin
Que je presse bien fort comme une vieille orange.&quot;&lt;/B&gt;

&quot;Toi, tu le sais bien, &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; mon ami le poète, 
qui a su suivre jusque là-bas la douce et tendre &lt;B&gt;Béatrice&lt;/B&gt;.&quot;

&lt;B&gt;&quot;Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe
Ô Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte 
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours, 
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine!-
L'univers moins hideux et les instants moins lourds?&quot;&lt;FONT size=1&gt;(2)&lt;/FONT&gt;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Et Dante répliqua ainsi:
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Jamais l'art ou la nature ne me présentèrent autant de beauté 
que le beau corps où fut enfermée Béatrice et qui est retourné en poussière; 
et si ce plaisir souverain me fut ainsi enlevé par sa mort, 
quelle chose mortelle devais-je donc encore désirer? 
Je devais au contraire, puisque j'avais fait ainsi
une première expérience des choses trompeuses,
m'élever jusqu'à elle qui n'était plus telle.
Je ne devais pas ployer les ailes vers la terre, pour attendre d'autres coups,
une fillette ou quelque autre vanité aussi passagère. 
Le jeune oiseau se laisse tirer deux ou trois fois,
mais c'est en vain qu'on tend un filet ou 
qu'on tire de l'arc devant ceux qui ont déjà des plumes.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Puis Dante lui demanda: 
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi, si tu le sais, où sont &lt;B&gt;Ovide &lt;/B&gt;le latin, &lt;B&gt;Virgile&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Stace&lt;/B&gt;; 
dis-moi s'ils sont damnés, et dans quel cercle sont-ils.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;  lui répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ceux-là, &lt;B&gt;Rimbaud&lt;/B&gt; ainsi  que &lt;B&gt;Verlaine&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Néruda&lt;/B&gt;, moi
et beaucoup d'autres, nous sommes, avec &lt;B&gt;Homère&lt;/B&gt; que les &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt; allaitèrent 
plus que tout autre, dans le premier cercle de la prison obscure.
Souventes fois nous parlons du &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt; qui garde toujours nos muses près d'elles.
&lt;B&gt;Euripide&lt;/B&gt; est avec nous, &lt;B&gt;Antiphon&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Simonide&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Agathon&lt;/B&gt; 
et plusieurs autres &lt;B&gt;Grecs&lt;/B&gt;, dont le laurier orna jadis le front.

On voit là, parmi nos communes héroïnes, &lt;B&gt;Phryné&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Laïs&lt;/B&gt; les courtisanes, 
et aussi des fées: &lt;B&gt;&quot;les fées qui ont soif&quot;&lt;/B&gt;;
la muse &lt;B&gt;Thalie&lt;/B&gt;,  la mâle &lt;B&gt;Sappho&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Ariadné&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Ophélie&lt;/B&gt;. 
On y voit également &lt;B&gt;Galatée&lt;/B&gt; et, toute de noir vêtue,
&lt;B&gt;Juliette&lt;/B&gt;, l'envoûtante &lt;B&gt;Muse de Saint-Germain-des-Prés&lt;/B&gt;
qui te chantait si tu te souviens bien: 
&lt;B&gt;&quot;déshabillez-moi, 
déshabillez-moi, 
oh déshabillez-moi,
maintenant, 
tout de suite, 
allez vite, 
sachez me posséder, 
sachez me consoler, 
sachez me consumer,
déshabillez-moi, 
déshabillez-moi, 
oh déshabillez-moi!&quot;&lt;FONT size=1&gt;(3)&lt;/FONT&gt;&lt;/B&gt;
Avec cette voix à te pousser, tant de fois, dans les bras du péché.&quot;&lt;/I&gt;

Déjà les poètes s'étaient tus, regardant autour, délivrés de l'ascension et des parois; 
il était près de midi lorsque mon guide dit: 
&lt;I&gt;&quot;Je crois qu'il nous faut virer à droite, en contournant la montagne jusqu'à &lt;B&gt;la Macaza&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi nous prîmes la route avec moins d'hésitation.
Ils marchaient en avant, et moi, tout seul derrière, j'écoutais leurs discours, 
qui m'étaient une leçon d'art poétique et de douce volupté.

Mais bientôt, ces entretiens furent interrompus par la vue d'un arbre chargé de fruits, 
à l'odeur bonne et suave, qui se trouvait au milieu de notre route.
Contrairement au sapin qui se rétrécit en haut de branche en branche, ainsi celui-là 
se rétrécissait vers le bas: c'était semble-t-il, pour que personne n'y monte.
Du côté où notre chemin était fermé, il tombait de la falaise élevée une eau limpide, 
qui arrosait d'en haut, les feuilles.

Les deux poètes s'approchèrent de l'arbre et une voix cria dans le feuillage:
&lt;I&gt;&quot;Là est&lt;B&gt; Marie&lt;/B&gt;, qui fait tourner ta bouche par le raisin du plaisir,
là sont les &lt;B&gt;Romaines&lt;/B&gt; d'autrefois, dont la boisson est faite de baisers, là est &lt;B&gt;Laïs&lt;/B&gt;
qui te nourrit de la science de l'amour; mais vous n'aurez point de cette nourriture.&quot;&lt;/I&gt;

Puis la voix ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Au premier siècle, aussi beau que l'or, la faim fit que les glands sont savoureux, 
et de tout ruisseau la soif fit un nectar. Le &lt;B&gt;Baptiste&lt;/B&gt; se nourrit au désert, 
de Miel et de sauterelles;  c'est pourquoi il est glorieux et sa grandeur est telle 
 qu'on vous le décrit dans l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;Extrait de la Divine Comédie de Dante &lt;FONT size=1&gt;(2)&lt;/FONT&gt;Paroles de Charles Baudelaire.&lt;FONT size=1&gt;(3)&lt;/FONT&gt;Chanson de Juliette Greco&lt;BR&gt;Theme musical: adieu de John Wilbye, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b23.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXI du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/05#150364</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXI du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=440 alt=&quot;image de Rackman&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com21-b1.jpg&quot; width=297&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Dante, le poète Florentin et la Divine Comédie.&lt;BR&gt;Mes frères soyez en paix.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  La sete natural che mai non sazia
se non con l'acqua onde la femminetta
samaritana domandò la grazia,

  mi travagliava, e pungeami la fretta
per la 'mpacciata via dietro al mio duca,
e condoleami a la giusta vendetta.

  Ed ecco, sì come ne scrive Luca
che Cristo apparve a' due ch'erano in via,
già surto fuor de la sepulcral buca,

  ci apparve un'ombra, e dietro a noi venìa,
dal piè guardando la turba che giace;
né ci addemmo di lei, sì parlò pria,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Mon désir de connaître les causes du tremblement et du Chant céleste me tourmentait. 
Et voici que nous apparut une ombre qui nous suivait, en regardant la foule des châtiés 
qui était à nos pieds, et nous ne nous en aperçumes pas avant qu'elle ne nous parlât, disant: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Mes frères, soyez en paix!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Nous nous retournâmes aussitôt, et &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; lui rendit un salut conforme au sien.

 Puis il commença: 
 &lt;I&gt;&quot;Que la justice qui me relègue dans cet exil, te fasse trouver la paix au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;.
Comment! si vous êtes des ombres que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; n'admet point là-haut, 
qui vous a si longuement escortés et guidés?&quot;&lt;/I&gt;

Mon maître répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Si tu regardes les signes que l'ange a tracés sur le front de mon protégé, 
tu verras bien qu'il est destiné au royaume des élus. 
Mais parce que son destin ne l'a pas fait mourir encore, 
il ne pouvait ici venir seul, ne sachant reconnaître la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;, 
comme toi et moi dont l'âme ne vit plus avec le corps.

Ainsi, je fus arraché à la gueule de l'&lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt; pour le guider, 
et je le guiderai aussi loin que ma science pourra le conduire.

Mais dis-nous si tu le sais, pourquoi la montagne vient de trembler ainsi, et pourquoi 
tous parurent crier ensemble, jusqu'à son pied que baignent les eaux du &lt;B&gt;lac Tremblant&lt;/B&gt;?&quot;

&quot;Ce qu'éprouve la montagne sacrée, n'est pas chose inhabituelle ici. 
Ni la pluie, ni la grêle ou la neige, ni la rosée et le givre, ni les nuages épais 
ou légers, ni les éclairs ou le tonnerre, ni la &lt;B&gt;fée Carabosse&lt;/B&gt; qui sur terre dénature, 
ne peuvent ici, altérer la nature des choses.

La cause du phénomène se trouve dans le ciel; la montagne tremble 
quand une âme se sent assez pure pour se lever et monter vers sa cime, 
et ce cri alors l'accompagne. C'est par sa seule volonté libre, et 
seulement lorsqu'elle se sent purifiée, que l'âme est entraînée 
à changer de séjour. Moi, qui subit cette peine depuis tant de siècles, 
je ressens à l'instant ce désir en moi d'un séjour meilleur.
C'est pour cela que tu as entendu le tremblement et les esprits pieux 
rendre gloire au&lt;B&gt; Seigneur&lt;/B&gt;; je le prie qu'il les envoie bientôt là-haut.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi dit-il, et je ne saurais dire combien cela me fit plaisir.

Mon sage guide lui répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois très bien la signification du tremblement et comment il vous libère de vos liens. 
Fais-moi savoir maintenant, qui tu es, et pourquoi es-tu ici depuis tant de siècles?&quot;

&quot;Les hommes encore m'appellent &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; sur la terre;
je chantai la &lt;B&gt;Divine Comédie&lt;/B&gt; et puis aussi le grand &lt;B&gt;Virgile&lt;/B&gt;.
Mon ardeur poétique a été engendrée par les étincelles d'une flamme amoureuse 
pour &lt;B&gt;Béatrice&lt;/B&gt;, et par le dédain envers les manipulateurs de mon peuple.
Je parle de l'&lt;B&gt;Énéide&lt;/B&gt; qui fut, en poésie, ma mère nourricière; sans elle 
je n'aurais rien fait qui pesât un écu.&quot;&lt;/I&gt;

Je souris pour ne pas éclater de joie tellement l'émotion m'envahit à ses mots, 
aussi l'ombre se tut et me regarda dans les yeux, où l'expression des sentiments 
se manifeste le mieux; et elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Puisses-tu bien arriver au terme de tes fatigues; 
mais pourquoi ton visage vient-il de me montrer l'éclair d'un sourire?&quot;&lt;/I&gt;

Je dis alors: 
&lt;I&gt;&quot;Peut-être es-tu étonné, esprit antique, de ce que j'ai souri, mais je veux que 
tu t'émerveilles encore bien plus; celui-ci, qui guide mes yeux vers le ciel, 
c'est&lt;B&gt; Baudelaire&lt;/B&gt;, le poète qui en son temps te ressemblait tellement et qui, 
par ce périple difficile et tortueux, m'a fait découvrir toutes ces &lt;B&gt;Fleurs du Mal&lt;/B&gt;.

Moi, je souris ainsi de gêne sans doute, à t'avouer que je modèle mes pas 
dans ces royaumes, en jetant un regard identique au tien sur la 
&lt;B&gt;Comédie Humaine&lt;/B&gt;, qui n'était pour toi qu'une &lt;B&gt;Divine Comédie&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Déjà mon &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt; se penchait pour embrasser les pieds du poète &lt;B&gt;Florentin&lt;/B&gt;, 
mais il se ravisa, sachant qu'il était comme lui une ombre:
&lt;I&gt;&quot;Tu peux maintenant comprendre l'intensité de l'affection que j'ai pour toi, 
lorsque j'oublie la vanité de ce que nous sommes, 
en traitant les ombres comme si elles étaient des choses solides.&quot;&lt;/I&gt;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
 &lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique new-age (trees), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b22.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;BR&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XX du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/05#150363</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XX du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=372 alt=&quot;image de Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com20-b1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les secousses de la Montagne Tremblante.&lt;BR&gt;L'Opium du Peuple.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Contra miglior voler voler mal pugna;
onde contra 'l piacer mio, per piacerli,
trassi de l'acqua non sazia la spugna.

  Mossimi; e 'l duca mio si mosse per li
luoghi spediti pur lungo la roccia,
come si va per muro stretto a' merli;.

  ché la gente che fonde a goccia a goccia
per li occhi il mal che tutto 'l mondo occupa,
da l'altra parte in fuor troppo s'approccia.

  Maladetta sie tu, antica lupa,
che più che tutte l'altre bestie hai preda
per la tua fame sanza fine cupa!&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
J'aurais voulu parler plus longuement avec l'ombre de &lt;B&gt;Marco Polo&lt;/B&gt; 
mais, sa volonté fut plus forte que la mienne; aussi, pour lui plaire 
et contre mon gré, je m'éloignai avec regret de cet esprit glorieux.

Je me mis en marche et mon guide aussi, le long de la falaise, par les lieux qui étaient libres, 
comme on va sur un mur en rasant les créneaux; et mes pensées voyageaient en désordre: 
&lt;I&gt;&quot;Maudite soies-tu, louve vicieuse qui me harcelle sans cesse et qui veut m'engloutir, 
comme autant de proies dans le gouffre sans fond de ta faim! 
&lt;B&gt;Ô ciel! Quand donc viendras-tu la chasser de mon esprit?&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt;

Nous allions à pas lents et mesurés, j'étais rempli de pitié et attentif à ces ombres 
que j'entendais pleurer et se plaindre; et, par hasard, j'entendis appeler ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ô &lt;B&gt;Prolétaire&lt;/B&gt;! n'as-tu donc plus la Foi?&quot;&lt;/I&gt;

Devant nous, parmi des sanglots, comme fait une femme dans 
les douleurs de l'enfantement; il semblait me parler et  il continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, 
l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. 

&lt;B&gt;C'est l'opium du peuple&lt;/B&gt;.

Ne serais-tu l'une de ces canailles, toi, qui crois ainsi aller au ciel, en récompense 
à ta passive servitude? Les principes sociaux du christianisme déplacent dans le ciel la fin 
de toutes les infamies. De ce fait, ils justifient la perpétuation sur terre de ces infamies.

Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi, 
l'abaissement, la servilité, l'humilité, bref tous les caractères de la canaille.
Le prolétaire qui refuse d'être traité comme canaille a bien plus besoin de son courage, 
de son respect de soi, de sa fierté et de son indépendance que de son pain quotidien.&quot;&lt;/I&gt;

Et, surpris, je répondis à l'ombre que je ne pouvais voir: 
&lt;I&gt;&quot;Qui es-tu, toi, qui se terres derrière ces rochers et qui crois être le seul
à savoir gérer ma propre souveraineté?&quot;&lt;/I&gt;

Et il enchaîna: 
&lt;I&gt;&quot;La liberté n'est pas de faire tout ce que tu veux faire, mais le droit 
de faire tout ce qui ne nuit à personne, et seul l'&lt;B&gt;État&lt;/B&gt; peut être  
le médiateur entre toi et ta propre liberté.

