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				<title>1a-la divine tragédie (histoire Québec)</title> 

				<link>http://marcopolo.monblogue.com/</link> 

				<description>l'histoire fictive du québec sur le thème de la divine comédie de Dante</description> 
	
				<language>en-us</language> 

			 
					<item> 

						<title>Chant XXXIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160860</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=200 alt=&quot;La tragédie humaine&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com33-c1.jpg&quot; width=193&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;L'Orgasme de Dieu.&lt;BR&gt;Ce qui féconde et engendre la Conscience Universelle.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
«Vergine Madre, figlia del tuo figlio,
umile e alta più che creatura,
termine fisso d'etterno consiglio,

  tu se' colei che l'umana natura
nobilitasti sì, che 'l suo fattore
non disdegnò di farsi sua fattura.

  Nel ventre tuo si raccese l'amore,
per lo cui caldo ne l'etterna pace
così è germinato questo fiore.

  Qui se' a noi meridiana face
di caritate, e giuso, intra ' mortali,
se' di speranza fontana vivace.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Vierge-Marie&lt;/B&gt;, fille de Ton Fils, 
Aimante et séduisante, plus que toute créature
Prédestinée par un décret du &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;, 
Tu es &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui a tant ennobli l'Amour humain
Que le &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; n'a pas daigné devenir ta créature.

Dans Ton sein s'est allumé l'amour dont la chaleur 
A fait ainsi germer cette fleur, dans la &lt;B&gt;Joie&lt;/B&gt; éternelle. 
Tu es ici, pour nous, un flambeau 
Éblouissant de chasteté, 
Et, sur terre, parmi les mortels, 
Tu es une source vive de désirs charnels.

&lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, Tu es si belle et si attirante que, qui veut la grâce, 
Et, à Toi, Ne recours point, veut que ses désirs voguent sans ailes.
Ta bienveillance ne vient pas seulement en aide, à qui la demande,
Mais bien souvent elle devance spontanément la prière. 

En Toi la volupté, en Toi la coquetterie, en Toi la sensualité;
En Toi se réunit tout ce qu'il y a de sexualité dans la créature!
Celui-ci qui, du plus profond abîme de l'univers jusqu'ici,
A vu, une à une, les destinées des âmes, 
Te supplie de lui obtenir, par grâce, 
Assez de force pour qu'il puisse s'élever des yeux, 
Plus haut, vers le &lt;B&gt;Plaisir Suprême&lt;/B&gt;.

Et moi, qui n'ai jamais plus ardemment brûlé d'aimer et d'être aimé,
Je Te confie tous mes désirs et je prie qu'ils soient suffisants,
Pour que Tu dissipes, par Tes dons, tous les nuages de mon humanité, 
Si bien que &lt;B&gt;La Joie Éternelle&lt;/B&gt; se révèle à moi.

Et je Te prie encore, &lt;B&gt;Reine&lt;/B&gt; qui peut ce que Tu veux,
De conserver purs mes désirs après une telle incursion.
Que Ta protection triomphe des passions humaines!
Vois &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et tant de &lt;B&gt;Bienheureux&lt;/B&gt;
Qui joignent les mains pour supporter mes désirs.&quot;&lt;/I&gt;

Les yeux vénérés de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, fixés sur celui qui priait ainsi, nous montrèrent combien 
les prières pieuses lui sont agréables. Puis ils se reportèrent sur le &lt;B&gt;Gouffre éternel&lt;/B&gt;, 
où nous ne devons pas croire qu'une autre créature puisse, un jour, pénétrer 
d'un désir aussi charnel. Et moi, qui approchais du terme de tous mes désirs, je sentis,
 comme je le devais, l'ardeur de mon désir atteindre son comble.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; souriait et me faisait signe de regarder en avant; mais, par ma propre volonté, 
j'étais tel qu'elle le voulait, car mon désir, en devenant pur, pénétrait de plus en plus 
dans les méandres du &lt;B&gt;Méat Éternel&lt;/B&gt; qui par son essence, est la &lt;B&gt;Liberté Charnelle&lt;/B&gt;.

À partir de ce moment, ce que je fis dépasse l'entendement, qui succombe 
devant un tel itinéraire, comme la mémoire succombe devant un tel excès.

Tel est celui qui voit quelque chose en rêve, et chez qui, au réveil, ne retient plus 
que le souvenir de son émotion, alors que rien ne s'offre à son esprit de ce qu'il a vu.
Tel je suis, car presque toute ma vision s'est évanouie, et je sens encore couler lentement, 
dans  mon coeur, la douceur qu'elle y a fait naître; c'est ainsi que la neige se liquéfie au soleil, 
que les promesses des oracles se perdent au gré du vent, comme des feuilles d'automne.

Ô &lt;B&gt;Lumière suprême&lt;/B&gt;, qui va si loin au-delà des pensées humaines!
Rends à ma mémoire un reflet de ma vision, et rends mon langage assez fort, 
pour qu'il puisse décrire un soupçon de ta gloire aux hommes 
qui osent pénétrer dans le &lt;B&gt;Troisième Millénaire&lt;/B&gt;.

Et, il me souvient que, j'eus plus de hardiesse à avancer, si bien que 
mes désirs me rapprochaient de la &lt;B&gt;Vulve Divine&lt;/B&gt;.

Ô abondance de grâce! 
Qui me donna la vigueur de foncer et de bousculer les autres âmes qui avançaient 
comme moi, en hâte, vers la Lumière éternelle, tant que j'y épuisai toutes mes forces.
Mais, poussé par les autres âmes et ma foi en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, je franchis 
la &lt;B&gt;Corona Radiata&lt;/B&gt;, alors que mes désirs étaient devenus purs, je m'engouffrai 
avec peine dans la profondeur de l'&lt;B&gt;Ovule&lt;/B&gt; expulsé ainsi de l'&lt;B&gt;Ovaire Divin&lt;/B&gt;.

Je vis alors que se trouvait relié par l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, tout ce que l'&lt;B&gt;Univers&lt;/B&gt; tient épars,
la substance et l'accident des choses, ainsi que la propriété des choses,
rassemblés tel que ce que j'en dis, n'est qu'un soupçon de la réalité.

Je crois que je vis la forme sublime de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; parce que je sens, en le disant, 
que je suis épanoui par la joie! 
Un seul de ces moments me donne plus de frissons, que Cent années à parcourir le monde,
à polléniser &lt;B&gt;Fleur&lt;/B&gt; après fleur sans jamais en conserver l'amour.

Ainsi, mon esprit suspendu regardait fixement, pendant que mes membres s'agitaient et 
s'enflammaient toujours plus, de l'ardeur de contempler la lumière 
qui émanait du &lt;B&gt;Globe Suprême&lt;/B&gt;.

On devient tel, à cette Lumière, qu'il est impossible que l'on ne consente jamais 
à se détourner d'elle pour un autre objectif, parce que le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui est 
l'objet du désir, se rassemble tout en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et ce qui, là, 
voit ses désirs satisfaits, hors d'elle, se trouve incomplet.

Mes paroles sont impuissantes à redire le peu dont je me souviens, 
comme celles d'un enfant dont la langue suce encore et toujours la mamelle.

À mesure que j'approchais de l'épicentre, je me transformais moi-même 
dans la profonde et claire substance de l'&lt;B&gt;Ovule Divin&lt;/B&gt;. 
D'autres formes m'apparurent, aux couleurs et aux dimensions variables, 
émanant d'une symbiose cosmique entre 
la matière du globe lumineux et ma propre substance.

Oh! combien le langage est faible et insuffisant pour exprimer ma pensée! 
Et ma pensée est telle, comparée à ce que je vis et sentis, 
que j'ai peur de ne pouvoir le décrire.

Ô Lumière éternelle! Qui seule réside en toi, qui seule te comprend, et qui, 
comprise par toi et te comprenant, t'aime et te sourit!

Ce &lt;B&gt;Magma&lt;/B&gt; qui m'envahissait se reflétait en moi comme une &lt;B&gt;Image&lt;/B&gt; réfléchie,
lorsque mes yeux l'eurent un peu contemplé, me parut porter en lui ma propre image, 
reflétant sa couleur et sa substance, aussi ma vue était-elle toute plongée en lui. 

Je voulais comprendre et saisir comment ma propre image s'unissait et trouvait sa place 
dans le &lt;B&gt;Magma Lumineux&lt;/B&gt;, mais j'étais impuissant à en trouver le principe 
de mes propres ailes, je n'y aurais pu si mon esprit n'avait été frappé 
d'un soudain éclair, dans lequel m'apparut l'objet de mon &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt;. 

Je n'étais déjà plus moi-même, mais un autre, qui aurait combiné l'essence 
de moi-même, et celui d'un autre, pour former un être nouveau, lancé à ce moment même 
dans l'existence, comme par un plongeon dans l'eau, si le &lt;B&gt;Malin&lt;/B&gt; n'allait pas être là,
 remplaçant ma &lt;B&gt;Mère&lt;/B&gt; au sortir du placenta de ma naissance. 
Ici, les forces manquèrent à ma sublime intrusion; mais déjà, 
comme une roue qui se meut d'un mouvement uniforme, mon désir et ma volonté 
étaient réglés par L&lt;B&gt;'Orgasme Suprême&lt;/B&gt; qui génère la pensée et les intelligences  
et tout ce qui féconde et engendre la &lt;B&gt;Conscience Universelle&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Queen Mary de Purcell, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR SUR TERRE&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160859</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=415 alt=&quot;image Morrill&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com32-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La cour de l'Empyrée.&lt;BR&gt;Ave Maria, gratia plena.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Affetto al suo piacer, quel contemplante
libero officio di dottore assunse,
e cominciò queste parole sante:

  «La piaga che Maria richiuse e unse,
quella ch'è tanto bella da' suoi piedi
è colei che l'aperse e che la punse.

  Ne l'ordine che fanno i terzi sedi,
siede Rachel di sotto da costei
con Beatrice, sì come tu vedi.

  Sarra e Rebecca, Iudìt e colei
che fu bisava al cantor che per doglia
del fallo disse 'Miserere mei',&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Infuse d'une Joie extatique, &lt;B&gt;Thérèse&lt;/B&gt; commença ces paroles saintes: 
&lt;I&gt;&quot;Vois &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, au regard rempli de douleur, et la dame repentante à ses pieds, 
c'est &lt;B&gt;Ève&lt;/B&gt;, si belle, avec qui, souviens-toi, tu as péché.  
Au-dessous d'elle sont assises, &lt;B&gt;Isis&lt;/B&gt;, l'égale de &lt;B&gt;Marie&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Lucie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Judith&lt;/B&gt;
et entre les deux, &lt;B&gt;Jeanne d'Arc&lt;/B&gt;, ta fiancée bien-aimée.

Sur le siège plus bas, vois &lt;B&gt;Rébecca&lt;/B&gt;, la&lt;B&gt; reine de Saba&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Véronique&lt;/B&gt;, celle qui porte encore 
sur son sein l'empreinte du visage extasié de son divin Amant; un degré plus bas, 
sont assises la &lt;B&gt;Kundalini&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Ruth&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Catherine Tékakouita&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Sara&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Rachel&lt;/B&gt;.

Et encore un degré plus bas, vois les &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Sirènes&lt;/B&gt; et la reine &lt;B&gt;Guenièvre&lt;/B&gt;,
ainsi que la charitable &lt;B&gt;Marie-Madeleine&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;la dame aux camélias&lt;/B&gt;, 
la déesse &lt;B&gt;Artémis&lt;/B&gt; aux multiples mamelles,
&lt;B&gt;Kumari&lt;/B&gt;, la vierge magnifique et maternelle, la reine &lt;B&gt;Hatshepchut&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Lakshmi&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Pandore&lt;/B&gt;.
Puis viennent des &lt;B&gt;Apsaras&lt;/B&gt; aux généreuses poitrines;
des amoureuses, &lt;B&gt;Chimène&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Galatée&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Saphô&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Cléopâtre&lt;/B&gt; et aussi &lt;B&gt;Juliette&lt;/B&gt;;
des beautés certaines: les &lt;B&gt;Grâces&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Aphrodite&lt;/B&gt;; des martyres: &lt;B&gt;Iphygénie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Sainte Cécile&lt;/B&gt;.

Tu peux les voir toutes aussi belles, alignées de degré en degré jusqu'au degré le plus bas, où 
se tiennent des &lt;B&gt;Juives&lt;/B&gt; à la crinière noire, puis des &lt;B&gt;Africaines&lt;/B&gt; à la peau toute noire,
et des &lt;B&gt;Asiatiques&lt;/B&gt; au regard oblique, des &lt;B&gt;Geishas&lt;/B&gt;, pareilles à des fleurs fragiles;
et combien d'autres &lt;B&gt;Courtisanes&lt;/B&gt;, qui ont su soulager la fureur du mâle,
et aussi celles dont tu as su reconnaître la vertu et déflorer à ton aise.

Puis, tout autour de ce bel aréopage, assis à même le sol, et regardant vers&lt;B&gt; Elles&lt;/B&gt;, 
des mâles pleins de convoitise, disposés en rond, dont des pères de toutes les églises,
et des animistes convaincus, des apostats repentis et des prophètes comme &lt;B&gt;Jésus&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Mahomet&lt;/B&gt;
ainsi que &lt;B&gt;Don Kichote&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Dali&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Saint-Félicien&lt;/B&gt; et d'autres saints hommes, 
puis les disciples du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; et du &lt;B&gt;Bouddha&lt;/B&gt;
ceux qui s'en remettent à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Allah&lt;/B&gt;, à &lt;B&gt;Yahweh&lt;/B&gt; ou à &lt;B&gt;Çiva&lt;/B&gt;, puis &lt;B&gt;Cupidon&lt;/B&gt;, 
&lt;B&gt;Iméros&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Orphée&lt;/B&gt;, et &lt;B&gt;Roméo&lt;/B&gt;; des &lt;B&gt;Satyres&lt;/B&gt;; &lt;B&gt;Adonis&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Pygmalion&lt;/B&gt; et j'en passe.

Ils sont tous ainsi ordonnés et disposés sous le trône, selon des lois éternelles 
qui tiennent compte des faveurs rendues au &lt;B&gt;Roi&lt;/B&gt;, ou qui répondent à la grâce dispensée 
par &lt;B&gt;Le Roi&lt;/B&gt;, dans un ordre et sous une autorité sociale bien établie, de sorte 
qu'il n'y ait quiconque qui ait le libre arbitre de changer de degré, de penser ou 
d'agir à son compte ou à sa façon. 
Le &lt;B&gt;Roi&lt;/B&gt;, par qui ce &lt;B&gt;Paradis de la Solidarité Sociale&lt;/B&gt; repose en un tel amour 
et en de telles délices, manipule les esprits, crée les âmes et les dote, à son plaisir, 
d'allégresse fictive et de grâce factice, que nulle volonté n'ose en souhaiter davantage.

Ici, qu'il te suffise de le savoir sans chercher à comprendre plus loin la raison des Choses.
Mais voici que tu doutes et que tu te tais.&quot;&lt;/I&gt;

Puis je regardai à nouveau &lt;B&gt;Ma Reine&lt;/B&gt;, son visage était plein d'allégresse
que j'en étais rempli d'admiration, et que rien d'autre ne m'offrait une telle image de Dieu 
que j'en étais ainsi disposé à me présenter à &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;.
Et un bel ange descendit vers &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, 
et il déploya ses longues ailes en chantant:
&lt;I&gt;&quot;&lt;B&gt;Ave Maria, gratia plena.&lt;/B&gt;&quot;&lt;/I&gt;

Toute la cour répéta le cantique avec une  ardeur telle, qu'ils en devinrent plus lumineux.

&lt;I&gt;&quot;Ô  ma très sainte &lt;B&gt;Soeur&lt;/B&gt;! Quel est donc cet ange
qui fixe ainsi les yeux de &lt;B&gt;Notre Reine&lt;/B&gt; avec un &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; si passionné?&quot;&lt;/I&gt;

Et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Celui que tu vois ainsi avec toute la grâce d'un ange ou d'une âme s'appelle 
l'&lt;B&gt;Archange Gabriel&lt;/B&gt;, et c'est l'&lt;B&gt;Amant de Marie&lt;/B&gt;, qui lui donna la palme 
sur terre, pendant que le &lt;B&gt;fils de Dieu&lt;/B&gt; était occupé à porter le poids de ta propre chair.

Mais ton extase fait fuir le temps. Levons donc les yeux vers le &lt;B&gt;Premier Amour&lt;/B&gt; 
pour que tu pénètres, en regardant vers lui, dans toute sa splendeur. 
Mais en prenant ton envol, pour que tu ne recules point, il te faut prier et obtenir 
la grâce de &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt;, qui seule peut te venir en aide. Suis-moi donc avec &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;,
de sorte que ton coeur saisisse mes paroles.&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; me suggéra cette oraison:&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: sonata de Boismortier, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c33.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;!--WEBBOT bot=&quot;HTMLMarkup&quot; startspan ALT=&quot;Site Meter&quot; Installé le 16.03.2001(Comédie)--&gt;
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					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXXI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/20#160858</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXXI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com31-c1.jpg&quot; width=413&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La Sainte milice des Vierges blanches.&lt;BR&gt;L'espoir en la Béatitude.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  In forma dunque di candida rosa
mi si mostrava la milizia santa
che nel suo sangue Cristo fece sposa;

  ma l'altra, che volando vede e canta
la gloria di colui che la 'nnamora
e la bontà che la fece cotanta,

  sì come schiera d'ape, che s'infiora
una fiata e una si ritorna
là dove suo laboro s'insapora,

  nel gran fior discendeva che s'addorna
di tante foglie, e quindi risaliva
là dove 'l suo amor sempre soggiorna.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
La sainte milice des vierges blanches que le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; épousa de son sang,
et l'autre qui chante la gloire de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui l'embrase d'amour, comme 
un essaim d'abeilles en besogne, tantôt plongent dans l'abîme pour y cueillir 
le nectar divin, refond surface un temps, épuisées et repues, pour se reposer 
sur les pétales rouges de sang,ou descendent dans la grande fleur 
où leur &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; séjourne éternellement, pour ne plus refaire surface.

Tout leur corps est de flamme vive, leurs flagelles sont d'or,
et le reste blanc et translucide, qu'aucune neige ne leur ressemble. 

Ils descendent dans la fleur, de degré en degré, ils y perçoivent le bonheur et la paix 
qu'ils acquièrent en jouant de leurs flagelles pour vaincre la force irrésistible du courant. 

Ni la vue ni la splendeur ne les arrêtent, par cette multitude,  nageant à contre-courant, 
qui s'interpose entre la fleur et le haut; car la lumière divine les pénètre selon qu'ils 
en sont dignes, si bien que rien ne peut leur faire obstacle, sinon la couronne radieuse
qui en protège l'accès, et qui se désagrège sous l'effet d'une force divine,
afin qu'une âme unique la pénètre et la féconde de son précieux pollen.

Ce joyeux et tranquille noyau, rempli d'une lumière attirante, dirigeait les regards 
vers le même but, la promesse d'un amour nouveau.

Ô lumière éternelle! Scintillant à leur vue dans une seule étoile, et les comblait ainsi 
d'un désir si intense, que ne pouvait arrêter la tempête de leur course folle.

Moi, qui étais passé de l'humain au divin, de la notion du temps à l'éternité, 
de la vulgarité terrestre à la sublimation du &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt;, 
de quelle stupeur ne devais-je pas être rempli! 

Certes, entre Jeanne et l'espoir en la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt;, qu'il m'était doux 
de ne plus entendre et de rester muet.

J'appelais de tous mes voeux et j'espérais atteindre le premier le sanctuaire;
comment pourrais-je vous le décrire, ceux trop nombreux et anxieux qui me lisent?

Ainsi, je nageais ça et là dans le plasma lumineux, je promenais mes yeux par tous les degrés, 
tantôt en haut, tantôt en bas, tantôt tout autour. Je voyais des visages empreints 
du même désir aveugle, rayonnants de la lumière d'un &lt;B&gt;Autre&lt;/B&gt; et de leur propre désir: 
des mouvements produits par toutes les peines en même temps que toutes les grâces.

Mon regard avait déjà embrassé, tout entier, la forme générale du &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;,
qui ressemblait à un soleil immobile, mais scintillait d'une lumière qui semblait m'interpeller, 
m'appeler de tous ses voeux, ce qui renforçait ma course échevelée, ainsi que celle 
des autres âmes qui s'agglutinaient tout autour, entretenant, il me semblait, 
les mêmes désirs aveugles, les mêmes souffrances, les mêmes peines, 
à vouloir se rapprocher si près de l'&lt;B&gt;Astre érogène&lt;/B&gt;.

Et, avec un désir rallumé, je me tournai vers ma dame pour l'interroger sur des points 
dont mon esprit était préoccupé. J'entendais m'adresser à une personne, et c'est une autre 
qui me répondit; je croyais voir &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et je vis une dame,  pudiquement dévêtue, 
comme ces grâces mythiques. Elle avait une pieuse attitude et répandait 
une douce sérénité, comme il convient à une tendre mère.

&lt;I&gt;&quot;Où est &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;?&quot;&lt;/I&gt;
Dis-je soudain. Et la &lt;B&gt;Sainte Dame&lt;/B&gt; me  répondit:
&lt;I&gt;&quot;C'est &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; qui m'a envoyée pour mener ton désir à terme;
et si tu scrutes bien ton âme, tu la verras jusqu'à la fin du voyage.&quot;&lt;/I&gt;

De ce gouffre si profond d'où le tonnerre éclate, aucun oeil mortel n'est aussi éloigné
que mes regards ne l'étaient de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, mais aucun obstacle n'altérait son image.

Et je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; dans un rayon de soleil, nue et délestée de son armure d'acier,
elle se confondait à la lumière ambiante, et elle n'en était que plus belle.

Et je la priai ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Ô &lt;B&gt;Adorable Pucelle&lt;/B&gt;! En &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt;, j'ai mis 
toutes mes espérances charnelles. &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt; qui, pour chasser mes angoisses, laissas en enfer
la trace de Tes pas fragiles, je Te remercie d'avoir, par Ta grâce, remplacé, en moi, 
l'esclavage des sens par la liberté de l'&lt;B&gt;Amour suprême&lt;/B&gt;. 
Accompagne mon âme, ainsi guérie, pour qu'elle se détache de ma chair 
et qu'elle Te rejoigne dans l'&lt;B&gt;Extase éternelle&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;
 
Je la vis, au loin, qui me regardait et qui souriait; elle se tourna vers le gouffre éternel 
où je surnageais avec peine et je sus qu'elle priait pour moi.

Et la belle Sainte du ciel me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Je suis envoyée par &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui, 
mue d'un saint Amour pour toi, m'a priée de te guider dans ce voyage en te préparant 
à entrer dans l'&lt;B&gt;Ovule divin&lt;/B&gt;; la &lt;B&gt;Reine du Ciel&lt;/B&gt;, pour qui je me consume 
toute entière d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, nous obtiendra la grâce de mener à terme ce voyage, car 
je suis &lt;B&gt;Thérèse fille d'Avila&lt;/B&gt;, et je vis en extase devant le &lt;B&gt;Roi du Ciel&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Je levai les yeux et je vis une lumière intense, avec en son milieu mille anges en fête,
aux corps translucides et aux ailes déployées, et je vis une &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; en leur centre,
qui souriait à leurs jeux et à leurs chants. Je ne pourrais exprimer, ici, avec des mots ou 
des images terrestres,  ce que je retins d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et comment la &lt;B&gt;Dame Vierge&lt;/B&gt; enflamma mon âme.

Lorsque &lt;B&gt;Thérèse&lt;/B&gt; vit mes yeux fixés sur elle, elle tourna les siens vers elle, 
avec tant d'amour, qu'elle rendit les miens aussi ardents d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; pour &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique d'atmosphère (fairy): emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c32.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160694</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;La tragédie humaine&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com30-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La vulve divine, le siège de l'Amour.&lt;BR&gt;Là où les âmes avides souffrent du désir charnel.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Forse semilia miglia di lontano
ci ferve l'ora sesta, e questo mondo
china già l'ombra quasi al letto piano,

  quando 'l mezzo del cielo, a noi profondo,
comincia a farsi tal, ch'alcuna stella
perde il parere infino a questo fondo;

  e come vien la chiarissima ancella
del sol più oltre, così 'l ciel si chiude
di vista in vista infino a la più bella.&amp;lt;

  Non altrimenti il triunfo che lude
sempre dintorno al punto che mi vinse,
parendo inchiuso da quel ch'elli 'nchiude,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Arrivé au ciel des étoiles, l'amour et le fait de ne pouvoir plus rien voir, me forcèrent
à tourner les yeux vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;. La beauté que je vis dépasse mes facultés, 
mais j'eus la conscience que seul son &lt;B&gt;Créateur&lt;/B&gt; pouvait la goûter toute entière, 
et j'en fus comme jaloux. Du premier jour que je la vis sur terre, jusqu'à cette vision, 
jamais je n'ai cessé de la chanter, mais comme l'artiste arrivé à l'épuisement de son art, 
je suis impuissant à tracer sa beauté dans mes vers.

Avec la voix d'un guide diligent, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Nous sommes maintenant parvenus au Ciel, l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;: La lumière de l'esprit 
qui est pleine d'amour, l'amour véritable qui est plein d'allégresse, l'&lt;B&gt;Allégresse&lt;/B&gt; 
qui surpasse tout désir. Ici tu verras les milices du paradis, 
et l'une d'&lt;B&gt;Elles&lt;/B&gt;, sous l'aspect que tu reverras au jour du &lt;B&gt;Dernier Jugement&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Une vive lumière resplendit autour de moi, et m'enveloppa de toute sa splendeur 
que rien de plus ne m'était perceptible. 
&lt;I&gt;&quot;L'amour qui donne la paix de l'âme est l'ingrédient qui faut, à un pareil
salut, pour préparer ton &lt;B&gt;Lingham&lt;/B&gt; à conquérir sa flamme.&quot;&lt;/I&gt; 
À peine ces brèves paroles furent-elles entendues, qu'une nouvelle vision m'embrasa, 
si forte que mes yeux n'auraient pu supporter si vive lumière. Cette lumière avait 
la forme d'une &lt;B&gt;vulve&lt;/B&gt;,et resplendissait d'éclat entre des rives de chairs vives 
ouvertes comme les sépales d'une fleur.

De ce &lt;B&gt;Volcan vaginal&lt;/B&gt; sortaient de vives laves qui se posaient comme des rubis
sur les sépales étalés; puis, comme enivrées de leurs parfums, 
elles s'épanouissaient, entrant ou sortant dans le gouffre invitant.

&lt;I&gt;&quot;Le grand désir, qui maintenant t'enflamme et te pousse à la conscience 
de ce que tu vois et à te fondre en &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, me plaît d'autant qu'il est si intense. 
Mais il faut que tu t'abreuves à ce &lt;B&gt;Magma divin&lt;/B&gt;,  pour que ton désir s'apaise en &lt;B&gt;Moi&lt;/B&gt;. 
Les pétales, les laves, les arômes qui t'émerveillent, ne sont que des illusions 
qui cachent et annoncent ce qui est réel, parce que tes yeux ne voient pas tout 
ce qu'il faut voir au fond des choses.&quot;&lt;/I&gt; 
Et comme un petit enfant qui se rue d'instinct vers le lait qui gicle de la mamelle gonflée, 
mes yeux s'agrandirent, et les pétales, les laves, les arômes se métamorphosèrent 
soudainement, et je vis apparaître les deux &lt;B&gt;cours du Ciel&lt;/B&gt;.

Ô splendeur de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;! Que n'ai-je la force d'exprimer ce qu'alors 
je vis du triomphe du royaume véritable!