L'&lt;B&gt;État&lt;/B&gt; supprime les distinctions chez l'homme,  il traite les éléments de 
la vie réelle du peuple du seul point de vue de l'&lt;B&gt;État&lt;/B&gt; et chaque membre du peuple 
participe également à la souveraineté populaire. 
Dans l'&lt;B&gt;État&lt;/B&gt;, l'homme est un être imaginaire et il possède une souveraineté fictive, 
il est dépouillé de sa vie individuelle réelle et il est rempli d'une universalité irréelle. 
Les buts de l'&lt;B&gt;État&lt;/B&gt; deviennent ceux de la &lt;B&gt;Bureaucratie&lt;/B&gt;,
et ceux de la bureaucratie, ceux de l'État. 
La bureaucratie est donc un cercle dont tu ne pourras jamais t'évader, 
ne l'oublie pas, toi qui s'en vas, d'un pas si déterminé, au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je comprends ton propos et si tu ne le sais, mon périple en enfer m'a fait reconnaître là,
 l'image horrible de la &lt;B&gt;Bureaucratie&lt;/B&gt;, mais c'est pour une tout autre raison 
que je vais au Paradis, et c'est l'amour d'une Dame qui me fait m'y presser.&quot;&lt;/I&gt;

À cela Il ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Je comprends, car il est bien connu que le rapport le plus direct, le plus naturel 
et le plus nécessaire de l'être humain à l'être humain, est le rapport de l'homme à la femme. 
Mais sois instruit de ce que l'amour est une passion, et rien n'est plus dangereux pour 
la connaissance sereine que la passion. Le culte de l'amour, c'est la souffrance, et 
le couronnement de ce culte, c'est l'immolation de soi, c'est le suicide, le &lt;B&gt;culte du Moloch&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Je renouvelai ma demande à cet être plein de conviction, &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;, 
percevant que je n'aurais pas le dessus  sur cet esprit érudit, continua ainsi: 
&lt;I&gt; &quot;Qui es-tu, toi qui  monoloques ainsi?
Ton propos, je puis très bien le comprendre; n'as-tu point vu mourir 
la grande union des peuples soviétiques d'un virus qui a pris racine 
dans les écrits de penseurs tels que toi, ce virus, 
le même, qui ronge lentement le coeur des &lt;B&gt;démocraties sociales&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

Comme il restait silencieux, j'ajoutai: 
&lt;I&gt;&quot;Ô âme qui parles si bien mais d'autant de syllogismes, dis-moi 
qui tu fus et pourquoi tu es seul à t'encenser de tes propres dogmes.
Ta réponse ne restera pas sans récompense, si je retourne achever le court chemin 
de cette vie qui vole à son terme, je leur dirai que tu n'es au &lt;B&gt;Purgatoire&lt;/B&gt; 
que par félonie, et que les êtres fragiles qui croient encore en ton &lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt;, 
finiront bien pas cesser de prier pour ton salut.&quot;&lt;/I&gt;

Il me répondit d'une voix irritée: 
&lt;I&gt;&quot;Non que j'attende quelque secours de la terre ni de toi, car, 
si j'en avais encore le pouvoir, je te renverrais au &lt;B&gt;Goulag&lt;/B&gt; de la vie terrestre,
 mais parce qu'une grâce si éclatante semble briller en toi, je vais te le dire 
avant que tu ne sois mort d'autre sorte que par ma volonté. Je fus la racine 
de la plante malfaisante dont l'ombre fait mal encore à tout l'&lt;B&gt;Occident&lt;/B&gt;, 
parce qu'ils ont trafiqué mon nom et dénaturé mes dogmes en sorte 
qu'on n'en récolte plus que de mauvais fruits.  Et je le demande à &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui juge tout, 
que la vengeance m'assaille. Je fus sur cette terre un esprit tout aussi brillant 
qu'&lt;B&gt;Hegel&lt;/B&gt;, je m'appelle &lt;B&gt;Karl Marx&lt;/B&gt; d'où est issu la foi marxiste.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;

&quot;C'est donc de toi qu'est né le &lt;B&gt;Manifeste Politique&lt;/B&gt;, sur lequel &lt;B&gt;Lénine&lt;/B&gt; 
s'appuya pour renverser, en croyant bien faire, des &lt;B&gt;Ksars&lt;/B&gt; insouciants; 
et ces autres, &lt;B&gt;Staline&lt;/B&gt;: &lt;B&gt;Mao-Tsé-Tung&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Pol-Pot&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Fidel&lt;/B&gt; qui maintinrent 
la foi du &lt;B&gt;Parti&lt;/B&gt; par la force, le mensonge, la tyrannie et le brigandage, 
ces bouchers dont tu fus, inconscient, le maître-à-penser et qui enchaînèrent 
les peuples en voulant inventer une &lt;B&gt;Liberté&lt;/B&gt; pour les prolétaires.

Tu as ainsi engendré les monstres de l'&lt;B&gt;Internationale Socialiste&lt;/B&gt;; 
tu as eu une telle puissance par tes propos et si nombreux furent tes disciples 
qu'il en reste encore des vestiges, malgré que ton règne soit éteint, 
à quelques ministères du &lt;B&gt;Parti&lt;/B&gt; qui gouverne la &lt;B&gt;France&lt;/B&gt;. 
Avant eux, ceux qui gouvernaient cette &lt;B&gt;douce France&lt;/B&gt; 
ne faisaient point le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, mais au moins, ils ne faisaient point le &lt;B&gt;Mal&lt;/B&gt;.

Quelle vilenie as-tu propagé dans l'esprit de ces intellectuels de gauche 
pour qu'ils assistent, insouciants, à la propagation du cancer stalinien 
dans leur &lt;B&gt;Assemblée Nationale&lt;/B&gt; alors qu'ils s'indiqnent de voir 
se propager le virus hitlérien au parlement autrichien, 
comme si la forme du cancer pouvait en faire oublier la substance.

Ces gens ne distinguent le Mal que sur leur main droite, alors même que 
le &lt;B&gt;Pouvoir&lt;/B&gt; est le lit du &lt;B&gt;Mal&lt;/B&gt; qu'ils portent de leur main gauche. 
À tour de rôle ils s'ingénient, de part et d'autre, 
à défaire ce que l'autre a fait. Que ne regardent-ils point en direction 
de la sage et fière &lt;B&gt;Albion&lt;/B&gt; qui a su faire sans défaire, et faire bien en évitant 
de trop mal faire, cela en étant ni à gauche ni à droite, mais ambidextre!

Je vois le temps, et qui ne tardera point, où un autre &lt;B&gt;Charles&lt;/B&gt; sortira de France 
suivant les drapeaux d'une &lt;B&gt;Pucelle&lt;/B&gt;, pour mieux bouter hors de l'hexagone 
&lt;B&gt;l'Opium des intellectuels&lt;/B&gt;, 
ces dogmes qui embrument depuis tant de lustres l'esprit perturbé 
des enfants gâtés de &lt;B&gt;La Sorbonne&lt;/B&gt;.&quot;

&lt;B&gt;&quot;Veggion in Orleanos entrar lo fiordaliso
E nel regina suo  Pucela esser catto.
Veggiolo un' altra volta esser deriso;
Veggio rinnovellar l'aceto e il fele, 
E tra vivi ladroni essere anciso,&quot;&lt;/B&gt;

&quot;Ô ma très sainte soeur et amante, quand aurai-je la joie de voir la vengeance qui, 
cachée dans les secrets de tes conseils, adoucira mon saint mépris des dogmes?
Ce que je dis de la &lt;B&gt;Pucelle d'Orléans&lt;/B&gt;, et qui me fait m'adresser à toi pour t'en donner 
quelque explication, est le sujet de toutes mes prières tant que dure le jour, mais, 
quand vient la nuit, je prie d'une toute autre façon. Parfois, je parle haut, et d'autres fois 
bien bas, selon la disposition de mon âme qui m'éperonne à faire tantôt de plus grands 
et tantôt de plus petits pas. Aussi, à louer le bien que j'exalte ici pendant le jour, 
tout à l'heure je n'étais point seul, mais, près de moi, personne n'élevait la voix.&quot;&lt;/I&gt;

Nous avions déjà quitté &lt;B&gt;Karl Marx&lt;/B&gt; qui se terrait, gêné d'avoir échappé à l'Enfer 
et nous nous pressions de reprendre notre route autant que nos forces le permettaient, 
quand je sentis trembler la montagne, comme une chose qui s'écroule; 
j'en éprouvai un frisson pareil à celui d'un homme que l'on mène au supplice. 

Certes l'Enfer ne tressaillait pas si fort, avant que &lt;B&gt;Méphistos&lt;/B&gt; n'y fît son nid, pour enfanter 
les &lt;B&gt;chutes du Diable&lt;/B&gt;. Puis une clameur s'éleva sur tout le parc de la 
&lt;B&gt;Montagne Tremblante&lt;/B&gt;, tel que mon maître s'approcha de moi en me disant: 
&lt;I&gt;&quot;N'aie crainte, tant que je suis ton guide.&quot;

&lt;B&gt;&quot;Gloria in excelsis Deo&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;
Disaient ceux qui criaient ainsi tout près. Nous restâmes immobiles et dans l'incertitude, 
jusqu'à ce que cessèrent les secousses du &lt;B&gt;Mont Tremblant&lt;/B&gt; et que l'hymne fût enfin finie.

Puis nous reprîmes notre route sainte, regardant les ombres qui gisaient sur les berges 
du &lt;B&gt;lac Caché&lt;/B&gt;, déjà revenues à leurs pleurs habituels. 
 
Si ma mémoire ne se trompe sur ce point, jamais je n'ai eu autant le désir de savoir 
ce que je ne pouvais comprendre par moi-même, de ces événements dont j'étais ignorant, 
mais, dans notre hâte, je n'osais interroger &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;; 
ainsi je m'en allai, pensif, et mes désirs inassouvis.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt; Dialogue accompagné d'une interprétation des idées de Karl Marx&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (midtrn), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b21.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXI DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIX  du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/10/05#150362</link> 

						<description> 
 &lt;STRONG&gt;
&lt;P class=p1&gt;Chant XIX du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image de Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com19-b1.jpg&quot; width=346&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Je suis la douce nymphe Calypso.&lt;BR&gt;Les ombres de Dom Juan et de Marco Polo.&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p1&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&amp;nbsp;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Ne l'ora che non può 'l calor diurno
intepidar più 'l freddo de la luna,
vinto da terra, e talor da Saturno

  - quando i geomanti lor Maggior Fortuna
veggiono in or‹ente, innanzi a l'alba,
surger per via che poco le sta bruna -,

  mi venne in sogno una femmina balba,
ne li occhi guercia, e sovra i piè distorta,
con le man monche, e di colore scialba.

  Io la mirava; e come 'l sol conforta
le fredde membra che la notte aggrava,
così lo sguardo mio le facea scorta&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
À l'heure où le réveil subit laisse vos rêves apparaître réels, il m'apparut en songe 
une femme étrange; elle louchait des yeux, elle boitait, ses mains étaient lacérées 
et son visage était blême. Je la regardais et je lui parlais, mais elle ne pouvait que bégayer. 
Mais comme le soleil fait fondre la glace, à la regarder trop longtemps, 
mes yeux délièrent sa langue, puis redressèrent son corps et redonnèrent 
en si peu de temps, comme seul l'amour peut le faire, toute la beauté à son corps.

Ainsi, ayant retrouvé la parole, elle commença à chanter si bien que
j'avais peine à détacher d'elle mon esprit:
&lt;I&gt;&quot;Je suis la douce nymphe &lt;B&gt;Calypso&lt;/B&gt; qui égare les mortels au milieu de ma couche, 
si grand est le plaisir que je procure. Par mon chant mélodieux, 
je détournai &lt;B&gt;Ulysse&lt;/B&gt; de sa belle. Et je te détournerai de la tienne, bel inconnu que tu es,
car, qui s'empale en moi, rarement ne me quitte, tant je le tiens sous mon charme.&quot;&lt;/I&gt;

Sa bouche s'était juste refermée sur la mienne et nos deux corps s'empalaient déjà, 
quand une sainte dame apparut vivement, auprès de moi, pour la confondre.

Elle s'écria, indignée: 
&lt;I&gt;&quot;Ô &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;! ô &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;! 
Quelle est cette femme perverse qui s'empare ainsi du fils que je t'ai confié?&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; arriva aussitôt fixant ma sainte Mère. Elle se saisissait à ce moment 
de l'amante et l'ouvrait par-devant, lacérant ses vêtements, et elle me montrait son ventre 
pour que j'abhorre son image: la puanteur qui en émanait me réveilla.

Je tournai les yeux vers mon maître qui me disait: 
&lt;I&gt;&quot;Je t'ai appelé au moins trois fois! 
Debout! viens! Trouvons la porte par où tu dois entrer.&quot;&lt;/I&gt;

Je me levai et déjà c'était le jour; nous marchions avec le soleil dans le dos.

En le suivant, je portais le front comme celui qui ploie sous le poids de ses pensées 
et fait comme un demi-arc de son dos, quand j'entendis: 
&lt;I&gt;&quot;Venez, c'est ici que l'on passe.&quot;&lt;/I&gt;

Celui qui parlait ainsi, avait une voix si suave et si aimable qu'il n'en est point de pareille 
chez les mortels, outre la voix indéfinissable du castrat.

Les ailes déployées, qui paraissaient celles d'un cygne, celui qui nous parlait 
ainsi nous fit monter entre les deux parois de la dure falaise. Puis, en battant des ailes, 
il nous en éventa et il dit: 
&lt;I&gt;&quot;Bienheureux toi qui pleures ainsi car ton âme sera rassasiée!&quot;

&quot;Qu'as-tu donc pour ne regarder que vers la terre?&quot;&lt;/I&gt;

À l'interrogation de mon maître, je répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Une nouvelle vision m'obsède et m'inquiète 
et me fait marcher ainsi car je ne fais que d'y penser.&quot;&lt;/I&gt;

Et il répliqua, connaissant très bien mes appréhensions: 
&lt;I&gt;&quot;Tu vois cette vieille sorcière, seule et qui fait pleurer autour d'elle, 
et comment on s'en débarrasse? Elle n'est déjà plus là où tu regardes, ce ne sont 
que des leurres que le &lt;B&gt;Roi du ciel&lt;/B&gt; fait tourner autour de ton esprit.&quot;&lt;/I&gt;

À ces paroles, je recouvrai l'esprit et nous sortîmes du cinquième cercle, et là, je vis 
des gens qui pleuraient, gisant à terre, la face en bas. Je les entendais qui disaient: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Mon âme n'est plus que poussière.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Une ombre qui ne pleurait pas, se détacha du groupe et vint vers nous.
&lt;!-- (épisode Don Juan) --&gt;
&lt;I&gt;&quot;L'ombre que tu vois et qui s'approche est celle de &lt;B&gt;Dom Juan&lt;/B&gt;, 
le plus grand des scélérats que la terre ait jamais porté, 
un enragé, un chien, un diable qui ne croit ni &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt; ni &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, un &lt;B&gt;Sardanapale&lt;/B&gt;, un &lt;B&gt;Épicure&lt;/B&gt;.
Il n'est pas seul, une autre ombre le suit de près qui pourrait bien être sa dernière conquête.
Il ne se sert du mariage que comme un piège pour attraper les belles. 
Il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour sa couche: 
dames, demoiselles, bourgeoises ou paysannes.&quot;&lt;/I&gt;

L'ombre qui semblait avoir entendu les propos de &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; commença ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Quoi? tu veux qu'on se lie à demeure à la première femelle venue 
qu'on renonce au monde pour elle, et qu'on n'ait plus d'yeux pour une autre?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Quel faux honneur de vouloir se vanter d'être fidèle, 
de s'ensevelir pour toujours dans une unique passion, 
et d'être aveugle encore jeune à toutes les beautés qui nous peuvent frapper les yeux! 
Non: la constance n'est bonne que pour les ridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, 
et l'avantage d'être rencontrée la première 
ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos coeurs. 
Pour moi, la beauté me ravit partout ou je la trouve, 
et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne.
J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle 
n'engage point mon âme à être injustice envers les autres; 
j'ai des yeux pour voir le mérite de toutes, 
et je rends à chacune les hommages et les tributs que la nature nous oblige. 
Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon coeur à tout ce que je vois d'aimables; 
et dès qu'un beau visage me le demande, 
si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. 
Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, 
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement.&quot;

&quot;Qu'il m'est doux de triompher de la résistance d'une belle personne, 
et sur ce sujet, je me sens comme un conquérant, 
qui vogue sans fin de victoire en victoire. 
Rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: 
je sens que mon coeur peut les aimer toutes; 
et comme &lt;B&gt;Alexandre&lt;/B&gt;, je souhaiterais qu'il y eût d'autre mondes, 
pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.&quot;&lt;/I&gt; 

Piqué au vif, je répliquai à l'ombre de &lt;B&gt;Dom Juan&lt;/B&gt;:
&lt;I&gt;&quot;Ma foi! &lt;B&gt;Monsieur&lt;/B&gt;, j'ai toujours oui dire que c'est un gros risque que de se railler du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, 
et que les libertins ne font jamais une bonne fin.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Va, va, c'est une affaire entre le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt; et moi, 
et nous la démêlerons bien ensemble, sans que tu t'en désoles.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Osez-vous bien ainsi vous jouer du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, 
et ne tremblez-vous point de vous moquer comme vous faites des choses saintes?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;La Paix, veux-tu?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;De quoi est-il question alors?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Il est question de te dire qu'une beauté me tient au coeur, 
et, qu'entraîné par ses appas, je l'ai suivie jusques en ce lieu.
Et n'allons point songer au mal qui nous peut arriver, 
et songeons seulement à ce qui nous peut donner du plaisir.&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;


Et j'interpellai &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; qui semblait se presser:
&lt;I&gt;&quot;Ô maître! ralentis tes pas que j'interpelle cet autre esprit 
dont le visage me semble connu de moi.&quot;

&quot;Esprit qui ne pleure point comme ces autres esprits, interrompt ta route 
et dis-moi qui tu es et pourquoi tu tournes ainsi le dos au Ciel, et si tu veux 
que je t'obtienne quelque chose, sur la terre, 
d'où je suis parti vivant?&quot;&lt;/I&gt;

Et il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je suis de la ville qui s'enlise dans les lagunes et que j'ai quittée, 
trop peu longtemps, pour voguer dans des contrées jamais auparavant explorées.
J'ai troqué l'or contre la soie et mon épouse contre de jolies étrangères. 
Mais je voguais si vite qu'il ne m'en reste que des rêves 
qui me harcellent sans cesse et qui m'empêchent de courtiser &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;.
C'est pourquoi je lui tourne le dos et que je revis mon passé sans cesse. 
Mon nom doit te dire quelque chose puisque je suis le Vénitien &lt;B&gt;Marco Polo&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

À ces mots, je m'étais agenouillé devant lui.

&lt;I&gt; &quot;Quelle raison te fait te courber ainsi vers le sol?&quot;&lt;/I&gt;

Et je répliquai: 
&lt;I&gt;&quot;Parce que vous m'êtes digne et mon &lt;B&gt;Maître à penser&lt;/B&gt; 
et que je transporte votre nom avec moi comme si c'était un talisman.&quot;

&quot;Redresse les jambes! lève-toi, mon fils! Ne commets pas cette erreur; 
je ne suis, comme toi et les autres et ce guide que tu nommes ton maître, 
que le serviteur d'une même &lt;B&gt;Puissance&lt;/B&gt;.