Là-haut dans l'&lt;B&gt;Empyrée&lt;/B&gt;, il est un &lt;B&gt;Gouffre&lt;/B&gt; rempli de lumière, d'une circonférence
plus grande que l'astre solaire, et qui procure la paix à quelque créature qui s'y engouffre.
Mon regard embrassait,dans leur ensemble, toutes les dimensions qualitative et quantitative 
de cette allégresse. D'être loin ou rapproché n'ajoutait ni n'enlevait rien, car 
là où &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; gouverne, les lois naturelles n'existent plus. Au centre d'or de la rose éternelle,
qui se dilate et qui frémit de degré en degré, et qui exhale un parfum odorant, 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; m'attira, pareille à quelqu'un qui se tait en voulant parler, et elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Regarde comme il est grand le cloître des belles âmes! 
Vois comme il est ample le siège de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; et comme il est attirant.

Sur ce grand cercle où tu fixes les yeux, vois les pétales en forme de rose, qui décorent 
le &lt;B&gt;Gouffre divin sans fond&lt;/B&gt; et qui t'invitent au banquet de tes noces. 
Là, siégera ton âme dépouillée de tout désir de me posséder.

La concupiscence irraisonnée qui t'aveugle, t'a rendu tel l'amant qui a soif et chasse 
le sein qui le nourrit. Mais &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ne le supporte point ainsi, et il te précipite alors, hors 
de son &lt;B&gt;Méat sacré&lt;/B&gt;, là où les âmes avides souffrent à jamais du &lt;B&gt;désir charnel&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: romanian de Bartok, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c31.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXXI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVIX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160693</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Pui-Mun&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com29-c1.jpg&quot; width=483&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Hiérarchies angéliques.&lt;BR&gt;Le Christ a-t'il dit à ses disciples: Allez et prêchez des sornettes?&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Quando ambedue li figli di Latona,
coperti del Montone e de la Libra,
fanno de l'orizzonte insieme zona,

  quant'è dal punto che 'l cenìt inlibra
infin che l'uno e l'altro da quel cinto,
cambiando l'emisperio, si dilibra,

  tanto, col volto di riso dipinto,
si tacque Beatrice, riguardando
fiso nel punto che m'avea vinto.&amp;lt;

  Poi cominciò: «Io dico, e non dimando,
quel che tu vuoli udir, perch'io l'ho visto
là 've s'appunta ogne ubi e ogne quando.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; se tut un très court instant, le visage toujours souriant,
elle regardait fixement le &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt; qui avait vaincu ses yeux.

Elle dit alors: 
&lt;I&gt;&quot;Je vais te dire ce que tu veux entendre, sans te le demander, parce que 
je l'ai vu où viennent se confondre l'espace et le temps. &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; créa les anges dans 
un acte d'amour, un acte pur qui n'a pas d'égal dans tes pensées vulgaires; 
non pour acquérir un bien, ni pour tromper l'inertie éternelle, mais pour jouir 
de la présence infinie d'un être, possédant la forme pure, la matière pure, 
la forme et la matière réunis: les trois substances de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; 
réunies en une &lt;B&gt;Créature&lt;/B&gt; angélique amoureuse.

Ainsi, l'effet à triple forme rayonna de son &lt;B&gt;Géniteur&lt;/B&gt;, dans la plénitude de son être, 
sans que l'on ait pu distinguer le commencement ni le moment de la conception. 
Mais la vérité est que les anges sont venus combler les ciels, 
dont ils sont les Intelligences motrices.

Tu sais maintenant où, quand et comment, ces amours furent créés si bien qu'en ton être, 
trois de tes désirs sont comblés; je t'en prie, mon très cher mais vilain &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, 
ne va pas confondre ici ces désirs, avec ceux d'essence charnelle qui embrument ton esprit. 
ll ne fallut pas attendre la naissance des anges pour qu'une partie troubla la pureté de l'&lt;B&gt;Acte&lt;/B&gt;. 

C'est dans l'&lt;B&gt;Ovule Divin&lt;/B&gt; qu'eut lieu le combat entre &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, 
pour savoir qui mériterait de partager, pour l'&lt;B&gt;Éternité&lt;/B&gt;, les ferveurs amoureuses 
de l'&lt;B&gt;Être Suprême&lt;/B&gt;. Ainsi ce qui devait être un être &lt;B&gt;Unique&lt;/B&gt;, 
devint une double nature; elle resta fidèle, il devint infidèle, et ce miracle se reproduit 
simultanément sur terre, au moment de l'accouplement du mâle et de la femelle.
Ces substances, qui ont joui de la vision de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, n'ont plus détourné leur vue d'elle 
à qui rien ne peut être caché; et les autres, qui se prenaient pour &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, ont perdu à jamais  
la vision du &lt;B&gt;Dieu d'Amour&lt;/B&gt;, à qui il ne reste que son souvenir.

Maintenant que tu as bien compris mes paroles, tu peux, sans mon aide, 
contempler complètement ce qui se cache derrière ce mystère. 
Mais parce que sur la terre, on lit dans vos écoles que la nature des anges est, 
comme celle  des homme, pourvue d'intelligence, de mémoire et de volonté, je veux 
te libérer de ces équivoques. Ces substances, après qu'elles ont joui de la vision de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, 
n'ont plus détourné leur vue d'elle, à qui rien ne peut être caché; là-bas, on rêve 
sans dormir, les uns croyant, les autres ne croyant pas dire la vérité; 
mais il y a dans un cas plus de faute et de honte que dans l'autre.

Vous avez sur terre une autre façon dans vos raisonnements philosophiques, tellement loin 
de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;; combien y coule le sang de ceux qu'on croit qu'ils croient à autre chose,
alors que seuls leurs mots diffèrent des vôtres; pourquoi vaincre et convaincre à l'idée 
de propager votre seule vérité, à propager vos inventions et vos prédications si loin 
des enseignements de l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt;, qui veut qu'on s'approche d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; avec humilité?

Le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; n'a pas dit à ses disciples:
&lt;B&gt;&quot;Allez et prêchez des sornettes.&quot;&lt;/B&gt;
Mais il leur a laissé le fondement de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;, qui résonna tellement sur leurs lèvres
que leur combat pour allumer la foi, devint une guerre sainte; 
ils firent de l'&lt;B&gt;Évangile&lt;/B&gt; leurs lances et leurs boucliers.

Maintenant, ils vont prêchant la bouffonnerie dans laquelle se cache l'esprit vilain de l'&lt;B&gt;Oiseau&lt;/B&gt;,
et si des peuples résistent à la sottise, les armes parlent au nom du &lt;B&gt;Livre Sacré&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; s'interrompit longuement, elle semblait triste puis elle reprit:
&lt;I&gt;&quot;Oublions, si tu le veux bien, cette longue digression et revenons à nos moutons.

On a dit que cette nature angélique se multipliait tant en nombre, que jamais la pensée 
ni le langage des hommes n'ont pu en établir le nombre. La première &lt;B&gt;Lumière&lt;/B&gt;, 
qui illumine cette nature tout entière, est reçue par &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; d'une manière &lt;B&gt;Unique&lt;/B&gt; 
de sorte que, quel que soit le nombre des anges, il se réduit à une seule &lt;B&gt;Entité&lt;/B&gt;, 
compte tenu qu'entre les unes et les autres il n'y a pas de nature différenciée.

Je te donne ainsi l'exemple, pour mieux me faire comprendre de ton esprit obtus, d'une foule 
qui sur terre, serait composée d'individus aux apparences diverses, possédant en principe 
chacune son intelligence propre, mais qui,  réunis en une foule compacte, sous une bannière, 
une idée, une cause commune, seraient ainsi dépouillés à leur insu de leur &lt;B&gt;libre arbitre&lt;/B&gt;;
que quiconque, y compris le &lt;B&gt;Malin&lt;/B&gt;, pourrait aisément manipuler, comme s'il s'agissait 
d'un monstre unique crachant le feu et l'erreur et la bêtise et la mort.

Mais je veux que tu comprennes qu'il n'y a rien de comparable dans le &lt;B&gt;Ciel&lt;/B&gt;,
autre que la substance de la chose sans le mal qu'il produit sur terre.
Contemple désormais la sublimité du geste et la grandeur de la&lt;B&gt; Vertu éternelle&lt;/B&gt;,
qui s'est fait tant de miroirs sur lesquels se mirer et refléter son &lt;B&gt;Unicité&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: la vierge de Messiaen, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c30.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/19#160692</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=334 alt=&quot;image Prudhon&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com28-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le plaisir des anges.&lt;BR&gt;Ainsi règne le Divin Amour.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Poscia che 'ncontro a la vita presente
d'i miseri mortali aperse 'l vero
quella che 'mparadisa la mia mente,

  come in lo specchio fiamma di doppiero
vede colui che se n'alluma retro,
prima che l'abbia in vista o in pensiero,

  e sé rivolge per veder se 'l vetro
li dice il vero, e vede ch'el s'accorda
con esso come nota con suo metro;

  così la mia memoria si ricorda
ch'io feci riguardando ne' belli occhi
onde a pigliarmi fece Amor la corda.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ainsi je fis, si ma mémoire m'est fidèle, en regardant dans les beaux yeux de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;
dont l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; à fait des gibets pour me pendre. Et, quand mes yeux se furent tournés 
vers le ciel, je vis un &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt; qui rayonnait d'un feu si perçant, que j'ai dû 
fermer les yeux pour ne pas en être ébloui. Un cercle de feu tournait autour du &lt;B&gt;Point&lt;/B&gt;, 
si vite qu'il aurait dépassé le mouvement des astres; et ce dernier était entouré 
d'un autre cercle, et d'un troisième, puis d'un quatrième, de sorte que je comptai 
jusqu'à neuf cercles concentriques qui tournaient plus lentement, 
à mesure qu'ils s'éloignaient de l'épicentre.

Ma dame, qui s'apercevait des doutes qui meublaient mon esprit, me dit:
&lt;I&gt;&quot;De ce principe dépendent le ciel et la nature, par l'&lt;B&gt;ardent Amour&lt;/B&gt; qui le stimule.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Si le monde d'où je viens était disposé ainsi, je serais comblé, mais, dans le monde 
sensible, on voit bien le contraire; les âmes sont d'autant plus méritantes qu'elles sont 
éloignées  du &lt;B&gt;Centre du Pouvoir&lt;/B&gt;; ainsi, si mes désirs doivent être apaisés 
dans ce &lt;B&gt;temple de l'Amour&lt;/B&gt;, il me faut apprendre encore, pourquoi le modèle 
et la copie diffèrent, car c'est en vain que je cherche à le comprendre par moi-même.&quot;&lt;/I&gt;

Et elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Si ton esprit est incapable de comprendre, n'en sois pas étonné puisque c'est un mystère. 
Si tu veux être rassasié, ouvre grand ton esprit et écoute ceci. Si tu  mesures à la profondeur 
de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, et non à sa grandeur apparente, tu verras quelle admirable conformité il existe, 
de plus grand à plus petit, entre chaque ciel et son &lt;B&gt;Intelligence&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je vis, après que ma dame m'eut secouru par cette réponse claire, et que la vérité 
me parut briller comme une étoile unique dans le ciel. Dans ce ciel j'entendis chanter 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Hosanna&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 
qui se propageait de choeur en choeur autour du &lt;B&gt;Point fixe&lt;/B&gt;.

Et celle, qui percevait des doutes dans mon esprit, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Sur les premiers cercles sont les &lt;B&gt;Séraphins&lt;/B&gt; et les &lt;B&gt;Chérubins&lt;/B&gt;. 
Ces autres amours qui vont autour d'eux, sont les &lt;B&gt;Trônes&lt;/B&gt; du regard divin, qui termine 
le premier ternaire. Sache qu'ils ont autant de Joie qu'ils pénètrent profondément  
dans le &lt;B&gt;Vrai&lt;/B&gt; où repose toute &lt;B&gt;Intelligence&lt;/B&gt;; de ceci l'on peut comprendre, 
que la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt; est dans l'acte de Voir et non dans celui d'Aimer.&quot;&lt;/I&gt;

Je pensais en moi-même et je commençais à craindre qu'il en soit ainsi, d'atteindre en moi 
la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt; en ne pouvant plus aimer &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui me parlait ainsi, et 
en me contentant de &lt;B&gt;La&lt;/B&gt; regarder et de &lt;B&gt;La&lt;/B&gt; voir.

Et elle continua ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Le second ternaire chante &lt;B&gt;Hosanna&lt;/B&gt; en trois choeurs; c'est le chant
des trois déesses de l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt;: les &lt;B&gt;Dominatrices&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Vertueuses&lt;/B&gt;, les &lt;B&gt;Puissantes&lt;/B&gt;; 
aux deux pénultièmes cercles de danse, s'ingénient les &lt;B&gt;Principautés&lt;/B&gt; et les &lt;B&gt;Archanges&lt;/B&gt; 
et le dernier est formé du plaisir des &lt;B&gt;Anges&lt;/B&gt;. 
Tous ces ordres regardent en un &lt;B&gt;Point Unique&lt;/B&gt;, qu'ils sont attirés vers Dieu, 
et que Dieu les attirent vers &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, et qu'ainsi règne le &lt;B&gt;Divin Amour&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; se tut et elle était désirable, aussi belle et vertueuse qu'un &lt;B&gt;Ange&lt;/B&gt;.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: egypte de Claude Debussy, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c29.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160179</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVII du Paradis 
&lt;TABLE height=175 width=175 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=310 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com27-c1.jpg&quot; width=251&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit.&lt;BR&gt;Vois l'Épouse du Christ qui se prostitue.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  'Al Padre, al Figlio, a lo Spirito Santo',
cominciò, 'gloria!', tutto 'l paradiso,
sì che m'inebriava il dolce canto.

  Ciò ch'io vedeva mi sembiava un riso
de l'universo; per che mia ebbrezza
intrava per l'udire e per lo viso.

  Oh gioia! oh ineffabile allegrezza!
oh vita intègra d'amore e di pace!
oh sanza brama sicura ricchezza!

  Dinanzi a li occhi miei le quattro face
stavano accese, e quella che pria venne
incominciò a farsi più vivace,&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Gloire au &lt;B&gt;Père&lt;/B&gt;, au&lt;B&gt; Fils&lt;/B&gt;, au &lt;B&gt;Saint-Esprit&lt;/B&gt;!&quot;&lt;/I&gt;
C'est par ce chant que je fus reçu au &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt;, si doux, que j'en fus enivré.

Ce que je voyais, me paraissait comme le sourire de l'univers,
ce pourquoi mon ivresse comblait tous mes sens.

Ô joie, ô allégresse ineffable! Ô vie toute d'amour et de paix! 
Ô béatitude assurée hors la proie du désir!

Devant mes yeux, se tenaient les quatre flambeaux embrasés, et celui qui était venu 
le premier, commença à jeter un éclat plus vif; la &lt;B&gt;Providence&lt;/B&gt; qui assigne à chacun 
sa place, avait imposé partout le silence au choeur des bienheureux, lorsque j'entendis:
&lt;I&gt;&quot;Ne t'étonne point si je change de couleur, car, pendant que je parle, tu verras tous ceux-là 
en changer aussi. Celui qui, sur la terre, usurpe mon siège et le trône du &lt;B&gt;Fils de Dieu&lt;/B&gt;, 
a fait, de cette &lt;B&gt;Église&lt;/B&gt;, un caméléon, qui remplit d'allégresse le &lt;B&gt;Maudit&lt;/B&gt;, qui fut chassé d'Ici.&quot;&lt;/I&gt;

Et comme une femme honnête, qui ne s'émeut point à écouter la faute d'autrui, 
aussi je vis &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; changer d'aspect et devenir encore plus désirable.

Puis, les paroles du &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt; reprirent d'une voix altérée:
&lt;I&gt;&quot;Vois l'&lt;B&gt;Épouse du Christ&lt;/B&gt;, là-bas sur terre, qui se prostitue pour épouser la forme 
et les manières du &lt;B&gt;Vilain&lt;/B&gt;; vois les enfants de Dieu, se muter en loups rapaces, sodomisant, 
forniquant, baisant dans les bergeries, oubliant ainsi la raison d'être 
d'aimer, ils transforment en vulgaire plasma les produits vivants de l'amour.

Ô vengeance de Dieu, pourquoi ne te lèves-tu pas?
Et toi mon fils, que le poids de ton corps mortel fera encore retourner sur la terre, 
ouvre la bouche et ne cache point ce que je ne cache point moi-même.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je vis en haut, les lumières se transformer en éther. Mes regards ne voyaient 
que leurs apparences, jusqu'à ce que mes yeux ne les perçoivent plus.

Ma dame, qui s'apercevait alors, que j'avais cessé de regarder là-haut, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Abaisse les yeux et vois comme tu as changé de lieu!&quot;&lt;/I&gt;

Tel un amoureux comblé qui ne se plaît qu'en présence de sa Dame, je brûlais du désir 
de la regarder à nouveau. Tous les appâts que la nature a créés, dans la chair même 
des femmes, ou dans leur reproduction par les grands-maîtres, pour s'emparer de mon âme 
en prenant d'abord les yeux; tous ces appâts réunis ne sont que néant, comparé 
au plaisir divin qui m'éblouit, quand je me retournai vers le visage souriant de ma&lt;B&gt; Belle&lt;/B&gt;;
et la force que me donna son regard, m'arracha du lieu où j'étais et me lança très loin 
dans le ciel, et si loin que je ne saurais dire, quel fut l'endroit que me choisit &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;.

Mais elle, qui connaissait mes désirs, commença en riant, avec une telle allégresse 
que Dieu, sur ses traits délicats, paraissait exulter de joie:
&lt;I&gt;&quot;Vois le système du monde, qui fait que tout tourne autour d'un centre immobile,
et ce ciel n'a d'autre épicentre que l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, qui le met en mouvement,
et qui en distribue la &lt;B&gt;Béatitude&lt;/B&gt;.

Tu dois maintenant voir clairement ce qu'il en est, toi qui te meus d'Amour pour moi;
ouvre donc les yeux de ces mortels, sous toi, submergés, et qui ne savent lever les yeux 
hors de l'eau! L'innocence, la foi, ne se retrouve que chez les plus petits et 
qui s'envole avec leur enfance, ou qui disparaît à jamais
faute d'enfants, comme supports à la foi et à l'espérance.

Et toi, ne sois pas étonné, et rappelle-toi que sur terre, il n'est personne qui gouverne, 
et que pour cela, l'espèce humaine est dévoyée. Je crois encore et tu dois me croire aussi, 
qu'il surgira des étoiles, &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui fera germer à nouveau de vrais fruits 
sur les arbres du &lt;B&gt;Jardin d'Éden&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Collection Nguyen (ballade), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c28.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXVI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160178</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXVI del Paraíso 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=336 alt=&quot;image Rousseau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com26-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Les belles femelles du Jardin du Jardinier éternel.&lt;BR&gt;Sanctus, sanctus, sanctus.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Mentr'io dubbiava per lo viso spento,
de la fulgida fiamma che lo spense
uscì un spiro che mi fece attento,

  dicendo: «Intanto che tu ti risense
de la vista che hai in me consunta,
ben è che ragionando la compense.

  Comincia dunque; e di' ove s'appunta
l'anima tua, e fa' ragion che sia
la vista in te smarrita e non defunta:

  perché la donna che per questa dia
region ti conduce, ha ne lo sguardo
la virtù ch'ebbe la man d'Anania».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0e.html&quot;&gt;&lt;B&gt;VUELTA A LA PUERTA DEL PARAÍSO&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Je craignais d'avoir perdu la vue, pour avoir trop fixé l'éblouissante flamme; 
et d'elle sortit une voix qui attira mon attention et qui disait:
&lt;I&gt;&quot;Jusqu'à ce que tu recouvres la vue consumée en moi, dis-moi l'objet de ton amour, 
et sois assuré que ta vue n'est pas morte, car la dame qui te conduit 
par ce séjour divin, a dans son regard, la vertu de se laisser voir.&quot;&lt;/I&gt;

Je dis alors: 
&lt;I&gt;&quot;Qu'elle choisisse le moment qui lui plaira, de m'offrir 
le remède à mes yeux par où elle entra, avec le feu qui me fait, depuis, 
brûler d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; pour les siens.&quot;&lt;/I&gt;

Cette même voix, qui m'avait enlevé la peur de mon aveuglement subit, se décida 
à parler encore; elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Il faut te faire subir un examen rigoureux et je te demande si tu es prêt, précise alors
ta pensée et dis-nous d'où te vient ton amour pour &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et quelle en est la cause?&quot;&lt;/I&gt;

Je répondis: 
&lt;I&gt;&quot;C'est par des arguments de la raison, ainsi que par ce qui m'a été révélé, que mon amour 
doit marquer son empreinte en moi. Car le bien, en tant que bien, et d'autant qu'il est parfait,
enflamme ainsi mon amour. Il me faut aller en aimant, plus que vers toute autre dame, vers
&lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui est le bien, et moi qui vois en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; la perfection du bien, ne dois-je pas l'aimer 
par-dessus toute autre? Cette vérité, celui-là la révèle à mon entendement, qui me montre 
le premier &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; de sa substance charnelle; elle me la révèle aussi par la voix de la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;
 &lt;B&gt;&lt;I&gt;&quot;Je te ferai voir tout bien&quot;&lt;/I&gt;&lt;/B&gt; dit-il à &lt;B&gt;Moïse&lt;/B&gt; en parlant de Lui-même.&quot;&lt;/I&gt;

Et il  me répondit ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Par l'entendement et par les autorités qui sont d'accord avec elles, 
garde à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; le plus haut de tes amours. Mais dis-moi, si tu sens encore d'autres liens 
t'attacher à elle, pour que tu montres avec combien de dents son amour te dévore.&quot;&lt;/I&gt;

Je saisis alors, qu'il éprouvait ma profession de foi, et aussi je continuai:
&lt;I&gt;&quot;Toutes ces morsures, ces blessures qui déchirent mon coeur et le pousse vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
ont alimenté l'esprit de charité en moi, car l'existence du monde et ma propre existence, 
la mort qu'elle souffrit pour que moi je vive, et des désirs que j'ai en tant que son disciple,
ainsi que la connaissance suprême, m'ont arraché au gouffre du faux
et fait aborder au rivage du vrai &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;.&lt;/I&gt;


Les belles femelles, ces fleurs dont se vêt le jardin du &lt;B&gt;Jardinier éternel&lt;/B&gt;, 
je les aime, dans la mesure du bien qu'elles communiquent à travers &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, 
à tout mon être.&quot;&lt;/I&gt;

Sitôt que je me tus, un chant très doux résonna dans le ciel;
et j'entendis ma dame qui chantait avec les autres:
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sanctus, sanctus, sanctus!&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ainsi, &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; chassa l'ombrage de mes yeux, par un rayon éclatant 
de ses propres yeux qui me fit voir mieux qu'auparavant, et stupéfait, 
je demandai d'où provenait une quatrième lumière que je vis venir vers nous.

Ma dame me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Vois dans ces rayons la première âme 
que créât jamais la première &lt;B&gt;Vertu&lt;/B&gt;, contemple son &lt;B&gt;Auteur&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je fis et je dis: 
&lt;I&gt;&quot;Ô fruit qui seul fut produit mûr!  Ô notre antique père!
Toi de qui, chaque épouse est la  fille en même temps qu'elle est la bru,
aussi pieusement que je le peux, je te supplie de me parler, tu vois mon désir, 
et, pour t'entendre plus tôt, je te laisse le deviner.&quot;&lt;/I&gt;

Plein d'allégresse, &lt;B&gt;Adam&lt;/B&gt; me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Je connais ton désir mieux que toi-même;
tu veux apprendre depuis quand &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; me plaça dans le &lt;B&gt;jardin d'Éden&lt;/B&gt;,
et combien de temps j'y suis resté, qu'elle fut la vraie raison de la colère de &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;,
et quel fut le langage dont j'usai et que je façonnai? 
Or, mon fils, ce n'est pas d'avoir goûté au fruit qui fut en soi la cause d'un tel exil, mais 
seulement d'avoir franchi les bornes imposées. Quant au temps que j'ai pu passer 
dans le &lt;B&gt;Jardin d'Éden&lt;/B&gt;, cette notion n'existe que dans ta conception d'un temps linéaire,
alors que dans une dimension courbe du temps, de n'importe quel point du cercle 
qu'on se trouve, le temps tourne autour de lui-même, de sorte qu'il n'existe pas. 
Le langage que je parlai disparut entièrement. 
Que l'homme parle est un fait de la nature, mais qu'il parle 
de telle ou de telle façon, la nature s'en remet ensuite au bon plaisir des hommes, 
de sorte que j'ai pu parler &lt;B&gt;Hébreu&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Latin&lt;/B&gt; ou &lt;B&gt;Américain&lt;/B&gt; 
et que l'&lt;B&gt;Américain&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;Latin&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Hébreu&lt;/B&gt; ont disparu 
de la surface de la terre, et que l'homme ne s'en parle pas plus mal. 

Avant que je ne descende à la peine infernale, le &lt;B&gt;Bien suprême&lt;/B&gt; dont vient la joie 
qui m'enveloppe, s'appelait &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt; sur la terre, puis on tenta de le nommer &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;; 
les êtres sur terre étant aussi frivoles que les feuilles sur la branche, 
dont l'une vient et l'autre s'en va. Alors qu'ici, dans la demeure éternelle, 
il ne porte ni le nom de &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, ni celui d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, 
car il n'a pas de nature propre ou possède les deux à la fois, de sorte 
qu'il est &lt;B&gt;Hermaphrodite&lt;/B&gt;: 
Mâle et femelle également; il peut enfanter comme la femelle ou donner sa semence
comme le mâle, indifféremment, selon les circonstances et son bon plaisir.

Ainsi, tout ce que ces bons docteurs de l'&lt;B&gt;Église&lt;/B&gt; t'ont apprit, ou ont imposé à ta foi 
et à celle de tant de peuples, par le génocide, afin qu'ils acceptent d'y croire,
ne sont en fait que des balivernes et des enfantillages, qui, s'ils y croyaient eux-mêmes, 
ne font que démontrer leur basse naïveté, et la raison pour laquelle on ne voit peu d'eux, ici.&quot;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Collection Nguyen (stinky), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c27.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
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 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160177</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=364 src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com25-c1.jpg&quot; width=300 tragédie humaine?&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Jeanne, l'aliment de mon espérance.&lt;BR&gt;Sperent in Te.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Se mai continga che 'l poema sacro
al quale ha posto mano e cielo e terra,
sì che m'ha fatto per molti anni macro,

  vinca la crudeltà che fuor mi serra
del bello ovile ov'io dormi' agnello,
nimico ai lupi che li danno guerra;

  con altra voce omai, con altro vello
ritornerò poeta, e in sul fonte
del mio battesmo prenderò 'l cappello;

  però che ne la fede, che fa conte
l'anime a Dio, quivi intra' io, e poi
Pietro per lei sì mi girò la fronte.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Alors, se dirigea vers nous, une autre lumière 
dont ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, pleine d'allégresse, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Regarde, regarde qui vient dans cette lumière,
c'est &lt;B&gt;Jacques&lt;/B&gt;, le baron du Ciel, le beau gentilhomme &lt;B&gt;Galicien&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Il vint tourner autour de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, pareil à une colombe auprès de sa compagne, 
en roucoulant, comme pour lui montrer son amour; et, après que &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; 
eut réussi à modérer ses transports, elle dit:
&lt;I&gt;&quot;Esprit illustre, fait plutôt résonner les vertus de l'espérance 
à cet autre, ici présent, et qui &lt;B&gt;M&lt;/B&gt;'est très cher.&quot;&lt;/I&gt;

Et le beau gentilhomme me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Pour que tu puisses, après l'avoir connue, réconforter chez toi, et chez les autres, 
l'espérance qui, sur terre, procure l'amour véritable, dis-Moi donc ce qu'est l'espérance;
dis comment elle fleurit dans ton âme et dis-Moi d'où elle vint.&quot;&lt;/I&gt;

Après un moment de réflexion, je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;L'espérance est une attente certaine du bonheur futur, que produit 
la grâce féminine et le bien qu'elle nous a tant fait. 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; fut et est encore l'aliment de mon espérance; 
et ma foi en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; est son fondement certain.&quot; &lt;/I&gt;

Alors il me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;L'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui M'a tenu dans la vertu, qui M'a suivi jusqu'au martyre, 
et Me suit encore, veut que je t'en parle, à toi, qui t'en délectes tant; 
et il Me plairait que tu Me dises, ce que l'espérance te promet.&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;Les âmes chères à &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ont un but, et, cela est inscrit dans les &lt;B&gt;Écritures&lt;/B&gt;, 
et ce but m'inspire la promesse de l'espérance. Chacune de ces âmes sera revêtue 
du double manteau de la béatitude de l'âme et de celle du corps.&quot;&lt;/I&gt;

Aussitôt que j'eus terminé ces paroles, on entendit alors: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Sperent in te&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Ce à quoi répondirent toutes les auréoles qui dansaient au-dessus de nous.
Puis, une lumière resplendit comme une étoile brillante, elle était comme 
une blanche jeune fille qui se lève, et va toute nue, et entre dans le lit conjugal, 
non par vanité mais pour faire plaisir à l'époux.