Si jamais tu as compris cette sainte parole de l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt;, qui dit: 
&lt;B&gt;&quot;À la résurrection, les hommes n'ont ni épouses ni maîtres&quot;&lt;/B&gt;, 
tu peux bien voir pourquoi je parle ainsi.

Va à présent, je ne veux plus que tu t'arrêtes, car ta présence me rend difficiles 
les larmes, par lesquelles, je fais mûrir ce dont, en te voyant, je me remémore.

J'ai laissé là-bas, dans ce village qui n'était heureusement pas encore global, 
de belles étrangères mais aucun maître et, à moins que notre terre, 
par son étroitesse d'esprit, n'ait rendu ces belles étrangères trop familières, 
je te les recommande, mais ne sois pas pour elles un maître, mais un amant, 
et qu'elles te soient toujours étrangères.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt; Dialogue inspiré d'une interprétation du Dom Juan de Molière.&lt;BR&gt;Theme musical: divini occhi de Phillipo Verdelot, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b20.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XX DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;!--WEBBOT bot=&quot;HTMLMarkup&quot; startspan ALT=&quot;Site Meter&quot; Installé le 16.03.2001(Comédie)--&gt;
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 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVIII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/28#149809</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVIII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=373 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com18-b1.jpg&quot; width=300&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Tout ce que tu devrais connaître de l'amour.&lt;BR&gt;Le libre arbitre&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Posto avea fine al suo ragionamento
l'alto dottore, e attento guardava
ne la mia vista s'io parea contento;

  e io, cui nova sete ancor frugava,
di fuor tacea, e dentro dicea: 'Forse
lo troppo dimandar ch'io fo li grava'.

  Ma quel padre verace, che s'accorse
del timido voler che non s'apriva,
parlando, di parlare ardir mi porse.

  Ond'io: «Maestro, il mio veder s'avviva
sì nel tuo lume, ch'io discerno chiaro
quanto la tua ragion parta o descriva.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Mon érudit guide avait terminé son discours, et il me regardait attentivement 
dans les yeux pour voir si j'étais satisfait de ses réponses; et moi, 
qui était avide de savoir, j'avais peur de l'importuner et pourtant, je lui demandai:
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt;, je saisis ton raisonnement, mais je voudrais que tu m'exposes 
ce qu'est l'amour dont tu dis  qu'il en découle toute bonne action ainsi que son contraire.&quot;

&quot;Ouvre bien grand ton esprit, et tu verras clairement l'erreur des aveugles 
qui se prétendent tes guides. Sache que ton âme est ainsi faite: 
elle est, par nature, disposée à l'amour, et elle rejoint ainsi ce qui lui plaît, 
attirée par le plaisir qu'elle éveille en toi et la fait passer à l'acte.

Imagine une femme que ton esprit recèle et dont l'image se déploie en toi en sorte que
tu t'éprends d'elle; cet attrait s'appelle l'amour, et par l'effet du plaisir, la fait 
habiter en toi. Ainsi, comme le feu qui s'élève tout naturellement, ton âme est éprise 
d'un désir spirituel qui jamais ne s'arrête avant que d'avoir joui de la femme aimée.

Tu peux voir maintenant comme la vérité reste cachée à ces guides qui te disent
que tout amour est une chose louable en soi, mais elle ne l'est pas toujours, 
en admettant même qu'elle le soit, l'amour peut être coupable par trop ou trop peu d'ardeur.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Tes paroles et ce que mon esprit en retient, m'ont éclairé sur ce qu'était l'amour; 
mais cela n'a pas diminué mes doutes, car, si l'âme ne se meut que sous l'impulsion 
de l'amour qui nous vient du dehors, elle n'a plus de mérite à agir en bien ou en mal.&quot;&lt;/I&gt;

Il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je puis te dire tout ce que la raison dit sur ce sujet mais, pour tout ce qui 
va au-delà, cela concerne la foi et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; saura te l'apprendre mieux que moi.
Toute âme, distincte de la matière et unie à elle, a la disposition naturelle 
à connaître et à aimer, disposition qui ne peut se manifester que par ses effets.

Aussi l'homme ne sait-il point, et n'a pas à s'en louer ou s'en blâmer, d'où lui viennent 
ses dispositions naturelles à aimer, ni l'appétit de ses premières inclinations, qui sont 
en lui comme l'instinct chez l'abeille de faire le miel;  or, pour qu'avec ces tendances 
innées s'accordent celles qui sont libres, c'est de la raison que découle sa responsabilité, 
l'occasion de mériter, selon qu'elle accueille ou qu'elle repousse, les bons 
et les mauvais amours. Ceux qui, par le raisonnement, ont approfondi ces problèmes, 
reconnurent cette liberté innée, et ils laissèrent au monde &lt;B&gt;la Morale&lt;/B&gt;.

Si la nécessité engendre tout amour à s'enflammer en toi, tu as en toi tout le pouvoir 
de le refréner. C'est la noble vertu que &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; appelle le &lt;B&gt;libre arbitre&lt;/B&gt;,
aussi, tâche de t'en souvenir si elle t'en parle.&quot;&lt;/I&gt;

J'avais ainsi reçu une réponse claire et satisfaisante à toutes mes questions, j'étais comme 
un homme qui rêve tout en somnolent. Mais je fus tout à coup réveillé de ma somnolence 
par des gens qui approchaient, par-derrière nous, qui avaient déjà fait le tour.
Je vis sur cette corniche que venaient, en jouant des hanches, celles qu'éperonne encore 
une volonté bonne et un juste amour. Elles furent sur nous, allant toujours courant;
et devant, deux d'entre elles criaient: 
&lt;I&gt;&quot;Vite, vite! ne perdons plus de temps par insuffisance d'amour, 
car le zèle à bien agir, fait reverdir notre grâce.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt; courut en hâte à la montagne, et un inconnu 
voulut la mettre en berne, il la déflora puis alla se mettre à l'abri.

&lt;I&gt;&quot;Ô âmes, en qui la ferveur m'invite à vous donner ce qui vous manque
mais celui-là est vif et ne saurait satisfaire vos désirs, aussi, dites-nous 
où se trouve le passage  qui nous fera monter plus haut.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla mon guide, et l'un des esprits frivoles répondit
d'une voix qui était déjà une caresse:
&lt;I&gt;&quot;Suis nos pas et nous te ferons trouver l'issue.&quot;&lt;/I&gt;

Quand ces ombres furent si éloignées de nous qu'on ne pouvait plus les voir, ni 
espérer d'elles, une pensée nouvelle pénétra mon esprit, dont il naquit 
plusieurs autres, fort diverses: Et, de l'une à l'autre, j'errai si bien que, 
par rêverie, je refermai les yeux et mes pensées se transformèrent en un songe.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: so ben mi de Orazio Vecchi, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b19.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIX DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/28#149808</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=474 alt=&quot;image de Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com17-b1.jpg&quot; width=300&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Beati Pacifici, et vas sans colère contre moi.&lt;BR&gt;Tu ne pourras te tromper si ton amour est instinctif.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Ricorditi, lettor, se mai ne l'alpe
ti colse nebbia per la qual vedessi
non altrimenti che per pelle talpe,

  come, quando i vapori umidi e spessi
a diradar cominciansi, la spera
del sol debilemente entra per essi;

  e fia la tua imagine leggera
in giugnere a veder com'io rividi
lo sole in pria, che già nel corcar era.

  Sì, pareggiando i miei co' passi fidi
del mio maestro, usci' fuor di tal nube
ai raggi morti già ne' bassi lidi.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
J'étais comme cette femme qui voyait son époux violer sa propre soeur et, 
pour se venger de ce crime, donna à manger à l'époux la chair de son fils, 
fruit de cette union; et dans mon esprit, la femme impie se transformait 
sous mes yeux en un oiseau qui n'a cesse de chanter.

Puis, dans ma fantaisie onirique, descendit une femme crucifiée, à l'aspect méprisant 
et farouche, sur laquelle je venais m'étendre pour mourir; autour et sous nous 
se trouvaient &lt;B&gt;Jean&lt;/B&gt;, puis &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt; et aussi &lt;B&gt;Madeleine&lt;/B&gt; que j'aimais tant.

Et lorsque cette image se brisa d'elle-même, 
comme une bulle à qui vient à manquer l'eau où elle se forme,
surgit devant mes yeux une belle dame qui pleurait à chaudes larmes et qui disait:
&lt;I&gt;&quot;Ô bel enfant, pourquoi, dans ta frivolité, as-tu voulu quitter la vie?
Tu t'es tué pour ne pas perdre&lt;B&gt; Jeanne&lt;/B&gt;, or tu m'as perdue! 
Je suis ta mère, celle qui pleure ta mort avant celle des autres.&quot;&lt;/I&gt;

Une lumière me frappa au visage, bien plus vive qu'aucune lumière connue,
et qui fit s'évanouir les effets de mon imagination.
Je me retournais pour voir où j'étais, quand une voix dit:
&lt;I&gt;&quot;C'est ici que l'on monte.&quot;&lt;/I&gt;

Je me détournai de toute autre pensée tant sa voix était mélodieuse,
et j'avais un désir si ardent de voir celle qui parlait ainsi,
que je ne me serais point apaisé avant de l'avoir aperçue de plus près.

&lt;I&gt;&quot;C'est un esprit divin qui, sans en être prié, nous dirige vers 
le chemin de la montée et qui se cache lui-même dans sa propre lumière.
Accordons nos pas à sa courtoise invitation, et hâtons-nous de monter avant 
qu'il ne fasse nuit, car après, nous ne le pourrions plus jusqu'au retour du jour.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla mon guide; nous dirigeâmes nos pas vers l'escalier et dès que je fus 
sur la première marche, je sentis près de moi comme un battement d'ailes 
et un baiser réchauffer mon visage, puis j'entendis:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Beati pacifici, et va sans colère contre moi!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Nous étions déjà au sommet de l'escalier et nous restions immobiles comme un navire 
échoué sur la plage; j'attendis un peu cherchant à entendre quelque chose 
venant de cette nouvelle corniche, puis, je me tournai vers mon maître et lui dis:
&lt;I&gt;&quot;Apprends-moi, ô mon doux père, quelle est l'offense que l'on expie ici 
dans ce cercle où nous sommes; si nous nous arrêtons, que ton discours ne s'arrête point!&quot;&lt;/I&gt;

Il me répondit:
&lt;I&gt;&quot;Ici se repentent ceux qui refusent l'amour parce qu'il nécessite trop d'effort.
Mais afin que tu comprennes mieux, prête-moi attention et tu tireras profit de notre retard.
Aucune créature non plus que le&lt;B&gt; Créateur&lt;/B&gt; ne fut jamais sans amour, qu'il fût, 
tu le sais bien, un amour instinctif ou libre. Tu ne pourras te tromper si ton amour 
est instinctif, à moins qu'il soit dévoyé ou détourné par l'amour libre.

L'amour libre au contraire, peut se tromper de trois manières:
en se portant vers un objet indigne ou en étant trop ardent ou trop peu ardent;
mais l'amour ne peut être coupable s'il se dirige vers &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, 
ou s'il est dirigé vers les belles femelles que Dieu a créées
et qu'il en use avec modération.

Alors, tu peux comprendre que l'amour peut être à la fois la semence de toute vertu 
et de tout péché. Or, l'amour qui se détourne vers le mal nuit plus au prochain 
qu'à soi-même et il doit se définir des trois manières suivantes:
Celui-là est jaloux du bonheur de son voisin, désire baiser sa femme que pour 
le voir tomber de plus haut; celui-là qui a tellement peur de perdre son bonheur,
désire baiser la femme de celui qui pourrait être plus heureux que lui;
celui-là qui a vu son voisin baiser sa femme,
désire baiser la femme de son voisin que pour se venger de lui.

Tu peux voir au-dessous de nous ceux qui pleurent de ces trois formes de l'amour; 
et je veux te parler maintenant de cet autre amour, qui va avec perversité vers le bien.
Chacun a une idée confuse d'un amour où son âme puisse se reposer, il le désire; 
par suite, il s'efforce de l'atteindre. Si vous êtes trop lent à connaître
 ou à acquérir cet amour, cette corniche, après un juste repentir, vous en punit.

Il est un autre bien terrestre qui ne rend pas l'homme heureux; ce n'est pas le bonheur 
ni l'essence divine ni le fruit  et la racine de tout bien; et qui s'abandonne à cet amour, 
pleure dans les trois cercles qui sont au-dessus de nous; mais comment il se distingue 
en ses trois vices, je ne te le dis point, pour que tu le découvres par toi-même.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: le prince Igor, danses polovtsiennes d'Alexandre Borodin, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b18.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVIII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant IV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/23#149427</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant IV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Rackman&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com04-c1.jpg&quot; width=575&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Esprits qui ont manqué à leurs voeux.&lt;BR&gt;Ô amante de l'Amant Céleste!&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Intra due cibi, distanti e moventi
d'un modo, prima si morria di fame,
che liber'omo l'un recasse ai denti;

  sì si starebbe un agno intra due brame
di fieri lupi, igualmente temendo;
sì si starebbe un cane intra due dame:

  per che, s'i' mi tacea, me non riprendo,
da li miei dubbi d'un modo sospinto,
poi ch'era necessario, né commendo.

  Io mi tacea, ma 'l mio disir dipinto
m'era nel viso, e 'l dimandar con ello,
più caldo assai che per parlar distinto.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Bien que libre de choisir entre deux dames d'égale beauté, l'homme mourrait de faim 
à ne pas savoir laquelle se mettre sous la dent. Mon silence pouvait s'expliquer ainsi, 
par les doutes qui meublaient mon esprit; à choisir entre deux idées, 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; comprit alors mon dilemme et me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois bien comment t'attirent l'un et l'autre désir, qui empêche ta pensée 
de s'exprimer. Tu as raison de t'interroger, à savoir si ta théorie qui veut que,
la conscience des âmes retourne après la mort à la conscience universelle, pour être 
redistribuée de façon aléatoire dans l'âme d'un nouveau-né; mais je te prie, 
mon tendre &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, de t'éloigner de cette pensée imaginaire, car elle n'est pas 
supportée  par la &lt;B&gt;Foi&lt;/B&gt; ni par moi qui, comme tu le vois, porte en moi la conscience, 
la même, celle que je transportais, vivante encore, dans mon beau corps de jeune fille, 
protégé d'une rude armure, pour défendre la &lt;B&gt;France&lt;/B&gt; et cette même foi.

Mais voilà que se présente à ton esprit une autre difficulté que tu ne pourrais 
résoudre toi-même, à savoir, comment se peut-il que l'on soit coupable du mal 
qui résulte de la violence d'autrui? Je t'ai fait comprendre, qu'une âme bienheureuse 
ne saurait commettre une faute pour en éviter une autre. Il arrive qu'on ait à faire, 
contre son gré, ce qu'il ne fallait pas faire pour fuir un péril plus grand, 
et je veux que tu penses que le vouloir et la contrainte se trouvent mêlés, 
et font que les fautes ne peuvent être excusées. 

Tu as bien vu que &lt;B&gt;Marguerite&lt;/B&gt; faisait le commerce de son corps, tu sais bien qu'elle 
commet ainsi une faute. À moins que tu ne me dises qu'elle faisait plutôt acte de &lt;B&gt;Charité&lt;/B&gt;. 
Si c'est ainsi qu'elle le dit, sur quoi s'appuyer pour le dire, sinon qu'elle a satisfait, pour 
un temps, les désirs d'un pèlerin de passage. Mais &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt; qui étais friand de tels pèlerinages,
tu sais très bien que ce pèlerin de passage avait, pour cet acte, commis lui-même une faute,
en usant d'un commerce illicite, ou en trompant sa femme ou sa bien-aimée; 
comment alors pourrait-on parler d'un acte charitable, et excuser ainsi la faute de&lt;B&gt; Marguerite&lt;/B&gt;? 
À moins que tu me dises encore, toi qui voudrais défendre la raison d'être de ces lieux, 
qu'elle fait ainsi acte de&lt;B&gt; Charité&lt;/B&gt;, si le pèlerin par son acte est ainsi 
délivré des tourments, que ses désirs faisaient naître en lui, et qui auraient pu, 
sans l'acte charitable, le conduire à tuer sa femme ou à en violer une autre. 
Alors ainsi, l'acte de&lt;B&gt; Marguerite,&lt;/B&gt; indirectement et sans qu'elle en soit consciente, 
aurait évité un acte mauvais et aurait, en cela, été une bonne action; mais encore là 
aurait-il fallu qu'elle le sache et qu'elle ait été consciente du bienfait de son acte. 