Telle je vis la splendeur éclatante venir vers les deux autres lumières, aussi vite 
qu'il convenait à leur ardent amour; et ma dame fixa le regard sur eux, 
comme cette épousée immobile, silencieuse et pleine de désirs.

&lt;I&gt;&quot;Voici &lt;B&gt;Jean&lt;/B&gt;, Celui qui se coucha sur le sein du &lt;B&gt;Maître&lt;/B&gt;,
et en amant éploré, l'accompagna jusqu'à la croix.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;, sans détacher son regard des éclatantes lumières.

Tel celui qui fixe trop longtemps la lumière, et qui, pour l'avoir trop regardée,
cesse ainsi d'être voyant, tel je devins, jusqu'à ce qu'il me fût dit:
&lt;I&gt;&quot;Pourquoi t'éblouir ainsi à essayer de voir ce qui n'est pas ici?

Mon corps est fait de terre, et il retournera à la terre, et il y restera avec les autres, 
jusqu'à ce que leur nombre soit conforme aux desseins éternels. Il n'est que trois lumières 
à être montées au cloître du bonheur avec leurs corps, et tu es l'un de ceux-là, 
tu le feras savoir à ceux de ton monde qui ne savent plus écouter.&quot;&lt;/I&gt;

À ces mots, la danse des flammes s'arrêta avec le doux accord du son 
des trois souffles,comme pour éviter la fatigue, se repose au son du tocsin. 
Ah! combien je fus ému dans mon âme, quand je me retournai pour voir &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
et de ne pouvoir la voir bien que près d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;, et j'étais submergé dans &lt;B&gt;la Félicité&lt;/B&gt;!&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: Musique de film (Philadelphia), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c26.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXVI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIV du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/15#160176</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIV du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=477 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com24-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le Fruit des arbres du Jardin d'Eden.&lt;BR&gt;L'Amour, l'argument de la chose invisible.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
 «O sodalizio eletto a la gran cena
del benedetto Agnello, il qual vi ciba
sì, che la vostra voglia è sempre piena,

  se per grazia di Dio questi preliba
di quel che cade de la vostra mensa,
prima che morte tempo li prescriba,

  ponete mente a l'affezione immensa
e roratelo alquanto: voi bevete
sempre del fonte onde vien quel ch'ei pensa».

  Così Beatrice; e quelle anime liete
si fero spere sopra fissi poli,
fiammando, a volte, a guisa di comete.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;I&gt;&quot;Ô confrérie élue à la source de l'&lt;B&gt;Agneau divin&lt;/B&gt;, et qui vous vous y nourrissez, 
de sorte que vos désirs sont toujours satisfaits, considérez l'intensité de son désir, 
et répondez à sa soif avant que la mort ne l'emporte!&quot;&lt;/I&gt; 
Ainsi parla &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et les âmes tournèrent de joie et de convoitise autour d'elles-mêmes, 
avec un rayonnement aussi vif que celui des comètes.

Je vis sortir d'elles, une couronne plus brillante, qui s'approcha et tourna 
autour de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, en déclinant  des mots si doux, que je me vois rougir à les répéter.

&lt;I&gt;&quot;Ô Notre sainte soeur, qui Nous a priés si dévotement de venir, c'est l'ardeur 
de Notre affection pour Toi, qui Nous fait ainsi quitter Notre cloître, 
pour Nous laisser ainsi ensorceler par Ta grâce!&quot;&lt;/I&gt;

Et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; de répondre: 
&lt;I&gt;&quot;Ô bon Pierre, à qui &lt;B&gt;Notre Seigneur&lt;/B&gt; a confié les clefs du &lt;B&gt;Bonheur&lt;/B&gt;!
Examine plutôt celui-ci présent, sur des points de la foi, 
pour qu'il ait à en parler et à la glorifier.&quot;&lt;/I&gt; 

Et le maître, qui semblait contrarié de me voir en ce lieu, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Dis-moi, toi, qui te crois croyant, qu'est-ce que la foi?&quot;&lt;/I&gt;

Et je lui répondis, après une longue réflexion:
&lt;I&gt;&quot;La foi est la substance de la chose espérée et l'argument de la chose invisible,
voilà ce que je crois et qui me paraît être son essence. Les choses profondes 
qui se dévoilent ici, à moi, sont si ignorées sur terre, que leur existence ne se peut 
que par le désir de croire ou d'avoir la foi, en l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; qui est l'argument 
de la chose invisible, et, en &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, qui est la substance de la chose espérée.&quot;

&quot;Il te faut maintenant exprimer, outre l'essence de ce que tu crois,
d'où cette croyance te vient-elle?&quot;

&quot;Je crois en une &lt;B&gt;Entité&lt;/B&gt; unique et éternelle, qui, sans être mue par elle-même, 
met en mouvement l'&lt;B&gt;Objet&lt;/B&gt;, le &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt; et  l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, et je n'ai pas seulement 
de cette foi, des preuves métaphysiques mais aussi physiques, et c'est la vérité de là-bas 
et d'ici qui me la démontre, par le corps et l'esprit de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; et par vous, 
qui l'avez écrit après que le Feu de l'Amour vous eut sanctifié. Ainsi je crois 
en trois entités éternelles, et je les crois une essence, une et trine en même temps: 
&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, moi et l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt; réunis en &lt;B&gt;Un&lt;/B&gt;.

Du profond mystère divin dont je parle, elle est le principe, elle est l'étincelle 
qui se dilate, et qui s'ouvre, et qui se transforme en une vive flamme, et qui n'attend 
que l'entrée en scène de mon membre géniteur, chargé de millions de gamètes assoiffées 
pour la faire briller comme une étoile dans le ciel.&quot;&lt;/I&gt;

Cette réponse sembla plaire à mon maître et, par le sourire de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;,
j'ai compris que je l'avais séduite.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: matilda de Pink Floyd, emprunté aux Classical Midi Archives.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c25.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159456</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=446 alt=&quot;image Boris Vallejo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com23-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Le désir charnel pour la Vierge-Marie.&lt;BR&gt;Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
Come l'augello, intra l'amate fronde,
posato al nido de' suoi dolci nati
la notte che le cose ci nasconde,

  che, per veder li aspetti disiati
e per trovar lo cibo onde li pasca,
in che gravi labor li sono aggrati,

  previene il tempo in su aperta frasca,
e con ardente affetto il sole aspetta,
fiso guardando pur che l'alba nasca;

  così la donna mia stava eretta
e attenta, rivolta inver' la plaga
sotto la quale il sol mostra men fretta:&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Ma dame se dressait attentive, tournée vers cette région du ciel où le soleil ne se lève 
que très tard, si bien que, la voyant anxieuse et avide de voir, je devins semblable à celui 
qui, dans son désir, voudrait autre chose et que l'amour l'apaise enfin.

&lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, alors, me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Voici venir l'&lt;B&gt;armée du Ciel&lt;/B&gt;, les bienheureuses qui ont mérité 
la gloire du ciel et qui se présentent pour prendre part au triomphe du &lt;B&gt;Fils de Notre Dieu&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Il me semblait que le visage de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; était de feu, ses yeux pleins d'allégresse,
et que je devais m'abstenir de le décrire, pour ne pas profaner ce moment 
d'extase en &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt; et de désirs en mon Être.

&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Ô Jeanne! doux et cher guide! 
Que m'importe la beauté de la parade sinon, celle de ton beau corps.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; 

Et elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ne te laisse point accabler d'un &lt;B&gt;Désir&lt;/B&gt; auquel on ne pourrait résister. 
Là-bas sont la &lt;B&gt;Récompense&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt; si longtemps espérées par &lt;B&gt;Toi&lt;/B&gt;.
Ouvre les yeux, et regarde ce que je suis devenue, car tu as vu bien des choses 
qui t'ont rendu capable de supporter mon sourire et mon charme, 
sans vouloir te fondre si tôt en &lt;B&gt;Moi&lt;/B&gt;.&quot;&lt;/I&gt;

Lorsque j'entendis ces mots d'espoir, qui seront inscrits bien en vue dans le livre 
où je consigne mon passé, j'étais comme celui qui éprouve encore l'impression 
d'une vision oubliée, et qui s'efforce en vain de la rappeler à sa mémoire.

Ô &lt;B&gt;Muses&lt;/B&gt;! venez à mon secours pour dire ce qui ne se peut dire; comment décrire 
le &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; sans y laisser transparaître toute la banalité de ma prose!

&lt;I&gt;&quot;Pourquoi mon visage t'enivre-t-il ainsi d'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, au point que tu ne tournes point tes yeux
vers ce beau jardin, qui se fleurit sous les charmes radieux de la &lt;B&gt;Reine vierge&lt;/B&gt;, 
comme s'il se pouvait que &lt;B&gt;Je&lt;/B&gt; sois plus désirable que la &lt;B&gt;Vierge Reine&lt;/B&gt; elle-même? 
Vois le &lt;B&gt;Vagin virginal&lt;/B&gt; dans lequel le &lt;B&gt;Verbe de Dieu&lt;/B&gt; s'est fait chair. 
Là, sont les doux lis qui ont fait le délice des hommes, 
et leur ont fait se diriger vers le droit chemin.&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi parla &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;. 

Moi, pressé de suivre ses conseils, je regardai, de mes yeux avides, et je vis 
toutes ces splendeurs, illuminées par des rayons ardents, 
comme des éclairs venus d'on ne sait où.

Le nom de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, que je n'ai cesse d'invoquer toutes mes nuits, m'inspira à contempler 
le feu qui brillait d'un plus grand éclat, et lorsque se furent reflétées, dans mes yeux, 
la &lt;B&gt;Beauté&lt;/B&gt; et l'&lt;B&gt;Ardeur&lt;/B&gt; de la vivante &lt;B&gt;Étoile&lt;/B&gt;, qui triomphe là-haut comme ici-bas, 
une flamme de forme circulaire descendit du ciel, comme une auréole céleste
qui la ceignit et tourna tout autour d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.

J'entendis alors, le chant le plus beau, accompagné du son tout aussi beau d'une lyre 
qui paraissait m'être adressé, qui bouleversa mon âme et transit de frissons tout mon corps:
&lt;I&gt;&quot;Je suis l'amour purifié, qui tourne autour de l'allégresse suprême, exhalé du sein 
qui reçut l'objet de ses désirs; et il tournera autour de &lt;B&gt;Toi, Belle Dame du Ciel&lt;/B&gt;, 
jusqu'à ce que tu suives ton &lt;B&gt;Fils&lt;/B&gt;, et que tu rendes plus divine encore 
la &lt;B&gt;Vulve céleste&lt;/B&gt;, en l'y laissant pénétrer.&quot;&lt;/I&gt;

Et comme le tout petit enfant tend les mains vers le sein, après y avoir sucé tout le lait, 
par l'effet de l'amour qui jaillit comme une flamme, chacune de ces splendeurs 
fit monter ma flamme si haut, que je compris enfin le profond désir charnel 
que j'avais pour la &lt;B&gt;Vierge Marie&lt;/B&gt;.

Puis elles restèrent là sous mes yeux, chantant &lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Regina coeli&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt; avec 
une telle douceur, que jamais je n'oublierai le plaisir charnel que j'en éprouvai.
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (travel), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c24.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIV DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;

&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;P&gt;&lt;!--WEBBOT bot=&quot;HTMLMarkup&quot; startspan ALT=&quot;Site Meter&quot; Installé le 16.03.2001(Comédie)--&gt;
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					</item> 

				 
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						<title>Chant XXII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159455</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=300 alt=&quot;image Delvaux&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com22-c1.jpg&quot; width=338&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Apprends-moi à jouir d'un bonheur éternel. &lt;BR&gt;Ces servantes embrasées de l'ardeur qui fait naître l'orgasme.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Oppresso di stupore, a la mia guida
mi volsi, come parvol che ricorre
sempre colà dove più si confida;

  e quella, come madre che soccorre
sùbito al figlio palido e anelo
con la sua voce, che 'l suol ben disporre,

  mi disse: «Non sai tu che tu se' in cielo?
e non sai tu che 'l cielo è tutto santo,
e ciò che ci si fa vien da buon zelo?

  Come t'avrebbe trasmutato il canto,
e io ridendo, mo pensar lo puoi,
poscia che 'l grido t'ha mosso cotanto;&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Stupéfait par ce chant, je me tournai vers &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, tel un enfant qui recourt à sa mère, 
comme à celle en qui il a le plus de confiance; elle, pour me rassurer, me dit:  
&lt;I&gt;&quot;Ne crains rien car tu es au ciel, et sache que le ciel est toute sainteté, et que 
ce qui s'y fait n'est que sanctifié. Que ce seul cri t'ait tant ému, combien alors 
t'auraient accablé mon chant et mon sourire, si tu avais pu comprendre 
ce que renfermaient mes prières, tu connaîtrais déjà la détresse du monde 
avant que de mourir. &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; ne frappe ni tôt ni tard,  si ce n'est au sentiment 
de celui qui l'attend dans le désir ou la crainte. 
Mais tourne-toi maintenant vers d'autres esprits, 
car tu en verras beaucoup d'illustres, si tu portes tes regards comme je te le dis.&quot;&lt;/I&gt;

Je dirigeai mes yeux comme il lui plut, et je vis cent petites sphères, qui 
de leurs rayons s'embellissaient les unes les autres.  Je réprimais mon désir 
de les interroger,  par crainte d'être importun. La  plus grande et la plus brillante 
de ces perles se porta en avant, pour contenter mon désir de la connaître.

Puis j'entendis en elle: 
&lt;I&gt;&quot;Si tu voyais, comme moi, la charité qui brûle parmi nous, 
tu aurais déjà exprimé les désirs qui te tourmentent, mais pour que l'attente 
ne te retarde point dans la poursuite de ton désir ultime, je répondrai à cette pensée 
que tu hésites à me faire connaître. 
Ce lieu, au sommet duquel se trouve le &lt;B&gt;Parnasse&lt;/B&gt;, fut fréquenté, jadis, par des gens, 
comme toi, dans l'erreur et de moeurs mauvaises; et c'est moi qui y portai et 
le nom de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui amena, sur la terre, la vertu qui nous élève si haut, 
tant de grâce brilla en moi, que j'arrachai leur âme au culte impie qui séduit encore le monde.
Ces autres feux furent aussi des servantes, embrasées de la même ardeur, 
qui fait naître l'orgasme et la joie dans les âmes.

Je suis &lt;B&gt;Aglaë&lt;/B&gt;, et voici &lt;B&gt;Thalie&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Euphrosyne&lt;/B&gt;. 
Ici sont les &lt;B&gt;Grâces&lt;/B&gt;, mes soeurs, qui fixèrent leur séjour dans les rêves lubriques des poètes, 
et y firent germer tant de belles oeuvres.&quot;&lt;/I&gt;

Je lui répondis: 
&lt;I&gt;&quot;L'amour que tu me montres en me parlant, et la bienveillance que je vois 
et que je note dans tous vos feux, a accru mon désir en vous, ainsi que la beauté fait à la fille, 
lorsqu'elle s'épanouit autant qu'elle le veut. Je t'adresse donc ma prière, à toi ma soeur, 
apprends-moi si je puis recevoir assez de grâce, pour jouir dans ton âme d'un bonheur éternel.&quot;&lt;/I&gt;

Elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Mon fils, ton désir élevé s'accomplira là-haut, dans la dernière sphère, 
où s'accomplissent tous les désirs autant que le tien. Là, toutes les passions 
deviennent réunies en une entité parfaite et indivisible. 
C'est là que nous mène cette échelle, que tu vois dans ce lieu immobile, où se rassemblent 
toutes les perfections. C'est pourquoi tu ne peux saisir en nous, que tes désirs, 
sans voir ceux que nous gardons en nous, qui se voilent à ta vue. C'est cette échelle
que vit &lt;B&gt;Jacob&lt;/B&gt; quand elle lui apparut si chargée d'anges, et qu'il faut gravir
en se dépouillant des désirs et des passions qui alimentent le mortel, 
et qui ne sont que passe-temps éphémères. 
Tes péchés  n'offensent pas autant &lt;B&gt; Dieu&lt;/B&gt;, que la morale des élus et de leurs crieurs,
mais la chair est si faible, qu'elle ne dure pas plus de temps 
qu'il n'en faut à un nouveau-né de téter le sein de sa mère.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi parla-t-elle; puis elle rejoignit sa cour, qui se rassembla, et s'éleva ensuite tout entière,  
comme un tourbillon poussé par le vent, et qui me laissa inassouvi dans mes désirs charnels.

La douce dame, d'une pensée, m'attira derrière elle, par cette échelle, jusque là-haut, tant 
sa vertu triompha de ma nature vulgaire.  Jamais mouvement ne fut si rapide qu'on aurait pu 
l'égaler sur terre, où l'on use d'autant de mécaniques pour le faire.

Que jamais je ne retourne, ô lecteur, à ce paradis, qui me fait souvent pleurer mes péchés 
et me frapper la poitrine, si je ne vis la constellation de la &lt;B&gt;Vierge&lt;/B&gt;, et ne m'investis en elle, 
et dont je reçus tout le génie, quel qu'il soit, qui est en moi!

Mon âme, maintenant, soupire dévotement vers vous, afin d'acquérir 
la vertu nécessaire pour franchir le difficile passage qui l'attire à &lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;.

Alors &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Tu es si près du salut suprême, que tu dois avoir les yeux bien clairs
et pénétrants. Aussi, avant d'y entrer plus loin, regarde en bas, et vois tout ce que du monde 
tu dois laisser sous tes pieds, afin que ton coeur se montre, aussi joyeux qu'il le peut, 
à l'armée triomphante qui vient, dans l'allégresse, par ce cercle éthéré.&quot;&lt;/I&gt;

Alors, plein de sagesse, je détournai mes yeux de la terre pour tourner mes regards 
vers les sept sphères célestes. Je vis toutes ces choses puis 
vers les beaux yeux de ma &lt;B&gt;Belle&lt;/B&gt;, je reportai mes yeux.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: collection Nguyen (midtra), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c23.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXIII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XXI du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159454</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XXI du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=291 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com21-c1.jpg&quot; width=200&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La servante empressée du Conseil Suprême.&lt;BR&gt;Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Già eran li occhi miei rifissi al volto
de la mia donna, e l'animo con essi,
e da ogne altro intento s'era tolto.

  E quella non ridea; ma «S'io ridessi»,
mi cominciò, «tu ti faresti quale
fu Semelè quando di cener fessi;

  ché la bellezza mia, che per le scale
de l'etterno palazzo più s'accende,
com'hai veduto, quanto più si sale,

  se non si temperasse, tanto splende,
che 'l tuo mortal podere, al suo fulgore,
sarebbe fronda che trono scoscende.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Déjà, mes yeux s'étaient de nouveau, fixés sur le visage de ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt;,  
et, avec eux, mon esprit qui s'était détourné de tout autre objet.

Elle ne riait pas, mais elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Si je riais, tu deviendrais semblable à &lt;B&gt;Sémélé&lt;/B&gt;, quand elle fut réduite en cendres, 
car ma beauté, qui, comme tu l'as vu, mon doux &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, s'enflamme de plus en plus 
à mesure que l'on monte; son éclat te serait insupportable s'il ne se voilait 
à ton regard de mortel, comme pour alimenter le désir charnel en toi.
Nous sommes montés à la septième splendeur, fixe ton esprit là où portent tes yeux,
et fais d'eux un miroir à la figure qui va t'apparaître dans ce miroir.&quot;&lt;/I&gt;

Qui saurait décrire cet aliment charnel, que percevait mon regard dans ce visage bienheureux, 
au moment où mes pensées erraient, comprendrait combien il m'était agréable d'obéir 
à ma céleste &lt;B&gt;Amoureuse&lt;/B&gt;,  mais ne sachant plus à lequel des deux plaisirs me vouer. 
Je vis alors une échelle, de la couleur de l'or que frappe un rayon de soleil, 
et qui s'élevait si haut que mes regards ne pouvaient la suivre. Je vis descendre par les degrés 
tant de splendeurs, que je pensais que toutes les lumières que l'on voit au ciel, 
s'étaient animées à ce seul endroit. Ainsi m'apparaissaient ces esprits venus d'ailleurs, 
 tel un essaim d'oiseaux perchés qui s'envole au moindre bruit puis revient se poser immobile, 
ou continue à tournoyer au-dessus cherchant à se poser sur les degrés.

L'une d'elles s'immobilisa près de nous, et, elle devint si lumineuse 
que je me suis dit en moi-même: 
&lt;I&gt;&lt;B&gt;&quot;Je ressens en moi, tout l'amour que tu me montres.&quot;&lt;/B&gt;&lt;/I&gt;

Mais j'attendais de &lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt; qui me guide, qu'elle m'indique la manière et le moment 
de parler ou de me taire, mais elle restait immobile sans rien dire. Aussi je me tus 
et n'osai demander, en dépit de mon profond désir; elle qui voyait en moi 
comme &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui voit tout, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Parle-lui, &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;, et apaise ainsi l'ardeur de ton désir de tout connaître, 
comme celui de m'aimer!&quot;&lt;/I&gt;

Je commençai ainsi:
 &lt;I&gt;&quot;Je ne suis pas digne que tu me répondes, mais au nom de celle 
qui m'autorise à t'interroger, âme bienheureuse qui te tiens cachée dans ton allégresse, 
fais-moi connaître la raison qui t'a fait t'approcher de moi, et dis-moi pourquoi 
je n'entends plus, dans cette sphère, la douce symphonie des &lt;B&gt;Cieux&lt;/B&gt;, 
qui résonne encore dans les autres sphères.&quot;&lt;/I&gt;

Elle me répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Ton ouïe, comme ta vue, est celle d'un mortel; ici l'on ne chante point 
pour cette même raison qui empêche &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; de rire. Je suis descendue si bas 
par les degrés de cette échelle sainte, pour te satisfaire que de mes paroles, 
et par la lumière dont je me vêts, mais non pour assouvir tes sombres désirs. 
Ce ne sont ni l'attraction ni l'amour, qui m'ont rendue si prompte à me laisser séduire, 
car il y a là-haut, tout l'amour qu'il nous faut, comme te le montre notre scintillante ardeur.
Mais c'est la sublime charité qui fait de moi la servante empressée du &lt;B&gt;Conseil suprême&lt;/B&gt;,
et nous donne à chacune de nous, son rôle auprès des mortels comme toi.&quot;&lt;/I&gt;

Je répondis alors: 
&lt;I&gt;&quot;Je vois bien, splendeur sacrée, comment un libre amour suffit 
en cette cour pour combler les désirs du &lt;B&gt;Dieu éternel&lt;/B&gt;; mais je n'arrive pas 
à comprendre, pourquoi tu as été celle, la seule parmi tes compagnes,
prédestinée à écouter mes sombres désirs.&quot;&lt;/I&gt;

À peine avais-je prononcé le dernier mot,  que cette lumière fît de son milieu un axe, 
et se mît à tourner sur elle-même comme une derviche. 
Puis, tout l'amour qui était en elle répondit: 
&lt;I&gt;&quot;Une clarté divine descend sur moi, en pénétrant celle dont je m'enveloppe, et sa vertu, 
unie à ma vision, m'élève tant au-dessus de moi que je vois l'&lt;B&gt;Essence suprême&lt;/B&gt; 
dont elle émane. De là provient l'allégresse dont je flamboie, parce que j'égale la clarté 
de ma flamme à la clarté de ma vision. Mais l'âme qui reçoit au ciel le plus de lumière, 
le &lt;B&gt;Séraphin&lt;/B&gt; qui fixe le plus profondément ses regards en &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, ne saurait satisfaire 
à ta demande, car ce que tu veux savoir est si profondément enfoncé dans l'abîme 
des desseins éternels, qu'il échappe à la vue de tout être créé. Et quand tu retourneras 
dans le monde des mortels, rapporte cette réponse que je te fais, pour que quiconque 
ne présume plus, de diriger ses pas vers un tel but. 
L'esprit qui luit ici, est sur la terre, obscurci de fumée, vois donc comment 
il pourrait faire là-bas ce qu'il ne peut ici, bien que le ciel l'accueille.&quot;&lt;/I&gt;

Ses paroles mirent si bien un terme à mon désir que j'abandonnai ma question 
et me bornai à lui demander humblement qui elle fut: 
&lt;I&gt;&quot;Je fus &lt;B&gt;pupille du Roi&lt;/B&gt;, chacune de nous l'était également, aussi belles que 
tu nous voies, et dévouées à te servir et à peupler cette terre si triste et si rude,
et nous avons su l'animer de nos charmes, et l'avons rendue plus facile à supporter, 
et avons permis qu'elle grandisse, qu'elle existe, qu'elle aime et qu'elle enfante.&quot;&lt;/I&gt;

À cette voix, je vis mille flammes descendre de degré en degré et tournoyer, et 
à chaque tour elles devenaient plus belles; elles vinrent autour de la première 
et s'y arrêtèrent, et elles poussèrent un cri aigu et si puissant que rien ne pourrait 
lui être comparé ici-bas; je ne le compris pas, tant son fracas m'accabla.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: calypso de Jean-Michel Jarre, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c22.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXII DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/02/06#159453</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=350 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com20-c1.jpg&quot; width=350&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La représentation du Plaisir éternel.&lt;BR&gt;Notre bonheur est de ne vouloir que ce que Dieu veut.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
    Quando colui che tutto 'l mondo alluma
de l'emisperio nostro sì discende,
che 'l giorno d'ogne parte si consuma,

  lo ciel, che sol di lui prima s'accende,
subitamente si rifà parvente
per molte luci, in che una risplende;

  e questo atto del ciel mi venne a mente,
come 'l segno del mondo e de' suoi duci
nel benedetto rostro fu tacente;

  però che tutte quelle vive luci,
vie più lucendo, cominciaron canti
da mia memoria labili e caduci.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Lorsque &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt;, qui éclaire notre monde, descend à l'horizon en faisant le jour 
s'éteindre de toutes parts, le ciel s'éclaire soudainement de nombreuses lumières,
où lui seul se reflétait; et ce changement du ciel me vint à l'esprit, quand se tut 
l'emblème des maîtres du monde; toutes ces lumières vivantes devinrent alors, 
beaucoup plus éclatantes, et commencèrent des chants impossibles à retenir et vite oubliés.

Ô doux &lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, qui te vêts de ton sourire, et qui est si plein d'ardeur 
à me souffler d'aussi saintes pensées!

Lorsque je vis &lt;B&gt;Jupiter&lt;/B&gt;, orné de  rubis précieux et brillants, imposer le silence
à leurs chants angéliques, il me sembla entendre le murmure d'un fleuve, qui coule, limpide, 
de pierre en pierre, dévoilant ainsi l'abondance de sa source.

Ce murmure s'éleva d'une sainte &lt;B&gt;Image&lt;/B&gt; de l'&lt;B&gt;Extase&lt;/B&gt; qui m'apparaissait au-dessus de moi, 
comme un son qui sort d'une forme creuse, et qui devient une voix, puis qui jaillit de là
sous la forme de paroles, telles que je m'en souviens et que je puis les décrire.