Qu'en est-il de &lt;B&gt;Prudence&lt;/B&gt; qui ne l'a pas voulu ainsi, et que, sous la contrainte 
elle en est venue à faire le commerce de son corps tout en disant conserver son âme intacte?
Devrions-nous, selon toi qui n'as plus de raison de fréquenter ces cloîtres, absoudre les actes
commis par &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; au nom de cette prémisse, sans absoudre également ceux de &lt;B&gt;Marguerite&lt;/B&gt;,
alors que leurs conséquences ont le même effet sur ceux qui en bénéficient? 
À moins que l'acte de &lt;B&gt;Prudence&lt;/B&gt; soit excusé par la pureté objective de celle qui le donne, 
et non pas celui de &lt;B&gt;Marguerite&lt;/B&gt;; ce qui induirait que le péché, puisse être jugé 
en fonction de la condition de &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui en est l'auteure?&quot;&lt;/I&gt;

Telles furent les paroles de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, qui me comblèrent de joie à réaliser pourquoi 
mes maîtresses avaient leur place dans le &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; des &lt;B&gt;Bonnes Dames&lt;/B&gt;.

Et je luis dis: 
&lt;I&gt;&quot;Ô amante de l'&lt;B&gt;Amant Céleste&lt;/B&gt;! ô vous divine, dont les paroles 
me réconfortent  et me redonnent plus de vie!
Aussi profond que soit mon amour pour vous, je suis incapable de vous en payer le prix,
mais que &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui vous aime autant que je vous aime, vous paie ma dette envers vous.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; me regarda de ses yeux divins, étincelants d'amour,
en sorte que ma faculté de voir fut vaincue, je demeurai le regard baissé, éperdu.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Estudos Brasileiros de Cacilda Borges Barbosa, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos, fragments of photos or midi files subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c05.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT V DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant III du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/23#149426</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant III du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Burne-Jones&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com03-c1.jpg&quot; width=552&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Ave Maria Gratia Plena.&lt;BR&gt;Le couvent des Soeurs de la Charité&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Quel sol che pria d'amor mi scaldò 'l petto,
di bella verità m'avea scoverto,
provando e riprovando, il dolce aspetto;

  e io, per confessar corretto e certo
me stesso, tanto quanto si convenne
leva' il capo a proferer più erto;

  ma visione apparve che ritenne
a sé me tanto stretto, per vedersi,
che di mia confession non mi sovvenne.

  Quali per vetri trasparenti e tersi,
o ver per acque nitide e tranquille,
non sì profonde che i fondi sien persi,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; qui avait réchauffé mon coeur d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; m'avait enseigné 
le doux aspect de la vérité. Et, pour lui montrer que j'étais corrigé 
et plein de conviction, je levai très haut la tête pour parler.

Mais m'apparut alors un spectacle tel, qu'il exigeait toute ma concentration, 
que j'en oubliai ma confession. J'aperçus à travers l'eau calme du ruisseau, 
plusieurs figures se mirant tel que dans un miroir et qui semblaient disposées à me parler, 
je les pris aisément pour des &lt;B&gt;Ondines&lt;/B&gt; qui alimentèrent mes désirs.

Je me retournai, voyant que leur image enflammait mon coeur, et je ne vis rien, sinon 
le sourire narquois de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;: 
&lt;I&gt;&quot;Ne sois pas étonné de ce que je me ris de tes pensées puériles, 
car ce que tu vois ici, ce sont de vraies substances, installées ici pour s'être détournées 
de leurs voeux. Aussi écoute-les car leur désir de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt; est sans mesure.&quot;&lt;/I&gt;

Je m'adressai à l'ombre qui semblait avoir le plus grand désir de parler. Et tel un homme 
trop curieux de tout connaître, je demandai: 
&lt;I&gt;&quot;Esprit qui semble créé pour donner le&lt;B&gt; Bonheur&lt;/B&gt;,
et qui reflète tant de douceur dont on ne peut se faire une idée qu'après l'avoir goûtée,
il me serait agréable de connaître ton nom et ta condition.&quot;&lt;/I&gt;

Et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Notre charité ne ferme la porte à aucun juste désir, 
comme &lt;B&gt;Celle de Dieu&lt;/B&gt; comble tous les désirs. Je me nomme &lt;B&gt;Marguerite&lt;/B&gt;,
je fus dans le monde, &lt;B&gt;Courtisane&lt;/B&gt;, et si tu y réfléchis bien, ma grande beauté 
ne saurait te faire oublier que je suis &lt;B&gt;Soeur de la Charité&lt;/B&gt;, 
et placée avec les bienheureux au degré le plus bas.
Cette condition nous fut attribuée parce que notre charité consistait à apaiser, 
par nos charmes plutôt que par la prière, la souffrance du mâle, exacerbée par le désir, 
pour qu'il retourne ainsi, l'âme libérée, chez son &lt;B&gt;Épouse&lt;/B&gt; légitime ou sa &lt;B&gt;Belle&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;L'aspect resplendissant que vous avez m'a fait oublier votre apparence ancienne,
c'est pourquoi je n'ai pas été prompt à me souvenir, mais il m'est maintenant plus facile 
de reconnaître celles de qui l'on reçoit, et j'en fus un, la grâce du plaisir charnel. 
Mais dis-moi, bien qu'heureuses ici, désirez-vous vous élever plus haut, 
là où vos grâces seront plus utiles?&quot;&lt;/I&gt;

Elle sourit ainsi que les autres ombres et elle me répondit, joyeuse, 
comme si elle brûlait d'amour: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Frère&lt;/B&gt;, nos désirs sont apaisés par la vertu de charité, qui nous fait vouloir 
que ce que nous donnons et ne nous permets pas d'avoir une autre soif.&quot;&lt;/I&gt;

Il m'apparut alors clairement qu'au &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, tout lieu est le &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; bien que 
la grâce du souverain &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, n'y descende pas d'une manière égale et démocratique.

Elle ajouta:
 &lt;I&gt;&quot;Le don de soi et un haut mérite placent plus haut dans le ciel, une femme, 
selon qu'elle porte la robe pour aimer, ou qu'elle l'enlève, ou qu'elle dorme 
avec un seul&lt;B&gt; Époux&lt;/B&gt; toute sa vie, ou qu'elle se couche avec tous, cela n'enlève rien 
à son voeu de charité qui est de prodiguer le &lt;B&gt;Bonheur&lt;/B&gt;. 
Toute jeune, j'ai fui le monde, j'ai troqué la robe de &lt;B&gt;Princesse&lt;/B&gt; pour celle 
de &lt;B&gt;Courtisane&lt;/B&gt;, et je me suis enfermée dans ce &lt;B&gt;Couvent&lt;/B&gt; dont j'ai promis 
de suivre la règle. Et cette autre ombre splendide qui sur ma droite, se montre à toi 
si belle et nue, porte le nom de &lt;B&gt;Prudence&lt;/B&gt;; des hommes plus accoutumés au mal 
qu'au bien lui arrachèrent ses vêtements et l'emprisonnèrent au &lt;B&gt;Couvent &lt;/B&gt;, 
et &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; le sait ce qu'il advint de sa vie, mais dans son coeur 
elle porte toujours la robe. Et elle me dit te reconnaître pour t'avoir apaisé, 
quelque part dans un cloître sur la &lt;B&gt;Rive Gauche de La Seine&lt;/B&gt;; son être reste 
tout de flamme pour toi. Elle me demande si tu ne porterais pas le doux nom de &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Elle me parla ainsi puis elles commencèrent à chanter: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Ave Maria Gracia plena!&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt; 

Et, en chantant, elles s'évanouirent comme des ombres. Mes regards se fixèrent
autant qu'il me fut possible vers ces objets d'un désir si intense.
Puis je regardai en direction de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;; je la vis tonner comme la foudre avec un tel éclat,
que ma vue ne put le supporter, et je me sentis plus réticent à l'interroger.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: elegia de Telli, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c04.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT IV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVI du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/22#149324</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVI du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=381 alt=&quot;image de Rackman&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com16-b1.jpg&quot; width=300&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le pouvoir despotique du cléricalisme séculaire.&lt;BR&gt;Les lois existent, mais qui s'inquiète de les faire respecter? &lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Buio d'inferno e di notte privata
d'ogne pianeto, sotto pover cielo,
quant'esser può di nuvol tenebrata,

  non fece al viso mio sì grosso velo
come quel fummo ch'ivi ci coperse,
né a sentir di così aspro pelo,

  che l'occhio stare aperto non sofferse;
onde la scorta mia saputa e fida
mi s'accostò e l'omero m'offerse.

  Sì come cieco va dietro a sua guida
per non smarrirsi e per non dar di cozzo
in cosa che 'l molesti, o forse ancida,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Noirceur d'enfer, une fumée nous recouvrit alors, qui fermait nos yeux 
et mon guide m'offrit son épaule comme à un aveugle.

&lt;I&gt;&quot;Toi, qui es-tu, qui traverses notre fumée et qui parles de nous 
comme si tu partageais encore le temps qui dure peu de temps?&quot;&lt;/I&gt; 
Ainsi nous parla l'une de ces voix.

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Je m'en vais là-haut avec mon enveloppe qui se dissout avec la mort, et je suis venu ici 
à travers les angoisses de l'enfer; puisque &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; m'a si bien accueilli dans sa grâce, 
qu'il veut que je voie sa cour d'une manière tout inconnue à notre temps, 
ne me cache pas qui tu fus avant la mort, mais dis-le-moi 
et dis-moi si je vais bien au passage; que tes paroles nous servent de guide.&quot;

&quot;Ne te diront rien, ni mon nom ni le lieu d'où je viens; je pourrais être n'importe qui, 
de n'importe où. Pour monter plus haut, tu es dans la bonne voie.&quot;&lt;/I&gt;

Et il ajouta: 
&lt;I&gt;&quot;Frère, toi qui viens d'en bas, dis-moi que le monde est aveugle!&quot;&lt;/I&gt;

Et un autre répliqua: 
&lt;I&gt;&quot;Vous les vivants, n'attribuez qu'au ciel toutes les causes, 
comme si tout était nécessairement entraîné avec lui. 
S'il en était ainsi, le &lt;B&gt;libre arbitre&lt;/B&gt; n'existerait point en vous et, 
il ne serait pas juste, que le bien nous procure la joie, et le mal la souffrance.

Le ciel est le principe qui dirige tous vos mouvements; il vous a légué une lumière 
pour discerner entre le bien et le mal, ainsi que la volonté libre qui, malgré 
la peine des premières chutes, l'emporte enfin contre le ciel si elle est bien alimentée. 
&lt;B&gt;Libres&lt;/B&gt;, vous êtes soumis à une force plus grande, à une meilleure nature 
qui crée en vous l'âme raisonnable, sur laquelle le ciel n'a plus de pouvoir. 
Si donc le monde actuel est dévoyé, il faut en chercher la cause en vous, 
et je vais t'en donner des preuves irréfutables. 

Comme une fillette qui se joue, à la manière des enfants en pleurant et en riant, 
goûte à la saveur de biens médiocres, elle s'y trompe et court à leur poursuite 
et en veut toujours davantage, si un guide ou un frein ne la détourne de son amour. 
Notre âme sort ainsi toute innocente de la main de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui se complaît en elle 
avant qu'elle ne soit, elle ne sait rien sinon qu'issue d'un &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; qui est la joie parfaite. 
Aussi fallut-il des lois pour servir de frein, et un roi pour reconnaître la justice de la cité. 
Les lois existent, mais qui s'inquiète de les faire respecter? 

Personne, car celui qui marche à la tête du troupeau, rumine, mais 
ne les respecte pas lui-même, aussi la foule qui voit son guide user des faux biens 
dont elle-même est avide, s'en repaît et ne cherche pas plus loin. 
Tu peux donc voir que c'est parce qu'il est mal gouverné que le monde 
est devenu méchant, et non pas parce que votre nature est corrompue. 
Le monde doit posséder deux soleils pour l'éclairer, celui de la &lt;B&gt;Terre&lt;/B&gt; et celui du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, 
si l'un d'eux s'éteint au profit de l'autre, l'un et l'autre ensemble doivent 
de toute nécessité aller mal, car reliés, l'un ne craint plus l'autre. 
Ainsi, l'&lt;B&gt;état civil&lt;/B&gt; qui englobe les deux pouvoirs en soi, 
tombe dans la fange et se souille lui-même ainsi que sa charge.&quot;&lt;/I&gt;

Et je répondis ainsi à cette âme volubile: 
&lt;I&gt;&quot;Je comprends maintenant mieux pourquoi, dans le monde que j'ai quitté, 
ce ne sont plus les lois morales qui dictent aux masses la portée 
de leurs actes, mais la fanfare tonitruante des groupuscules représentant 
le pouvoir émergeant d'un &lt;B&gt;cléricalisme séculaire&lt;/B&gt;; ils professent leur licence, 
leur débauche et leur décadence et perturbent l'esprit du &lt;B&gt;pouvoir civil&lt;/B&gt;, 
par leurs parades, leurs pancartes, leurs fanfares et leur morale de nouveaux clercs, 
de sorte que le plaisir remplace l'amour, que l'euthanasie supplante la naissance, 
que la rapine remplace la probité, que la violence supplante la persuasion 
et que &lt;B&gt;Satan&lt;/B&gt; gouverne enfin.

Vois la clarté, qui rayonne à travers la fumée, blanchir déjà; 
l'ange est ici, avant qu'il ne paraisse, il me faut partir.&quot;&lt;/I&gt;

Sur ces mots, il s'en retourna et plus ne voulut m'entendre.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Atalanta fugues (fugiens8), emprunté aux Archives du Alchemical Music.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b17.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant II du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/21#149249</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant II du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=294 alt=&quot;image Ange&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com02-c1.jpg&quot; width=250&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Là où la raison n'a plus d'emprise.&lt;BR&gt;Vois comment l'amour peut être subjectif.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 O voi che siete in piccioletta barca,
desiderosi d'ascoltar, seguiti
dietro al mio legno che cantando varca,

  tornate a riveder li vostri liti:
non vi mettete in pelago, ché forse,
perdendo me, rimarreste smarriti.

  L'acqua ch'io prendo già mai non si corse;
Minerva spira, e conducemi Appollo,
e nove Muse mi dimostran l'Orse.

  Voialtri pochi che drizzaste il collo
per tempo al pan de li angeli, del quale
vivesi qui ma non sen vien satollo,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Ô vous qui, désireux de comprendre, m'avez jusqu'ici suivi, 
et qui espèrent plutôt que croyez connaître du pain des anges, 
dont on se nourrit sans jamais se rassasier, suivez donc mes pas.&quot;&lt;/I&gt;

La soif innée du royaume formé à l'image de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, nous emportait aussi vite 
que se meut le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;. &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; regardait en haut, et moi je regardais en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;,
et aussi vite que le temps de le dire, je me vis arrivé là où une chose merveilleuse 
attira mes regards. Aussi celle à qui je ne pouvais cacher mon désir, 
tournée vers moi, aussi joyeuse que belle, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Sois reconnaissant à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; de nous avoir réuni ici à la première étoile.&quot;&lt;/I&gt;

Il me semblait qu'une nuée nous recouvrait, brillante et pareille à un diamant 
frappé par le soleil. La perle éternelle nous reçut en elle, comme l'eau reçoit 
un rayon de lumière, sans avoir à s'ouvrir. Comment comprendre ce miracle comme si 
mon désir de pénétrer &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; pouvait se réaliser, et que de cette union 
jaillirait une entité unique? On ne peut expliquer autrement que par la &lt;B&gt;Foi&lt;/B&gt;, 
sans autre démonstration, que notre nature en vienne ainsi à s'unir à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;.

Je parlai ainsi à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;: 
&lt;I&gt;&quot;Ma &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt;, avec autant de dévotion que je le puis,
je rends grâce à &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui m'a retiré du monde mortel et mené vers vous. 
Mais, dites-moi ma &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt;, que sont sur votre visage si éclatant, 
ces taches de rousseur qui font que sur terre, votre visage fut si beau, et qu'ici, 
il brille du même feu que celui des anges?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; souriait et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Tu ne devrais pas t'étonner de ce que 
l'opinion des mortels se trompe sur le sens des choses, puisque tu vois que 
même en suivant le sens des choses, la raison ici n'a plus d'emprise.
Mais dis-moi d'abord ce que tu en penses.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Ce qui sur terre, nous apparaît être de beauté, provient  de la diversité des
choses d'une part et d'autre part, de la rareté de ce qui fait la beauté d'une chose. 
Serais-je épris de vous, &lt;B&gt;belle Dame&lt;/B&gt;, si votre beauté égalait celle de toute chose, 
et ce qui m'attire chez vous, n'est-ce pas la rareté de la chose?&quot;&lt;/I&gt;

Elle répliqua aussitôt: 
&lt;I&gt;&quot;Tu vas voir avec certitude combien est fausse ton opinion, 
si tu écoutes bien les arguments que je vais lui opposer.
Si la diversité et la rareté en étaient la cause, elles auraient toutes la même vertu, 
les unes en ayant reçu plus et d'autres moins. Mais des vertus différentes découlent 
des différents principes formels, qui constituent les espèces différentes des corps, et non 
du principe matériel qui est le même dans chaque individu. De plus, si la rareté était bien 
la cause que tu cherches en ma beauté, ou bien elle serait  unique et tu ne serais plus attiré 
par de sombres &lt;B&gt;Africaines&lt;/B&gt;, ou encore par des &lt;B&gt;Asiatiques&lt;/B&gt; aux yeux  en amande, 
ou des &lt;B&gt;Lesbiennes&lt;/B&gt; à la peau blanche, des &lt;B&gt;Brésiliennes&lt;/B&gt; hermaphrodites, ou encore 
des &lt;B&gt;Fillettes&lt;/B&gt; encore vierges aux yeux si clairs.

Cela n'est pas le cas et il faut examiner une autre hypothèse; et si je parviens à la réfuter, 
ton opinion apparaîtra fausse. Si la rareté de ma beauté n'attire que toi même 
et non les autres, c'est qu'il existe une limite au-delà de laquelle la beauté 
ne se réfléchit plus, comme mon visage en un miroir. Tu pourrais opposer, il est vrai, 
que la beauté se montre là plus insaisissable qu'en un autre corps, parce que cachée à la vue.
De cette objection, l'expérience, si jamais tu voulais la tenter,  pourrait t'en débarrasser,
elle qui est la source d'où s'écoule tout l'art de la séduction.

Vois par l'exemple des trois dames, comment, selon &lt;B&gt;Cavalcanti&lt;/B&gt;, l'amour est subjectif.
Lorsque tu vois une dame, il te semble voir sortir de son visage une dame si belle que ton esprit 
ne peut la comprendre, et aussitôt, il en naît une troisième d'une étrange beauté qui dit ceci:
&lt;B&gt;&quot;Je suis ton salut!&quot;&lt;/B&gt;
 
Or, comme la substance de la neige se trouve privée de  couleur et de froid sous 
les chauds rayons du soleil, ainsi es-tu désormais convaincu si je te dis 
qu'elle étincellera d'une lumière encore plus vive si elle s'offre à toi!

Dans le ciel de l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt; se meut une &lt;B&gt;Intelligence&lt;/B&gt;, dans la vertu de laquelle réside 
la beauté relative de toute créature. Le ciel suivant qui est plein d' étoiles, en distribue 
la beauté dans les diverses vertus discinctives qui sont contenues en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.
Les autres ciels, selon leurs caractères propres, dirigent à leurs fins les vertus disctinctes 
qui sont en eux et les ensemencent. Comme tu le vois désormais, les ciels font ainsi, 
de degré en degré: ils s'influencent de là-haut et agissent vers le bas.

Écoute bien maintenant comme, par mon raisonnement, je satisfais tes désirs 
de savoir toute chose, en sorte que tu saches ensuite comprendre par toi-même.
Le mouvement et l'influence du ciel, auxquels tant d'étoiles donnent sa beauté, reçoivent 
l'image de la pensée profonde qui le met en mouvement et s'en fait un sceau.
Et, comme l'âme dans le corps, se répand en leurs sens, disposés pour des fonctions diverses, 
ainsi l'intelligence déploie sa beauté multipliée à travers elles, en gardant son unité 
dans son mouvement. Chaque vertu s'allie diversement au corps précieux qu'elle anime, 
et se lie à lui, comme la vie à elles. Grâce à la nature heureuse dont elle dérive, 
cette vertu liée au corps céleste resplendit en elle, comme la joie dans la pupille d'une fillette. 

C'est d'elle que vient ce qui semble différer de corps à corps, et non pas de la rareté: 
elle est le principe formel qui produit l'éclat, et son contraire.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (unknown), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c03.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT III DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant I du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/21#149242</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant I du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=370 alt=&quot;image Ange&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com01-c1.jpg&quot; width=279&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Prologue du Paradis.&lt;BR&gt;L'amour c'est donner et non recevoir.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
La gloria di colui che tutto move
per l'universo penetra, e risplende
in una parte più e meno altrove.

  Nel ciel che più de la sua luce prende
fu' io, e vidi cose che ridire
né sa né può chi di là sù discende;

  perché appressando sé al suo disire,
nostro intelletto si profonda tanto,
che dietro la memoria non può ire.

  Veramente quant'io del regno santo
ne la mia mente potei far tesoro,
sarà ora materia del mio canto.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Moi je suis allé là-haut, et j'y ai vu des choses que tu ignores et qui ne peuvent s'exprimer. 
En s'approchant de l'objet de son désir, notre intelligence 
est impuissante à se souvenir du chemin parcouru.

Ô cher &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;! toi qui a guidé mes pas jusqu'ici, comble-moi de ton génie littéraire 
pour mieux décrire ce voyage, donne-moi l'inspiration nécessaire d'en faire connaître l'itinéraire.
Toi &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, vertueuse &lt;B&gt;Pucelle&lt;/B&gt;, si tu te donnais à moi que je puisse faire voir le royaume 
dont l'image repose dans ma tête, je te comblerais de mes faveurs. Hélas, comme les mortels, 
je suis entraîné par mes passions et je n'entretiens que de vils désirs 
qui sont indignes de mon art, mais que puis-je y faire?

Alors je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; regarder en direction du &lt;B&gt;Globe Céleste&lt;/B&gt;. Jamais rapace n'aurait pu
la fixer du regard autant que je l'ai fait. Ainsi son geste insuffla en moi la volonté de faire 
comme elle, et je regardai le soleil ainsi qu'elle le fit mais ne put le supporter autant qu'elle.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; fixait toujours la&lt;B&gt; Sphère Céleste&lt;/B&gt;, et moi j'avais mes yeux fixés sur &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;
à la contempler et à la convoiter, et j'étais tel un &lt;B&gt;Satyre&lt;/B&gt; à goûter à l'aura 
qui s'échappait d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;; j'avais le désir de me fondre en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.
Elle, qui voyait en moi autant que moi en moi-même, me dit, pour apaiser les désirs en moi:
&lt;I&gt;&quot;Tes idées sont mauvaises, de sorte que tu ne peux voir ce que tu devrais voir 
si tu te débarrassais de ton ignorance. 
Tu n'es plus sur terre comme tu le crois, et les choses ici n'ont plus le même sens.&quot;&lt;/I&gt;

Je fus délivré momentanément de mes doutes par ses paroles d'une grande sagesse, 
mais, mon esprit était enfermé dans les lacets d'un second doute; 
je la regardais rempli d'amour, et je lui dis: 
&lt;I&gt;&quot;Mais je m'étonne de ne pouvoir pénétrer, délesté de son armure d'acier, 
le doux &lt;B&gt;Corps&lt;/B&gt; de ma &lt;B&gt;Belle&lt;/B&gt;, transparent comme celui des anges; 
serait-ce qu'il soit trop pur ou que je ne le sois pas suffisamment?&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; poussa un soupir de pitié et me regarda, comme ma mère le faisait devant ce fils 
plein de pensées délirantes: 
&lt;I&gt;&quot;Les choses ont un ordre entre elles. Tous les êtres ont la forme 
de l'intelligence divine et l'instinct d'aller vers leur destin. Autant les êtres qui n'ont pas 
l'intelligence que les êtres qui, comme toi, partagent l'intelligence et l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;.

La &lt;B&gt;Providence&lt;/B&gt; règle ainsi les choses. Mais si, par tendance primitive, tu te laisses séduire
par de faux désirs, et que tes pensées sont celles  que tu entretenais sur terre, 
tu ne sauras jamais reconnaître les joies de l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;. 
Parce que tu crois être libre, ton instinct te fait t'écarter du &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;; 
tu es attiré par le &lt;B&gt;Mal&lt;/B&gt; et par la séduction des faux plaisirs; tu crois m'aimer 
en voulant me prendre, alors qu'il te faudrait te donner entièrement à moi.
L'amour c'est donner et non recevoir. &quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Et toi, si tu te donnais à moi, ne serait-ce pas là, la plus belle preuve de ton amour pour moi?&quot;&lt;/I&gt;

Puis elle tourna les yeux vers le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: music for a while de Purcell, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c02.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT II DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XV du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/21#149241</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XV du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=379 alt=&quot;image Seri&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com15-b1.jpg&quot; width=200&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Beati Misericordes.&lt;BR&gt;Pardonnez-leur mon divin amant car ils ne savent ce qu'ils font.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Quanto tra l'ultimar de l'ora terza
e 'l principio del dì par de la spera
che sempre a guisa di fanciullo scherza,

  tanto pareva già inver' la sera
essere al sol del suo corso rimaso;
vespero là, e qui mezza notte era.

  E i raggi ne ferien per mezzo 'l naso,
perché per noi girato era sì 'l monte,
che già dritti andavamo inver' l'occaso,

  quand'io senti' a me gravar la fronte
a lo splendore assai più che di prima,
e stupor m'eran le cose non conte;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Il me sembla que j'étais frappé par une lumière réfléchie devant moi; aussi mes yeux 
s'en écartèrent-ils promptement. 
&lt;I&gt;&quot;Qu'est cela contre quoi je ne puis protéger ma vue, et qui paraît venir vers nous?&quot;&lt;/I&gt;

Et il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ne t'émerveille pas si t'éblouit encore la vue d'un ange, c'est un messager 
qui vient nous inviter à monter. Bientôt, tu n'auras plus de peine mais autant de plaisir 
à contempler ces choses que l'amour te permet d'en éprouver.&quot;&lt;/I&gt;

Lorsque nous eûmes rejoint l'ange béni, il nous dit d'une voix remplie de joie:
&lt;I&gt;&quot;Entrez ici, car les degrés  y sont moins pénibles à franchir.&quot;&lt;/I&gt;

Nous montions déjà en nous éloignant de ce lieu, quand on chanta derrière nous:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Beati misericordes! Réjouis-toi, toi qui vaincras!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Mon maître et moi, seuls tous deux, nous allions vers le haut sommet, et, tout en cheminant, 
j'eus l'idée de tirer profit de ses paroles; je me tournai vers lui et je lui demandai: 
&lt;I&gt;&quot;Que veut dire cette phrase que j'ai ouïe dans un autre lieu: 
&lt;B&gt;O genre humain! pourquoi mets-tu ton coeur dans des biens 
dont il faut exclure tout partage&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;&quot;

Sur quoi il répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Parce que vos désirs se dirigent vers une bien-aimée que le partage amoindrit,
l'envie excite vos soupirs; mais vous n'auriez point cette plaie au coeur si vous tourniez 
tous vos désirs vers le ciel. Car plus sont nombreux ceux qui, là-haut, disent: 
&lt;B&gt;&quot;Notre bien-aimée plutôt que ma bien-aimée&quot;&lt;/B&gt;,
plus grand est le bien que chacun possède et plus de charité il brûle dans ce cloître.&quot;&lt;/I&gt;

 Intrigué à cette idée, je dis: 
 &lt;I&gt;&quot;Comment se peut-il que ma bien-aimée, distribuée gracieusement à plus de possesseurs, 
rende ceux-ci plus heureux et plus riches  que moi si j'étais le seul à l'aimer?&quot;&lt;/I&gt;

Il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Parce que ton esprit ne s'attache qu'aux biens terrestres, de la vérité de mes paroles
tu ne retiens que ténèbres. &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, qui est là-haut, s'offre à l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; 
comme un rayon lumineux vient à un corps brillant. 
Plus il trouve d'ardeur en toi, plus il se donne, si bien qu'autant s'embrase 
la charité, autant croît en elle l'éternelle Vertu; et plus il y a d'âmes à s'entr'aimer,
plus il y a de bien à aimer et plus on s'aime: l'une répond à l'autre comme un miroir. 
Et si mon propos ne rassasie point tes désirs, tu verras &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
elle comblera pleinement ce désir et tous les autres également. Tâche seulement, 
que soient effacés bientôt par le repentir, les &lt;B&gt;P&lt;/B&gt; qui garnissent encore ton front.&quot;&lt;/I&gt;

Et je dis à mon maître: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt;, il y a longtemps que tu as quitté cette terre où, si tu ne le sais encore, 
le péché d'échanger entre amis,  les épouses qu'on aime, est plus cruellement puni que celui 
de s'enfuir avec la femme de son ami très cher, ou de sodomiser librement entre hommes.&quot;&lt;/I&gt;

Là, je fus soudainement émerveillé d'une vision extatique. Je vis dans un temple, beaucoup 
de personnes et une dame, à l'entrée, qui disait avec un tendre accent de mère: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Mon fils, pourquoi m'as-tu trompé pour une autre? 
Me voici, toute offerte, et qui t'aime encore.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Et dès qu'elle se fut tue, ce qui m'était d'abord apparu s'évanouit.
Ensuite, se présenta une autre femme, aux joues mouillées par les larmes que la douleur distille, 
quand elle naît d'un dépit profond, elle disait: 
&lt;I&gt;&quot;Mon désir serait d'être vengé de celui qui a, sur ma couche,  baisé ma propre fille; 
mais que faire à celui qui m'a fait du mal si je condamne ainsi celui que j'aime?&quot;&lt;/I&gt;

Puis, je vis des gens embrasés du feu de la colère, lapider une jeune femme à coups de pierres, 
en se criant seulement d'une voix forte: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Kill, kill, kill!&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Et elle, je la voyais se pencher vers la terre, sous le poids de la mort qui l'accablait déjà, 
mais ses yeux semblaient s'ouvrir à l'amour et elle pria ainsi: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Pardonnez-leur mon divin Amant, car ils ne savent ce qu'ils font.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Quand mon âme revint de cette extase, je reconnus que j'avais rêvé, 
et mon maître, à ma démarche, s'en était aperçu: 
&lt;I&gt;&quot;Qu'as-tu, que tu ne tiennes point debout? Car tu as marché plus d'une demi-lieue, 
les yeux voilés, les jambes vacillantes, comme un homme accablé de vin ou de sommeil? 
Mais tes pensées, si petites soient-elles, ne m'échappent point. Ce que tu as vu 
t'est apparu pour que tu ne refuses point d'ouvrir ton coeur 
à ces vertus éternelles de douceur et de mansuétude.&quot;&lt;/I&gt;

Nous allions par le soir, portant notre attention aussi loin que pouvaient percer nos yeux, 
à l'encontre des rayons tardifs et brillants; et peu à peu, voici qu'une fumée venait 
vers nous, obscure comme la nuit, et il n'y avait pas de lieu où nous en abriter; 
elle nous ravit l'air pur et l'usage de nos yeux.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (rama), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b16.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XVI DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIV du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/21#149240</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIV du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=442 alt=&quot;image de Rackman&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com14-b1.jpg&quot; width=300&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Quiconque me rencontre doit me tuer.&lt;BR&gt;Là où habite encore Caïen.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  «Chi è costui che 'l nostro monte cerchia
prima che morte li abbia dato il volo,
e apre li occhi a sua voglia e coverchia?».

  «Non so chi sia, ma so ch'e' non è solo:
domandal tu che più li t'avvicini,
e dolcemente, sì che parli, acco'lo».

  Così due spirti, l'uno a l'altro chini,
ragionavan di me ivi a man dritta;
poi fer li visi, per dirmi, supini;
 
  e disse l'uno: «O anima che fitta
nel corpo ancora inver' lo ciel ten vai,
per carità ne consola e ne ditta&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Qui est-il celui qui longe la rive de notre supplice, avant que la mort ne l'ait enlevé, 
et qui ouvre et ferme les yeux comme il lui plait?&quot;

&quot;Je ne sais qui il est, mais je sais qu'il n'est pas seul; toi qui es le plus près de lui, 
interroge-le et, pour qu'il réponde, sois chaleureux avec lui.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi deux esprits, qui flottaient sur l'eau, parlaient de moi sur ma droite, puis, 
pour s'adresser à moi, ils sortirent la tête de l'eau:
&lt;I&gt;&quot;Ô âme qui t'en va vers le ciel encore fixée à son corps, sois charitable 
et console-nous et dis-nous d'où tu viens et qui tu es, car la grâce 
que tu as obtenue nous émerveille comme d'une chose qui ne s'est jamais vue!&quot;&lt;/I&gt;

Je m'empressai de leur répondre ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;À travers le pays de &lt;B&gt;Maria Chapdelaine&lt;/B&gt;, coule une longue et sinueuse 
rivière sauvage qui s'abreuve aux cours qui s'éparpillent et qui prennent 
leur source dans la &lt;B&gt;terre de Caïen&lt;/B&gt;, comme des blessures dans une terre aride.
De ses rives j'apporte ici mon corps; inutile de te dire mon nom 
qui n'aura jamais de grande renommée.&quot;

&quot;Si mon esprit comprend bien ce que tu veux dire, tu désignes la rivière &lt;B&gt;Chamouchouane;&lt;/B&gt;
et pourquoi cacher le nom de cette rivière comme si c'était une chose horrible?&quot;&lt;/I&gt;

Alors, l'autre ombre lui répondit à ma place: 
&lt;I&gt;&quot;Je ne le sais, mais il est bien juste que s'humilie le nom de cette vallée 
qui est la terre où habite encore &lt;B&gt;Caïen&lt;/B&gt;, car de sa source près de &lt;B&gt;Chibougamou &lt;/B&gt;, 
jusque là  où il se rend pour refaire ce que le ciel évapore de la mer, 
et qui donne à la rivière ce qu'il transporte dans son cours, tous fuient la vertu 
qu'ils tiennent pour ennemie, comme un serpent, ou parce que ce lieu est disgracié, 
ou parce que là, poussent de mauvaises herbes; aussi les habitants de cette misérable vallée  
ont si bien transformé leur nature qu'ils n'ont laissé de la mémoire, que les noms 
qui parlent indien, dont celui de &lt;B&gt;Chamouchouane&lt;/B&gt;, cette rivière dont je parle et qui charrie 
la &lt;B&gt;Ouananiche&lt;/B&gt; jusqu'à &lt;B&gt;Saint-Félicien&lt;/B&gt; avant d'aller se fondre dans le lac.