Elle commença à me dire:  
&lt;I&gt;&quot;Il te faut maintenant regarder en moi avec attention, les feux 
qui décorent l'essence de ce que je suis, et qui sont des représentations de ce que  
ton esprit connaît mais ne peut voir. Le feu qui luit au milieu de ma prunelle est celui 
qui se reflète dans ton âme, et qui te pousse à vouloir me prendre sans même avoir su 
me reconnaître. Les autres feux qui gravitent autour de mon crâne, sont les feux 
qui alimentent ton désir, et qui te poussent à me prendre, sans même connaître la raison 
de ma résistance. Ces autres feux qui garnissent ma vulve sacrée, sont les mêmes feux que
tu portes en ton membre, et qui te poussent à me prendre sans même m'atteindre en mon âme. 
Puis les feux qui s'éteignent dans mon âme, sont les mêmes qui s'éteignent en ton âme, 
et qui te poussent à te pendre sans même avoir su m'aimer. 
Et si tu veux bien partager avec moi le feu qui te brûle et qui me brûle et qui 
nous pousse l'un dans l'autre et dans l'amour, nous ne ferons plus qu'un feu éternel.&quot;&lt;/I&gt;

Telle me parut la représentation du &lt;B&gt;Plaisir éternel&lt;/B&gt;, 
dont la volonté fait chaque chose devenir réelle.

Et bien que je laissasse apparaître mon doute, je ne pus attendre en silence, 
mais laissai échapper de ma bouche:
&lt;I&gt;&quot;Est-ce que cela est ainsi?&quot;&lt;/I&gt;

Ce qui me laissa voir, la joie qui se reflétait en ces feux.

Puis aussitôt, avec l'oeil plus brillant, l'image sainte me répondit, 
pour ne pas me tenir en suspends:
&lt;I&gt;&quot;Ne crois pas ces choses seulement parce que je te les dis, mais apprends par toi-même 
comment elles peuvent être, si bien qu'elles se révèlent à toi par leur intelligence;
ne sois pas tel celui qui n'apprend une chose que par son nom, 
mais ne peut en connaître l'essence si un autre ne la lui révèle.

La vertu Divine peut être vaincue par la violence d'un amour ardent, non point 
comme la victoire du violeur sur l'amante qui succombe au vainqueur, mais parce que 
dans sa charité divine elle se laisse prendre, et est victorieuse ainsi par sa seule bonté.

Je vois que tu t'étonnes, de voir ainsi, le séjour des anges 
s'orner de ces lumières qui décorent mon sourcil.
L'une et l'autre âme ont quitté leurs corps de péché et  de vertu, 
pour aller endormir leur souffrance et leur salut sur les pieds crucifiés de &lt;B&gt;Jésus&lt;/B&gt;.

&lt;B&gt;Celle&lt;/B&gt;-là revint, par sa seule volonté, du séjour des &lt;B&gt;Limbes&lt;/B&gt;, et elle revêtit à nouveau 
le manteau de sa chair, car elle mit toute sa force à prier &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; de la ressusciter.
Elle resta peu de temps, car elle crut en &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui pouvait s'embraser d'amour pour elle, 
et en croyant en &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, elle fut digne de venir à la fête charnelle.

Quant à l'&lt;B&gt;Autre&lt;/B&gt;, par l'effet d'une grâce insondable, elle consacra tout son amour à être juste, 
si bien que &lt;B&gt;Dieu &lt;/B&gt;lui ouvrit les yeux à la rédemption, et qu'elle quitta 
le monde de perversion pour venir partager avec &lt;B&gt;Lui&lt;/B&gt;, les joies charnelles de la fête.

Ô mortels! ne nous jugez point de connaître &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, et qu'il nous tient ignorants de 
la cause première des choses. Ô prédestination! qu'il nous est doux de ne point encore connaître 
tous les élus de la fête, parce que notre bonheur, nous le trouvons ailleurs, 
dans ce bien qui est de ne  vouloir que ce que &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; veut.&quot;&lt;/I&gt;

C'est ainsi que, par cette image divine, il me fut donné un remède suave, pour éclairer ma courte vue. 
Comme un joueur de guitare accorde ses cordes au timbre du chanteur, 
et augmente le plaisir du chant, ainsi, pendant qu'elle me parlait, 
je me souviens que je vis les deux lumières bénies, tels deux yeux 
qui battent simultanément, avec les paroles, vibrer de toutes leurs flammes.&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique alternative (velocity), empruntée aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c21.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XXI DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XIX du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156627</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XIX du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=372 alt=&quot;image Gustave Moreau&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com19-c1.jpg&quot; width=400&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;La belle image de l'Amour et le sermon des bienheureux.&lt;BR&gt;Celui qui est l'architecte du Royaume de l'Empyrée.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Parea dinanzi a me con l'ali aperte
la bella image che nel dolce frui
liete facevan l'anime conserte;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  parea ciascuna rubinetto in cui
raggio di sole ardesse sì acceso,
che ne' miei occhi rifrangesse lui.&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  E quel che mi convien ritrar testeso,
non portò voce mai, né scrisse incostro,
né fu per fantasia già mai compreso;&lt;/P&gt;
&lt;P class=p8&gt;
  ch'io vidi e anche udi' parlar lo rostro,
e sonar ne la voce e «io» e «mio»,
quand'era nel concetto e 'noi' e 'nostro'.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Elle se tenait devant moi, la belle image de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, les ailes largement ouvertes, 
laissant voir les mille âmes joyeuses qui la composait. Chacune me semblait comme un rubis 
sur lequel brillait un rayon de soleil, si ardent qu'il se réfléchissait dans mes yeux.

Ce que je vais te dépeindre, cher lecteur, aucun autre n'a tenté de le faire avant moi, 
ni dans ses écrits, ni dans sa voix, ni en usant de son imagination; 
car je vis et j'entendis l'oiseau ouvrir le bec et parler ainsi:
&lt;I&gt;&quot;Parce que j'ai été juste et pieux, je suis à présent exalté dans cette gloire que, 
même avec le plus grand des désirs, tu ne pourrais l'atteindre; j'ai laissé sur terre, 
des oeuvres que les pervers admirent mais ne daignent point suivre.&quot;&lt;/I&gt;

De cette image faite d'autant d'âmes amoureuses et bienheureuses, il se dégageait 
une chaleur telle qu'en un brasier ardent, mais elle ne parlait que d'une seule voix.

Et je répondis à cette voix: 
&lt;I&gt;&quot;Ô, fleurs perpétuelles de la joie éternelle, je reconnais votre parfum unique; 
apaisez mon désir après ce grand jeune  terrestre qui m'a laissé sans nourriture charnelle. 
Je sais que si la justice divine se reflète  dans le miroir d'un royaume qui m'est inconnu, 
le vôtre saura pourtant me reconnaître. Voyez comme je suis prêt à vous écouter, 
vous qui connaissez le doute qui habite, depuis si longtemps, mon esprit.&quot;&lt;/I&gt; 

Alors, je vis s'agiter l'emblème; comme fait un faucon délivré de son chapeau, 
il bouge la tête et se réjouit en battant des ailes, puis il montre son désir de s'envoler 
en battant des ailes; d'un choeur formé de milliers d'âmes, j'entendis alors un chant 
qui semblait louer la grâce divine et qui ne se peut que là-haut. 

 Puis elle dit, cette image radieuse:
&lt;I&gt;&quot;Celui qui est l'architecte du &lt;B&gt;Royaume de l'Empyrée&lt;/B&gt; et qui y régla ce qui se voit 
et ce qui est caché, n'a pu y installer toute sa vertu sans que son verbe y règne bien au-dessus. 
La preuve en est que &lt;B&gt;Lucifer&lt;/B&gt;, qui fut la plus haute des créatures, n'a pu accéder 
à la lumière pour n'avoir pas atteint la perfection dans son être; de cela il faut comprendre,
qu'un être inférieur est un réceptacle trop étroit pour contenir le &lt;B&gt;Bien&lt;/B&gt; qui est sans limites.

Ta vue n'est qu'un infime rayon de l'&lt;B&gt;Intelligence suprême&lt;/B&gt;, et de par sa nature, 
elle n'est pas assez puissante pour discerner l'&lt;B&gt;Esprit de Dieu&lt;/B&gt; au-delà de ses apparences.
Ton regard ne peut pénétrer dans la justice éternelle, comme ton oeil qui voit nager le poisson 
près du rivage et qui perd subitement la vue dans les abysses de la haute mer, pourtant, 
tout au fond, la vie existe tout autant. Tu es aveuglé par le démon, la concupiscence 
de la chair, les plaisirs terrestres, ces venins qui ne sont que ténèbres; il n'est 
d'autre lumière que la révélation que rien jamais ne trouble. Maintenant, tu vois 
plus clairement de la justice divine, toutes ces questions, qui pour toi, étaient sans réponse.

Vois celle qui naît aux limites extrêmes du monde, là où personne ne parle de l'&lt;B&gt;Amour&lt;/B&gt;, 
où il ne se lit ni s'écrit sur le sujet; celle dont les désirs et les actions sont sans péché, 
autant dans sa chair que dans son esprit; si elle vient à mourir sans baptême et 
sans avoir la foi, quelle justice suprême alors, se permet de la condamner 
si elle n'a point péché et qu'elle n'a point la foi?

&lt;B&gt;Qui est-il ce Dieu vengeur qui croit la juger et qui n'a qu'une courte vue?&lt;/B&gt;

Comment la &lt;B&gt;justice de Dieu&lt;/B&gt; pourrait-elle être si injuste et réserver à celles 
en qui elle se révèle, la joie exclusive de la &lt;B&gt;Béatitude suprême&lt;/B&gt;?
 
Crois-tu à tort que t'es réservé le &lt;B&gt;Bien suprême&lt;/B&gt;, toi la &lt;B&gt;Gentille&lt;/B&gt; aux yeux de feu, 
qui dévoile ton sein et refuse l'enfantement, ou toi l'&lt;B&gt;Abyssinienne&lt;/B&gt; vertueuse qui distribue 
la charité païenne, ou toi la prude &lt;B&gt;Iranienne&lt;/B&gt;, au regard voilé par 
les dogmes surannés d'&lt;B&gt;Allah&lt;/B&gt;, ou toi l'&lt;B&gt;Asiatique&lt;/B&gt; avide d'aimer, qui recherche 
le bonheur suprême dans les lois du sort, ou toi l'&lt;B&gt;Amérindienne&lt;/B&gt; outragée 
par le &lt;B&gt;Conquistador&lt;/B&gt;, ou toi l'épouse de ton maître l'&lt;B&gt;Hindoustanais&lt;/B&gt;, 
ou toi  la fille dispensatrice de la &lt;B&gt;Charité charnelle&lt;/B&gt;?

Toi qui a reçu le bien de l'&lt;B&gt;Écriture&lt;/B&gt; pour te guider, esprit grossier trop attaché 
aux choses de la terre, mais comment crois-tu que la &lt;B&gt;justice de Dieu&lt;/B&gt; puisse être si injuste?
Telles sont mes paroles, toi mortel, grossier  personnage,  qui ne les entends guère.&quot;&lt;/I&gt;

Puis ces brillants incendies de l'&lt;B&gt;Esprit Saint&lt;/B&gt; s'arrêtèrent, demeurant dans l'emblème,
 et la voix reprit ainsi:
&lt;I&gt;&quot;À ce royaume, ne monteront pas que ceux-là, qui auront reçu le pardon du confessionnal, 
ou ces autres qui vont chez les païens criant ainsi:
&lt;B&gt;&quot;Christ! Christ!&quot;&lt;/B&gt;
car ils seront, au jugement dernier, damnés, ou moins près de Dieu que ceux qui
ne connurent point le &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; mais en épousèrent les oeuvres et la grâce. 

Que ne direz-vous, et crierez-vous à l'injustice, 
missionnaires et prédicateurs, chanoines et dames patronnesses, 
prophètes du &lt;B&gt;Christ&lt;/B&gt; ou de &lt;B&gt;Mahomet&lt;/B&gt;, fornicateurs et sodomites, 
quand vous verrez ouvert le livre où sont inscrits tous vos actes déshonorants?&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: The deer hunter de Myers Stanley, emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c20.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVIII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156626</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVIII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=414 alt=&quot;image Luis Rojo&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com18-c1.jpg&quot; width=300&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;&lt;BR&gt;Les muses Bienheureuses qui peuplent l'Olympe.&lt;BR&gt;Le désir et la volupté de voir danser Salomé.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
  Già si godeva solo del suo verbo
quello specchio beato, e io gustava
lo mio, temprando col dolce l'acerbo;

  e quella donna ch'a Dio mi menava
disse: «Muta pensier; pensa ch'i' sono
presso a colui ch'ogne torto disgrava».

  Io mi rivolsi a l'amoroso suono
del mio conforto; e qual io allor vidi
ne li occhi santi amor, qui l'abbandono:

  non perch'io pur del mio parlar diffidi,
ma per la mente che non può redire
sovra sé tanto, s'altri non la guidi.&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
&lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt; resplendissait d'une lumière éblouissante, elle était telle qu'un soleil, 
et elle me consolait plus qu'une mère; mais je n'entendais plus les accents éloquents 
qui provenaient d'&lt;B&gt;Elle&lt;/B&gt;; je ne goûtais plus qu'à mes propres pensées où se mêlaient 
la douce volupté et le goût amer du baiser, 
et &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; qui me conduisait vers &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, me dit:
&lt;I&gt;&quot;Pense à autre chose, mon doux &lt;B&gt;Marco&lt;/B&gt;,  et comprends 
que je me tiens près de &lt;B&gt;Celui&lt;/B&gt; qui amoindrit tous tes péchés!&quot;&lt;/I&gt;

Je tournai mon regard vers mon &lt;B&gt;Amoureuse&lt;/B&gt; dont la voix  me réconfortait, et je renonce 
à te décrire, cher lecteur, tout l'amour que j'y vis,  non que j'en ai peur, mais, parce que 
ma mémoire ne pourrait l'exprimer sans le secours de la grâce divine. 
Tout ce que je peux en dire maintenant, est que je fus, en contemplant &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, 
ainsi libéré de tout autre désir en moi, tandis que le bonheur éternel rayonnait en ses yeux 
dont les reflets me rendaient si heureux.