Elle coule son cours parmi les bêtes sauvages du &lt;B&gt;Mistassini&lt;/B&gt;, elle dévale plus bas 
dans la terre nourrissière de l'&lt;B&gt;Opémiska&lt;/B&gt;, elle s'accouple comme une vielle pute 
à la &lt;B&gt;Nestaocana&lt;/B&gt;, elle fraie son cours à travers la forêt de &lt;B&gt;Chibouchiche&lt;/B&gt;, 
elle rejoint presque silencieuse la &lt;B&gt;Doré&lt;/B&gt;, elle se cavale en cascade 
à la &lt;B&gt;Chute à l'Ours&lt;/B&gt; et plus elle se grossit, plus les loups qui hurlent à la louve 
deviennent des chiens qui aboient à la mort. Puis, en descendant plus loin,
elle traverse des déchirures et des plaies qui alimentent la gourmandise de l'homme.

Ainsi sont nos deux corps, attendant le ciel en sursis, ils  vont échouer là-bas 
dans le grand lac inerte, comme des billes qui descendent les rivières
et qui sont le reflet de la cupidité de l'homme.&quot;&lt;/I&gt;

Et je confirmai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;C'est bien là que je suis né, dans cette vallée qui n'a pour mémoire 
que les noms des &lt;B&gt;Saints du Ciel&lt;/B&gt; que portent sans fierté les villes, les villages: 
&lt;B&gt;St-Prime, St-Méthode, St-Augustin, Ste-Monique, St-Thomas-Didyme, St-Jérôme, St-Gédéon, 
St-Ambroise, St-Edmond-les-Plaines,  St-Eugène, St-Edmond, St-Amédée-de-Péribonca, 
St-Coeur-de-Marie, St-Hedwidge-de-Roberval, St-Stanislas, St-Ludger, Notre-Dame du Rosaire,  
St-Jean-Vianney, St-Honoré, St-David-de-Falardeau, L'Ascension-de-Notre-Seigneur, 
Notre-Dame-de-la-Doré, Ste-Rose-du-Nord, Notre-Dame-d'Hébertville, St-François-de-Sales, 
St-Bruno, St-Félix-d'Otis, St-Charles, St-Cyriac, St-Fulgence, St-Félicien;&lt;/B&gt;
ainsi que les rues, les bâtiments et les monuments:
&lt;B&gt;Sacré-Coeur, l'Assomption, Saint-Joseph, Sainte-Catherine, Saint-Laurent,&lt;/B&gt;
et les dépotoirs également: &lt;B&gt;Sainte Cunégonde, Saint Anselme&lt;/B&gt;,
et ailleurs et partout, couvrant la sainte province comme un mal qui se propage, 
de nouveaux sanctifiés viennent rabaptiser les rivières, les iles, 
les places publiques ainsi que les âmes: &lt;B&gt;Saint-Jean-Drapeau, Saint-Jean-Lesage,
Saint-Maurice-LeNoblet-Duplessis,  Saint-Pierre-Laporte, Saint-René-Lévesque, 
Saint-Pierre-Elliot-Trudeau, Saint-Jean-Le-Chrétien, Saint-Jean-dit-Maudit-Col-Bleu-Lapierre, 
Saint-Jean-Pierre-Audet-dit-Lapointe&lt;/B&gt;:
litanies inventées, non par dévotion, mais que pour cacher
la détresse des âmes ou l'imagination égarée ou jamais enfantée.&quot;&lt;/I&gt; 

Nous savions bien que ces âmes nous voyaient marcher, aussi leur silence nous assurait que 
nous étions dans le droit chemin. Dès après s'être avancés très loin, nous nous trouvâmes seuls;
en un lieu-dit l'&lt;B&gt;Ile Maligne&lt;/B&gt;, que les gens nommaient d'effroi, 
une voix, paraissant la foudre quant elle fend l'air, retendit en face de nous, elle disait:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Quiconque me rencontre doit me tuer!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Puis l'ombre du &lt;B&gt;Malin &lt;/B&gt;s'enfuit, comme fait le tonnerre qui s'éloigne lorsque les nuées 
se déchirèrent soudainement. Aussitôt que nous cessâmes de l'entendre, une autre éclata 
avec un tel fracas, qu'elle parut un autre tonnerre suivant immédiatement le premier:

&lt;I&gt;&quot;Je suis &lt;B&gt;Shipshaw&lt;/B&gt;, le monstre qui barre les eaux de la Péribonka; je suis le frein qui retient les âmes 
égarées  à l'intérieur des limites du grand lac. Mais comme la &lt;B&gt;Ouananiche&lt;/B&gt;, vous mordez 
à l'appât en sorte que l'hameçon de &lt;B&gt;Satan&lt;/B&gt; vous tire à soi. Aussi, le barrage et la civilité
ne vous sont d'aucun secours! Le ciel vous courtise et vous montre ses charmes, mais 
vous préférez regarder la terre, cette putain; ce dont vous châtie &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui connaît tout.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical inconnu, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b15.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XV DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/21#149238</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com13-b1.jpg&quot; width=200&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;J'aime celui qui me ferait du mal.&lt;BR&gt;J'crie à God: Tiens! j' te crains pus.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Noi eravamo al sommo de la scala,
dove secondamente si risega
lo monte che salendo altrui dismala.

  Ivi così una cornice lega
dintorno il poggio, come la primaia;
se non che l'arco suo più tosto piega.

  Ombra non lì è né segno che si paia:
parsi la ripa e parsi la via schietta
col livido color de la petraia.

  «Se qui per dimandar gente s'aspetta»,
ragionava il poeta, «io temo forse
che troppo avrà d'indugio nostra eletta».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Nous étions au sommet de l'escalier où est taillée la montagne qui guérit ceux qui la gravissent.
Une corniche forme une ceinture autour du pic, dont l'arc est très courbé. Il n'y a là point d'images 
ni de sculptures, la paroi est unie et la route apparaît sous la couleur livide de la pierre.
En peu de temps, vivement poussés par notre volonté, nous entendîmes, sans cependant 
les voir, voler vers nous, des esprits qui prononçaient de douces invitations à l'amour.

La première voix, qui passa en volant, dit très haut: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ils veulent boire à ma vigne!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Elle s'en alla le répétant derrière nous et avant qu'elle n'eût, par l'éloignement, 
complètement cessé d'être entendue, une autre passa, qui encore ne s'arrêta point, en criant: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Je suis celle pour qui l'on a envie de mourir.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

&lt;I&gt;&quot;Ô mon père! quelles sont ces douces voix qui me donnent 
une telle envie de les mieux connaître?&quot;&lt;/I&gt;

Et pendant que je posais cette question à mon maître, une troisième dit:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;J'aime celui qui me ferait du mal.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Ce cercle châtie le péché de la concupiscence et c'est pour cela qu'elles sont prises 
dans les cordes de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, mais ne crois pas que tu sois toi-même ce frein, 
car tu n'es pas encore parvenu au seuil du pardon. Mais fixe plutôt tes regards 
devant toi, et tu verras des gens assis: chacun d'eux est appuyé le long de la falaise.&quot;&lt;/I&gt;

J'ouvris alors les yeux plus que je ne l'avais d'abord fait, je regardai devant moi 
et je vis des ombres dont les manteaux avaient la même couleur que la pierre.
Et, après que nous nous fûmes un peu approchés, j'entendis crier: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Marie, prie pour nous!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Je ne crois pas qu'il y ait aujourd'hui sur la terre, un homme assez dur pour 
ne pas être touché de compassion au spectacle que je vis alors, 
lorsque arrivé près d'eux, une profonde douleur m'arracha des larmes.
 Ils semblaient jeunes: des enfants et des adolescents, des garçons, des filles et aussi 
des chiens qui leur servaient de guides. Ils étaient couverts de silices et de chaînes; 
ils s'appuyaient les uns sur les autres ainsi qu'à la paroi rocheuse.

Tels des aveugles, mendiant pour leurs besoins, inclinant la tête l'un sur l'autre 
pour faire naître aussitôt la pitié, par le son de leur voix ainsi que leurs fripes, 
et le ciel refuse à ces ombres sa lumière,  comme aux aveugles, celle du soleil.

Un fil de fer leur perçait le nez, les oreilles, les paupières, l'ombilic ainsi 
que les mamelons et les lèvres de la vulve. 
C'est ainsi qu'on enchaîne les fauves rebelles,  pour qu'ils ne s'enfuient point.

Il me semblait, en me dirigeant vers eux, que je les voyais et n'en étais point vu; 
aussi je me tournai vers mon sage conseiller. Il savait bien ce que mon silence cachait 
c'est pourquoi il n'attendit pas ma demande, mais il me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Parle, sois bref et précis en usant de mots et non de phrases pour en être bien compris.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; longeait le côté non protégé de la corniche, ornée de graffitis multicolores 
aux symboliques abstraites et, de l'autre part, se trouvaient ces ombres dévotes qui gémissaient 
et dont les larmes détrempaient la couche crasseuse qui recouvrait leurs joues.

Je me tournai vers elles et je commençai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ô âmes assurées de voir la lumière d'en haut, qui est l'unique objet de vos désirs, 
faites que votre conscience soit apaisée et que votre mémoire ne garde aucune trace 
de vos peines, car ce me serait agréable et cher s'il est ici parmi vous quelque âme 
qui soit de chez-moi, il lui sera peut-être utile que je le sache.&quot;

&quot;Avec ta langue crochue et tes belles fringues, t'es pas d'où j'viens mais j'te l'dis quant même 
qu'avec ceux-là j'expie icitte, j'prie et j'pleure, j'sais pas pourquoi et pour &lt;B&gt;Qui&lt;/B&gt;, 
mais qu'y s'montre à nous au plus &lt;B&gt;Chrisse&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

J'étais un peu abasourdi de cette réponse, je m'approchai d'une âme dont l'attitude 
me paraissait plus féminine et qui levait le menton comme une aveugle, je lui dis: 
&lt;I&gt;&quot;Esprit, qui es-tu qui te purifies avant que de monter plus haut?&quot;

&quot;J'suis d'la rue, j'ai ni maître ni Dieu, j'vis dans brume l'âme et l'coeur en paix 
et ben qu't'en doutes, j'suis pas crack ni putte et j'aime mon Pot, et quand j'prie, 
j'tague les falaises, j'm'encule avec mes &lt;B&gt;squidjy&lt;/B&gt; d'frères, 
j'lève mon bras, j'me pique et j'crie à &lt;B&gt;God&lt;/B&gt;: 
&lt;B&gt;&quot;Tiens! j' te crains pus!&quot;&lt;/B&gt;
Avant d'couper mes veines, j'ai fait la paix avec moé et ma mère a pleuré et dit son &lt;B&gt;Not'Père&lt;/B&gt;;
et toé, qui qu't'es, qui s'en va et qui a pitié d'moé, qui a des yeux d'baiseux ou d'enculeur,
qui respires en parlant, qui voudrait ben m'baiser, t'es trop clean bonhomme, ça m'plais pas.&quot;

&quot;Je n'ai aucune intention mauvaise à ton endroit, les yeux me seront à moi aussi fermés 
ailleurs qu'ici, car ils n'ont pas commis l'offense qui t'y retient. Bien plus grande est la peur 
dont mon âme est saisie, pour le supplice d'en dessous, car déjà je sens m'écraser 
le fardeau de là-bas. Je suis un vif; aussi, âme élue, si tu veux que sur la terre 
j'aille encore te servir de mes pieds mortels, fais-moi ta demande.&quot;&lt;/I&gt;

Alors, elle me répondit, surprise: 
&lt;I&gt;&quot;Ouais! c'est cool ça, alors le &lt;B&gt;God&lt;/B&gt;, y t'écoute?
Pense à moé dans tes jargons  et qu'y soit aussi &lt;B&gt;Punky&lt;/B&gt; que j'le souhaite.
Si tu r'tournes là dans c'te chienne de misère, dis à ceux qu'j'ai fait chier 
et qui changeaient d'trottoir pour pas m'voir, qu'j'implore leur &lt;B&gt;God&lt;/B&gt; d'leur pardonner, 
qu'y pensent ben me r'voir là-haut, et qu'y sachent qu'on s'fait pas chier en &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt; 
pour avoir pas été &lt;B&gt;Funky&lt;/B&gt; comme eux.&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique alternative (demowave), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b14.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIV DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>La Divine Tragédie</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148102</link> 

						<description> 
 &lt;FONT face=Arial color=#0066ff size=5&gt;&amp;nbsp;&lt;/FONT&gt;
&lt;P class=p1&gt;La Comédie Humaine 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;la Comédie Humaine inspirée de la divine comédie de Dante&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com-1.jpg&quot; width=445&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=5&gt;
&lt;P class=p1&gt;Inspirée de la Divine Comédie de Dante&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT color=#999966 size=2&gt;
&lt;P class=p3&gt;Voici la Comédie Humaine, une chronique qui décrit le voyage imaginaire d'un amoureux du début du &lt;B&gt;troisième millénaire&lt;/B&gt;, parti à la quête de son &lt;B&gt;Graal&lt;/B&gt;. &lt;BR&gt;Cette Comédie Humaine débute le premier jour du mois de Janvier et se poursuit tout au long de l'&lt;B&gt;an de grâce 2000&lt;/B&gt;.&lt;BR&gt;J'invite donc le lecteur à revivre avec ce voyageur, le périple en &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, au &lt;B&gt;Purgatoire&lt;/B&gt; et au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;, de ses aventures et de ses tragédies amoureuses.&lt;BR&gt;Ce voyageur qui porte le surnom du célèbre vénicien &lt;B&gt;Marco Polo&lt;/B&gt;, effectue le même trajet littéraire que &lt;B&gt;Dante Alighieri&lt;/B&gt;, voyage qu'il effectua durant l'an de grâce 1300.&lt;BR&gt;Le texte est largement inspiré des traductions du texte original de la &lt;B&gt;Divine Comédie&lt;/B&gt; et il en dévie pour s'adapter aux préoccupations actuelles et au style de l'auteur. La critique sociale qui sous-tend le texte de &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; est le prétexte que l'auteur moderne utilise pour faire une virulente critique sociale de son époque et du lieu où il habite.&lt;BR&gt;Le texte contient des propos à caractère érotique et est illustré de photos, d'images synthétiques et de reproductions empruntées aux archives du Web. &lt;BR&gt;Il est dont conseillé aux mineurs de s'abstenir ou de lire et regarder sous la surveillance d'un &lt;B&gt;ange-gardien&lt;/B&gt; qui aura laissé au vestiaire sa &lt;B&gt;virginité politique&lt;/B&gt;.&lt;BR&gt;Ce texte fait l'objet d'un &lt;B&gt;dépot légal&lt;/B&gt; de sorte qu'il est interdit de le reproduire sans la permission de l'auteur.&lt;/FONT&gt; &lt;FONT color=#0066ff size=4&gt;
&lt;P class=p10&gt;Chronique &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;licensieuse &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;à lire sous ls &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;surveillance &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;de ton ange-gardien.&lt;/FONT&gt; &lt;A name=escale&gt;&lt;/A&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-a0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;La Comédie Humaine et l'Enfer&lt;/B&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;La chronique de ce parcours infernal comporte XXXIV chants et te conduit à l'&lt;B&gt;Achéron&lt;/B&gt;, aux &lt;B&gt;Limbes&lt;/B&gt; et aux &lt;B&gt;Enfers&lt;/B&gt;. Dans la &lt;B&gt;Divine Comédie&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Dante&lt;/B&gt; situait ce lieu au centre de la terre, des cercles infernaux où il imaginait voir souffrir ceux qu'il aurait voulu envoyer en Enfer. Dans la Comédie Humaine, je te laisse chercher quelque part sur cette terre ce lieu béni que tu foules sans doute de tes pieds, où l'on se prend pour le nombril du monde. Dans ce voyage infernal, &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt; est accompagné de &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;, son fidèle gourou.&lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;La Comédie Humaine et le Purgatoire&lt;/B&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Le récit de la Comédie Humaine au &lt;B&gt;Purgatoire&lt;/B&gt; comporte XXXIII chants dont les XIV premiers chants se déroulent dans l'&lt;B&gt;Antipurgatoire&lt;/B&gt;. Le Purgatoire se trouve sur terre quelque part sous le &lt;B&gt;Paradis terrestre&lt;/B&gt;, et en cherchant bien, tu pourras encore le trouver à condition bien sur de savoir où se trouve le Paradis terrestre et de laisser au vestiaire, tes prétentions à convertir le monde à ta foi. &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; est ici toujours, le guide de Marco pour ce périple.&lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;La Comédie Humaine et le Paradis&lt;/B&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Nous sommes enfin au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; et je ne te dirai pas, cher lecteur, où se trouve ce lieu décrit dans la &lt;B&gt;Divine Comédie&lt;/B&gt; et dont cette longue Comédie Humaine ne m'a laissé aucune souvenance traduisible en des termes de mortel. Le récit comporte XXXIII chants en une procession mystique pleine d'évocations charnelles. Ici, c'est &lt;B&gt;Jeanne la Pucelle&lt;/B&gt; qui accompagne les pas de Marco dans un chant d'amour qui se veut éternel.&lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;La Comédie Humaine et la Terre&lt;/B&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Mal-heureux voyageurs qui croyez revenir sur &lt;B&gt;Terre&lt;/B&gt; comme si la terre n'était pas autre chose que l'&lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;Purgatoire&lt;/B&gt; ou le &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;, car vous habitez ces lieux qu'au choix que vous en faites et non celui que vous imposent vos maîtres, vos maîtresses, vos mères, vos ministères, vos magistères. Il n'y a ici aucun Chant sinon les Cent chants déjà visités de l'Enfer, du Purgatoire et du Paradis.&lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;H4&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index.htm&quot;&gt;RETOUR À MARCO POLO &lt;IMG height=30 alt=&quot;Page d'Accueil du Site Principal&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index9a.jpg&quot; width=30&gt; OU LE VOYAGE IMAGINAIRE&lt;/A&gt;&lt;/H4&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0000ff size=4&gt;
&lt;P class=p5&gt;&lt;I&gt;Envoyez une &lt;A href=&quot;mailto:x@hotmail.com?subject=Écrire vos commentaires&amp;amp;body=&quot;&gt;&lt;IMG height=20 alt=&quot;envoyez une carte postale à x@hotmail.com&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index-9.jpg&quot; width=20&gt;&lt;/A&gt; Carte Postale&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p2&gt;tout &lt;A href=&quot;http://www.google.ca/search?hl=fr&amp;amp;q=+site:www.marcopoloimaginaire.com+marcopoloimaginaire&quot;&gt;www.marcopoloimaginaire.com&lt;/A&gt; sur Google &lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148101</link> 

						<description> 
 &lt;FONT face=Arial color=#0066ff size=5&gt;&amp;nbsp;&lt;/FONT&gt; 
&lt;P class=p1&gt;La Comédie Humaine 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Bowser&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com-c1.jpg&quot; width=452&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=5&gt;
&lt;P class=p1&gt;Le Paradis&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=4&gt;
&lt;P class=p10&gt;Chronique &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;licensieuse &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;à lire sous ls &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;surveillance &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;de ton ange-gardien.&lt;/FONT&gt; &lt;A name=escale&gt;&lt;/A&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;TABLE width=1000&gt;
&lt;COLGROUP&gt;
&lt;COL span=2&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TD align=right&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c01.htm&quot;&gt;Chant I &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c02.htm&quot;&gt;Chant II &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c03.htm&quot;&gt;Chant III &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c04.htm&quot;&gt;Chant IV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c05.htm&quot;&gt;Chant V &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c06.htm&quot;&gt;Chant VI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c07.htm&quot;&gt;Chant VII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c08.htm&quot;&gt;Chant VIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c09.htm&quot;&gt;Chant IX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c10.htm&quot;&gt;Chant X &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c11.htm&quot;&gt;Chant XI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c12.htm&quot;&gt;Chant XII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c13.htm&quot;&gt;Chant XIIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c14.htm&quot;&gt;Chant XIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c15.htm&quot;&gt;Chant XV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c16.htm&quot;&gt;Chant XVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c17.htm&quot;&gt;Chant XVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c18.htm&quot;&gt;Chant XVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c19.htm&quot;&gt;Chant XIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c20.htm&quot;&gt;Chant XX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c21.htm&quot;&gt;Chant XXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c22.htm&quot;&gt;Chant XXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c23.htm&quot;&gt;Chant XXIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c24.htm&quot;&gt;Chant XXIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c25.htm&quot;&gt;Chant XXV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c26.htm&quot;&gt;Chant XXVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c27.htm&quot;&gt;Chant XXVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c28.htm&quot;&gt;Chant XXVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c29.htm&quot;&gt;Chant XXIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c30.htm&quot;&gt;Chant XXX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c31.htm&quot;&gt;Chant XXXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c32.htm&quot;&gt;Chant XXXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c33.htm&quot;&gt;Chant XXXIII &lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;
&lt;TD&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Prologue du Paradis. (L'amour c'est donner et non recevoir.)&lt;BR&gt;Là où la raison n'a plus d'emprise. (Vois comment l'amour peut être subjectif.)&lt;BR&gt;Ave Maria Gratia Plena. (Le couvent des soeurs de la Charité.)&lt;BR&gt;Esprits qui ont manqué à leurs voeux. (Ô amante de l'Amant Céleste!) &lt;BR&gt;Le don du libre arbitre. (Vois en elles comme des déesses, non encore prêtes à être aimées.) &lt;BR&gt;In God we trust. (J'ai régné par César et maintenant je règne par Uncle Sam.)&lt;BR&gt;Hosanna Sanctus Deus Sabaoth. (Ta beauté, Marco mon bel amant, n'égale point celle de l'Amant suprême.)&lt;BR&gt;À mort, à mort, celle qui, par l'Amour guérit du Péché! (Vénus, cette étoile qui fait naître chez l'homme l'amour sensuel.)&lt;BR&gt;Le triomphe du Christ en Moi. (Je suis Celle qui sait goûter à ton corps.)&lt;BR&gt;L'heure où l'amante de Dieu chante les matines. (Là où la joie d'aimer devient éternelle.)&lt;BR&gt;Le règne de la Force et du Pénis. (Omnia vincit amor.)&lt;BR&gt;Roméo et Juliette. (Mon amour est aussi profond que les abysses de la mer.)&lt;BR&gt;Comment crois-tu que la Vierge devint enceinte? (Ils seront tels au Jugement Dernier.)&lt;BR&gt;Jeanne étendue nue et gémissante sur sa croix. (Ô Hélios, Toi qui les rends si belles et si désirables!)&lt;BR&gt;Robin des Bois, au secours! (O Sanguis Meus!)&lt;BR&gt;Le soleil luit pour moi comme pour les autres. (L'Histoire de la Nouvelle-France.)&lt;BR&gt;Un homme averti n'en vaut-il point deux. (Ceux qui trafiquent avec la Vérité.)&lt;BR&gt;Le désir et la volupté de voir danser Salomé. (Les muses Bienheureuses qui peuplent l'Olympe.)&lt;BR&gt;La belle image de l'Amour et le sermon des bienheureux. (Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée.) &lt;BR&gt;La représentation du Plaisir éternel. (Notre bonheur est de ne vouloir que ce que Dieu veut.)&lt;BR&gt;La servante empressée du Conseil Suprême. (Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.)&lt;BR&gt;Apprends-moi à jouir d'un bonheur éternel. (Ces servantes embrasées de l'ardeur qui fait naître l'orgasme.)&lt;BR&gt;Le désir charnel pour la Vierge-Marie. (Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.)&lt;BR&gt;Le Fruit des arbres du Jardin d'Eden. (L'Amour, l'argument de la chose invisible.)&lt;BR&gt;Jeanne, l'aliment de mon espérance. (Sperent in Te.)&lt;BR&gt;Les belles femelles du Jardin du Jardinier éternel. (Sanctus, sanctus, sanctus.)&lt;BR&gt;Goire au Père, au Fils, au Saint-Esprit. (Vois l'Épouse du Christ qui se prostitue.)&lt;BR&gt;Le plaisir des anges. (Ainsi règne le Divin Amour.)&lt;BR&gt;Hiérarchies angéliques. (Le Christ a-t'il dit à ses disciples: allez et prêchez des sornettes?)&lt;BR&gt;La vulve Divine, le siège de l'Amour. (Là où les âmes avides souffrent du désir charnel.)&lt;BR&gt;La Sainte milice des Vierges blanches. (L'espoir en la Béatitude.)&lt;BR&gt;La cour de l'Empyrée. (Ave Maria, gratia plena.)&lt;BR&gt;L'Orgasme de Dieu. (Ce qui féconde et engendre la Conscience Universelle.)&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE D'ENTRÉE DE LA COMÉDIE HUMAINE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0000ff size=4&gt;
&lt;P class=p5&gt;&lt;I&gt;Envoyez une &lt;A href=&quot;mailto:x@hotmail.com?subject=Écrire vos commentaires&amp;amp;body=&quot;&gt;&lt;IMG height=20 alt=&quot;envoyez une carte postale à x@hotmail.com&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index-9.jpg&quot; width=20&gt;&lt;/A&gt; Carte Postale&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Le Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148099</link> 

						<description> 
 &lt;FONT face=Arial color=#0066ff size=5&gt;&amp;nbsp;&lt;/FONT&gt; 
&lt;P class=p1&gt;La Comédie Humaine 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;Le purgatoire ou la Comédie Humaine.&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com-b1.jpg&quot; width=366&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=5&gt;
&lt;P class=p1&gt;Le Purgatoire&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT color=#0066ff size=4&gt;
&lt;P class=p10&gt;Chronique &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;licensieuse &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;à lire sous ls &lt;I&gt;&lt;FONT color=red&gt;surveillance &lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;de ton ange-gardien.&lt;/FONT&gt; &lt;A name=escale&gt;&lt;/A&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;TABLE width=1000&gt;
&lt;COLGROUP&gt;
&lt;COL span=2&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TD align=right&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b01.htm&quot;&gt;Chant I &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b02.htm&quot;&gt;Chant II &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b03.htm&quot;&gt;Chant III &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b04.htm&quot;&gt;Chant IV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b05.htm&quot;&gt;Chant V &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b06.htm&quot;&gt;Chant VI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b07.htm&quot;&gt;Chant VII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b08.htm&quot;&gt;Chant VIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b09.htm&quot;&gt;Chant IX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b10.htm&quot;&gt;Chant X &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b11.htm&quot;&gt;Chant XI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b12.htm&quot;&gt;Chant XII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b13.htm&quot;&gt;Chant XIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b14.htm&quot;&gt;Chant XIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b15.htm&quot;&gt;Chant XV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b16.htm&quot;&gt;Chant XVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b17.htm&quot;&gt;Chant XVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b18.htm&quot;&gt;Chant XVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b19.htm&quot;&gt;Chant XIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b20.htm&quot;&gt;Chant XX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b21.htm&quot;&gt;Chant XXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b22.htm&quot;&gt;Chant XXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b23.htm&quot;&gt;Chant XXIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b24.htm&quot;&gt;Chant XXIV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b25.htm&quot;&gt;Chant XXV &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b26.htm&quot;&gt;Chant XXVI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b27.htm&quot;&gt;Chant XXVII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b28.htm&quot;&gt;Chant XXVIII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b29.htm&quot;&gt;Chant XXIX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b30.htm&quot;&gt;Chant XXX &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b31.htm&quot;&gt;Chant XXXI &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b32.htm&quot;&gt;Chant XXXII &lt;/A&gt;&lt;BR&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b33.htm&quot;&gt;Chant XXXIII &lt;/A&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;
&lt;TD&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;
&lt;P class=p9a&gt;Le vieillard gardien de la porte du Purgatoire. (Je suis venu par la volonté d'une Dame du Ciel.)&lt;BR&gt;La naissance des âmes. (Nous quittons la servitude de la corruption humaine.)&lt;BR&gt;Ceux qui s'arrogent le métier de Dieu. (Pourquoi vous faut-il, mortels, réinventer la Vie?)&lt;BR&gt;Jean-Baptiste, le paresseux. (Pourquoi penser si notre Mère l'État fait tout et pense à ma place?) &lt;BR&gt;Ô toi qui viens du Ciel! Pourquoi me voles-tu ce fils d'Allah? (Seuls les imbéciles acceptent de mourir pour une cause.)&lt;BR&gt;Le déclin de l'Empire qui se croyait américain. (Envoie-nous Jésus de Montréal, ton fils crucifié sur le mont Royal.)&lt;BR&gt;Les Princesses de la vallée fleurie. (Salve Regina.)&lt;BR&gt;Les protectrices de la vallée perdue. (Faites que les tentations de la nuit ne viennent point violer nos corps.)&lt;BR&gt;De l'Antipurgatoire au Purgatoire. (Te Deum Laudamus.)&lt;BR&gt;Ecce Amor Dei. (Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge.) &lt;BR&gt;Pater Noster, notre Père qui êtes aux Cieux. (J'imaginais que mon beau prince était Dieu lui-même.)&lt;BR&gt;Beati pauperes spiritu. (Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.)&lt;BR&gt;J'aime celui qui me ferait du mal. (J'crie à God: Tiens! j' te crains pus.)&lt;BR&gt;Quiconque me rencontre doit me tuer. (Là où habite encore Caïen.)&lt;BR&gt;Beati Misericordes. (Pardonnez-leur mon divin amant car ils ne savent ce qu'ils font.)&lt;BR&gt;Le pouvoir despotique du cléricalisme séculaire. (Les lois existent, mais qui s'inquiète de les faire respecter?) &lt;BR&gt;Beati Pacifici, et vas sans colère contre moi. (Tu ne pourras te tromper si ton amour est instinctif.)&lt;BR&gt;Le libre arbitre. (Tout ce que tu devrais connaître de l'Amour.)&lt;BR&gt;Je suis la douce nymphe Calypso. (Les ombres de Dom Juan et de Marco Polo.)&lt;BR&gt;Les secousses de la Montagne Tremblante. (L'Opium du Peuple.)&lt;BR&gt;Dante, le poète Florentin et la Divine Comédie. (Mes frères soyez en paix.)&lt;BR&gt;Toi qui le premier après Satan m'a éclairé. (Les fleurs du Mal.)&lt;BR&gt;Les cent jours de Sodome. (Donatien Alphonse François marquis de Sade.)&lt;BR&gt;Dames qui avez l'intelligence de l'amour. (Sa beauté triomphe désormais dans le haut Olympe.)&lt;BR&gt;Pourquoi enfanter là ou l'on a plus besoin d'engendrer. (L'âme est autre chose qu'un génome humain.)&lt;BR&gt;Sodomme et Gomorrhe. (Vois cet autre qui ne parait pas porter un corps factice.)&lt;BR&gt;Le goût des plaisirs éternels. (Venez au séjour de Mon Père, et toi Marco, soit reçu tel un Amant!)&lt;BR&gt;Oh! belle Dame dont je ne connais pas le nom. (Le Parnasse dans tes rêves, est ici le Paradis Terrestre.)&lt;BR&gt;La procession mystique. (Carmina Burana.)&lt;BR&gt;L'apparition de Jeanne au Paradis Terrestre. (Ne pleure pas Marco Mon Amant.)&lt;BR&gt;Les beaux yeux de Jeanne la Pucelle. (Asperges me.)&lt;BR&gt;Adam, pourquoi avoir trahi? (Tu seras avec moi, citoyen de ce Lupanar céleste.)&lt;BR&gt;Les prières de la Dame aux camélias. (Le déclin du Jardin d'Éden.)&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/TD&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE D'ENTRÉE DE LA COMÉDIE HUMAINE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0000ff size=4&gt;
&lt;P class=p5&gt;&lt;I&gt;Envoyez une &lt;A href=&quot;mailto:x@hotmail.com?subject=Écrire vos commentaires&amp;amp;body=&quot;&gt;&lt;IMG height=20 alt=&quot;envoyez une carte postale à x@hotmail.com&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/index-9.jpg&quot; width=20&gt;&lt;/A&gt; Carte Postale&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XII du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148097</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XII du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=267 alt=&quot;image Parkes&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com12-b1.jpg&quot; width=200&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Beati Pauperes Spiritu.&lt;BR&gt;Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 Di pari, come buoi che vanno a giogo,
m'andava io con quell'anima carca,
fin che 'l sofferse il dolce pedagogo.
  
  Ma quando disse: «Lascia lui e varca;
ché qui è buono con l'ali e coi remi,
quantunque può, ciascun pinger sua barca»;
 
  dritto sì come andar vuolsi rife'mi
con la persona, avvegna che i pensieri
mi rimanessero e chinati e scemi.
 
  Io m'era mosso, e seguia volontieri
del mio maestro i passi, e amendue
già mostravam com'eravam leggeri;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Comme des boeufs qui vont en paire sous le joug, je marchai près de cette âme 
d'autant qu'elle était très belle, mais alors mon maître me dit:
&lt;I&gt;&quot;Quitte cette âme et avance, tu dois toi-même porter ta barque.&quot;&lt;/I&gt;

Je me redressai de toute ma taille, comme il le faut pour marcher, encore que mes pensées 
demeuraient déprimées et humiliées. J'étais parti et je suivais volontiers les pas 
de mon maître, et nous montrions tous deux combien nous étions légers, quand il me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Regarde plus en bas. Et, pour rendre ta route moins fatigante, 
vois l'endroit où se posent tes pas.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi qu'est conservée, gravée sur les tombes, la mémoire des morts, je vis là des dessins 
d'artiste d'une représentation parfaite, tout le chemin qui faisait saillie 
le long de la montagne. Je voyais d'un côté une &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, plus séduisante qu'une déesse, 
se laisser courtiser par un ange. Je voyais plus loin un essaim de chérubins pleins d'audace, 
caresser le sein dénudé de &lt;B&gt;Vénus&lt;/B&gt;. Je voyais des scènes du &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt;, 
ces lieux où s'amusent poètes et muses, et leurs corps enchevêtrés dans  la licence amoureuse.
Je voyais encore deux êtres nus et gênés d'être ainsi, comme s'ils étaient de chair vivante,
dont il me semblait que l'un était &lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt; et l'autre &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;.