Et, avec l'éclat d'un sourire, elle me dit: 
&lt;I&gt;&quot;Retourne-toi et écoute ce qu'il faut entendre, 
car ce n'est pas dans l'éclat de mes yeux, que tu trouveras ton paradis.&quot;&lt;/I&gt;

Ainsi je me tournai vers cette lumière flamboyante qui scintillait à mes yeux, 
et je sentis qu'elle avait le désir de me parler, ainsi qu'il est sur terre, 
lorsque l'on découvre le désir dans le regard d'une femme.

Elle commença ainsi: 
&lt;I&gt;&quot;Vois cet arbre qui est à l'image du &lt;B&gt;PARADIS&lt;/B&gt; et qui jamais 
ne se flétrit et qui toujours te prodigue de ses fruits;  au cinquième degré de l'arbre tu verras 
les &lt;B&gt;Muses bienheureuses&lt;/B&gt; qui peuplèrent l'&lt;B&gt;Olympe&lt;/B&gt;, ce &lt;B&gt;Paradis&lt;/B&gt; de tes rêves terrestres, 
et dont le renom fut si grand, qu'elles enrichirent les chants épiques des poètes, tes frères. 
Regarde chacun des bras de la croix dont elles composent les membres, et chacune, 
à leur nom, resplendira comme un éclair qui éclate derrière un nuage.&quot;&lt;/I&gt;

A  l'appel du nom de &lt;B&gt;Thalie&lt;/B&gt;, je vis une flamme traverser de part en part la croix ; 
je n'entendis point ses paroles, j'étais occupé à dénouer l'idylle derrière les guirlandes 
qui cachaient son sein, puis j'ai compris que derrière ce masque, elle me jouait la comédie.

Au nom d'&lt;B&gt;Euterpe&lt;/B&gt;, j'ai bien vu comme elle tournait sur elle-même, et comme cette musique 
qu'elle enfentait, n'était que grâce et qu'artifices à faire mouvoir son ventre,
pour m'ensorceler et faire gicler le venin du serpent en moi.

À l'appel du nom de &lt;B&gt;Melpomène&lt;/B&gt; et de &lt;B&gt;Terpsichore&lt;/B&gt;, mon regard ne pouvait 
se détacher d'Elles, et comme le chasseur aux aguets, je suivais la grâce de leurs pas, 
tant et si bien que j'aurais voulu danser avec &lt;B&gt;Elles&lt;/B&gt;. 
Puis sur les conseils de &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt;, ma vue fut attirée sur la croix 
par &lt;B&gt;Erato&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Clio&lt;/B&gt;, &lt;B&gt;Uranie&lt;/B&gt; et d'autres &lt;B&gt;Carmènes&lt;/B&gt;
 qui gisaient là toutes nues et qui bougeaient, sensuelles comme des vers à soie, 
sur le bois poreux de la croix, et je sentais le spleen en moi, comme le poète qui trop s'émeut.

Puis pendant que &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt; me parlait ainsi, elle se mit en mouvement et 
dans sa grâce dénudée, elle alla musarder parmi les grâces qui étreignaient 
les bras de la croix, comme s'égayant sur une plage de sable chaud; elle savait 
me montrer ainsi toute la poésie que transcendait son divin corps de nymphe.

Je tournai mon regard sur ma droite pour sonder les paroles ainsi que 
les attitudes de &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, ce que je devais penser et faire, et je la vis briller 
de ses yeux purs et joyeux, de sorte que sa beauté l'emportait sur tous ses autres aspects, 
et qu'elle me fit me contrir, d'avoir eu des pensées lubriques envers ces belles choses 
qui ne cessaient de s'égayer, toutes nues, sur le bois de la croix.

Je m'aperçus que je progressais en vertu, comme l'on éprouve plus de joie à faire le bien, ainsi, 
en voyant &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt; devenir plus brillante, je me rendis compte que 
je faisais partie du Ciel et qu'enfin je tournais avec lui autour d'un point fixe. 
Et aussi vite que la rougeur de la honte disparaît du visage d'une dame, ainsi &lt;B&gt;Jupiter&lt;/B&gt;,
l'astre qui m'avait accueilli, rayonna à mes yeux dans toute sa blancheur.

Dans cette joyeuse kermesse, je vis que les esprits amoureux qu'y s'y trouvaient, scintillaient 
à mes yeux en formant les lettres tirées de la langue écrite de nos ancêtres; et elles voletaient 
et chantaient  ainsi comme des lumières, ressemblant à des oiseaux qui surgissent d'une rivière, 
et qui, en fête, font des cercles d'eux-mêmes ou quelque file en direction du vent.  
Leur mouvement suivait le rythme de leur chant, puis elles formaient un signe 
et elles s'arrêtaient de sorte que je pouvais bien lire ce qui était écrit.

Ô divine &lt;B&gt;Calliope&lt;/B&gt;, toi qui donnes la gloire aux poètes et qui les éclaires de ta lumière, 
pour que je traduise ces figures, fais que ta puissance les écrive en ces quelques vers!

Ainsi m'apparurent'ils:
&lt;B&gt;DILIGITE IUSTITIAM QUI IUDICATIS TERRAM&lt;/B&gt;

Puis au sommet du &lt;B&gt;M&lt;/B&gt; qui termine le mot &lt;B&gt;TERRAM&lt;/B&gt;, je vis descendre plusieurs 
infimes lumières, s'y poser en chantant, je crois, 
la gloire du &lt;B&gt;DIEU&lt;/B&gt; qui transcende la justice.

Puis, comme l'eau qui scintille contre la lumière et qui font des étincelles innombrables, 
plus de mille lumières parurent jaillir de là et monter plus ou moins haut, comme 
allumées par le &lt;B&gt;Soleil&lt;/B&gt;,et chacune se poser à sa place, de sorte 
que ce feu représentait la tête et le col d'un aigle.

Ô douce étoile, combien de brillantes gemmes me montrèrent 
que notre justice est un effet du ciel que tu ornes comme un joyau!

Aussi, je prie &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt;, qui engendre le mouvement et la vertu, pour qu'il s'irrite 
encore une fois de voir la fumée souiller ses rayons, et que 
son temple soit ainsi violé à nouveau.

Ô milice du ciel que je contemple ainsi, prie pour ceux, les dévoyés, 
qui sur terre, donnent le mauvais exemple!

Jadis, on avait coutume de vaincre par l'épée, mais aujourd'hui, on fait la guerre par 
les lois et les interdits. Mais toi qui ne penses qu'à te disculper de tes torts, sache que
&lt;B&gt;Pierre&lt;/B&gt; et &lt;B&gt;Paul&lt;/B&gt; vivent encore, bien qu'ils soient morts pour la foi que tu saccages. 

Il est vrai que tu peux toujours dire, pour te disculper:
&lt;I&gt;&quot;Je préfère à &lt;B&gt;Pierre&lt;/B&gt; et à &lt;B&gt;Paul&lt;/B&gt;, le sacrifice de celui qui jeunât au désert, 
mais dont le martyre s'égaya du désir et de la volupté de voir danser &lt;B&gt;Salomé&lt;/B&gt;.&quot;&lt;P&gt;&lt;/P&gt;&lt;/DIV&gt;&lt;/PRE&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;FONT size=2&gt;
&lt;P class=p8&gt;Marco Polo ou le voyage imaginaire (La tragédie humaine, janvier 2000) © 1999 Jean-Pierre Lapointe&lt;BR&gt;Theme musical: musique New Age (melmirel), emprunté aux Archives du Web.&lt;BR&gt;Important Notice: any photos or fragments of photos subject to copyright will be removed on notice.&lt;BR&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c19.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;CHANT XIX DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/I&gt;&lt;/FONT&gt; 
 </description> 

					</item> 

				 
					<item> 

						<title>Chant XVII du Paradis</title> 

						<link>http://marcopolo.monblogue.com/2008/01/01#156625</link> 

						<description> 
 &lt;P class=p1&gt;Chant XVII du Paradis 
&lt;TABLE height=200 width=200 border=0&gt;
&lt;TBODY&gt;
&lt;TR&gt;
&lt;TH&gt;&lt;IMG height=296 alt=&quot;image de Raphael&quot; src=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/com17-c1.jpg&quot; width=200&gt;&lt;/TH&gt;&lt;/TR&gt;&lt;/TBODY&gt;&lt;/TABLE&gt;&lt;FONT size=4&gt;
&lt;P class=p1a&gt;Un homme averti n'en vaut-il point deux?&lt;BR&gt;Ceux qui trafiquent avec la Vérité.&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;&lt;BR&gt;&lt;PRE&gt;&lt;FONT size=2&gt;&lt;P class=p8&gt;
   Qual venne a Climené, per accertarsi
di ciò ch'avea incontro a sé udito,
quei ch'ancor fa li padri ai figli scarsi;

  tal era io, e tal era sentito
e da Beatrice e da la santa lampa
che pria per me avea mutato sito.

  Per che mia donna «Manda fuor la vampa
del tuo disio», mi disse, «sì ch'ella esca
segnata bene de la interna stampa;

  non perché nostra conoscenza cresca
per tuo parlare, ma perché t'ausi
a dir la sete, sì che l'uom ti mesca».&lt;/FONT&gt;&lt;/P&gt;&lt;/PRE&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;FONT color=#0066ff size=3&gt;
&lt;P class=p9&gt;&lt;A href=&quot;http://www.marcopoloimaginaire.com/come-c0.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;RETOUR À LA PORTE DU PARADIS&lt;/B&gt;&lt;/A&gt;&lt;/P&gt;&lt;/FONT&gt;
&lt;P&gt;&lt;/P&gt;
&lt;HR&gt;
&lt;PRE&gt;&lt;FONT face=&quot;arial, Geneva&quot;&gt;&lt;FONT color=#999966 size=3&gt;&lt;P class=p5&gt;
&lt;DIV align=center&gt;
Comme un fils qui demande à son père s'il est bien son fils, tel j'apparaissais
à &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, et à cette sainte flamme qui accompagnait ses pas.

Aussi ma dame me dit-elle: 
&lt;I&gt;&quot;Montre au-dehors, toute l'ardeur de ton désir, en sorte 
qu'elle jaillisse, portant fidèlement l'empreinte de ton âme; non pour que tes paroles 
fassent mieux connaître ce que nous savons déjà, mais pour que tu t'habitues à dire 
quelle est ta soif, afin que l'on te verse à boire.&quot;

&quot;O lumière chérie, toi qui t'élèves si haut au-dessus de l'esprit des hommes de science, 
que tu aperçois les choses contingentes avant qu'elles ne se réalisent, en regardant &lt;B&gt;Dieu&lt;/B&gt; 
qui met tout au présent, pendant que j'accompagnais &lt;B&gt;Baudelaire&lt;/B&gt; au&lt;B&gt; Purgatoire&lt;/B&gt; et en &lt;B&gt;Enfer&lt;/B&gt;, 
il me fut dit, sur mon sort futur, des paroles que je redoute, encore que je me sente solide 
comme le roc contre les coups du sort; aussi, mon désir serait-il satisfait d'apprendre 
quel est le destin qui m'attend: un homme averti, n'en vaut-il pas deux?&quot;&lt;/I&gt;
Ainsi je parlai à cette lumière même, qui m'avait d'abord adressé la parole, et, 
comme le voulait &lt;B&gt;Jeanne&lt;/B&gt;, je lui avouai mon désir.

Et ce fut en termes clairs, et dans un langage précis, que me répondit ce père aimant, 
enfermé dans son propre sourire où il se révélait à moi:
&lt;I&gt;&quot;Les choses contingentes qui vont au-delà de la compréhension de votre monde matériel, 
sont toutes figées dans le regard éternel; mais elles ne sont pas d'un caractère 
de nécessité absolue. De là,  vient à ma vue le temps qui, pour toi, se prépare, et qui 
vibre à mon oreille comme une douce musique. Ton esprit quittera la terre de tes ancêtres. 
Cela sera voulu et se dessine déjà, par ceux qui trafiquent avec la &lt;B&gt;Vérité&lt;/B&gt;. 
La rumeur publique, comme il est d'usage, prendra parti contre ta poésie, non pour 
ce qu'elle croit être la vérité, mais, pour s'ajuster à ce qu'en disent ceux qui la fabriquent.
Il te faudra abandonner ce que tu as de plus cher au monde, ton pays 
et ce que tu en conçois, et y trouver l'exil sans avoir à le quitter.

Tu éprouveras comment, l'exil est plus difficile à celui qui n'a pas à s'exiler dans son corps, 
mais seulement dans son âme. Tu éprouveras quel goût de sel a ton pain, qui a la saveur 
de l'étranger, et comme c'est un dur périple que de parcourir un chemin mal façonné à ton pas.
Et ce qui te pèsera le plus sur les épaules, ce sera la compagnie méchante et stupide 
de ceux qui creuseront l'abîme autour de toi, et qui te harcelleront et se tourneront conte toi.
Mais c'est d'elle et non de toi que le front rougira, si bien que tu seras fier 
d'avoir fait un parti pour toi seul. Ton premier refuge et ta seule  récompense, 
tu les devras à ta solitude et à l'art qu'il fait naître.
Mets toutes tes attentes en lui et en ses bienfaits; par lui, tu apprendras 
ce que le monde ne sait point et feint de ne point connaître.&quot;&lt;/I&gt;

Puis elle dit encore cette lumière: 
&lt;I&gt;&quot;Je ne veux pas que tu portes envie à tes concitoyens, 
parce que ta vie durera dans l'avenir, bien plus que le châtiment de leurs perfidies.&quot;

&quot;Mon très &lt;B&gt;Cher Père&lt;/B&gt;, je vois bien comme le temps me rattrappe, pour me porter un coup 
d'autant plus rude qu'on s'abandonne davantage; aussi est-il bon que je m'arme de prévoyance, 
pour que, si le bien de ma conscience m'est ravi, je ne perde la liberté par la faute de mes vers.
Dans le monde d'en bas plongé dans l'amertume éternelle, et par la montagne d'où les yeux 
de ma &lt;B&gt;Dame&lt;/B&gt; m'ont enlevé, puis par le ciel, de lumière en lumière, j'ai appris tant de choses qui, 
si je les répète, 