Ô belle &lt;B&gt;Suzanne&lt;/B&gt;! comme elles sont appétissantes tes chairs que tu portes ainsi jusqu'au bain 
et qui m'invitent à te suivre. Ô folle &lt;B&gt;Arachné&lt;/B&gt;! je te vois triste presque araignée, sur les débris 
de l'oeuvre qui fut tissée pour ton malheur. Ô adorable &lt;B&gt;Léda&lt;/B&gt;! comme tes chairs dénudées
m'étaient appétissantes et que j'aurais voulu être le &lt;B&gt;Cygne&lt;/B&gt; pour te séduire et te caresser.

Il me montrait encore les dessins sur le dur pavé et comment &lt;B&gt;Alexandre&lt;/B&gt; avait séduit 
la belle et envoûtante &lt;B&gt;Roxanne&lt;/B&gt;. Il me montrait le cruel &lt;B&gt;Jupiter&lt;/B&gt; se transformer en taureau 
pour enlever et violer l'inoffensive &lt;B&gt;Europe&lt;/B&gt;. Il me montrait également comment les &lt;B&gt;Troyennes&lt;/B&gt; 
subirent le viol du &lt;B&gt;Cheval&lt;/B&gt;, et leur mort, et les restes de leurs corps suppliciés. Je voyais &lt;B&gt;Babylone&lt;/B&gt; 
en cendre et en ruines: les femmes et les filles soumises aux fureurs lubriques d'&lt;B&gt;Alexandre&lt;/B&gt;.

Qui furent ces maîtres du pinceau et du stylet qui dessinèrent les figures et les traits,
qui sont là un objet d'étonnement pour le génie le plus subtil? Les morts paraissaient morts, 
vifs paraissaient des vifs; celui qui a vu les scènes réelles n'a pas vu mieux que moi,
ce que je foulai aux pieds, tant que je marchai tout courbé. Et maintenant soyez orgueilleux, allez,
fils d'&lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, le visage altier, et ne baissez pas la face pour voir le mauvais sentier que vous suivez!

&lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;, qui allait devant moi toujours attentif, me dit soudain: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Lève la tête!&quot;&lt;/B&gt; 
&quot;Ce n'est plus le temps de marcher ainsi d'un pas mal assuré. Vois là-bas cet ange 
qui s'approche de nous; simule le respect sur ton visage et dans tes gestes, afin qu'il 
lui soit agréable de nous conduire plus haut; comprend alors que ce jour sera le dernier.&quot;&lt;/I&gt;

La belle créature s'approchait de nous, vêtue de blanc, et son visage était scintillant 
comme l'étoile du matin. Elle ouvrit les bras, puis les ailes et ainsi 
je voyais tout en elle, et elle nous dit: 
&lt;I&gt;&quot;Venez, les marches sont près d'ici,et désormais vous pourrez aisément les gravir, 
ayant vaincu l'orgueil en vous. Ô vous de race humaine! 
pourquoi tomber ainsi au moindre vent?&quot;&lt;/I&gt;

Elle nous mena du &lt;B&gt;cap Trinité&lt;/B&gt; à l'&lt;B&gt;Éternité&lt;/B&gt;, à l'endroit où la roche tombe à pic;
là, du bout de son sein, elle me  tatoua le front; puis elle m'assura d'une montée facile.

Comme nous tournions à cet endroit, des voix chantèrent: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Beati pauperes spiritu&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt; 
avec tant de suavité, que la parole ne saurait l'exprimer.

Ah! combien ces passages diffèrent de ceux de l'enfer! Car ici on pénètre parmi des chants  
et là-bas agressé de barbares musiques. Déjà, nous gravissions les marches sacrées 
et il me semblait que j'étais bien plus léger.
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt;, dis-moi, de quel poids ai-je été soulagé,
pour qu'en marchant je n'éprouve presque plus aucune fatigue?&quot;&lt;/I&gt;

Et mon maître me répondit: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Lorsque les &lt;B&gt;P&lt;/B&gt; que l'ange a gravés sur ton front auront tous été effacés, 
tu n'éprouveras plus aucune fatigue et tes pieds te pousseront toujours plus haut.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Alors, je fis comme les gens qui avancent sans savoir ce qu'ils portent à la tête, 
mais dont les autres observent la présence; aussi, des doigts de ma main droite, 
je trouvai seulement six des lettres que l'ange, porteur des clefs, avait gravées 
sur mes tempes; et en me regardant faire, mon guide s'en réjouit.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique alternative (astro), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b13.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XI du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148096</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XI du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com11-b1.jpg&quot; width=300&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Pater Noster, notre Père qui êtes aux Cieux.&lt;BR&gt;J'imaginais que mon beau prince était Dieu lui-même.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  «O Padre nostro, che ne' cieli stai,
non circunscritto, ma per più amore
ch'ai primi effetti di là sù tu hai,
 
  laudato sia 'l tuo nome e 'l tuo valore
da ogni creatura, com'è degno
di render grazie al tuo dolce vapore.
 
  Vegna ver' noi la pace del tuo regno,
ché noi ad essa non potem da noi,
s'ella non vien, con tutto nostro ingegno.
 
  Come del suo voler li angeli tuoi
fan sacrificio a te, cantando osanna,
così facciano li uomini de' suoi.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Pater-noster, mon Père qui trône au Paradis,
et qui aime autant que moi je les aime, Tes angelettes,
je Te loue de les avoir créées si belles;
que la paix de Ton règne arrive 
et que l'offrande de Tes anges femelles
m'aide à atteindre la Joie éternelle;
donne-moi cette nourriture quotidienne
qui seule peut apaiser mes désirs charnels;
et comment je pardonne à celles 
qui ne s'offrent pas, pardonne-moi de m'offrir celles 
qui se laissent prendre, que j'expie ainsi mes fautes vénielles;
ne mets pas ma vertu à l'épreuve plus que celles 
qui la tourmente si fort, mais fais en sorte de la combler
dans la Béatitude éternelle!&quot;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi je priais, accompagné des ombres, marchant sous le poids de mes rêves angoissés,
je m'efforçais d'aider ces âmes à se laver des taches qu'elles traînaient depuis la terre,
en sorte qu'elles puissent acquérir la pureté, la légèreté qui les aide à monter au ciel.

&lt;I&gt;&quot;Ah! que la justice et la miséricorde vous libèrent bientôt de ces poids, pour que 
vous puissiez atteindre votre ciel! Montrez-nous de quel côté est le plus court chemin, 
qui conduit à la satisfaction de nos désirs, car cet autre, qui m'accompagne et qui revêt 
encore le poids de la chair d'&lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt;, monte avec plus de peine qu'il ne le voudrait.&quot;&lt;/I&gt;

Et l'une des ombres répondit à mon maître: 
&lt;I&gt;&quot;Venez avec nous, en suivant la falaise, et vous trouverez le passage qu'un vif 
peut monter sans peine. Et, si l'armure de chasteté, qui recouvre mon corps 
plein d'orgueil, n'était si lourde à porter et ne faisait plier mon corps,je porterais 
un regard sur celui qui vit encore, à voir si je le reconnais et s'il est l'un de ceux,
à qui j'ai refusé la grâce de jouir de mon corps.

Car je fus, dans le pays du &lt;B&gt;Grand Fjord&lt;/B&gt;, reconnu en tant que plus désirable 
des belles, et que ni Roi ni manant ne purent baiser à leur aise.
Le sang antique et les actions d'éclat de mes ancêtres me rendirent si arrogante, que
je tins tous les hommes en tel mépris, que j'en mourus sans avoir copulé avec aucun d'eux!
J'ai refusé de jouir comme la bête, offrant mon ventre  à la vue des étoiles, découvrant 
les secrets enfouis dans mon gouffre utérin, souffrant l'affront d'un baiser à mon sein.
J'ai préféré la jouissance solitaire, caressant mon corps, ma vulve et mes seins, 
glissant mes doigts agiles dans cet antre érogène, y jouant en fermant les yeux 
et en imaginant que mon beau prince était&lt;B&gt; Dieu&lt;/B&gt; lui-même.&quot;&lt;/I&gt;

L'une des ombres s'interposa et me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Celle qui, devant toi, marche à si petits pas, emplissait du bruit de son nom 
le pays &lt;B&gt;Jeannois&lt;/B&gt; tout entier, et maintenant on en chuchote à peine à &lt;B&gt;Mashteuiash&lt;/B&gt; 
où elle était reine, la plus enviée des femmes, et qui en méprisait d'autant 
les autres femmes, à qui elle enlevait allègrement maris et amants, comme 
aucune prostituée ne l'aurait fait mieux qu'elle. Sa renommée était couleur d'herbe, 
qui va et vient et que le soleil flétrit, qui la fait sortir de terre 
avant sa maturité; regarde et dis-moi si elle est encore belle?&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui dis: 
&lt;I&gt;&quot;Tes paroles pleines de vérité m'humilient dans mon coeur, 
mais n'en dissipe pas moins un doute dans mon esprit:
Est-il vrai alors que l'âme, qui attend la fin de sa vie pour se repentir, puisse espérer 
monter jusqu'ici  par de bonnes prières qui l'y aident, là où d'autres âmes qui auraient vécu 
une vie de vertu, en oubliant de mourir dans la grâce, se verraient interdites d'y monter;
ne vois-tu pas là une contradiction de la part d'un &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;  que tu dis être juste 
et qui favorise ainsi les fins calculs du &lt;B&gt;Vilain&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;

Et elle ne répondit pas mais je compris que cela dépassait ses capacités d'entendement, 
et que seul l'amour de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; pouvait me libérer de mes doutes.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;&lt;FONT size=1&gt;(1)&lt;/FONT&gt;version libérée du Notre-Père&lt;BR&gt;Theme musical: la sicilienne de Gabriel Fauré, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b12.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XII DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

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						<title>Chant X du Purgatoire</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2007/09/06#148095</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant X du Purgatoire 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=413 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com10-b1.jpg&quot; width=350&gt; &lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Ecce Amor Dei. &lt;BR&gt;Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la Vierge &lt;BR&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Poi fummo dentro al soglio de la porta
che 'l mal amor de l'anime disusa,
perché fa parer dritta la via torta,

  sonando la senti' esser richiusa;
e s'io avesse li occhi vòlti ad essa,
qual fora stata al fallo degna scusa?
  
  Noi salavam per una pietra fessa,
che si moveva e d'una e d'altra parte,
sì come l'onda che fugge e s'appressa.
  
  «Qui si conviene usare un poco d'arte»,
cominciò 'l duca mio, «in accostarsi
or quinci, or quindi al lato che si parte».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Le bruit que j'entendis, me fit comprendre que la porte s'était refermée sur nous,
au-delà de laquelle l'amour mauvais nous était interdit.

Nous montions une paroi du rocher, si abrupte qu'il fallut l'aborder avec adresse, 
de sorte que notre cheminement en fut ralenti et que, la nuit approchant, il était temps de s'arrêter.

Rendus au faite du rocher, face à une paroi abrupte, nos yeux purent voir aussi loin 
qu'ils le pouvaient, nos pieds ne s'y étaient pas encore avancés que je m'aperçus 
que cette muraille circulaire, qu'aucun accès ne permettait de gravir, était de marbre blanc, 
orné de sculptures telles que &lt;B&gt;Rodin&lt;/B&gt; lui-même en aurait paru diminué.

L'ange qui vint sur terre pour l'&lt;B&gt;Annonciation&lt;/B&gt; de la naissance de l'amour, implorée 
de tant de larmes par tous les siècles et par laquelle le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, trop longtemps fermé, 
s'est ouvert devant nous, apparaissait si réel, représenté là dans une attitude galante,  
qu'il me semblait qu'il jouissait déjà.

On aurait juré qu'il disait:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Amor!&quot;&lt;/B&gt; &lt;/I&gt;

Parce qu'appuyée sur lui et déjà conquise était la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, qui lui avait donné la clef  
qui ouvre la porte de sa vulve virginale et, par son attitude, elle exprimait ces mots:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ecce amor Dei&quot;&lt;/B&gt;,&lt;/I&gt;
aussi nettement qu'une image est gravée dans le marbre.

Mon maître qui me surprit ainsi admirant l'oeuvre, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Ne fixe pas ton esprit sur un seul point&quot;&lt;/I&gt;

Aussi je détournai mes regards de &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, et de l'autre côté m'apparut une scène 
taillée dans le roc, je m'approchai pour mieux la voir.

Il y avait là, sculpté dans le marbre, un attelage de boeufs traînant la sainte &lt;B&gt;Arche d'Alliance&lt;/B&gt;
et, précédant celle-ci, une foule divisée en sept choeurs dont mes sens 
ne pouvaient dire s'ils chantaient ou se taisaient, s'ils humaient ou non l'encens;
et tout en avant du Cortège était &lt;B&gt;David&lt;/B&gt;, au corps dénudé, et dont la danse sacrée 
était endiablée, de sorte qu'il me semblait être plus ou moins que roi.
Et &lt;B&gt;Michol&lt;/B&gt;, sa maîtresse, le regardait de loin en mimant, dans la solitude, l'acte sexuel.

Je quittai cet endroit pour voir de près une autre scène qui m'attirait par l'éclat 
qui embrasait le sujet. Là était figurée la gloire sublime d'un &lt;B&gt;Prince antique&lt;/B&gt;.
Au crin de son cheval se traînait une pauvre courtisane en larmes. Tout autour, 
le sol était foulé de cavaliers et des aigles d'or semblaient se mouvoir dans le ciel.
La pauvre courtisane semblait dire:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Seigneur, si tu ne me prends illiquo, je me désespère jusqu'à la mort!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Et lui paraissant lui répondre:
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Attends que je sois de retour.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Mais elle, comme une personne que la passion rend impatiente:
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Mon Seigneur, et si tu ne reviens pas?&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Et lui de répondre:
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Celui qui sera là après moi, te prendra à ma place.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Mais elle, encore disait: 
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Le bien fait à un autre, à quoi te servira-t-il
 si tu négliges le bien que je t'offre maintenant?&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Et lui alors de répondre:
&lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Or, sois satisfaite, je te dois de remplir ce devoir avant de partir,
 ta Passion le veut ainsi et la Foi m'y contraint.&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt;

Ainsi qu'il ne se voit point sur terre, celui-ci a su produire
au-delà des paroles, les gestes qui conduisent à l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;. 

Pendant que je m'émerveillais à contempler ces images d'une si grande concupiscence, 
le poète murmura: 
&lt;I&gt;&quot;Voici une troupe nombreuse qui se déplace à pas lents, 
elle nous conduira aux degrés plus élevés.&quot;&lt;/I&gt;

Mes yeux toujours attentifs à découvrir des choses nouvelles,
je me détournai vers l'endroit que m'indiquait &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt;.

Je ne veux point cher lecteur, t'enlever ton courage en te décrivant ainsi, ce que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; exige
en compensation de ses fautes. Plutôt qu'à la vigueur des tourments, 
pense plutôt à la fin qu'ils prédestinent au soir du &lt;B&gt;Jugement Dernier&lt;/B&gt;.

Et je dis: 
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt; ce que je vois venir ne me semble pas être des hommes, la dure condition 
de leur supplice les écrase jusqu'au sol de sorte que j'hésite à saisir ce que mon oeil voit,
déjà je peux voir comment chacun se mortifie.&quot;&lt;/I&gt;

Et mon maître me dit, alors qu'il semblait leur adresser la parole:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ô vedettes! orgueilleuses et présomptueuses, qui mettiez vos espoirs 
dans l'adulation des foules, sachez que vous n'êtes que des larves
qui se mutent en ces âmes fragiles, qui vont comme les papillons sans défense
brûler leurs ailes au tribunal de la justice divine.
Qu'est-ce qui permet à votre âme de s'élever ainsi, alors que vous n'êtes que 
des insectes ratés pareils à des vers qui n'ont pas encore atteint leur maturité?&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi, je vis ces esprits autrefois pleins d'arrogance, plus ou moins contractés par des charges
qui les faisaient paraître tels des cariatides affaiblies par le poids des ans, et celui 
qui était le plus près dit en pleurant: &lt;I&gt;&quot;Je n'en puis plus, je n'en puis plus!&quot;&lt;/I&gt;

Et la foule criait: 
&lt;I&gt;&quot;Vas-y, vas-y, t'es le meilleur et on t'aime vas-y, ne lâche pas, t'es capable!&quot;&lt;/I&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Adoramus Te Christe de Giovanni Pier Luigi Palestrina, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-b11.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XI DU PURGATOIRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt